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Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
UE-Togo :Reprendre la coopération pour relancer le combat pour la démocratie Posté le 8 août 2006 Suspendue en octobre 1992 pour cause de déficit démocratique, la coopération entre l'Union européenne et le Togo, devenue le centre de préoccupation entre le Rassemblement du Peuple togolais et l'opposition, retarde la lutte de libération du peuple togolais. La raison est assez simple. Les efforts internes sont abandonnés au profit d'une hypothétique délivrance du peuple à partir de Bruxelles. En 1992, suite à des violences repérées du régime sanguinaire incarné par le Rassemblement du Peuple togolais avec à sa tête le défunt président Gnassingbé Eyadema, l'Union européenne prend la décision salutaire de suspendre sa coopération avec le Togo. Le but de cette décision est d'exercer le maximum de pression sur les autorités de Lomé en vue d'une transition démocratique réussie. Cette décision fut renforcée, avec menace de suspension et d'expulsion du Togo de la convention ACP-UE après la révision des Accords de Lomé en 1993 à Maurice. Cette révision inséra le volet Droits Humains, bonne gouvernance, démocratie dans les relations ACP-UE. Les mêmes dispositions sont reprises dans les accords de Cotonou. C'était un coup dur pour l'ancien dictateur Eyadema qui était très soucieux de son image a l'extérieur du Togo. Une mission cardinale était donc assignée aux valets du RPT : obtenir la reprise de la coopération sans faire une ouverture démocratique. Berner la communauté internationale par une fiction de démocratie et obtenir les millions d'Euros pour s'enrichir illicitement sur le dos du peuple. Eyadema voulait à tout prix restaurer son image galvaudée par ses propres agissements. Il n'a pas réussi. Il ne s'en est jamais remis jusqu'à son passage de vie à trépas. La stratégie de la coopération bien utilisée par le CAR L'opposition a très vite compris que la reprise de la coopération était très chère a Eyadema et elle avait très bien joué cette carte au détriment de la pression interne et de la re-organisation de la lutte. A juste titre l'opposition, surtout parlementaire de 1994-1999 le CAR (comité d'Action pour le Renouveau), avait cru que les pressions de l'UE sur le régime peuvent le contraindre à lâcher du lest en faisant des ouvertures significatives. Le Car jouait alors sur deux fronts : engager une lutte institutionnelle en se prévalant du titre de l'opposition parlementaire et avoir des entrées faciles a Bruxelles, et au même moment recourir à la rue pour accentuer la pression sur le régime sanglant du RPT. Mais la réalité politique l'avait amené, à se tourner beaucoup plus vers Bruxelles que vers Bê, Kodjoviakopé, Dékon , Tokoin et autres. Il n'a pas eu le soutien de l'opposition extra -parlementaire composée en ce moment de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) et de l'Union des Forces de Changement (Ufc), qui avaient pris leur distance vis-à-vis des participationnistes aux élections législatives de février 1994. La position d'opposition parlementaire avait permis au Car de faire partie de toutes les délégations du parlement togolais qui assistaient aux discussions à Bruxelles et à Strasbourg. Il arrivait que les membres d'une même délégation défendent des positions diamétralement opposées. De vives empoignades entre les membres du Car et ceux du RPT sont souvent observées à Bruxelles. Pour se faire encore plus entendre à Bruxelles, le CAR
adhère au PPE (Parti populaire Européen), un regroupement
de partis de droite et majoritaire en ce moment au parlement européen.
Pour marquer son ancrage à droite, le parti affirme sa philosophie
de la Démocratie Croyante. Démocratie Croyante par
analogie a la Démocratie Chrétienne. Le CAR étant
composé de musulmans, de chrétiens, d'animistes,
le vocable “Démocratie Croyante” fut inventé pour
que chacun y trouve sa place. L'UFC aussi rentre dans la danse Le CAR n'était pas seul à s'engager dans cette stratégie
de l'Europe qui, avouons le, a retardé la lutte. Pas parce
que cette stratégie fut mauvaise, mais simplement parce
qu'il s'écartait des méthodes de lutte endogènes
et contribuait à distraire et à démobiliser
les militants qui croyaient que tout peut se régler par
l'Europe. Le RPT tire son épingle du jeu Le recours constant à l'UE et à la question de la coopération permet au RPT de toujours rebondir et de reprendre la main après chaque coup de force électoral ou constitutionnel. Dès que la pression monte et que le peuple est prêt et déterminé à aller à la victoire finale, l'UE intervient pour appeler aux négociations. Ce qui n est pas à rejeter, mais très vite nos leaders oublient la méthode qui consiste à maintenir la pression de la rue et négocier en même temps. Car une fois la pression de la rue levée, le RPT traîne les pieds, récupère ses forces et continue par être maître du jeu. Je ne perds pas de vue la répression sanglante de l'armée utilisée par le RPT pour tirer à balles réelles sur les manifestants. Le RPT sait très bien comment fonctionne l'UE. Et avec la position de la France, il sait que rien de grave ne lui arrivera à partir de Bruxelles. C'est vrai que l'opposition et le peuple togolais ont la sympathie des Eurodéputés. Mais le parlement européen a des pouvoirs limités. Il ne peut que prendre des résolutions qui ne lient pas la commission qui est l'organe de décision. Les condamnations et les prises de position du parlement européen ne sont que de portée morale. Tout se joue à la commission. Et c'est là où le RPT tient l'opposition avec l'aide de la France et surtout l'actuel commissaire au développement, le Belge Louis Michel qui n'a pas caché son admiration au président Eyadema contrairement à l'ancien commissaire, le Portugais Joao Pinheiro qui s'est montré très critique vis-à-vis du Togo, mais qui a vu ses actions en faveur de la démocratie bloquées par la France. Que perd au juste le Togo dans cette coopération suspendue ? Pour jouer sur la conscience de la communauté internationale et voiler son échec à subvenir aux besoins élémentaires de la population, le RPT culpabilise la suspension de la coopération. Il va même plus loin en disant que c'est l'opposition qui affame le peuple. Ridicule ! Il est vrai qu'avec la suspension de la coopération, le Togo perd de l'argent. Ainsi, le Togo n'a pas eu de 8eme FED (Fonds Européen pour le Développement) à l'exception des ressources du Stabex et ne bénéficie pas actuellement du 9eme FED (2002-2007). La suspension de la coopération l'exclut du processus de préparation du 10eme FED qui a commencé cette année. Il y a aussi les reliquats du 6eme, et du 7eme FED qui s'élèvent à environs 12, 5 millions d'euros. Ces reliquats sont transférés sur le 9eme FED dont le Togo ne bénéficie pas. Avant la mort d Eyadema, l'UE a prévu deux étapes pour la reprise de la coopération, (9eme FED et Stabex 95-99 et transfert des reliquats des FED précédents) : D 'abord la fixation de la date des élections législatives anticipées et l'établissement d'un cadre électoral "acceptable par toutes les parties" avant de notifier l'enveloppe du 9eme FED. Ensuite la tenue de ces élections dans des conditions transparentes avant le déblocage des fonds. Malgré cette suspension, l'UE a financé depuis 1992, sur des ressources des anciens FED des travaux bénéficiant directement aux populations. Les Togolais ne perdent pas grand chose de la suspension de cette coopération. Car même si cet argent tombe dans les caisses du Togo, les vautours du RPT vont se le partager et initiant des projets bidons avec des comptes surfacturés pour se remplir les poches. Rien n'ira directement ou substantiellement au populations. Reprendre la coopération pour relancer la lutte L'UE peut reprendre intégralement sa coopération avec le Togo. Il ne s'agit nullement de reprendre en compte les arguments saugrenus du RPT qui estime que la population souffre et qu'il faut donner de l'argent pour la sauver. C'est un gouvernement irresponsable qui tient ces genres de propos. La carence et l'incompétence de certains ministres à gérer leur département ne sont plus à démontrer. Certains amis estiment qu'il ne faut pas reprendre la coopération et donner de l'argent aux mafieux du RPT qui vont les détourner. C'est l'idéal. Mais, vu l'importance de la lutte et la nécessité de re-mobiliser les Togolais, il ne faut plus les distraire avec cette histoire de coopération qui, il faut le reconnaître, n'a pas libéré le Togo depuis 1992. Une fois la liberté conquise et le peuple en possession des moyens de l'Etat, les ressources nécessaires seront trouvées pour lancer les projets de développement. La reprise de la coopération focalisera notre attention sur la lutte interne et les méthodes endogènes qui avaient fait leur preuve dans le temps. J'ai l'impression que cette histoire de reprise ou de non-reprise de la coopération nous distrait et nous éloigne de notre combat et de notre responsabilité. Tout se passe comme si c'est pour faire plaisir à Bruxelles que le RPT doit faire des changements démocratiques. Non ! C'est une exigence des Togolais de voir s'installer sur la terre de leurs aïeux un système démocratique et libre. Lorsqu'on ne parlera plus de coopération de l'UE, les combattants togolais sauront qu'ils doivent désormais reprendre en main les destinées de la lutte, se réorganiser et relancer la lutte pour démolir cette dictature bestiale et féroce du RPT. Tata Hounkanli
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