|
|
|
|
|
Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? | Quelle relation lie Sassou N'guesso (Pdt de l'UA) à Chirac: Le journal français "Le Canard Enchaîné" lève fait des révélations 27 septembre 2006 Du pétrole congolais en vente clandestine
Notre ami Sassou Le 9 juillet 2005, au lendemain du sommet du G8 qui se tenait en Grande-Bretagne, Chirac gommait unilatéralement 513 milliards de francs CFA (780 millions d'euros) de dettes de la République du congo. Noble attitude d'un président français (quasi tiers-mondiste) se battant pour alléger les finances d'un pays surendetté dont les deux tiers de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Or, quelques jours plus tard, le président Sassou suspendait la délivrance d'un permis à la société canadienne Energen pour l'exploitation du gisement «Marine XI», et l'attribuait à Soco International. Une société dont le pédégé n'est autre que Patrick Maugein, un milliardaire corrézien, grand pote de Chirac. Un hasard, sans doute. Depuis, Chirac s'est battu bec et ongle pour que son ami Sassou obtienne de nouvelles remises de dettes du FMI. Ce qui a été partiellement accordé le 8 mars 2006 à condition que le Congo parvienne enfin à présenter des comptes transparents. On peut toujours rêver… Pour l'instant, deux militants humanitaires congolais, Christian Mounzeo et Brice Mackosso, qui réclamait plus de rigueur et d'honnêteté dans les finances de leur pays, ont été arrêtés. Relâchés trois semaines plus tard, ils seront jugés le 24 octobre prochain. Ces deux congolais, défendus notamùent par deux avocats français, William Bourdon et Aurélien Van de Wiele, risquent deux années de prison. Mais Chirac va sûrement intercéder en leur faveur auprès de son ami président. Quelle mouche a piqué ce modeste éleveur de poulets français pour qu'il s'en prenne ainsi à un Etat africain? «C'était surtout histoire de les emmerder, explique le teigneux, compte tenu de leur mauvaise foi depuis quinze ans». Refoulé sans ménagement du Congo-Brazaville en 1989, Serge Berebi y avait investi et perdu des millions pour relancer une ferme avicole. Il n'a eu de cesse, depuis de récupérer sa créance. La cour d'appel d'Aix-en-Provence a bien reconnu en 2000, dans un jugement en bonne et due forme, que les autorités de Brazzaville lui devaient 5 millions d'euros. N'ayant pas depuis obtenu la moindre réponse à ses injonctions sur papier timbré, notre éleveur a envoyé au début de cet été, des huissiers au siège parisien de la société nationale des pétroles du Congo (SNPC), avenue Friedland, dans le très chic VIIIè arrondissement de Paris. Une société considérée par la justice comme une émanation de l'Etat congolais. Résultat: saisie de quelques meubles Ikea qui garnissent ces modestes locaux ou encore d'une Peugeot 607. pas de quoi refaire fortune pour Serges Berebi, mais manière de marquer le coup. Usine à gaz pétrolière Et là, surprise. Les huissiers découvrent que l'antenne de la SNPC , n'est enregistrée nulle part, même pas comme simple bureau de liaison. La douzaine de salariés qui y travaillent ne sont pas davantage déclarés aux Assedic et à l'Urssaf. La SNPC loue ses locaux à la Serelco , une société qui appartient à Jean-Yves Ollivier, un homme d'affaire proche de l'Elysée et bien introduit en Afrique du sud comme dans l'ex-Zaïre, auprès du leader de l'opposition Jean-Pierre Bemba. Interrogé par «Le Canard», la Serelco affirme n'avoir «rien à déclarer». Quatrième producteur d'Afrique avec 250000 barils-jour, le Congo-Brazzaville utilise donc une officine clandestine pour commercialiser une partie du pétrole que Total, Agip et autres poids lourds pompent dans ses gisements… Et personne à Paris ne semble s'offusquer de cette situation, surtout pas BNP Paribas, qui assurent le préfinancement de ces exportations pétrolières. La SNPC , qui est en relation d'affaires avec Trafigura (lequel vient de s'illustrer dans l'affaire des déchets toxiques déversés en Côte-d'Ivoire), a son siège social à Brazzaville. Mais pourquoi éprouve-t-elle le besoin de commercialiser son pétrole depuis Paris? Elémentaire: parce que Serge Berebi n'est pas le seul créancier mécontent à courir après l'Etat congolais. Plaintes et demandes de saisie s'accumulent. En 2005, dans l'affaire Kensington, du nom d'un fonds d'investissement américain, la cour de justice de Londres saisissait une cargaison d'or noir appartenant à l'Etat congolais pour donner satisfaction à des créanciers. A cette occasion, c'est tout un système de siphonage des fonds pétroliers congolais par les amis du président Sassou qui a été mis au jour. Il y avait le feu: la SNPC qui officiait à Londres, a dû émigrer vers Paris, et vite. Elf comme modèle français Pendant des années, le Congo, à court d'argent, a hypothéqué ses réserves pétrolières en vendant à l'avance sa production. Les créanciers se montrant de plus en plus pressants, Sassou et ses amis ont organisé leur insolvabilité. Des mauvaises créances ont été rachetées par des fonds anglo-saxons, très portés sur la spéculation et baptisés «fonds Vautour». Pour obtenir d'être réglés, ils n'hésitent pas à sortir l'artillerie lourde, judiciaire et financière. Le mode de pillage utilisée par la société congolaise n'est pas vraiment nouveau. A l'époque d'Elf, des usines à gaz (et à pétrole) avaient été montées afin de permettre aux présidents Sassou, Bongo (gabon) et Dos Santos (Angola) de garder pour eux la maîtrise de fonds dits –joliment- «de souveraineté». Des réseaux fort complexes de sociétés offshore étaient mis en place. A la manœuvre, André Tarallo, le Monsieur Afrique du système Elf, condamné depuis à 7 ans de prison. Cet exemple fameux n'a pas été oublié: plusieurs structures – Sphinx Bermuda et Sphinx UK – qui permettent aujourd'hui de vendre discrètement le pétrole congolais, ont été imaginées par Nicolas Junot, l'avocat genevois d'André Tarallo. Autre coïncidence, on retrouve l'ancien représentant des actionnaires salariés d'Elf dans l'une de ces officines. Les meilleures traditions pétrolières et africaines ne se perdent pas. Nicolas Beau Le Canard Enchaîné N° 4482 du 20 septembre 2006
|
|
||||||||||||||||||
|
Copyright©by Etiame.com webmaster 2005 - Tous droits réservés |