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Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? | Historique du soulèvement populaire du 5 octobre 1990: 16 ans déjà d'une révolution de la jeunesse togolaise 6 octobre 2006
Tracts «subversifs»! La répression étant le propre des despotes, toutes les conditions étaient de mise pour traquer les courageux rédacteurs et distributeurs des «adomenou». La police politique entre en action dans la nuit du 22 août 1990. Ils procèdent à plusieurs arrestations. Interpellés coup sur coup les frères Laurent et Paulin Aboley, Nabine Ouyi, Hope Kalépé Kétomanya, Firmin Têko Yovodévi Djollé, Josué Kossi Efoui, Gustav Ahadji, Tino Doglo Agbélenko alias l’imprimeur, Dossouvi Logo… sont conduits nuitamment à Akodessewa dans les locaux du service des Renseignements généraux. L’enfer fut
atroce pour ces jeunes qui ont choisi de vaincre la peur pour dénoncer
les manipulations du pouvoir Rpt .
Les redoutables maîtres dans l’art de la torture n’ont
pas chômé. Dirigée par Laokpessi Antoine Atakora
qui dirigeait à l’époque la sûreté nationale,
l’équipe était composée des commissaires
Dogbévi, Karkassa, Lamboni, Palanga, de l’OPA
Lékoutey, Alaza, un policier militaire. Ils se sont servis
de toutes les techniques pour extorquer des aveux impossibles à ces
jeunes. Le «Vendredi noir»* A bas le Monesto! A bas le Rpt! ont-ils farouchement scandé avant de chanter à l’intérieur du palais "Terre de nos aïeux", le véritable hymne national du Togo indépendant interdit jusqu’alors au profit de l’Unité nationale, celui du Rpt. Les militaires et gardiens de préfecture prennent position, mais ils seront incapables de contenir les manifestants. Ils auront du renfort à la demande du magistrat Abdou Assouma. Des coups de feu partent en direction de la foule. Des manifestants laisseront leur vie. Quatre tués et plus d’une trentaine de blessés, selon un communiqué officiel. Ce fut le sauve-qui- peut un peu partout à Lomé et dans ses environs. Les symboles du pouvoir sont visés, saccagés ou incendiés. Plusieurs commissariats et postes de police 1er près du cinéma Rex, 3e arrondissement à Kpéhénou, le 7e à Bè- Kpota quartier Blanc-blanc, la Villa Adéwui, siège des RG à Akodésséwa, les agences secondaires du Trésor à Bè et à Nyékonakpoè, le poste de gendarmerie à Akodésséwa-Zorro Bar, mais aussi des véhicules administratifs partiront en fumée…. Le peuple a tenu bon face à la dictature. Les "deux héros" Logo et Doglo vont être libérés le 12 octobre. A coups de pierres, les «Ekpemogs» ont démontré que la dictature togolaise est vulnérable. Seize ans après cette manifestation historique, il est important de rendre hommage à tous ceux qui y ont laissé leur vie. Depuis lors, la démocratie peine à prendre corps au Togo. Le courage des jeunes a été récupéré et utilisé autrement. Traqués, la majorité a eu le salut dans l’exil. Le journaliste Dossouvi Logo est au Canada, son ami Doglo en Allemagne. Les frères Aboley en Amérique, Nayone et Yovodévi Djollé en Allemagne, Gustav Ahadji, Koffi Dohnani et Spéro Houmey certainement en Belgique, José Kossi Efoui en France. La liste est longue. Jusqu’alors, le peuple togolais se cherche, confronté au quotidien à la "démocratie Mapouka" (en référence à la danse ivoirienne) qui fait bouger les fesses. Réussie un peu partout, la démocratie togolaise, bouge toujours, mais elle n’avance pas pour laisser libre champ au peuple de vaquer sans contraintes à ses occupations et œuvrer pour le véritable développement socio-économique. Hier l’avocat Koffigoh a brocanté la lutte en s’alliant au camp de la dictature. C’est le tour à présent de son collègue Agboyibo. Le Bélier noir de Kouvé est devenu Premier ministre sous Faure Gnassingbé, le fils du despote Eyadéma. Dans son cabinet, les Pr Gnininvi et Aduayom. Ils y sont au nom de l’union et de la réconciliation. Pauvre Togo! Louis Dogbé, Etiame.com * La lecture de "Lutter pour ses droits au Togo", ouvrage écrit par Dossouvi Logo et paru aux Editions l’Harmattan est recommandée
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