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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

L'ecole togolaise, dernier souci du clan:

Faure Gnassingbé avait pourtant promis de meilleures            conditions pour l'éducation des jeunes

A deux mois des examens de fin d’année, de nombreux établissements scolaires enregistrent encore beaucoup de problèmes liés au manque de professeurs. Une situation qui inquiète beaucoup les élèves qui refusent de laisser  planer le spectre d’un échec certain  aux examens à venir.

Abandonnés à leur triste sort

« Nous manquons de professeurs depuis la rentrée des classes », «  Il reste deux mois pour les examens, et comment allons- nous composer sans avoir suivi les cours », « Nous sommes fatigués de fausses promesses ». Ces quelques phrases résument la colère des élèves du Lycée d’Agbalépédo, qui manifestaient il y a deux semaines dans les rues, en direction du Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire où ils entendaient exiger que le ministre se penche sérieusement sur leur cas. C’est au cri de « Nous voulons des professeurs et non des policiers » que les élèves de cet établissement public situé au Nord-Ouest de la Capitale togolaise ont emboîté les pas à leurs camarades d’autres établissements de la capitale qui avaient manifesté quelques semaines plus tôt pour exprimer leur colère face à leurs conditions d’études qu’ils estiment insuffisantes et préjudiciables à leur avenir.

Chaque année, ce sont les mêmes problèmes que rencontrent les élèves qui au finish subissent les épreuves des examens sans avoir suivi certains cours. Outre les professeurs vacataires qui débrayent très souvent pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaires, il y a un manque très élevé de professeurs dans les établissements scolaires publics du secondaire. Mais ce manque  est plus accentué dans les Lycées publics. « Le problème est réel », reconnaît M. GNON-AREGBA, Proviseur du Lycée d’Agbalépédo. «  Nous avons soumis ce problème aux autorités ministérielles qui ont alors entrepris de convier certains enseignants de niveau maîtrise et de DEA qui dispensent les cours dans les CEG (ndlr Collèges d’Enseignement Général) pour les reverser dans les lycées», explique-t-il. Une explication qui ne convainc pas les élèves qui estiment que l’administration les mènent en bateau. « Nous avons payé en plus de l’écolage, 3000f CFA de cotisation parallèle. L’administration a  promis de nous trouver des professeurs avec cet argent, mais hélas, nous manquons certains enseignants depuis six mois », explique un élève, visiblement en colère. « Et quand nous décidons de manifester pour réclamer nos droits, ce sont des policiers qu’on nous envoie pour nous matraquer et nous jeter des gaz lacrymogènes. Nous avons besoin de professeurs et non des policiers » explose-t-il.

Des conditions de travail très médiocres

Triste sort qu’est celui des élèves togolais qui affrontent chaque année des examens avec des lacunes causées par le fait les autorités elles-mêmes. Les programmes sont rarement achevés malgré une année scolaire qui couvre quelques fois jusqu’à dix mois. Le manque des professeurs et les mauvaises conditions de travail de ceux-ci en sont les principales causes. « Pour un effectif de près de 3000 élèves, l’établissement n’a que deux professeurs de Sciences physiques » raconte un autre proviseur de Lycée. « Comment offrir à tous ces élèves des cours de sciences  physiques avec ces deux professeurs ! Voilà des problèmes auxquels nous sommes confrontés chaque année » explique-t-il. 

De nombreux établissements publics sont ainsi confrontés à ce même problème mais avec des variables. Soit c’est en mathématiques qu’il manque de professeurs, soit c’est en Histoire-Géographie,  soit dans une toute autre matière. Pour faire face à cette situation, certains chefs d’établissements n’hésitent pas rassembler certains effectifs pour en faire un seul dans le but d’offrir à tous les élèves la chance de suivre les cours dans une matière qui enregistre un manque de professeurs. Ce qui a pour conséquences d’entraîner des effectifs pléthoriques dans  certaines  classes et donc des conditions de travail très médiocres. Des salles de classe dont l’effectif prévu est de 30 élèves, se retrouvent avec  des effectifs dépassant les 80. Une situation que vivent depuis la rentrée scolaire les élèves du Lycée d’ Agoè, situé dans la banlieue de la capitale togolaise, et dont le proviseur a opté pour cette solution. A cela s’ajoute l’éternel problème des conditions de travail des professeurs.

 Il n’est un secret pour personne que l’enseignant togolais est le plus mal payé de la sous région ouest africaine. Et ce salaire est plus dérisoire quand il s’agit d’un enseignant auxiliaire. Le terme enseignant auxiliaire désigne ceux-là qui,  bien qu’ils fournissent le même travail que les enseignants titulaires, n’émargent malheureusement pas sur le registre de la fonction publique. Ils n’ont donc pas droit à une pension de retraite de la part de l’Etat. Le terme a beaucoup évolué dans le temps. Au début, on les désignait sous l’appellation d’Enseignants Vacataires. Le salaire moyen de l’enseignant togolais quelque soit la catégorie à laquelle il appartient tourne autour de 70.000 francs CFA (140 dollars US) par mois. Si les professeurs titulaires perçoivent un peu plus régulièrement leurs salaires, les auxiliaires par contre enregistrent de nombreux mois d’arriérés. Pire ces derniers doivent dans certains établissements supporter plus d’heures de cours pour un même salaire dérisoire.

Dans ces conditions, quand ce ne sont pas les élèves qui manifestent pour exiger un nombre conséquent de professeurs, ce sont les professeurs qui débrayent ainsi chaque année, ce qui perturbe l’année scolaire. Mais au finish, les autorités organisent les examens  comme si l’année n’avait pas connu de perturbations.

Des cotisations parallèles qui divisent

Cependant, et depuis quelques années,  certains chefs d’établissements ont institué des cotisations parallèles en plus de l’écolage que paient chaque élève, histoire de faire face à la rareté ou à l’insuffisance des subventions de l’Etat et de régler certains problèmes de l’établissement comme le manque de professeurs, de toilettes, de matériels didactiques etc. Le ministère de l’éducation nationale a fini par entériner ce système de cotisation parallèle. Ce qui n’a pas été du tout du goût des parents d’élèves qui étaient pourtant associés à la gestion de ces cotisations à travers un partenariat entre les associations de parents d’élèves et l’administration de chaque établissement.

Ces cotisations, selon certains chefs d’établissement ont permis de résoudre de nombreux problèmes jusqu’à cette année où les choses ont changé.

Tout serait parti d’un arrêté signé par le Ministre Elom KLASSOU des Enseignements Primaire et Secondaire qui a demandé que les établissements ne soient plus impliqués dans la gestion de ces cotisations parallèles. Ce qui selon le Proviseur du Lycée d’Agbalépédo a été à la base du problème de manque de professeurs que son établissement connaît cette année. « Il a été bien institué une cotisation parallèle depuis des années, mais celle-ci était gérée de manière collégiale entre l’établissement et l’association des parents d’élèves, explique le proviseur. Mais cette année, le ministre a demandé que les établissements laissent les parents d’élèves gérer seuls ces cotisations. Et actuellement de nombreux élèves n’ont même pas payé et l’écolage et la cotisation parallèle car certains parents nous disent qu’ils ne sont pas prêts à verser leur argent dans une caisse gérée par un autre parent d’élève qui peut disparaître du jour au lendemain. Voilà des problèmes auxquels nous sommes confrontés alors que c’est sur la base de ces cotisations parallèles que les parents entendaient engager des enseignants vacataires ».

« Qui nous dit qu’un proviseur ne peut pas s’enfuir avec la caisse des cotisations parallèles !», s’indigne M ADJAYI, vice-président de l’Association des parents d’élèves du Lycée d’Agbalépédo. Pour le vice-président de l’association des parents d’élèves, le problème est ailleurs. « Il appartient à l’Etat de prendre ses responsabilités. »

Le mot est lâché ! L’éducation nationale relève de la responsabilité de l’Etat. Il appartient donc aux autorités en charge de l’éducation nationale,  d’organiser le secteur de manière à ce que tout élève régulièrement inscrit,  puisse bénéficier d’un meilleur enseignement sans recourir à d’autres frais telles que les cotisations parallèles. La question est de savoir à quoi servent les frais d’écolage s’il faut également payer des cotisations parallèles. Cette pratique traduit en d’autres termes la démission de l’Etat togolais dans son rôle de former la relève de demain. L’école togolaise est ainsi confrontée à d’énormes difficultés sur fonds de querelles autour de gros sous que rapportent des cotisations parallèles. Et pourtant, ce ne sont pas des financements de différents projets en matière d’éducation nationale qui manquent. Si on répertorie tous les montants qui ont été remis aux autorités togolaises les dix dernières années par des partenaires et autres bailleurs de fonds pour  financer l’éducation, il apparaît vraiment que les résultats sont piètres tout simplement parce que ces fonds sont très souvent détournés.

Pour assurer une bonne éducation à tous ces jeunes togolais, ce n’est pas la main d’œuvre qui manque, ni les politiques, ni les financements. Ce qui manque aujourd’hui aux autorités togolaises, c’est la volonté politique, celle de faire de l’éducation nationale, une priorité des priorités.

Un Canular pour séduire l’électorat…

Au cours de la campagne présidentielle d’Avril 2005, le Président Faure Essozimna GNASSINGBE, candidat à l’époque du Rassemblement du Peuple Togolais (parti au pouvoir), aura été celui qui a le plus séduit par son programme pour la jeunesse et l’éducation. « L’éducation sera notre priorité » pouvait-on lire dans son projet de société. Parcourant tout le pays, Faure GNASSINGBE, alors candidat, a fait la promesse de créer 5000 classes nouvelles avec les équipements appropriés en cinq ans pour de meilleures conditions d’éducation des jeunes. Outre la création d’un grand Lycée scientifique, la transformation des  écoles d’initiative locale en écoles primaires publiques et la prise en compte de leurs enseignants volontaires par un statut particulier, il a promis d’intégrer les enseignants auxiliaires dans le corps des enseignants de l’administration. Il a également fait de nombreuses promesses qui ont laisser beaucoup de Togolais rêveurs. Mais voilà,  depuis bientôt un an qu’il tient les rênes du pouvoir, il semble avoir renvoyé aux calendes grecques la réalisation de toutes ces promesses. Il n’a même pas pu créer 1000 nouvelles classes cette année sur les 5000 qu’il compte créer en cinq ans. Et la situation des enseignants est des plus médiocres.

Il est très facile de rédiger un projet de société avec plein de promesses, mais quand arrive le moment où il faut l’exécuter, c’est là où survient la réalité. Et dans le cas précis de l’éducation nationale, il faut éviter l’amateurisme. Sinon les Japonais et les Chinois n’auraient pas atteint leur niveau actuel de développement. « Tout ce que le Président Faure a raconté au cours de sa campagne n’était qu’un canular destiné à séduire l’électorat » déclare ce fonctionnaire de l’éducation nationale sous couvert de l’anonymat.

A présent que le canular est consommé,  il reste que l’école togolaise bénéficie d’une thérapie forte pour retrouver ses marques de noblesse d’antan.  En attendant, l’on se demande quel sera donc le sort de ces élèves, contraints de préparer les examens de fin d’année sans avoir suivi certains cours ? Une question qui mérite de meubler la réflexion sur la réforme de l’éducation nationale au Togo.

Will, Etiame.com

 

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