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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

L'économie togolaise, une économie de blanchiment:

Plus de 200 milliards trouvés en devise dans le coffre du dictateur Eyadèma après sa mort

L'information ne nous serait pas parvenue si l'humidité n'avait pas commencé à attaquer sérieusement les devises enfouies dans le coffre fort d'Eyadèma dans sa résidence de Pya (localité située à 500 km au Nord de Lomé).

Il y a quelques mois, certains soldats qui ont en charge la garde du domicile privé de l'ex dictateur défunt dans son village natal ont été ébloui par les énormes liasses de billets éparpillés sur la dalle de la maison afin de les sécher et de les prévenir contre l'humidité.

A en croire les confidences des soldats qui avaient aidé Kpatcha Gnassingbé à mener l'opération, il étaient ébahis de trouver autant de billets en devises: Euros, Dollars, Yen et Francs CFA. La valeur totale dépasserait les 200 milliards de Fcfa. Et on se demande d'où provient toute cette somme trouvée en liquide dans la maison d'Eyadèma. Doit-on croire qu'elle est le résultat des biens acquis durant les 38 ans de règne? Ou est-ce parce que le dictateur a su thésauriser «son salaire» tout au long de sa carrière? Loin de là si on se rappelle son train de vie et les millions de Fcfa qu'il distribue chaque semaine aux courtisans qui lui rendaient visite à Lomé 2, sa résidence.

Le rapport sur le trafic de drogue qui fait actuellement l'actualité au Togo et qui implique le cœur du pouvoir vient confirmer que tout l'argent distribué par Eyadèma et ses enfants ont une origine douteuse. Celui injecté dans les circuits financiers sert, à n'en point douter, à blanchir l'argent en provenance du trafic de drogue et de commerce illicite.

C'est d'ailleurs pour rendre tout ce magot propre aux yeux de l'opinion que le montage sur l'emprunt obligatoire de l'Etat avait été lancé en Avril dernier et dirigé par la maîtresse de Faure Gnassingbé, Ingrid Awade-Nanan, actuellement directrice générale des impôts.

Blanchir l'argent de la drogue en l'injectant dans les circuits financiers

En avril 2006, l'Etat togolais avait lancé une opération dénommée «Emprunt obligatoire de l'Etat» qui aurait été «un succès» et qui aurait dépassé les espérances, car ayant rapporté la bagatelle somme de plus de 36 milliards de francs CFA à l'Etat togolais.

En réalité, il s'agit d'une opération qui a servi à blanchir une partie de l'argent qui «pourrit» dans le coffre du dictateur Eyadèma en l'injectant «légalement» dans les circuits financiers afin d'éviter des justifications auprès de l'Uemoa (union économique et monétaire ouest-africain).

Dans tous les Etats où a lieu un emprunt obligatoire, les sociétés, les multinationales ou les privés qui achètent des parts sont connus et leurs noms rendus publics. Dans le cas de notre pays, il n'y a aucune trace de ceux qui ont acheté les emprunts de l'Etat. Comprenne qui pourra.

Dans un pays aussi pourri par la corruption et le non respect des clauses économiques et financières qui traduisent la stabilité et la sécurité des investissements, on se demande bien quel actionnaire ou investisseur prendrait le risque de faire confiance à l'Etat togolais en injectant son argent dans son économie.

On sait depuis 1993 que les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) déconseillent vivement aux investisseurs de fréquenter notre pays, non seulement pour cause de «déficit démocratique», mais aussi et surtout pour non assainissement de son circuit économique. Dès lors, il apparaît évident que l'argent qui circule au Togo pour l'instant n'ont que deux origines.

La première est l'importante transaction qui provient de la diaspora togolaise à travers le monde vers les familles, ce qui est tout à fait compréhensible au regard des mouvements financiers répertoriés par des institutions européennes spécialisées dans les transferts de fonds, transactions qui dépassent, à en croire les mêmes sources, l'aide publique au développement du pays.

La seconde plus dangereuse pour notre économie, est tout le rafistolage mis en place par le clan Gnassingbé à travers ses suppôts de Libanais et «d'hommes d'affaires» spécialistes dans les trafics en tous genres dont celui de drogue et de vente de voitures de luxe, généralement volées en Europe et convoyées au port de Lomé dont Bassam El-Najjar, assure la commercialisation à travers ses nombreux parcs automobiles qu'en complicité avec le Directeur général de la Sazof (Société d'administration de la zone franche) Kpatcha Gnassingbé, il gère.

A voir de près, on se rend à l'évidence que les sociétés de droit public et privé qui se créent encore au Togo, sont l'œuvre des mêmes personnes qui sont arrivées à mettre en place des ramifications mafieuses pour contrôler les circuits économiques et financiers de notre pays. Analyse faite, ces «investisseurs» qu'ils soient nationaux ou étrangers, ont de solides entrées au sein du clan Gnassingbé, si ce n'est que celui-ci se substitue à ceux-ci pour blanchir l'argent de la drogue et des trafics douteux.

Une sérieuse enquête réalisée par des ONG spécialisées dans les relations Nord-Sud et qui luttent pour un plus grand investissement dans les pays pauvres révèlent en ce qui concerne le Togo, que ce pays vit sous une économie de blanchiment car la plupart de ceux qui y investissent sont des trafiquants notoirement connus et des repris de justice pour ceux d'entre eux qui sont originaires d'Europe.

Pour les Libanais, il est prouvé, qu'ils se sont enrichis dans la drogue. Mais d'autres sources attestent qu'ils constituent également un réseau de proxénètes qui importent des prostituées des pays arabes et du Moyen-Orient qu'ils dispatchent dans la région ouest-africaine.

Ce qui est inquiétant au niveau du pouvoir togolais, est que ces derniers temps, son chef d'orchestre Faure Gnassingbé fait des déplacements sans cesse vers des pays arabes et d'Asie pour nouer de nouvelles relations de coopération. La plupart de ces pays sont classés au niveau international comme des Etats «voyous» qui ne respectent aucune norme économique et démocratique mondialement établie, bref qui n'en font qu'à leur tête. Il en est ainsi de l'Iran ou de la Chine. Le premier est connu pour ses appuis aux réseaux terroristes tandis que le second refuse toute ouverture démocratique qui permettra de contrôler et d'assainir son économie.

Généralement, ces voyages de Faure se soldent par la signature de protocole d'accord d'investissement ou d'aide perçue.

En réalité, il s'agit d'opération trompe-l'œil dont le seul but est de réinjecter l'argent sale dans notre pays grâce à des subterfuges qui ne trompent plus personne.

Comme nous l'écrivions la semaine dernière, c'est de cette façon que le régime arrive à honorer certaines de ses dettes intérieures, se targuant d'une autosuffisance financière, narguant ainsi l'union européenne qui le presse à une ouverture démocratique afin de lui ouvrir les vannes de l'aide au développement gelée il y a plus de 13 ans.

Cette forme d'économie de blanchiment n'a-t-il pas d'incidence sur les populations togolaises et sur l'économie de la sous-région? Apparemment oui, car cette astuce financière paupérise davantage les populations déjà très meurtries par les années de dictature et de répression meurtrière et par les conséquences du gel de la coopération avec l'Ue. Par contre elle dégage une classe de riches qui se retrouvent dans les sphères du pouvoir laquelle engrange à elle toute seule l'économie togolaise.

Il en est de même de la sous–région ouest-africaine où se consolident des réseaux de trafiquants en tous genres (drogue, arme, voitures de luxe) qui risquent de contrôler toute son économie et contraindre nos pays à s'accommoder à l'argent sale pour renflouer les caisses. Ce qui risque de constituer un précédent grave dans les annales des analystes économiques et de jeter du doute sur les économies africaines.

Il appartient donc aux institutions économiques régionales et africaines (UEMOA, BAd, BCEAO) de trouver des artifices juridiques et des garde-fous solides pour prévenir les économies des pays africains d'une telle gangrène qu'est le blanchiment de l'argent sale à travers son injection dans les circuits financiers.

Toute l'attention doit être tournée vers le Togo pour contrôler le flux d'investisseurs qui en réalité sont les membres et l'entourage immédiat du clan Gnassingbé afin de courcicuiter leur tendance à faire de l'argent en provenance du trafic de drogue, un argent «propre».

Jules Symfeïtchéou, Etiame.com

 

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