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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

FORUM DE LA SEMAINE N°182

Qui est ce mystérieux Massina qui recherchait Dimas Dzikodo à la Salle Concorde?

La chose aurait pu ne pas trop nous émouvoir s'il n'y avait pas ce lugubre précédent survenu le 09 octobre 2005 où Dimas Dzikodo avait échappé par miracle à une tentative d'assassinat.

Hier, en pleine clôture du dialogue intertogolais que couvrait Dimas Dzikodo pour le compte de Forum de la Semaine , un individu en « complet définitif » s'approcha de Dimas et lui dit qu'un certain Massina voudrait le voir à l'entrée de la salle. A la question de savoir qui est ce fameux Massina, le bonhomme répondit qu'il n'est qu'un émissaire et qu'il ne le ne connaissait pas.

Dimas était heureusement entouré de nombreux confères qui lui ont formellement interdit de le suivre. Mais que ne fut sa surprise de voir le même individu descendre quelques instants plus tard les marches de l'entrée de la Salle Fazao avec une vielle connaissance : le Capitaine Massina, patron du Centre de Traitement des Renseignements (CTR) de la gendarmerie. Drôles de coïncidence, non ? Notre Capitaine apparemment va rendre compte à un ministre (Nous taisons son nom pour le moment) assis dans la Salle à qui, il parlera longuement dans l'oreille. Deuxième drôle de coïncidence. Dans la foulée, un confrère qui était depuis le début avec Dimas et qui avait tout suivi et qui s'était enquis auprès du Capitaine Massina lui rapportera plus tard qu'en fait, notre gendarme lui aurait confié qu'il avait une commission pour lui. Quelle commission et de qui ?

En tout cas, c'en était trop pour que la rédaction de Forum de la Semaine s'inquiète et prenne les Togolais à témoin. On ne sait jamais. 

Dialogue intertogolais : Accord politique global 

Les discussions furent âpres, mais finalement les parties togolaises au dialogue sont parvenues à accorder leur violon sur un document censé baliser la voie aux prochaines législatives, à un Togo nouveau.

Nous vous proposons l'intégralité de cet Accord politique global.

Conformément aux vingt deux (22) engagements souscrits le 14 avril 2004 par le Gouvernement de la République Togolaise à l'issue des consultations avec l'Union Européenne et dans le but de consolider la démocratie, la réconciliation nationale et la paix sociale, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), et cinq (05) partis de l'opposition traditionnelle: le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), la Convergence Patriotique Panafricaine (CPP), le Parti pour la Démocratie et le Renouveau (PDR) ; l'Union des Forces de Changement(UFC), le Gouvernement ainsi que deux organisations de la société civile: le Groupe de Réflexion et d'Action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), le Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (REFAMP/T) se sont réunis à Lomé du 21 avril au 06 juillet 2006, dans le cadre d'un Dialogue National.

En vue de parvenir à un accord définitif, les parties prenantes au Dialogue en leur séance du 25 juillet 2006 ont sollicité la facilitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, qui a marqué son accord.

Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso a invité les Parties prenantes au Dialogue Politique togolais, à Ouagadougou du 07 au 19 août 2006, pour une série de consultations et de séances de travail en présence des représentants de l'Union Européenne (UE) et de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en qualité d'observateurs.

Au terme des discussions empreintes de franchise et de fraternité, les Parties au Dialogue National Togolais ont affirmé leur volonté politique d'œuvrer à une sortie de crise définitive. A cet effet, elles ont convenu de proposer au Président de la République Togolaise la mise en place d'un Gouvernement d'Union Nationale dans le but de restaurer la paix, la sérénité et la confiance mutuelle et d'organiser des élections législatives justes, transparentes et acceptables par tous.

A cet égard elles ont convenu de ce qui suit :

I - La mise en place d'une nouvelle Assemblée Nationale à l'issue d'un processus électoral transparent, juste et démocratique

1.1 - Compte tenu du rôle déterminant de l'Assemblée Nationale pour la crédibilité des institutions démocratiques, la poursuite des réformes constitutionnelles et l'enracinement de l'Etat de droit, les parties s'engagent à créer les conditions qui garantiront des élections libres, ouvertes et transparentes.

1.2 - Ces élections se dérouleront conformément aux dispositions définies par consensus dans le cadre électoral relativement aux points suivants:

- attributions, composition et démembrements de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI);

- conditions d'éligibilité ;

- mode de scrutin ;

- découpage des circonscriptions électorales ;

- recensement pour la confection du fichier électoral ;

- montant de la caution ;

- cartes d'électeurs;

- observation des élections ;

- règlement du contentieux électoral ;

- accès équitable des partis et des candidats aux médias d'Etat ;

- quota des candidatures féminines ;

- financement des partis politiques.

1.2.1 - Attributions, composition et démembrements de la CENI

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent que l'organisation d'élections transparentes, justes et équitables sera confiée à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) dont les attributions, la composition et les démembrements font l'objet de l'annexe I.

L'Administration apportera à la CENI son concours et son appui pour l'organisation des élections.

1.2.2 Conditions d'éligibilité

Toutes les Parties prenantes au Dialogue ont reconnu la nécessité d'apporter au cadre électoral en vigueur les aménagements nécessaires pour garantir un processus électoral libre, démocratique et transparent, ouvert à tous les Togolais.

A cet égard elles ont convenu que les dispositions relatives aux délais de résidence et à l'exigence de présenter une copie légalisée de l'acte de renonciation à toute nationalité étrangère dont le candidat pourrait être titulaire soient supprimées pour les prochaines élections législatives.

1.2.3 Mode de scrutin

Les Parties prenantes au Dialogue National invitent le Gouvernement d'Union Nationale à étudier et opter pour l'un des deux modes de scrutin suivants susceptibles de garantir des élections libres, démocratiques et transparentes pour une meilleure représentation des forces politiques à l'Assemblée Nationale :

- scrutin proportionnel de liste à la plus forte moyenne ou au plus fort reste, avec la préfecture comme circonscription électorale ;

- scrutin uninominal majoritaire à deux (2) tours.

1.2.4 - Découpage des circonscriptions électorales

En attendant un redécoupage électoral basé sur un recensement général de la population, les Parties prenantes au Dialogue National conviennent de s'en tenir aux circonscriptions électorales et administratives actuelles et à une Assemblée Nationale de quatre vingt-un (81) députés.

1.2.5 - Recensement pour la confection du fichier électoral

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de faire procéder à un recensement électoral en vue d'obtenir un fichier électoral fiable.

Elles conviennent également de la mise en place d'un programme de délivrance de cartes nationales d'identité.

Le recensement électoral est organisé par la CENI en collaboration avec le Gouvernement qui déterminera les modalités de délivrance des cartes nationales d'identité.

1.2.6- Cartes d'électeurs infalsifiables

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent d'instituer une carte d'électeur infalsifiable et sécurisée.

1.2.7 - Montant de la caution

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de la réduction du montant de la caution pour les élections. Le taux de réduction sera fixé par le Gouvernement.

1.2.8 – Observation des élections

Les Parties prenantes au Dialogue s'engagent à accepter des observateurs nationaux et internationaux à tous les stades du processus électoral, afin d'attester de la régularité du scrutin, ainsi que des conditions de transparence et de sécurité. Tous les observateurs devront répondre aux critères d'accréditation définis par la CENI.

En outre, elles conviennent de la mise en place, au niveau des observateurs internationaux, d'une structure pluridisciplinaire d'alerte composée d'experts civils et militaires sur les questions spécifiques de sécurisation des opérations électorales.

1.2.9- Règlement du contentieux électoral

Les Parties prenantes au Dialogue National conviennent à propos du contentieux des élections législatives que :

a) dans l'esprit du Présent Accord, les organes compétents procèdent à la recomposition de la Cour Constitutionnelle en veillant à ce que les personnalités à nommer répondent aux critères de professionnalisme, de crédibilité et d'indépendance;

b) la sous-commission de la CENI chargée du contentieux électoral soit supprimée ;

c) en cas de contestation des inscriptions sur les listes électorales et de distribution des cartes d'électeurs :

- la plainte soit soumise à la Commission Electorale Locale Indépendante (CELI) ;

- la partie non satisfaite de la décision de la CELI puisse introduire un recours devant la CENI ;

- les décisions de la CENI puissent être déférées devant le Tribunal de Première Instance territorialement compétent. Le Tribunal siège à cet effet dans une composition présidée par un magistrat autre que celui chargé de la présidence de la CELI. Il statue en dernier ressort.

d) le contentieux des candidatures à la députation, ainsi que les contestations concernant les opérations de vote et la conformité des résultats proclamés par la CENI relèvent de la compétence de la Cour Constitutionnelle.

1.2.10- Accès équitable des partis et des candidats aux médias d'Etat

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent du principe de l'accès équitable des partis, des candidats et de la société civile aux médias d'Etat. Elles ont reconnu les efforts actuellement réalisés dans le secteur des médias d'Etat et ont souhaité que ces efforts soient poursuivis et consolidés.

Elles conviennent que les médias d'Etat soient dotés de moyens et d'équipements appropriés pour leurs missions.

1.2.11- Quota des candidatures féminines

Les Parties prenantes au Dialogue se sont engagées à oeuvrer en vue d'assurer la représentation équitable des femmes dans les processus électoraux et dans la vie politique nationale.

Dans cette optique, elles encouragent les partis politiques à s'imposer un minimum de candidatures féminines aux élections.

1.2.12- Financement des partis politiques

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent que l'Etat finance les activités des partis politiques.

Elles ont rappelé à cet effet les dispositions de l'article 18 alinéa 2 de la Loi 91-4 du 12 avril 1991 qui stipule : «les partis politiques bénéficient en outre d'une aide financière de l'Etat. Cette aide est attribuée aux partis politiques ayant recueilli au moins 5% des suffrages sur le plan national aux élections législatives» .

Le Gouvernement décidera des mesures incitatives à la participation des femmes à la vie politique.

II - Les mesures relatives à la sécurité aux droits humains, aux réfugiés et personnes déplacées

2.1 - Questions de sécurité

2.1.1 - S'agissant des questions de sécurité, les Parties prenantes au Dialogue conviennent que des dispositions nécessaires soient prises en vue de la réaffirmation solennelle et du respect effectif :

· de la vocation apolitique et du caractère national et républicain de l'Armée et des Forces de Sécurité, conformément à la Constitution et aux Lois pertinentes du pays ;

· de la distinction entre les fonctions de l'Armée d'une part, et celles de la Police et de la Gendarmerie d'autre part, de façon à ce que l'Armée se consacre à sa mission de défense de l'intégrité du territoire national et les forces de Police et de la Gendarmerie à leurs missions de maintien de l'ordre et de sécurité publique.

2.1.2 - Dans l'immédiat, le Gouvernement prendra toutes les dispositions utiles afin que les Forces de Défense et de Sécurité s'abstiennent de toute interférence dans le débat politique.

2.1.3 - Dans le souci de renforcer les dispositifs de maintien de l'ordre, les Parties prenantes au Dialogue préconisent un accroissement des effectifs et des moyens d'action de la Police et de la Gendarmerie afin de leur permettre d'assurer efficacement leurs missions, y compris en veillant à la sécurisation des activités des partis politiques et des opérations électorales....

2.1.4 - Les Parties prenantes au Dialogue invitent les organisations politiques à s'abstenir de tout acte, comportement et propos pouvant être perçus comme des provocations à l'égard des Forces Armées et de Sécurité, et à oeuvrer on vue de l'instauration d'une confiance réciproque entre ces dernières et les populations.

2.1.5 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de la mise en place, au niveau national, d'un mécanisme d'alerte en matière d'application des mesures de sécurisation des activités des partis politiques et des processus électoraux. Ce mécanisme sera composé de représentants des partis politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité. Il dispose d'organes déconcentrés, composés de manière similaire, au niveau de la Commune de Lomé et des autres Préfectures.

2.2 - Question de l'impunité

2.2.1 - Les Parties prenantes au Dialogue reconnaissent que l'impunité des actes de violence à caractère politique est un phénomène grave que le Togo a connu de tout temps, notamment à l'occasion des processus électoraux.

2.2.2 - Elles conviennent que toutes les forces vives du pays, en particulier les partis politiques et les organisations de la société civile, doivent œuvrer activement à son éradication.

A cet égard, les Parties prenantes au Dialogue National :

a) s'engagent à renoncer à tout acte de violence et d'incitation à la violence ;

b) conviennent de la création d'une Commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique commis par le passé et d'étudier les modalités d'apaisement des victimes ;

c) réaffirment la nécessité pour les pouvoirs publics de promouvoir la compétence, l'intégrité et l'esprit d'indépendance pour le bon fonctionnement des Cours et Tribunaux, de la Police Judiciaire et des autres institutions qui concourent à la lutte contre l'impunité.

2.3 - Cas des réfugiés et des personnes déplacées

2.3.1 - Les Parties prenantes au Dialogue, conscientes de la nécessité de créer un environnement politique et institutionnel rassurant pour les réfugiés et personnes déplacées, conviennent de la nécessité et de l'urgence de tout mettre en œuvre pour favoriser le retour et la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées.

2.3.2 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de la mise en place d'un comité ad hoc pour appuyer les efforts du Haut Commissariat chargé des Rapatriés et de l'Action humanitaire dans sa mission d'organisation et de coordination du processus de rapatriement et de réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées. Ce comité prendra attache avec les réfugiés dans les pays d'accueil, en vue d'examiner avec eux les voies et moyens susceptibles d'accélérer leur retour.

2.4 - Pardon et réconciliation nationale

Afin de créer les conditions pour un climat social apaisé nécessaire à la réconciliation, les Parties prenantes au Dialogue National conviennent de la création d'une Commission qui proposera des mesures susceptibles de favoriser le pardon et la réconciliation nationale.

. III - La poursuite des réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance

3.1 - Les Parties prenantes au Dialogue s'engagent à poursuivre toutes les réformes visant à consolider la démocratie, l'Etat de droit et la bonne gouvernance.

Les Parties prenantes au Dialogue s'accordent pour que le Gouvernement d'Union Nationale engage les réformes dans un esprit de large consensus.

Ces réformes porteront sur les questions d'intérêt national suivantes :

- le fonctionnement régulier des institutions républicaines ;

- le respect des droits humains ;

- la sécurité et la paix publique ;

- le caractère républicain de l'Armée et des Forces de Sécurité ;

- l'équité et la transparence des élections à savoir : les conditions d'éligibilité, le mode de scrutin, le découpage électoral, le contentieux électoral, etc.

- le renforcement des moyens d'action de la Haute Autorité de l'Audio-visuel et de la Communication (HAAC).

3.2 - Les Parties prenantes au Dialogue National, engagent le Gouvernement à étudier les propositions de révision constitutionnelle, notamment: le régime politique, la nomination et les prérogatives du Premier Ministre, les conditions d'éligibilité du Président de la République , la durée et la limitation du mandat présidentiel, l'institution d'un Sénat, la réforme de la Cour Constitutionnelle.

Le Gouvernement prendra en charge ces propositions pour la prochaine législature.

3.3 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent que le programme de réforme et de modernisation de la justice demeure un des chantiers prioritaires du Gouvernement.

3.4 - Les Parties prenantes au Dialogue National recommandent au Gouvernement d'étudier les questions relatives à la réforme de l'Armée et des Forces de Sécurité.

3.5 - Ce processus de réformes devra s'inscrire dans la durée, et constituer une des priorités du Gouvernement.

Le Gouvernement prendra les textes qui réglementent l'intervention des Forces de Défense et de Sécurité en matière de maintien de l'ordre dans le strict respect de la légalité républicaine.

IV - La formation d'un Gouvernement d'Union Nationale

4.1 - Toutes les Parties prenantes au Dialogue acceptent le principe de la formation d'un Gouvernement d'Union Nationale.

Elles proposent au Président de la République de former un Gouvernement d'Union Nationale ouvert aux partis politiques et à la société civile, dans un esprit de réconciliation nationale et de confiance mutuelle pour la consolidation du processus d'apaisement.

4.2 - L'action du Gouvernement d'Union Nationale se mènera dans le cadre d'une feuille de route dont les points fondamentaux sont définis dans l'annexe II.

V - Dispositions finales

5.1 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de la création d'un cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d'intérêt national.

Le Gouvernement d'Union Nationale fixera les missions, la composition et les modalités de fonctionnement de cette structure.

5.2 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de la mise en place d'un mécanisme de suivi de la bonne application des engagements souscrits.

Le Comité de Suivi (CS) sera composé d'un représentant de chaque composante du Dialogue, ainsi que des représentants du Facilitateur, de l'Union Européenne (UE) et de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Il aura pour mission de veiller à l'application du présent Accord.

Il sera présidé par le Facilitateur ou son représentant.

5.3 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de l'élaboration d'un Code de Bonne Conduite à l'attention des partis politiques, de la société civile et des médias, objet de l'annexe III

5.4 - Les Parties prenantes au Dialogue conviennent de lancer un appel à la communauté internationale, en particulier à l'Union Européenne, en vue de la reprise rapide de la coopération. Elles demandent en outre à l'Union Européenne et à toute la Communauté Internationale d'apporter un soutien financier et technique au processus engagé.

5.5 - Elles conviennent également que le Facilitateur, ainsi que les observateurs de l'UE et de la CEDEAO accompagnent le processus de transition jusqu'à son terme.

5.6 - Les annexes I, II et III font partie intégrante du présent Accord.

5.8 - En cas de différend sur l'interprétation de tout ou partie du présent Accord, y compris les modalités de l'organisation et du déroulement des opérations électorales, les parties signataires conviennent de s'en remettre à l'arbitrage du Facilitateur.

Fait à Lomé, le 20 août 2006.

Ont signé:

Pour le Bureau du Dialogue:

Monsieur Yawovi AGBOYIBO

Pour le CAR :

Monsieur Gahoun HEGBOR

Pour la CDP A :

Monsieur Léopold GNININVI

Pour la CPP :

Monsieur Jean-Lucien SAVI de TOVE

Pour le GF2:

Madame Akouavi Célestine AÏDAM

Pour le Gouvernement :

Monsieur Kokou Biossey TOZOUN 

Pour le PDR :

Monsieur K. Lardia Henri KOLANI

Pour le REFAMP/T :

Madame A. Larba Maria APOUDJAK 

Pour le RPT :

Monsieur Fambaré Ouattara NATCHABA

Pour l'UFC :

Monsieur Eric AMERDING

Le Facilitateur :

Son Excellence Monsieur

Blaise COMP AORE

Président du Burkina Faso 

Annexe I

Des attributions, de la composition et des démembrements de la CENI

Tirant les enseignements des précédents processus électoraux, et conformément à l'engagement n° 1.3, les parties prenantes au Dialogue ont réaffirmé par consensus leur adhésion aux principes et acquis de l'Accord-cadre de Lomé concernant les attributions, la composition et les démembrements de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Ces principes et acquis prévoient ce qui suit :

- Une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée d'organiser et de superviser les consultations électorales et référendaires, en liaison avec le Ministère de l'Intérieur et les autres services de l'Etat, sera mise en place ;

- La CENI sera composée de façon équilibrée entre la mouvance présidentielle, les partis d'opposition et la société civile ;

- Les parties ont accepté la mise en place de bureaux de vote composés de manière équilibrée.

Toutefois, elles ont convenu d'y apporter des améliorations permettant de renforcer l'autonomie de la CENI ainsi que les conditions de transparence et d'équité des prochaines élections législatives. Partant, elles se sont engagées pour une révision des textes législatifs et réglementaires relatifs à la CENI et à ses démembrements. Cette révision s'effectuera en conformité avec les engagements ci-après:

(i) La Commission Electorale Nationale Indépendante est rétablie dans sa mission d'organisation et de supervision des consultations électorales et référendaires ;

Elle est assistée, à sa demande, par l'Administration et les autres services de l'Etat. Les textes législatifs et réglementaires spécifient, à titre indicatif, les cas où l'assistance de l'Administration est indispensable;

(ii) Dans la perspective des prochaines élections législatives à organiser conformément aux 22 engagements, la CENI sera composée de 19 membres désignés à raison de :

· 5 par la mouvance présidentielle (RPT);

· 10 par les 5 autres partis signataires de l'Accord-cadre de Lomé (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC) dont 2 par chacun ;

· 2 par la société civile, à raison d'un par chacune des 2 organisations qui prennent part au dialogue national (GF2D et REFAMP/T) ;

· 2 par le Gouvernement (sans voix délibérative).

La CENI élit en son sein son Président et les autres membres du Bureau.

Le Président élu est nommé par décret pris en conseil des Ministres.

Les Parties prenantes au Dialogue conviennent que la CENI adoptera son Règlement Intérieur dans un esprit consensuel.

Elles conviennent également que ce Règlement Intérieur destiné à régir le fonctionnement de la CENI privilégiera le consensus dans la prise de décisions.

(iii) Les démembrements de la CENI sont allégés et composés comme suit :

(a) Les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) :

9 membres dont :

1 Magistrat, Président ès qualité;

1 désigné par le Gouvernement (sans voix délibérative);

2 désignés par la mouvance présidentielle (RPT) ;

5 désignés par les 5 autres partis signataires de l'Accord-Cadre de Lomé (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC) dont 1 pour chacun.

Les membres du bureau de chaque CELI autres que le Président sont élus par leurs pairs.

Chaque CELI est assistée dans l'accomplissement de ses tâches par une commission technique.

(b) Les bureaux de vote : 7 membres désignés à raison de:

- 2 par la mouvance présidentielle (RPT) ;

- 5 par les 5 autres partis signataires de l'Accord cadre de Lomé (CAR, CDPA, CPP, PDR, UFC) dont 1 par chacun ;

Les dirigeants des bureaux de vote sont nommés par la CENI sur proposition des CELI.

Annexe II

De la feuille de route du Gouvernement d'Union Nationale

Outre ses attributions constitutionnelles classiques, le Gouvernement aura pour tâches prioritaires :

- de mettre en œuvre les décisions prises par le Dialogue ;

- de prendre des mesures en vue d'accélérer le rapatriement et la réinsertion des réfugiés et des personnes déplacées ;

- de créer les conditions d'une implication plus forte de la Diaspora togolaise à l'œuvre de construction nationale ;

- de renforcer les mesures visant à assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l'étendue du territoire national et de veiller au strict respect des normes républicaines relatives à l'intervention des Forces de Sécurité dans le maintien de l'ordre et de la sécurité publique;

- de mettre en place un programme de délivrance de cartes nationales d'identité;

- de prendre des mesures incitatives à la participation des femmes à la vie politique;

- de prendre les textes réglementaires et administratifs garantissant des élections justes, libres et transparentes ;

- de prendre les mesures appropriées en relation avec les partenaires au développement en vue de relancer l'économie togolaise ;

- de parachever la mise en œuvre des vingt deux (22) engagements souscrits par le Gouvernement togolais avec l'Union Européenne ;

- d'élaborer un calendrier électoral précis indiquant la date d'installation de la future CENI ;

- de définir les modalités de financement des activités des partis politiques ;

- de rédiger les articles du code électoral visé par le présent accord.

Annexe III 

Du code de bonne conduite pour les élections

Les parties prenantes au Dialogue :

- conscientes de leur rôle majeur dans l'enracinement de la culture démocratique ;

- conscientes de leur influence sur l'opinion publique nationale et de leur responsabilité dans la préservation et la consolidation de la cohésion nationale et de la paix sociale ;

- considérant que les périodes électorales sont souvent porteuses de germes de fracture sociale ;

- considérant que la cohésion nationale et la paix sociale reposent sur une bonne gouvernance démocratique, qui implique l'organisation de scrutins justes, honnêtes et transparents ;

- conscientes du rôle des médias dans la conduite harmonieuse des processus électoraux;

- s'engagent à oeuvrer pour la sauvegarde de la paix, de la concorde sociale et de l'unité nationale par l'acceptation des diversités d'options politiques et d'opinions et le rejet de la violence sous toutes ses formes.

Les rapports entre les parties prenantes doivent être placés sous le signe du respect mutuel et du rejet de tout comportement susceptible de nuire à la sérénité des scrutins.

Les débats et les discours politiques doivent être circonscrits à une saine émulation des idées, à la critique des programmes politiques et aux suggestions destinées à améliorer la gouvernance démocratique et la promotion du développement. Ils ne doivent pas traiter de la vie privée, de l'appartenance confessionnelle, sociale, régionale ou ethnique d'un candidat ou d'un citoyen.

Les candidats, partis politiques, regroupements ou collectifs de partis politiques doivent s'interdire et interdire à leurs militants et partisans toute attitude, tout comportement, tout propos de nature à porter atteinte à la dignité, à l'intégrité physique des personnes, aux biens publics et privés et à la transparence des élections.

Les candidats au scrutin doivent bannir de leurs discours et programmes politiques, le mensonge, la diffamation, les incitations à la fraude électorale ainsi que tout comportement tendant à abuser de l'électorat, quelle que soit la langue utilisée.

Les médias publics doivent assurer un traitement égalitaire et équilibré des candidats ou formations politiques prenant part aux scrutins.

Les médias privés doivent assurer un strict respect de l'éthique et de la déontologie et bannir toute discrimination.

Les journalistes doivent s'interdire tous traitements et/ou propos partisans ou malveillants à l'égard des candidats, des partis politiques et de leurs programmes et tout dénigrement des partis politiques ou des candidats.

En adhérant au code de bonne conduite, les parties prenantes réaffirment leur confiance au peuple togolais, ultime souverain qui aspire à une démocratie respectueuse des libertés publiques et des droits fondamentaux de la personne humaine.

Les parties prenantes s'engagent à recourir aux voies légales pour tout règlement des différends qui viendraient à les opposer du fait de la non observation des règles du code de bonne conduite par une des parties.

Fait à Lomé, le 20 août 2006  

Dialogue intertogolais: Les réactions

Gnininvi : « Il va falloir aller vite »

Nous devons insister sur la volonté politique que sur des concessions mécaniques. S'il y a sincérité de la part des acteurs politiques, en ce moment, la mise en œuvre aussi sera faite. Donc il y a eu non seulement cette affirmation de volonté politique mais c'est la confection d'une feuille de route avec des tâches précises. Si bien que l'effort fourni, c'est un peu plus que les accords précédents.

Quel délai pour la formation du nouveau gouvernement. Est-ce que ça prendra le temps qu'il faudra ?

Il va falloir aller vite de toute façon. Parce que si on doit amener l'apaisement dans le pays avant d'aller aux élections législatives, ce gouvernement d'union nationale dont on parle n'aura pas une durée de vie qui excédera les 15 à 18 mois. Alors, il faut donc qu'on fasse vite.

Et combien de temps à peu près ?

Je ne sais pas. Je ne voudrais pas forcer les gens mais, on va voir jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

Patrick Lawson: «Les problèmes de personnes, ça intéresse certains pas nous»

Cet accord, nous le considérons comme un trésor commun. C'est une richesse commune que nous devons désormais exploiter. Nous espérons pourvoir le faire avec le soutien de nos populations.

Vous avez pris des conditions particulières pour rentrer au gouvernement ?

Avec la crise actuelle, ce qu'à endurer ce peuple, vous vous contenteriez que de ces problèmes-là. Cela ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est ce que nous pouvons faire pour sortir ce peuple de cette situation. Les problèmes d'hommes, ça intéresse certains mais pas nous.

Me Agboyibo: «Certains n'y avaient pas cru au départ»

C'est un jour de joie, je suis comblé. Parce qu'on ne s'y attendait pas. Il a fallu le concours du président Blaise Compaoré. Certains d'entre-nous n'y avaient pas cru au départ. Je remercie Dieu, je remercie tous ceux qui ont conduit à la signature de cet accord.

Tout le monde doit s'investir pour que les conclusions soient fidèlement appliquées.

Le président du Burkina Faso a sauvé une situation au départ difficile. C'est en cela que le mérite lui revient. Je ne peux que le remercier non seulement au nom du bureau du dialogue mais aussi au nom du peuple togolais.

Une chose est de signer les accords, une chose est de les respecter. Est-ce que vous en êtes conscients ?

Nous en sommes conscients. Et au-delà de la lettre de cet accord, ce que nous avions eu à noter de remarquable à Ouaga, c'est cet esprit nouveau auquel le président du Faso tient. Il a insisté là-dessus. Il nous revient de nous approprier de ses conseils afin que dans son application, cet accord aboutisse aux résultats escomptés.

Pascal Bodjona: «Cet accord, c'est la victoire du peuple»

Quelle garantie avez-vous que cet accord est le bon ?

Nous ne parlons pas des accords passés. Nous nous situons dans une dynamique nouvelle. Il y a des garanties, c'est la volonté d'abord des acteurs politiques togolais. C'est aussi la volonté du président de la République , Faure Gnassingbé, c'est enfin les garanties qui résident dans la formation d'un nouveau gouvernement.

Comme je l'ai dit il y a quelques jours à Ouaga, l'accord politique global que nous avons obtenu sous l'égide du président Blaise Compaoré est une victoire pour le peuple togolais dans son entièreté. Personne ne doit s'enorgueillir un peu plus que d'autres. Nous avons fait d'énormes concessions. C'est le vœu du président de la République de sortir ce pays de la situation actuelle. Disons que tout le monde a fait l'effort nécessaire pour regarder désormais vers l'avant. C'est l'esprit de la nouvelle dynamique, l'esprit de la nouvelle donne.

Jeunesse togolaise : la galère

Elle fait plus les frais de la crise socio-politique que connaît le Togo depuis plus de 15 ans, et ne constitue pas seulement la proportion de la population ayant entre 15 et 35 ans (comme l'indique le gouvernement), mais se caractérise et se reconnaît aussi et surtout par la kyrielle de maux dont elle souffre. Sept (7) personnes sur dix (10) au Togo sont jeunes et ces jeunes quoique dynamiques, sont quotidiennement en proie à de multiples problèmes socio-économico-politiques. L'image de la jeunesse togolaise est tout simplement triste, parfois scandaleuse. Ce portrait retrace les grands traits des besoins de cette jeunesse, besoins exprimés par des compatriotes rencontrés au grand marché d'Adawlato, au campus universitaire de Lomé, dans les quartiers de Lomé… (Nous avons exprès masqué leurs patronymes).

A 18 ans A. Gagnon ne peut écrire aucune lettre de son nom . Il n'a jamais mis pied à l'école, n'a ni bénéficié d'aucun programme d'alphabétisation. Et pourtant, il est né vers la fin du 20 e siècle, dans un pays qui avait déjà 28 ans d'indépendance. Paysans de leur état, ses parents n'avaient pas les moyens, nous a-t-il dit, de payer ses études. Aujourd'hui il vit des recettes de « pousse –pousse » au grand marché, après avoir quitté son village natal Aképé. Comme des dizaines d'autres de ses amis ayant quitté le même village, il passe ses nuits dans une station service. Malgré tout, son gagne-pain est sous le coup d'une interdiction, donc constamment menacé par la police ; il affirme ne pas être informé des raisons pour lesquelles il doit à chaque fois se méfier de la police lorsqu'il transporte des bagages à des clients. Heureusement, Gagnon souhaiterait apprendre un métier, notamment la conduite des véhicules gros-porteurs, si on lui en offre l'occasion.

Mieux vaut dire « attention ! On risque d'avoir plus de délinquants dans le futur » que de dire « gare aux voleurs ».

S. Kokou (21ans) a arrêté les études en classe de seconde à cause de 3000 F CFA de frais parallèles qu'il n'a pas pu payer au Lycée Noépé-Aképé . Il a pourtant réussi à payer l'essentiel, 7000 F . Il vient s'ajouter, cette année 2005-2006, à la liste déjà très longue des Togolais qui n'ont jamais fait la classe de première, donc qui n'ont jamais passe le BAC. A l'exemple du précédent, il vit des recettes très précaires de « pousse-pousse » et passe aussi ses nuits dans une station service. Ainsi, notre pays fabrique au jour le jour des demi lettrés et des illettrés. Le mardi 15 août quand nous l'avons rencontré, à 16 heures, il n'avait pas encore le moindre rond comme recette de ses activités. Pourquoi ne pas être tenté dans ces conditions par le vol ?

Il y a six ans, T. Ayawa Joice (23 ans) arrêtait aussi ses études, au collègue Bénédiction d'Attiégou. Raison ; le papa qui finance les études, n'avait plus les moyens. Plus personne pour le relayer. 3 ans après, elle commence par servir dans un établissement commercial où elle est payée à 22 000 F le mois, soit 700 F/ jour dont 500 F pour le déplacement… puisqu'il n'y a pas mieux. Heureusement toujours hébergée chez ses parents, à qui elle donne chacun 1500F / mois (non comme loyer, mais juste comme une aide venant de leur enfant) ; Joice cherche aujourd'hui 100 000 F pour entamer un commerce.

Mieux vaut prévoir la prostitution que de la réprimer, en aidant les jeunes filles désireuses a créer leurs propres petites entreprises.

Celle-ci T. Laure (24 ans) a heureusement terminé ses études supérieures en Gestion Commerciale, à l'Institut Universitaire de Technologie (IUT) de l'Université de Lomé, mais « espère désespérément » son premier emploi. Même un stage de perfectionnement, Laure n'en trouve pas. Elle demeure toujours une charge pour sa grande sœur aînée, une grande sœur qui a dû, elle-même, abandonner les études pour « boulotter » certainement en vue d'aider ses plus jeunes sœurs à terminer les leurs. T. Laure fait partie des milliers d'étudiants togolais portant actuellement le tristement célèbre titre : « chômeur ».

D. Joël a provisoirement suspendu son cursus universitaire. Pour des ennuis de santé, ce compatriote a cumulé 4 échecs successifs à l'U.L . Il arrête alors les études, entreprend des répétitions aux élèves de cycles inférieurs et réussit mensuellement à collecter 20.000 F . Mais dépense 27 000F (par mois) pour sa santé. Il se fait aider pour les 7000 F de différence, par des proches. De quoi vit-il alors ? Dieu seul le sait. Joël est actuellement malade comme la presque totalité de la jeunesse togolaise. Il désirerait continuer ses études lorsque les moyens financiers et sa santé le lui permettront.

G. Komi (25 ans) père de famille, vivant aussi des recettes de « pousse-pousse ». L'homme a fui les bancs depuis le CP1 et n'y a plus jamais mis pied. Aujourd'hui il est marié et père d'une fille de moins de moins de 1 an. Quotidiennement, il a un revenu de 1200 en moyenne ; doit payer son loyer à 6000 F le mois, pourvoir aux besoins financiers de sa famille et de sa maman. Komi a appris la conduite sur le tas et est à la recherche de 50.000 F pour passer un permis. Il pourra ainsi faire une carrière en conduite.

H. Wolou a 28 ans mais dépend toujours de l'assistance financière de ses parents . Il a pourtant eu son BAC série C à 21 ans, avant de connaître des ennuis de santé un an plus tard. Il s'agissait des céphalées et des crises neurologiques dont il a souffert et dû au rythme très accéléré des études antérieures, mais surtout de l'année faite en Faculté de Médecine à l'Université de Lomé. La rage de réussir et de devenir Docteur en Médecine, bien que n'ayant pas de « relations », a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Sept ans après son BAC, Wolou garde des séquelles très visibles de sa maladie. Toujours convalescent, il a tout de même pu suivre une petite formation agro-pastorale dans une ferme à Agou. Présentement H. Wolou, cherche les moyens comme la majorité des jeunes togolais, pour entreprendre des activités pour lesquelles il a été formé.

Des milliers d'autres jeunes togolais livrent une bataille quotidienne contre la survie. Le VIH/SIDA les a paralysé socio-économiquement. Ceux qui ont pour l'instant échappé au SIDA, sont parfois ou souvent rattrapés par la drogue (dont la cigarette et l'alcool). Une main d'œuvre pourtant solide, une proportion importante des plus de 3 millions de jeunes togolais est en prison. D'autres encore sont contraints à l'exil.

Si « aucun sacrifice n'est trop grand lorsqu'il s'agit de la jeunesse  » ; quel sacrifice a-t-on déjà une fois fait à l'égard de cette jeunesse ? N'osons même pas répondre. Tout est à refaire pour elle. Notre jeunesse continue de dépérir, attention! Maxime DOMEGNI (Stagiaire)

Louis Michel : « Je me réjouis vivement de l'aboutissement du dialogue intertogolais »

Visiblement, l'accord intervenu hier à Lomé entre les parties togolaises semble être une arête enlevée de la gorge du Commissaire européen au développement et à l'action humanitaire, le Belge Louis Michel à qui le dossier Togo avait donné pas mal de tournis et l'avait même voué aux gémonies dans certains milieux où il était accusé de faire le jeu du pouvoir. Depuis hier donc, tout est bien qui finit bien dirait-il. En tout cas, le ton du communiqué ci-dessous en dit long sur ses états d'âme.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Coopération Union Européenne – Togo

Le Commissaire Européen en charge de la politique de Développement et de l'Aide Humanitaire Louis MICHEL, a exprimé sa profonde satisfaction suite à l'annonce d'un accord politique global dans le cadre du dialogue intertogolais.

Il a fait la déclaration suivante :

« Je me réjouis vivement de l'aboutissement du dialogue intertogolais et de la signature de cet accord qui ne se limite pas aux seules élections mais traite également des problèmes de fonds qui ont entretenu une situation de crise dans le pays. Il s'agit indubitablement d'un évènement essentiel et d'un pas fondamental vers une réconciliation nationale durable.

Concilier l'ensemble des points de vue n'était pas une chose facile. Je tiens à adresser mes félicitations à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à ce succès, en particulier aux participants au dialogue qui ont eu le courage de faire des concessions mutuelles mais également au Président Compaoré dont le travail de facilitation a été essentiel. 

Cet accord est une étape décisive qui devrait permettre de procéder rapidement à une normalisation de la coopération entre le Togo et l'Union Européenne. »

La Commission européenne reste pleinement mobilisée et continuera, en concertation avec ses partenaires de l'Union Africaine et de la CEDEAO , à accompagner le Togo dans ses efforts pour renforcer la démocratie et le respect des droits de l'homme.

Lomé, le 20 août 2006

Délégation de la Commission Européenne

auprès de la République Togolaise

Tél : (228) 221-08-32 / Fax : (228) 221-13-00

LOME

Suite à un grave accident

Mgr Fanoko Kpodzro dans un état critique 

La triste nouvelle est parvenue hier à notre rédaction : l'Archevêque Métropolitain du Togo, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro a eu un accident sur la Nationale n°1 dans les environs de Kara 19 août dernier, vraisemblablement se rendant à une fête organisée par une oeuvre de charité qui fêtait ses 50 ans à Kara.

A l'heure actuelle, on ne dispose d'aucune autre précision sauf que son état suscite des inquiétudes dans son entourage. Toutes les prières de la rédaction de Forum de la Semaine accompagne son Excellence et lui souhaite un prompt rétablissement.

CONFIDENTIEL

Mutation sur des critères douteux en vue à la Justice

De sources concordantes, on annonce des mutations au sein de l'appareil judiciaire de Lomé. Ces affectations se reposeraient sur des critères douteux et surtout en totale violation des règles qui régissent la magistrature togolaise. Et toujours, c'est les mêmes qu'on prend pour refaire. Résultat, la réforme de la justice est mise à rude épreuve car se limitant à des travaux de rénovation des espaces carcéraux et à des dotations en matériels didactiques à certains services judiciaires sans toucher à des vieilles pratiques qui consistent à ranger les plus méritants dans le placard et se baser sur des critères politiques et autres (que nous préférons taire par pudeur) pour affecter des Magistrats à des postes de responsabilités.

C'est ainsi qu'on susurre que les prochaines affectations maintiendront Robert Bakaï, Abalo Pétchélébia et Têkoé Théodose à leur poste, respectivement de Procureur de la République , Président de la Coup d'Appel et Président de la Cour Suprême.

En revanche, le Juge Attara Ndakéna deviendra Procureur Général en lieu et place de Dabré Gbandjaba affecté à la Cour Suprême. Le Juge Wiyao deviendra le Doyen des Juges d'Instruction (1 er Cabinet) en remplacement de Pawélé Sogoyou qui serait appelé à remplacer Kouyou à la Présidence du Tribunal de Première Instance de Lomé.

Même s'il est supposé ces postes sont attribués sur mérite, certains observateurs se demandent si ces magistrats en question ne sont que les seuls compétents au sein de la magistrature togolaise, puisque c'est à eux seuls qu'on attribue les postes. Les autres ne sont-ils pas magistrats ? Ou sont-ils incompétents ? Dans ce cas, pourquoi les avoir recrutés ?

Pendant ce temps, Goka Mawuli et Koffi Kossi, déportés du Mali par l'Interpol togolaise sont détenus sans procès-verbal à la prison civile de Lomé depuis trois ans sans qu'ils n'aient eu l'ombre d'un quelconque procès. Et on nous parle de réforme de la justice ? Nous y reviendrons.

La première fausse note de l'après Ouaga:

Faure Gnassingbé prépare une guerre qui ne dis pas son nom…

Le pouvoir Gnassingbé 2 ème semble manifestement s'être fixé des priorités qui ne sont pas celles qui devraient être privilégiées après que le peuple a pendant près de quatre décennies subi les affres de la dictature de Gnassingbé  1 er .

Une délégation militaire dite d'Amitié de l'Armée Populaire de Libération (APL) de Chine conduite par le Général d'armée Liu Dongdong était l'hôte de Faure Gnassingbé il y a une semaine. Et pour la circonstance, Liu Dongdong serait porteur des messages de «  salutations et de meilleurs vœux du Président de l'Etat chinois Hu Jintao  » à son homologue togolais et avait déclaré : «  La Chine et le Togo ont une amitié traditionnelle, les armées des deux pays entretiennent également des relations d'amitié et de coopération… Et elle est persuadée que grâce aux efforts conjugués des deux parties, les relations d'amitié et de coopération entre les deux pays dans divers domaines seront renforcés d'avantage  ». Et si cette délégation a été aussi reçue lundi dernier par Kpatcha Gnassingbé, ministre délégué à la présidence de la République , chargé de la Défense et des Anciens Combattants, et Zakari Nandja, Chef d'Etat-major général des FAT, il parait aisé d'imaginer ce qu'on entend par «  dans divers domaines  ».

On ne comprend pas la volonté du régime de Faure Gnassingbé de s'enticher des pays peu recommandables en matière démocratique. Il urge de rappeler que Faure Gnassingbé a déjà effectué un voyage en Iran, mieux un séjour de près d'une semaine en Chine. Au moment où tous les esprits souhaitent un aboutissement heureux du Dialogue intertogolais, Faure Gnassingbé et ses ouailles renforcent la coopération militaire comme si on en avait besoin. On ne saurait s'enticher de la Chine sans acquérir les méthodes de tortures de son armée souvent épinglée par les organisations de défense des droits de l'homme. On se pose des questions sur les réelles intentions de ce régime quand plusieurs voyages de Kpatcha Gnassingbé sont destinés à renforcer les relations militaires, nommément les capacités logistiques des FAT. Des sources concordantes parlent d'achat d'armes lourdes. Mais à quelles fins ? Prépare-t-on une guerre ? Si malgré les capacités logistiques de l'armée togolaise qui a fait ses preuves contre la population en avril 2005 avec près de mille Togolais tués, on cherche encore à s'approvisionner en armes, c'est assez clair que les Fils Eyadéma ont des intentions inavouées car le Togo n'est pas la Côte d'Ivoire, il n'est non plus le Liban ou la Palestine. Quand on se rappelle aussi que le Capitaine de frégate, Neyo Takougnadi est envoyé à l'école de guerre de Paris et que plus du quart du budget national 2005 est consacré à l'armée comme le soulignait «  Liberté Hebdo  » dans sa parution du vendredi, les Fils Eyadéma préparent une guerre qui ne dit pas son nom… N. K. Agbényo

Les coulisses du dialogue:

Compaoré fait des jaloux au sein de ses pairs de la CEDEAO

La réussite du jeune « Blaise » là où ses « doyens » de pairs ont échoué n'est pas du tout goût de tout le monde. C'est ainsi que depuis le début des discussions, certains Chefs d'Etat de la sous- région posaient des peaux de bananes sur le chemin du « jeune » Blaise allant jusqu'à pousser certaines parties au dialogue à radicaliser leur position de façon à faire échouer la médiation du Président du Faso.

Ces Chefs d'Etats en question auraient désiré ardemment se voir confier le premier rôle dans cette médiation de la crise togolaise. Mais, la France , qui mène la danse à distance et dans les coulisses à préféré le « jeune » Blaise qu'elle aurait jugé un peu « neutre » dans le traitement du dossier togolais. Les autres, Olusegun Obasanjo du Nigeria, Tandja Mamadou du Niger… s'étaient déjà « salis » dans ce même dossier. Et le pari à presque réussi : un accord vient d'êtres signé par les acteurs de la classe politique togolaise. Ceux qui s'attendaient à un échec seraient bien déçus.

C'est ainsi qu'annoncé à Lomé aux côtés de Blaise Compaoré pour consolider l'accord, les Gaux Obasanjo et Tandja, les Président s John Kuffor du Ghana et Yayi Boni du Bénin ont simplement boycotté la cérémonie de signature de l'Accord. Et ce ne sont pas, surtout pour les trois premiers, les représentants dépêchés malgré eux sur place qui pourraient nous démentir. Dimas

UFC : Eric Amerding ou Patrick Lawson, Premier ministre?

A peine les rideaux sont tombés à la Salle de l'Hôtel Corinthia 2 Février que le débat autour du nom du futur premier ministre fait rage. Si tout porte à croire qu'il sera issu de l'opposition et de l'UFC, une guéguerre interne agite les militants quant à l'option du beau-frère du président national Gilchrist Olympio, Eric Amerding qui officie à ses côtés comme conseiller et le 3 e vice-président, Patrick Lawson.

Apparemment beaucoup verraient d'un bon œil ce dernier au poste puisqu'il peut se prévaloir d'un certain contact direct avec le terrain plutôt que le beau-frère, un illustre inconnu pour les Togolais qui ne le connaissent que par ses sporadiques sorties aux côtés de Gilchrist Olympio à chacun de ses retours. B. Sek

Déni de justice:

Détention abusive de deux Responsables de l'Imprimerie NOTECIM

Messieurs Ayité d'Almeida et Vincent Nikoué, deux responsables de l'Imprimerie NOTECIM, sont abusivement détenus au Service de Recherche et d'Investigation (SRI) de la Gendarmerie nationale togolaise depuis le 16 août dernier. Contactée, la Gendarmerie déclarent «  exécuter un soit-transmis » sans d'autre précision. Le Procureur de la République informé était devenu injoignable sur son portable quelques instants après et, tout en ne reconnaissant pas être l'émetteur du fameux soit-transmis, n'a rien fait pour que les victimes soient mises en liberté.

Il s'agit simplement d'une détention abusive et d'un déni de justice parce que l'affaire, objet de litige qui a amené à l'arrestation de ces hommes est une affaire purement civile et qui ne relève nullement de la correctionnelle. Sans devoir rentrer pour le moment dans le fonds du dossier, il faut rappeler que c'est une affaire qui oppose la Société NOTECIM aux sociétés SILOE-TOGO et DJOCOTRANS. Une décision de justice (n°2273/2004 du 03 décembre 2004), objet d'un appel est déjà rendue sur l'affaire et qui, non seulement, « reconnaît le caractère purement civil du litige opposant les parties  » mais aussi donnait raison à la Société NOTECIM en « condamnant SILOE-TOGO et DJOCOTRANS à restituer la somme indûment perçue à NOTECIM et à payer 500.000fca à titre de dommage et intérêt. ». C'est dire que l'affaire est pendante devant la justice et ne devait plus revenir entre les mains de la gendarmerie. Curieusement, ce sont plutôt ceux à qui la Justice donne raison qui sont détenus actuellement sans autre forme de procès alors que les officiers de la police judiciaire ont le devoir de ne pas exécuter un soit-transmis délivré en totale violation des lois protégeant les libertés des citoyens. C'est cela aussi la réforme de la justice au Togo. Nous y reviendrons. F.S

HUMEUR

Ouaga ou la course contre la montre

Depuis que dame chance a fait choisir Blaise Compaoré comme facilitateur dans le dialogue intertogolais, c'est une véritable course contre la montre qui est enclenchée par ce dernier. Le ballet des délégations parties prenantes aux pourparlers a été ininterrompu dans la capitale burkinabé.

C'étaient les délégations du CAR, du REFAMPT et du PDR qui avaient ouvert le bal le 08 Août ; ensuite celles de la CDPA , de la GF 2D, de la CPP et du RPT le lendemain. Celles de l'UFC enchaînèrent le vendredi 11. Des chefs coutumiers et religieux furent aussi invités. Faure Gnassingbé fit à son tour le voyage de Ouaga mardi dernier pour laisser la place à son Premier ministre et à l'ensemble des délégations le lendemain. Sans vouloir perdre du temps, le facilitateur a réussi à rallier la CDPA et l'UFC à la signature de l'accord global qui a eu lieu hier à Lomé.

La facilitation a mis douze jours pour se faire alors que la phase précédente a pris plus de 100 jours, mais pour quel résultat ?

C'était une véritable course contre la montre, et si Blaise mérite une gratitude, ce serait de n'avoir pas fait durer le suspense pour encore longtemps. Mais quant à l'efficacité de l'accord, c'est l'histoire qui nous dira s'il a raison de différer comme le voulait la mouvance présidentielle, les réformes essentielles qui seront étudiées par des commissions ou entreprises par la «  prochaine législature  ». N. K Agbenyo

Les dunes de l'Avenue des Equinoxes

Il y a quelques mois, des tas de sable étaient déversés sur l'Avenue des Equinoxes - rue qui mène de Tokoin Séminaire au marché de Gbossimé- à certains endroits. Des mois déjà, mais les tas de sable demeurent tels, si ce n'est l'action de la nature qui leur a fait perdre leur « jeunesse ». Beaucoup de riverains et d'usagers de cette voie ne savent vraiment à quoi servent ces tas de sable si ce n'est pour remblayer les béants trous. Il se murmure dans le quartier de Tokoin que les agents qui avaient déversé ces tas de sable avaient même oublié leur existence pour envoyer ne serait-ce qu'un vieux tracteur pour niveler les endroits ciblés. L'ennui, c'est que les tas de sables sont déversés sur une partie de l'avenue, rendant la circulation pénible à ces endroits. Les autorités en charge de l'entretien des « ruelles » de notre capitale ne se soucient guère des conséquences que leur inaction cause aux riverains et aux usagers. Peut-être sont-elles en train de penser à un péage ? Sait-on jamais. Le comble, c'est que deux des tas de sable se situent à quelques mètres de la maison du Maire de Lomé. Allez-y comprendre !

 

 

 

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