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Sommaire Lomé la capitale - Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Les Togolais renvoyés à l'aire de départ Que de regrets. Sans la lamentable affaire de primes, l'équipe du Togo aurait pu rivaliser avec ses trois adversaires du groupe G. A l'issue de la deuxième journée, avec deux défaites, sa première aventure au Mondial s'achève prématurément. Comme lors du premier match face aux Coréens, les ‘Eperviers' se sont inclinés face aux Suisses (0-2), alors qu'ils auraient pu (dû ?) faire beaucoup mieux et, pourquoi pas, passer au second tour. On n'en finira donc jamais avec ce climat délétère qui n'a cessé de régner dans le camp togolais depuis la venue des ‘Eperviers' en Allemagne. Jusqu'à dimanche soir, on continuait d'être dans le doute. Les joueurs affirmaient leur détermination à ne pas disputer le match contre la Suisse si les primes n'étaient pas versées. Il aura fallu l'intervention de la Fifa et ses menaces de suspension à l'encontre de la fédération - expulsion de toute compétition pour quatre ans - et de sanctions contre les joueurs, sans que ces dernières soient précisées, pour que les récalcitrants, dirigeants et joueurs reviennent à la raison. La Fifa aurait même apporté sa contribution financière pour le déblocage de la situation, en apportant une partie de l'argent qu'elle devait remettre après la compétition à la fédération togolaise. La presse internationale n'est tendre ni avec le Togo, ni avec Rock Gnassingbé, président de la fédération, fils de l'ancien chef de l'Etat et frère de l'actuel. A l'origine, selon le quotidien Libération, du plus gros désordre jamais vu dans une compétition de cette envergure. Dans ce tintamarre assourdissant, comment imaginer l'équipe, privée d'Assemoassa et de son capitaine Abalo, capable de réaliser une ‘perf' contre les Suisses tenus de l'emporter pour tracer leur route vers les huitièmes de finale ? Le début de rencontre s'équilibre. Les Suisses, maillot rouge et culotte blanche, ont la maîtrise du ballon, mais les Verts togolais sont bien en place et travaillent essentiellement en contres avec comme chefs d'orchestre : le virevoltant Kader Touré et la tour de contrôle Emmanuel Adebayor. Un peu la réplique du premier match avec la Corée du Sud. Les minutes s'égrènent, les Suisses accroissent leur ascendant et, sur un long centre de Ludovic Magnin venu de la gauche, Barnetta, tout à fait de l'autre côté, remise instantanément sur Alexander Frei qui seul, à trois mètres face à Agassa Kossi, ne laisse aucune chance au portier togolais. 1 à 0 en faveur des Suisses. Tenaces, les camarades de Massamesso Tchangaï, capitaine d'un jour, reprennent du poil de la bête et ne cèdent pas d'un pouce. Mentalement, ils ont bien encaissé la domination de leur adversaire. On voit à nouveau Kader Touré redemander le ballon et menacer la défense suisse. A la trente-quatrième minute, Adebayor est frustré d'un penalty que le Paraguayen Carlos Amarilla lui refuse. Sûrement pas la bonne décision. Toujours est-il que les Togolais sont de plus en plus entreprenants au fur et à mesure que les Rouges paraissent quelque peu essoufflés. Mieux, ils sont les plus présents dans le jeu, investissant le camp suisse, sans parvenir à concrétiser. Dommage, un score de parité n'aurait pas été une insulte au déroulement de la rencontre. On ne peut s'empêcher de penser au formidable désordre qui a accompagné l'équipe depuis son arrivée en Allemagne. Sans tous ces problèmes de primes, elle aurait été candidate à la qualification dans ce groupe, en dépit de son inexpérience. Mais, rien n'est fini. Et si Adebayor et les siens refaisaient rapidement leur handicap. Et si Kader Touré était enfin récompensé de ses efforts. Quinze minutes pour corriger les erreurs dans les vestiaires. Sur le jeu produit, on comprend mieux pourquoi les Togolais ont été si brillants et si performants et efficaces pendant les éliminatoires. Qui oserait franchement prétendre que les ‘Eperviers' n'ont pas leur place dans cette dix-huitième Coupe du monde ! Les ‘siestards' suisses ne sont pas sortis de leur torpeur, mais les ‘Eperviers' ne parviennent pas à accélérer la cadence, en dépit de leur meilleure fraîcheur. Ils font bien circuler le ballon, très collectifs, appliqués, sans imposer toutefois le rythme effréné qui ouvrirait le verrou suisse. Agassa Kossi est plus à l'ouvrage que Pascal Zuberbuehler et il s'en sort très bien, réalisant un sans-faute. Les Suisses sont cependant plus tranchants dans leurs montées offensives. Le tableau d'affichage ne change toujours pas, les Togolais n'arrivent toujours pas à porter un vrai danger devant la cage suisse. On sent bien que si danger il y a, il ne peut venir que de Kader Touré, car Adebayor a la fâcheuse tendance à garder le ballon et à vouloir faire le dribble de trop. Et pourtant, les Helvètes sont bons à prendre. Le nul n'est pas hors de portée, mais il y faudrait plus de hargne, plus d'engagement, plus de percussion. Faute d'y parvenir, le Togo encaisse un deuxième but signé Barnetta, l'homme de la passe décisive sur le premier but. Le Togo est définitivement écarté de la compétition après être passé finalement très près de quelque chose de mieux, sinon de beaucoup mieux. Deuxième représentant africain éliminé après la Côte d'Ivoire, il reste au Togo une dernière sortie, vendredi prochain contre la France. Un match où les Français seront dans l'obligation de vaincre puisque Coréens et Suisses ont désormais quatre points contre deux à la France. Les ‘Eperviers' voleront-ils dans les plumes du coq ? Seront-ils les Sénégalais de 2006 ? Le match vaudra le déplacement. Et ensuite, les Togolais rentreront à Lomé, sans doute avec plein de regrets pour un gâchis que nul n'a su arrêter. Gérard DREYFUS (Rfi.fr) (Chapeau de la rédaction)
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