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Formation du Gouvernement d'union

L'UFC risque de tomber dans le piège de la marginalisation

La nomination au poste de Premier Ministre de Me Yawovi Agboyibo, qui est une des figures emblématiques de l'opposition démocratique, ouvre les portes de l'espoir pour une sortie de crise au Togo. A présent, les trois grands partis de l'opposition traditionnelle (UFC, CAR, CDPA) ont réellement intérêt à se saisir de cette opportunité unique avant les législatives, pour faire preuve de leur maturité politique et reconquérir la confiance de leurs électeurs. A défaut de proposer au peuple d'autres alternatives de sortie de crise, l'opposition démocratique ne pourrait conquérir le pouvoir que du dedans en entrant au gouvernement d'union nationale que mettra en place Me Agboyibo.

Même à l'UFC, on est d'avis que, quel que soit le vainqueur des prochaines législatives, il faut envisager la formation d'un gouvernement d'union nationale. C'est une lapalissade aujourd'hui qu'aucun parti ne peut diriger à lui seul le Togo. Comment cela peut-il se faire demain si l'UFC ne va pas aujourd'hui se frotter aux autres ? La longue crise politique a causé beaucoup de torts à ce pays qui a pris du retard dans bien de domaines. N'est-il pas temps de taire les rancœurs et mettre le Togo sur la voie du progrès ? Certes, «  Nous avons été floués car nous considérons que nous sommes la plus importante formation politique. Si on veut aller vers une réelle réconciliation, le choix devrait être porté sur notre parti  » (Patrick Lawson). Mais boycotter le gouvernement ne serait pas non plus une réelle solution. Car la politique de la chaise vide n'a profité qu'au régime RPT, hostile au changement auquel aspire le peuple togolais dans sa grande majorité. Alors l'UFC doit faire attention pour ne pas tomber dans le piège de la marginalisation. Parce qu'aujourd'hui, la tendance est que l'opposition profite des petites ouvertures pour participer à la gestion du pays. Si par exemple, tous les partis entrent au gouvernement et c'est seulement l'UFC qui vit en marge de cette initiative, cela sera mal perçu par l'opinion tant nationale que internationale. «  Pour ce parti, le risque de marginalisation est grand. Il a tout intérêt à jouer le jeu de l'union  », explique un diplomate cité par le site gouvernemental republicoftogo.

En outre, certains observateurs trouvent que l'annonce du boycott du gouvernement par l'UFC est une stratégie visant à mettre la barre très haut dans la perspective du partage des postes ministériels. Pour ces derniers, le parti de Gilchrist Olympio pourrait revisiter sa position et adhérer au gouvernement d'union nationale. Mais il faut reconnaître qu'il y a des manières plus sages de manifester son mécontentement vis-à-vis d'un fait donné. Surtout en politique, il faut tourner plusieurs fois sa langue avant de parler. Les propos à fleur de peau du patron de l'UFC sur RFI dimanche ont frustré nombre de Togolais. Ni Patrick Lawson, Ni Fabre, ni Amah Gnassingbé ne tiendront jamais ce prêchi-prêcha. Incident clos.

L'essentiel aujourd'hui est que l'opposition fasse bloc derrière l'un des siens pour qu'il puisse faire mieux. «  Je souhaite que les forces politiques qui luttent pour le progrès se rendent à l'évidence que ce n'est pas uniquement pour les élections qu'il faut coaliser. Il le faut aussi dans les négociations, dans le dialogue afin d'éviter la manipulation dont se sert le pouvoir pour les diviser et faire miroiter à chacun ce qu'il refuse justement de donner  », a déclaré l'ancien ministre de l'Intérieur, François Boko, dans une interview accordée à notre journal il y a bientôt un an. Ce souhait qu'il a émis est toujours d'actualité. Z. A.

Le Togo change et bouge

Kpatcha Gnassingbé doit enfin choisir entre le ministère de la Défense et la SAZOF

Dans le but de consolider la démocratie, la reconciliation nationale et la paix sociale, les participants au dialogue intertogolais ont signé le 20 août 2006 à Lomé, un Accord politique global destiné à mettre fin à la crise politique au Togo. Cette initiative était saluée par tous les Togolais ainsi que par la communauté internationale. « J'œuvrerai de toutes mes forces pour l'aboutissement de cet Accord  », a déclaré Faure Gnassingbé lors de la cérémonie de signature de l'Accord. Il est donc impérieux qu'il tienne parole afin qu'aucun Togolais ne soit plus au dessus de la loi et que la Constitution de la République soit respectée par tous. Comme le stipule le Constitution de la IV e République adoptée par Référendum le 27 septembre 1992 et révisée par la loi N°2002-029 du 31 décembre 2002, en son article 76, alinéa 2, « Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l'exercice de tout mandat parlementaire, de toute représentation professionnelle à caractère national et tout emploi privé ou public, civil ou militaire ou de toute autre activité professionnelle » . Il est alors clair que Kpatcha Gnassingbé ne doit plus cumuler, dans le prochain Gouvernement, la fonction du ministre de la Défense et celle du Directeur Général de la SAZOF. En le faisant, il viole la Constitution. La loi étant faite pour être appliquée à tout le monde, M. Kpatcha Gnassingbé doit choisir entre les deux postes qu'il occupe depuis la mort du Général Gnassingbé Eyadéma. En dénonçant ce fait, nous ne sommes pas en train de porter des griefs particuliers contre sa personne. D'ailleurs, nous n'avons aucun intérêt à le faire. Mais nous voulons simplement faire savoir qu'à partir du moment où le pouvoir a choisi de rompre avec ces anciennes pratiques et retrouver le chemin de la démocratie et de la réconciliation, il n'est pas dans l'ordre normal des choses qu'un citoyen outrepasse les dispositions constitutionnelles pour occuper plusieurs postes à la fois. Nous ne condamnons pas non plus qu'un frère du président soit ministre de la défense. Comme Faure l'a dit au journaliste français Christophe Boibouvier, ce n'est pas seulement au Togo qu'un frère du Président de la République est ministre de la Défense. Au Ghana voisin, le frère de Président Kuffor est ministre de la Défense. D 'ailleurs, nous reconnaissons que la présence de Kpatcha Gnassingbé à ce ministère a changé beaucoup de choses dans le rang des forces de l'ordre. Grâce à lui, la population ne souffre plus tellement des dérapages des hommes en tenue. Même si nous continuons de soutenir que l'armée togolaise doit être dotée d'un statut devant lui permettre d'être une armée républicaine, nous sommes d'avis que le peu de temps que M. Kpatcha Gnassingbé vient de passer à la tête de ce ministère a permis à ce corps d'opérer quelques changements. Et, il est temps que ceux qui continuent de clamer qu'  « Entre Kpatcha Gnassingbé et la SAZOF , c'est une question de cœur et d'amour », sachent que si le Togo veut réellement retrouver la voie de la démocratie, le respect de la loi fondamentale doit être un impératif. Nombreux sont les Togolais capables de diriger la SAZOF mais qui pourtant chôment. Faure Gnassingbé a donc l'obligation de résultat. Nous disons encore une fois que, nous ne sommes pas contre la personne de Kpatcha Gnassingbé. Mais nous sommes contre le fait qu'il cumule le poste du ministre de la Défense à celui du Directeur Général de la SAZOF sans oublier celui du Président du Conseil d'Administration de la SOTOCO qu'il occupe aussi, malgré le taux de chômage qui ne cesse de croître au Togo.

Pour un début d'application de l'Accord Politique Global, Faure Gnassingbé et le nouveau Premier Ministre, Me Agboyibo, doivent tenir compte de tous ces paramètres dans la formation du Gouvernement d'union nationale. La réconciliation et l'Etat de droit passent également par là. GLAKPE Koffi

Fabrique des plaques minéralogiques

La SOTOPLA veut s'enrichir sur le dos des Togolais

La fabrique des plaques minéralogiques est actuellement au centre d'une controverse et un bras de fer oppose à ce propos les anciens prestataires à la direction des transports routiers qui vient de concéder l'exclusivité du marché à la société SOTOPLA. Le Commandant Essowê Baouna, Directeur des transports routiers, estime que la production et la reproduction des plaques ne répondent pas aux normes techniques. Selon lui, la conception des plaques est très légère et ne comporte pas en son sein des éléments de sécurité permettant de garantir sa non falsification. Il soutient que sa fabrique relève de la compétence de l'Etat à travers ses services techniques, ce qui met automatiquement à la touche les anciens fabricants regroupés en une quinzaine de structures opérant sur l'ensemble du territoire national et qui emploient chacune une dizaine d'agents.

Environ 200 personnes seront mises au chômage ; ce qui va à l'encontre de la politique d'emplois prônée par le chef de l'Etat. Depuis belle lurette, ce sont ces associations qui concevaient les plaques. Il faut noter qu'au début il n'existait pas au Togo une société de fabrique de plaque minéralogique et pour se faire une jolie plaque, il faut aller au Bénin voisin. La première presse d'emboutissage de plaques d'immatriculation a été introduite au Togo en 1970. L'engouement qu'a connu ce genre de plaque à fond noir a séduit une certaine classe d'opérateurs économiques qui ont créé à cet effet la société Panel à qui on avait donné le monopole exclusif à la fabrication des plaques à fond réflectorisé. Devant le coût assez important auquel devait faire face le Garage central pour le changement des plaques d'immatriculation des véhicules de l'Etat, le Général Zoumaro Gnofame, responsable à cette époque du Garage administratif a rompu le contrat avec la société Panel. Il a par la même occasion revu à la baisse le coût des plaques. Panel, le tout premier fabricant de plaque sérieusement malmené au début, s'est vu accorder l'autorisation de participer au changement des plaques d'automobile. L'histoire est en train de se répéter avec l'attribution du monopole à des gens sans scrupules qui veulent s'enrichir sur le dos des Togolais. Derrière cette histoire de renouvellement se cache une affaire de gros sous. Sinon comment comprendre que dans l'attribution du marché par le ministère des transports, il était question des plaques et de la visite technique des véhicules. Aujourd'hui, la société SOTOPLA délaisse la visite technique et se rue sur le côté plaque parce que c'est là où se trouve la caverne d'Ali Baba. Selon la publicité faite sur les médias, la nouvelle société n'emploie que 18 agents contre les 200 qu'on veut jeter dans la rue. A moins que l'Etat ne veuille augmenter le nombre de délinquants et autres criminels, il serait judicieux qu'une solution adéquate soit trouvée à ce problème. Médard A.

Et si «  la Pierre avait prédit la «bastonnade générale»?

Les gens chez qui Gustav Natchigal aurait débarqué premièrement au Togo depuis un certain temps font un truc qu'on appelle «  Ekpé sôssô » (Prise de la pierre sacrée). Ce truc suscite beaucoup d'interrogations chez les gens mais ils ont peur d'en parler parce qu'on va dire qu'il n'y a pas la mer chez eux.

D'abord la pierre-là, elle a d'effet sur les peuples Guin et Mina seulement ou bien c'est sur tout le Togo ? Par exemple lorsqu'on dit qu'il va pleuvoir cette année, est-ce que c'est dans les régions peuplées par les Guins et Mina comme Aného, Togoville, Baguida…ou bien aussi dans les Plateaux, la région Centrale, Kara jusqu'à la « Plage de Dapaong  » ? Si c'est comme ça, qui leur a donné le mandat pour prendre une pierre au nom de tous les peuples du Togo ? Passons.

On dit souvent que la pierre a des vertus présage. Elle travaille donc comme un charlatan, un visionnaire qui peut voir ce qui peut arriver demain comme malheur. On aurait pu persuader les sceptiques de la puissance, de l'importance de ce rituel s'il n'y avait pas eu manquement. On en était à la 342 ème édition en 2004. Mais la pierre prise à l'époque n'avait pas prédit que 5 mois plus tard le Togo serait en deuil à cause de la «  Catastrophe Nationale ». Ce qui était « plus pire  », on n'avait même pas révélé que le peuple Guin du moins dans sa frange jeune vivant à Aného allait être éprouvée deux mois après la « Catastrophe Nationale » , c'est-à-dire après le scrutin amicalement fraudé du 24 avril 2005. Précisément les 26, 27…avril 2005, vieux, jeunes, hommes et enfants de « Guindoua, agbolénou » s'étaient découvert des qualités d'athlètes quand les « mon pays » ont décidé de passer à l'attaque après que les « jeunes zopposants » eurent cassé le «Kodjossariat» , pardon le Commissariat de la ville. Ce jour-là, la ville n'avait rien à envier aux films d'action made in Hollywood comme Will Smith dans « Affaire d'Etat  ». Si la pierre à l'époque avait prédit ça, est-ce que les gens n'allaient pas traverser la frontière pour se retrouver dans «  la Bénin  » avant le coup d'envoi de la partie ?

«Fo Gil» danse le tango

La nomination du PM a fait couler beaucoup d'encre et d'urine, pardon de salive. Tous les leaders de partis politiques étaient de la danse. Chacun des 75 espérait ou convoitait le tabouret de PM, les gros morceaux comme les « micro leaders » de ces particules comme la chambre à coucher d'un oiseau et la NDP , version Fo Gigi. A eux s'ajoutaient certains leaders de la société civile. Il y a donc au moins 150 « zoeil » braqués sur le « P'tit Gnass  » qui, à un moment, a failli lâcher. Tout le monde voulait aller à l'abreuvoir. Même « Fo Gil ». Ma foi, il a mélangé les Togolais par ses déclarations. Et finalement, on ne sait plus ce qu'il veut.

Yovovia aurait rencontré le fils de Baba à Paris au cours de sa visite de béatification chiracquienne du 7 septembre dernier. Et à l'issue de ce « zieux à zieux » pardon tête-à-tête, on avait cru entendre le zopposant géographique, sociologique et anthropologique, pardon historique déclarer : «  il faut travailler ensemble et étroitement pour préparer les scrutins à venir. Ça veut dire qu'il faut un Premier ministre qui fait la jonction entre le RPT et nous-mêmes ». S'il faut y comprendre quelque chose, cela signifie que « Fo Gil » savait à l'issue de cette entrevue que le PM ne sera pas de l'UFC. Et quand il continuait :  « on aurait souhaité l'avoir. Mais nous ne sommes pas la seule force politique dans le pays ». Il y a bien sûr Fo Agbo et son CAR natal-nous, on pensait que Yovovia avait tout compris. Mais quand 9 jours après cette déclaration, on nomme le PM dans le CAR et « Fo Gil » boude l'heureux nommé et le gouvernement d'union à former, on ne comprend rien à ses positions ; on dirait qu'il a été hypnotisé le jour-là où saoulé par le bon vin français avant de parler. Il est mauvais perdant et « inclair  ». Le fair-play est aussi de mise en politique. On dirait qu'il danse le tango, un pas en avant, deux en arrière.

On connaît Yawovi Agboyibo mais d'où vient le «Madji»?

Depuis que nous, on connaît le Bélier Noir, ça fait presque « vinvans », pardon vingt ans, on n'a jamais su qu'il s'appelait autrement. Nous, on le connaissait sous le nom de Yawovi Agboyibo. Et certains lui ajoutent le nom que sa maman lui aurait donné quand elle l'avait « né  ». Ce nom c'était « Maître ». Pas Maître de CP1C à l'EPP Nassablé-ville. Et comme signe particulier, il était Président du CAR. Même chez nous au village, on connaît Elf, pardon on le connaît sous l'identité de Me Yawovi Agboyibo. Mais depuis « ce samedi 16 septembre 2006, son excellence Monsieur le Président de la République Togolaise  » l'a reçu à 11h 30 pour lui « notifier qu'il a pris ce jour un décret » le «  désignant pour diriger le Gouvernement d'union nationale prévu par l'Accord politique global du 20 août 2006 » , on découvre le gars sous un autre prénom : Madji. Nous, on pensait que c'était un nom de baptême ; mais quand on est allé aux nouvelles, on nous dit que « Madji » est une formule d'attaque ou de politesse.

En tout cas, Fo Agbo a fait peau neuve. Où est son mal. «  Aucune », dirait quelqu'un. Si «  Dahoomey » peut devenir « Bénin  », « Gold Coast  » peut devenir « Ghana  », le Baobab changer d'Etienne à Ey…, Agbo n'a pas tort de s'appeler nombreusement. Tant pis pour les jaloux.

Fiesta à Kouvé ville et dans tout Yoto

Vraiment, le malheur des uns fait le bonheur des autres. On l'a encore compris à la suite de la nomination de Fo Agbo comme PM.

Dans certains quartiers de Lomé la poubelle, les gens ont dormi très tôt. Généralement, c'est à cause du délestage que les Loméens rentrent tôt dans leur chambre. Ce n'était pas le cas samedi soir mais les gens sont allés précocement au lit, oubliant que samedi soir est souvent un moment de défoulement. Cela c'était passé dans les quartiers acquis à Fo Gil. Semble-t-il qu'à Adakpamé, Kagomé, Adamavo, Bè-Kpota etc, la nuit était vite tombée, plus tôt que d'habitude. Beaucoup d' «  Olympiolais » avaient perdu l'appétit. Déjà à 19 heures, ces quartiers étaient cool comme un cimetière des sourds-muets. On penserait que les gens dormaient. Que c'était faux. Un tour sous les murs des chambres à coucher permet de constater que les «  Olympiolais  » ont passé la nuit à pousser des jurons. Passons.

Contrairement à ceux-ci, c'était le délire dans le Yoto natal de Tonton Madji. Selon nos envoyés spéciaux à Kouvé-ville, l'ambiance était paradisiaque. De bouche à oreille, la nouvelle de la nomination de Me Agboyibo atteint les hameaux les plus reculés. « Fo Agboyibo   yé wotsô lo  » (c'est frère Agboyibo qu'on a choisi hein) était le message. On dirait tout Kouvé au Paradis. C'était de l'euphorie débordante, ce, grâce au Sodabi. Il aurait coulé à flot là-bas. Le Sodabi a tellement coulé que l'on ne devrait pas s'étonner qu'il se raréfie un de ces quatre sur le marché. Semble-t-il que pour que la fête soit «  sucrée  », les «  go  » avaient levé l'embargo sur leur entrejambe. Elles seraient donc sorties toute nues. Afôkou (Danger) !

Les Zed et les CARistes étaient au rendez-vous

Le samedi dernier, après que Yawovi Agboyibo a été proclamé vainqueur de l'élection Premier ministrale, le désormais Chef du Gouvernement avait convié les journalistes à un point de presse pour leur faire part de la nouvelle. Mais en attendant le début effectif, dehors, c'était un attroupement spécial. Ce qui attira les curieux qui n'avaient pas constaté auparavant pareil attroupement. Et c'est là que beaucoup apprirent la nouvelle. Le plus gros de la troupe, c'étaient nos amis les «  Zed  ». On dirait que c'est «  les eux  » qui étaient invités pour la cérémonie. En un clin d'œil, les lieux étaient pris d'assaut par les mate 50, Sanili, Access, Panasonic, Hyundaï… et bonjour les commentaires ! «  amebou lada agblé yé amebou lassôva doua ?  » (On profite soi-même du fruit de ses efforts), «  Nyetô mougbloê là, Agboyibo kpoé wo la sô  » (Je l'avais dit, on ne choisirait qu'Agboyibo), «  Oh églo ! Agboyibo tchan nedu vidé  » (c'en est trop ! Agboyibo aussi doit profiter un peu) entendait-on. Ceux qui voulaient profiter de la «  siation  » pour se défouler un peu se transportèrent dans les périodes de campagne électorales et lancèrent comme un cri de guerre : «  Agboa ladu eblia  » (Le bélier va bouffer le maïs). Les militants du parti qui s'étaient déversés sur les lieux allaient aussi de leurs commentaires. Ils étaient chauds et zélés à tel point que la température s'était élevée sur les lieux. Pensant que c'est cocktail dînatoire qui allait être offert par le néo Premier ministre, ils avaient occupé les premières places de la salle où devait se tenir le point de presse à tel point que les journalistes étaient obligés de rester debout. Il a fallu assez de «  s'il vous plaît, les militants du parti sont priés de libérer les places aux journalistes qui sont seuls invités à cette cérémonie  » avant qu'ils ne les libèrent.

La pierre sacrée fait de la politique aussi?

Jeudi 14 septembre dernier, Aného a retrouvé ses filles et fils et la ville a grouillé de monde. C'était à la faveur de la cérémonie de prise du caillou lançable comme à la Ekpémog , pardon de la pierre sacrée. C'était un retour au bercail pour tous les «  mbésina  ». Généralement, à chaque couleur de pierre votée comme en avril 2005 correspond une signification précise. La pierre sert de présage de prophétie à ce qui devra arriver jusqu'à la prochaine année lunaire des Guins qui débuterait en septembre. La fois dernière c'était le bleu ciel qui était choisi. Et on disait que cela signifie abondance de pluie induisant une bonne récolte, et une bonne marche des affaires. Que pour s'attirer des chances de réussite, il faut faire de l'aumône aux jumeaux et des offrandes à la mer. C'est ce qu'on avait dit vis-à-vis devant les clients là-bas à Glidji Kpodzi. Mais quand on a suivi le reportage sur la chaîne mère, TVT chérie, c'était un message différent. «  La couleur de la Pierre c'est le bleu ciel et voici son message : la Pierre présente sa gratitude au Chef de l'Etat et son gouvernement et toutes les organisations qui travaillent avec le gouvernement. La Pierre les remercie et dit que l'unité, la réconciliation qu'ils cherchent, eux aussi (parlant des esprits de la Pierre ) ils sont pour  », a-t-on entendu dire sur la TVT. Mais pourquoi on nous mélange comme ça ? Nous, on a bien compris le «  mbésina  » que le porte-parole de la Pierre a parlé là-bas. Comment se fait-il que le message change soudain ? Ou bien on a pris une autre pierre en dédicace au «  gouvraiment  ». Sinon on était là-bas quand on votait la pierre. C'était du bleu ciel vrai-vrai. Nous, on pense que c'est la chaîne mère qui nous dit autre chose. Quand on dit que ses engins, ses appareils sont de la même génération que Hô Chi Minh et qu'il faut des trucs du 21 ème siècle, on nous taxe de tous les noms d'oiseaux. Le micro qui a servi à recueillir le son à cette occasion ou bien l'enregistreur doit avoir un transformateur géant qui puisse altérer les propos des gens. Sinon à vrai dire, les appareils et surtout certaines caméras de la TVT font faire de doux cauchemars aux citoyens et traumatisent les enfants.

A propos, la Pierre sacrée là, elle fait aussi de la politique ? On a toujours su que le rite-là est simplement culturel. Depuis quand elle a commencé à parler politique ? On disait que c'était la 344 ème édition cette année. Ce qui signifie que cette cérémonie avait commencé en 1662. En ce temps-là, la pierre faisait de la politique ? Ou bien la cérémonie se modernise ?

 

 

 

 

 

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