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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

09 octobre 2006

Charles Debbasch publie un nouveau livre sur le Togo
«La succession d’Eyadéma,  le perroquet de Kara»

Dans un ouvrage à paraître début octobre, Charles Debbasch, constitutionnaliste reconnu,  ancien président de l’Université de droit d’Aix (France) et aujourd’hui ministre, conseiller spécial du président du Togo revient sur la crise togolaise survenue après la mort brutale du président Gnassingbé Eyadèma en février 2005. Une crise qu’il a vécue de l’intérieur. Le livre retrace la situation particulière du pays et évoque le rôle joué par certains dirigeants africains comme Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville) et Joseph Kabila (RDC).
S’agissant du Gabon, Charles Debbasch écrit que le chef de l’Etat, Omar Bongo Ondimba, possède le « goût de la négociation, de l’arbitrage, du compromis. (…) Sous un aspect désinvolte et roublard, l’homme est rigoureux et précis ».
L’auteur parle également du président du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. « Nguesso connaît tous les acteurs du village africain. (…) Portant beau, l’allure jeune et décidée, la reconstruction de son pays ne l’empêche pas de développer son influence sur le continent africain ».
Charles Debbasch explique que tous ces dirigeants expérimentés ont joué un rôle important dans le règlement de la crise togolaise. Il y en a eu d’autres ailleurs sur le continent comme le burkinabé Blaise Compaoré, le jeune Roi du Maroc Mohamed VI et le leader libyen Mouamar Kadhafi.
«La succession d’Eyadéma, le perroquet de Kara»
Par Charles Debbasch
Editions «Points de vue – L’Harmattan» L.H

L’intégralité du débat africain sur RFI

La nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement continuent de susciter des débats au sein de la classe politique togolaise. Le Directeur de Cabinet du Président de la République, M. Pascal Bodjona, le 3e vice-président de l’UFC, M. Patrick Lawson, le vice-président du CAR et Ministre de la Communication et de la Formation Civique, Me Gahoun Hégbor et le président du Comité Togolais de Résistance (CTR), M. Isidore Latzoo étaient dimanche dernier les invités de l’émission « Le débat africain » sur RFI. Nous vous proposons l’intégralité de ce débat qui a été par moments très houleux.

Madeleine Mukamabano : Messieurs bonjour. Merci d’avoir répondu à cette invitation. Si on parle  de la crise togolaise, on a tendance à penser peut-être, à l’année dernière. Au moment des élections, il y a eu, selon l’ONU, des centaines de morts. Il y a eu plusieurs milliers de réfugiés mais on peut dire que la crise togolaise remonte pratiquement à 1963 avec le coup d’Etat et on se dit aujourd’hui que cet accord  qui a été signé, ce Gouvernement d’Union Nationale, c’est peut-être enfin une chance pour le pays. Alors, Pascal Bodjona, est-ce que vous avez l’impression que cette classe togolaise  qui était réunie à Ouagadougou avec le Président Blaise Compaoré comme médiateur a tout fait pour tourner le dos à la crise ?
P. Bodjona
: Absolument. Je pense que le mérite revient  à toute la classe politique togolaise dans son ensemble et aux acteurs, aux participants  du dialogue intertogolais. Je pense que nous avons commencé un travail à Lomé et nous sommes arrivés à un accord de base. Grâce  à la facilitation du Président Compaoré, les Togolais sont parvenus à la conclusion d’un accord politique global. Le mérite revient à toute la classe politique togolaise.

            M. Mukamabano : Mais est-ce que vous avez l’impression que vous avez touché tous les points sensibles  parce qu’on se rend compte  qu’aujourd’hui,  le parti  qui est considéré  comme la principale formation  de l’opposition, l’UFC n’est pas représenté dans le gouvernement.
P. Bodjona
: Non, je pense que le dialogue a eu à traiter de tous les sujets  qui touchent à la crise togolaise. Le dialogue politique devrait découler en principe du point 1.3 des 22 engagements. Mais le Président a voulu que pour cette  fois que les Togolais se réunissent pour discuter de la crise togolaise, qu’aucun sujet ne soit considéré comme sujet tabou. Tous les points ont été inscrits, débattus avec sérénité et convivialité  pour parvenir à un accord global.
M. Mukamabano: Est-ce que l’absence de l’une des composantes pour vous ne compromet pas cet accord ?
P. Bodjona.
 : Non, je ne crois pas. Du point de vue de la formation d’un gouvernement d’Union Nationale, les partis politiques ont proposé  au chef de l’Etat de former un gouvernement d’union nationale ouvert aux partis politiques et à la société civile. Je ne peux pas prêcher pour la chapelle des autres. Je ne peux que prêcher pour ma chapelle. Mais j’ose croire qu’il appartient  à nos frères de l’UFC de répondre à cette question, mais pour nous, ce gouvernement  répond véritablement  aux exigences d’une équipe gouvernementale d’union nationale. Peut-être que c’est stratégique. Mais dans tous les cas, comme je l’ai précisé, le Président est ouvert. Je pense que le train est en marche. Mais à tout moment, un gouvernement n’est pas un monument figé. Il peut toujours faire l’objet d’une restructuration, d’un aménagement technique. Mais comme je l’ai dit,  c’est un gouvernement qui répond véritablement à l’esprit d’ouverture et aux exigences d’une équipe gouvernementale de large union nationale.

M.  Mukamabano: C’est votre point de vue ?
Patrick Lawson
: Vous savez que ce n’est pas notre point de vue. En réalité, nous avons commencé ce dialogue  sur une double ambiguïté. Il y a ceux  qui voulaient mener ce dialogue pour parvenir  tout simplement   à organiser les élections législatives  et il y a ceux qui voulaient qu’on sorte définitivement notre pays de cette crise  qui a trop duré. Vous l’avez  bien situé, nous, nous avons mis toute la volonté pour qu’il en soit ainsi. C’est les raisons pour lesquelles  d’ailleurs, bien avant que le dialogue  ne démarre, nous avons rencontré  à plusieurs reprises  le RPT que nous considérons  comme notre principal  protagoniste et réglé les problèmes   qui pourraient  arrêter ou freiner le dialogue le moment venu. Je voudrais donc dire que cet accord est basé sur trois éléments essentiels parce que cet accord pour nous, était insuffisant. Mais compte tenu des discussions qu’on a eues et des travaux qui ont été menés, nous avons pensé qu’avec la mise en place ou la nomination d’un Premier ministre qui rencontre l’adhésion populaire, certaines lacunes pourraient être comblées parce qu’on aurait eu immédiatement le soutien populaire. La deuxième chose, c’est la présence et l’activisme au sens propre du terme et positif du facilitateur à être présent à toutes les difficultés  pour qu’on puisse s’en sortir et le troisième élément, c’est le Comité de Suivi qui doit être également présent et aider à sortir de cette crise.

M. Mukamabano: Qu’est-ce qui vous a empêché d’aller au gouvernement ? C’est la question à laquelle vous n’avez pas encore répondu.
            Ce qui nous a empêché d’aller au gouvernement,  c’est que nous pensons que si on veut aller  réellement à la réconciliation nationale, il faut prendre en compte ceux qui jusqu’à présent ont été brimés, ceux qui jusqu’à présent ont souffert du passé politique dans notre pays. Et ceux-là, c’est bien nous. Nous avons donc une difficulté dès  le départ. C’est le fait que le partage du pouvoir ne se fasse pas en tenant compte des réalités du terrain. La deuxième chose, c’est la façon cavalière  dont on nous a invité à aller dans ce gouvernement. Alors que ce problème se posait, nous avons demandé à ce que les consultations se fassent en bonne et due forme et  qu’on nous laisse le temps, puisqu’on  a mis un mois  après le dialogue pour choisir un Premier Ministre, qu’on nous donne quelques jours pour que les problèmes soient aplanis. Mais on  n’en a pas tenu compte. Ce n’est pas grave. Mais d’ores et  déjà, je veux souligner que nous restons dans le processus parce qu’on veut qu’on aille à des élections. Cela dit, il faut qu’on y aille, que tout le monde  y mette  du sien pour que les élections soient transparentes et que le meilleur gagne. C’est ça notre préoccupation aujourd’hui. Le reste est de peu d’importance.

M. Mukamabano: Gahoun Hegbor, vous, votre parti a décidé d’aller au gouvernement. C’est le chef de votre parti  qui est le Premier ministre. Est-ce que vous n’avez pas l’impression d’avoir trahi les forces de l’opposition tant que tout le monde n’est pas dans ce gouvernement?
G. Hegbor: Non ! Comment trahi les forces de l’opposition ? Nous avions signé un accord. Tous. Et cet accord ne définissait pas les critères pour aller au gouvernement.

M. Mukamabano: Est-ce que ce n’est pas le 1er problème justement ? Parce que normalement, quand on voit tous les accords qui ont été signés, (Burundi, Rwanda, la Côte d’Ivoire), même si  les accords n’ont pas toujours abouti à la paix, la désignation du Premier ministre et le partage  de sièges au sein du gouvernement se faisaient au moment des négociations de l’Accord. Ça n’a pas été votre cas!
G. Hegbor: Oui mais, si nous avons finalement signé l’Accord,  c’est que nous estimions qu’avec lui on pouvait avancer. S’il était   nécessaire de définir les critères  d’entrée au gouvernement, ceux qui le jugent nécessaire n’avaient qu’à soulever le problème ! Mais le  problème n’a jamais été soulevé au cours du dialogue. Alors nous ne comprenons pas qu’une fois l’Accord signé, – et il y est dit clairement  que les parties prenantes  proposent au chef de l’Etat de former  un gouvernement–, alors une fois  que l’on a signé cet accord, il fallait s’y conformer et accepter que ce soit le chef de l’Etat  qui forme le gouvernement en ayant consulté ou fait consulter les parties. Bien sûr, et c’est ce qui a été fait. Donc pour nous, il n’y a pas eu de trahison de l’opposition. Il y a eu tout simplement, respect de la signature  que nous avons donnée à cet accord.

M. Mukamabano: Donc ceux qui vous accusent d’être allés à la mangeoire se trompent d’analyse?
G. Hegbor: Oui ! Aller à la mangeoire c’est une expression  qu’on emploie toujours pour les autres. Si le Premier ministre avait été choisi  au sein de l’UFC, est-ce qu’on aurait parlé d’aller à la mangeoire ? Si le Premier ministre avait été choisi au sein du PDR, est-ce qu’on aurait parlé d’aller à la mangeoire ? D’abord, est-ce que c’est une mangeoire ? Il s’agit de nous mettre ensemble pour sortir le pays de la crise. Nous avons convenu  de cela !  Nous avons été d’accord sur cela. A partir de ce moment, quel que soit le Premier ministre  qui aurait été choisi, ç’aurait été dans la société civile que nous au CAR on aurait peut-être  estimé que ce n’est pas la meilleure solution, mais nous serions allés au gouvernement parce que nous sommes d’accord   qu’il faut former un gouvernement d’Union Nationale.
Isidore Latzoo: Ce n’est plus un secret de polichinelle  pour personne que le Comité Togolais de Résistance  est farouchement  opposé à cet accord  qui  n’en est pas un parce qu’il y a toujours dans la crise togolaise qu’on appelle abusivement la crise togolaise toujours  des superlatifs pour qualifier toutes sortes d’arrangements. Ce qui s’est passé à Ouaga n’est pas un accord politique global. Il s’agit d’un arrangement électoral dont les effets dévastateurs  commencent déjà à se faire sentir. Il s’agissait à  Ouagadougou de légitimer M. Faure Gnassingbé qui avait quelque mal, n’est-ce-pas,  à s’imposer comme Président de la République dans la mesure où  il est venu dans le sang  en massacrant des centaines de Togolais innocents qui criaient tout simplement leur opposition à la dynastie des Gnassingbé  qui commençait à s’installer. Donc pour nous, il ne s’agit pas d’un Accord Politique. Il s’agit d’un arrangement électoral et dont le premier objectif  est de pérenniser la dynastie mafieuse des Gnassingbé. Premièrement, en ce qui concerne le prétendu gouvernement d’union nationale, ce n’est pas un gouvernement d’union nationale. Il s’agit  d’un gouvernement RPT, de l’ancien parti unique de Etienne Gnassingbé Eyadéma qui a passé le pouvoir à son fils Faure Gnassingbé. Donc c’est un parti  composé à 80 % des militants de choc et même de certains tueurs à gage de ce parti-là. Donc  qu’on ne vienne pas nous parler de Gouvernement d’Union Nationale. Ceux qui se sont engagés dans la signature de ce prétendu  accord, je dis là encore,  qu’il n’en est pas un.  Je le dis encore, il s’agit d’un arrangement.

M. Mukamabano: Qu’est-ce que vous proposez comme solution?
            I. Latzoo: Nous proposons, d’abord tout accord qui ne porterait pas, comment dirais-je, tout dialogue qui ne mettrait pas à l’ordre du jour, la légitimité  de M. Faure Gnassingbé, ne recevra pas, parce que le vrai problème, tout ce qui s’est dit à Ouagadougou, vous savez, je regrette M. Hegbor, je regrette  M.  Bodjona, je regrette Patrick Lawson, vous avez brillamment répondu à Ouagadougou à des questions que le peuple togolais ne vous a pas posées. Ce qui intéresse le peuple togolais, c’est la légitimité de Faure Gnassingbé Eyadéma. Il ne faut tout de même pas  oublier que l’année dernière, il y a eu de centaines de morts, que des milliers de nos compatriotes  ont été chassés de leurs foyers. Donc le premier problème qui concerne le Togo, c’est la légitimité de Faure Gnassingbé.  La grande majorité du peuple togolais dit ceci : Faure  Gnassingbé n’est pas notre Président.

M. Mukamabano: Il ne peut pas être illégitime tant que les élections dignes de ce nom ont été organisées!
            Donc il faut justement, c’est la raison pour laquelle il faut dans tout dialogue digne de ce nom,  si on est vraiment sérieux,  si on est vraiment sensible aux souffrances du peuple togolais,  mettre à l’ordre du jour, ce qui intéresse  le peuple et là, c’est la légitimité  parce qu’on sait qu’au Togo, ce qui compte, c’est la présidence de la République. Qu’on ne vienne pas nous dire  qu’un gouvernement  dans lequel figure le frère du prétendu Président de la République, M. Bodjona, M. Titikpina qui est l’un des auteurs de ceux qui ont massacré le peuple togolais l’année dernière, qu’on ne vienne pas parler de gouvernement d’Union Nationale.
 
P. Bodjona: Vous avez un langage qui ne tient pas. Vous voulez être fidèle à l’opposition, c’est votre droit. Mais je pense  que vous ne pouvez pas parler avec mépris  et dire que tout ce qui a été fait à  Ouaga, c’est rien parce  que vous n’y étiez pas.  Je pense que vous êtes à la Mairie de Paris. Désormais,  vous avez votre place au Togo. Venez et créez un parti politique  et apportez votre contribution. Ne vous mettez pas à insulter. On a bien parlé de toutes les questions  qui intéressent  la crise togolaise. Alors donc, vous devez vous respecter votre langage  parce que moi j’ai de la considération pour les gens, je pense  qu’un homme politique responsable doit être à une hauteur donnée. Si  les gens ne sont pas à la hauteur pour un débat politique alors nous aussi, nous sommes prêts à leur répondre  avec le mépris le plus absolu.
            Isidore Latzoo de par son âge doit être à la hauteur  et faire un débat de haut niveau.

M. Mukamabano: Oui quand on dit que le Parti du Président s’est taillé la part du lion dans l’attribution  de portefeuilles ministériels, qu’est-ce  que vous en pensez?
P. Bodjona: Non,  je pense que c’est une exagération. Le gouvernement d’Union Nationale est un gouvernement d’ouverture. Le gouvernement  qui était là juste après les élections  était à près  de 80 % un gouvernement du parti au pouvoir.
Aujourd’hui, nous avons 34 ministères. D’abord, M. Latzoo doit comprendre bien  que quand il parle de certaines choses, il faut restituer, il ne peut pas avec mépris dire que tout ce qui  a été fait par les Togolais et toutes les bonnes volontés est rien. Il est donc en déphasage total avec la réalité.
C’est un accord qui a été salué par tous les Togolais, l’enthousiasme  qui a été créé, je pense qu’il est temps  qu’il revienne à la source  et qu’il vive au Togo. C’est facile de rester en France, d’être fonctionnaire à la mairie de Paris et de traiter les autres avec mépris. Cela doit cesser.
I. Latzoo: Dans un gouvernement de 37 membres, le RPT votre parti a eu au moins 17 ministères. …  
P. Bodjona: Il n’y a pas 37. M. Latzoo avec tout le respect, il y a 34 ministres.
I. Latzoo: Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un Bodjona.
 P. Bodjona: Laissez-moi répondre à la question  qui m’a été posée. Sur 34, vous avez dit vous-même qu’il y a 17 du parti au pouvoir. Mais je dis de 80 on est revenu à 50 % avec des ministères confiés à l’opposition, des ministères qui sont impliqués dans l’organisation des élections.
Si l’UFC avait été présent à ce gouvernement, peut-être qu’on aurait une autre architecture gouvernementale. En cela, je dis  que le RPT n’a pas une part de lion, parce qu’il y a 50 % du parti au pouvoir et 50 % de l’opposition alors que ce n’était pas un gouvernement de partage ou de cohabitation. C’est un gouvernement avec une mission déterminée, une feuille de route. Après les élections législatives, ceux qui estiment qu’ils sont les plus populaires, s’ils gagnent les élections législatives,  s’ils veulent former un gouvernement à 100 % CAR, 100 % PDR, 100 % UFC, 100 %  RPT, je pense qu’ils ont le droit de le faire. Pour le moment, ce n’est pas une cohabitation. Je voudrais aussi préciser  qu’à Ouaga,  personne n’a signé cet accord le couteau à la gorge. Il aurait été normal comme vous l’avez dit dans d’autres accords  que l’UFC pose clairement le problème de la  primature et le partage de portefeuilles. Personne n’a discuté  de cela. On a demandé au Président de former un  gouvernement et c’est ce qui  a été fait. Maintenant,  les états d’âme, les rivalités entre les partis, ça, je pense que les attentes du peuple sont énormes.

M. Mukamabano: Isidore Latzoo estime que la formation de ce gouvernement est un gouvernement surtout  de l’ex-parti unique et que finalement les partis qui sont rentrés dans le gouvernement  n’ont pas grand-chose. Est-ce que vous partagez  ce point de vue?
Patrick Lawson : Mais absolument ! Tout d’abord je suis heureux que M. Latzoo ait rappelé l’origine de l’aggravation de la crise. Il y a un an, on était tous malheureux pour ce qui s’est passé dans notre pays. C’est pour cette raison  que nous tous, nous avons accepté  d’animer ce dialogue et de trouver définitivement  une solution au problème togolais de façon  qu’on puisse aller à des élections  transparentes. Que le gagnant puisse serrer la main au perdant. Nous avons donc décidé de former un gouvernement ensemble. Nous savons également très bien qu’en mettant  sur le tapis la question de la nomination du gouvernement, la question de la répartition des postes ministériels, on va mettre un an comme cela s’est passé   en RDC, il n’y a pas si longtemps   pour trouver des solutions. Pour toutes ces raisons, nous avons pensé que avec le concours du facilitateur, certains problèmes  pouvaient être surmontés. Et tenir compte des réalités  du terrain que j’ai tout à l’heure  rappelées, nous pensons qu’avec ce qui s’est passé, notre participation  aux différentes élections présidentielles, pour qu’il n’y ait pas de débat de ce genre, pour qu’il n’y ait pas des supputations, la Primature aurait pu ou aurait dû revenir à l’UFC.  Nous pensons également   que l’exécutif  est animé essentiellement  par le RPT, par la Présidence de la République. Nous savons également que ce dialogue,  qu’on le veuille ou non, a légitimé le Président Faure. Qu’on ne se voile pas la face, ce n’est pas une honte. Mais, on a cru qu’avec ce départ, on allait obtenir  quelque chose de bon pour notre pays. Sachant pertinemment que les accords étaient insuffisants.   On s’est dit allons-y, on trouvera des solutions en animant ensemble ce gouvernement. Je vous assure que les consultations n’ont pas été faites comme elles devraient se faire. Les textes n’ont pas été respectés dans leur esprit car l’article 66 qu’on cite souvent dit que le chef de l’Etat  nomme le Premier ministre, il met fin à ses fonctions. A cela, on ajoute « sur proposition du PM, il nomme  les autres membres du gouvernement et met fin à  ses fonctions ». Vous imaginez que nous n’avons pas été consulté dans le cadre de la formation  du gouvernement, pour la Primature nous avons été invité par le chef de l’Etat. Après, nous avons vu que c’est Me Agboyibo qui a été nommé sans qu’on ne soit consulté  préalablement. En ce qui concerne le gouvernement, c’est quelqu’un qu’on a débauché  chez nous qui a amené des noms et des postes ministériels qu’on nous a communiqués par téléphone. Avec des confusions énormes. Cela est inacceptable quand on veut sortir un pays de la crise. Nous ne  voulons  pas débattre inutilement. Nous voudrions que tout le monde  s’investisse pour sortir ce pays de la crise, nous disons que si nous ratons encore les prochaines élections, ce serait grave pour notre pays. 

M. Lawson, vous n’envisagez pas de revenir sur votre décision, de ne pas entrer au gouvernement?
            Mais… nous disons  tout simplement que nous avons  un facilitateur qui, aujourd’hui, discute avec les autorités. S’il y a une solution   de sortie de cette situation, nous l’apprécierons.  S’il n’y en a pas, nous en  prendrons acte  également. C’est tout.

            On a entendu le PM Yawovi Agboyibo dire qu’il s’engageait à organiser des élections libres, transparentes  et acceptables par tous comme le stipule l’Accord. Est-ce que vous avez l’impression  que vous avez des conditions requises  pour organiser ces élections qui pourraient mettre un terme à cette crise?
G. Hegbor: Cela ne dépend que de la classe politique et de la société civile. Nous avons voulu surmonter les rancoeurs, les divisions et nous nous sommes dit, il faut que nous nous mettions ensemble pour une période pas si longue que ça. Huit mois, dix mois, un an au maximum afin d’aller à des élections. Et pour que ces élections-là soient  transparentes, libres et équitables, il faut que nous nous y mettions tous. Je suis heureux  d’entendre que l’UFC,  tout en n’étant pas au gouvernement,  n’abandonne pas le processus. Ce qui signifie  que lorsqu’elle sera sollicitée pour envoyer des représentants dans les organes d’organisation  des élections, de surveillance des élections, elle le fera, c’est tant mieux. Mais il aurait fallu   encore mieux qu’elle soit au gouvernement. On nous dit, le parti présidentiel a la part du lion. C’est quoi la part du lion ? Un gouvernement  est solidaire. Si nous n’avions qu’un représentant  dans le gouvernement sa voix doit être entendue. Si nous en avions dix, leur voix seront entendues. Il ne s’agit pas de faire un calcul d’apothicaire   en disant telle tendance a tel nombre de ministres, telle autre tendance a tel nombre de ministres donc ce n’est pas équitable, c’est le travail que doit faire le gouvernement. C’est la sincérité avec laquelle le travail doit être fait  qui doit nous amener à ces élections là.  Aujourd’hui, quels que soient  les résultats des élections passées, personne ne peut dire  quel est le poids d’un parti politique. Lorsqu’il s’agit d’une élection présidentielle, la personnalité  du candidat est beaucoup plus importante que le poids de son parti politique. Moi je me rappelle, j’étais en France en 1974  quand Valery Giscard d’Estaing  a été élu  Président de la République française. Son parti représentait quoi dans la majorité à l’époque ?  Même pas le tiers. Mais c’est lui qui a quand même été élu. Dépassons ces problèmes de « nous sommes le parti le plus fort aujourd’hui ». Le parti le plus fort, on le saura après les élections législatives en vue. C’est à partir ce de ce moment-là que si quelqu’un  veut former un gouvernement avec sa majorité, rien qu’avec les personnes de sa majorité, il le fera. Mais pour l’instant, nous avons convenus de nous mettre ensemble  pour faire quelque chose, ensemble : aller à des élections transparentes.
I. Latzoo: Avant d’aller plus loin, plus en avant dans ce débat, j’aimerais poser une question simple, que tous les Togolais se posent à Messieurs Bodjona et à mon ami Gahoun Hegbor. Qui a formé le gouvernement dont il s’agit aujourd’hui ? Est-ce que  c’est Monsieur Faure Gnassingbé ou M. Agboyibo ?
G. Hegbor: L’Accord du 20 août a mis de côté certaines dispositions constitutionnelles et retenu certaines. Je parle par exemple du  mode de scrutin aux législatives qui a été une rude empoignade entre l’opposition et la partie présidentielle.  Nous avons convenu aujourd’hui que le mode de scrutin  retenu dans la Constitution n’est pas celui qu’on va employer. Voilà  une partie de la Constitution  qui a été mise de côté.
            Lorsqu’on cite l’article 66 littéralement, le chef de l’Etat nomme un  Premier ministre et propose des ministres qui sont nommés, ensuite notre Accord dit que les parties prenantes  proposent au chef de l’Etat de former un gouvernement. C’est au chef de l’Etat que nous avons demandé  de former un gouvernement. C’est l’Accord  que nous avons signé. Conformons-nous à l’Accord.
I. Latzoo: Je comprends qu’en signant les prétendus accords de Ouaga, vous avez légitimé Faure Gnassingbé qui est venu encore une fois au pouvoir  dans les conditions désastreuses que l’on sait. 2ème chose, vous savez chaque  fois que la « classe politique »  est allée au dialogue parce que nous en  sommes au 12ème dialogue, j’ai toujours entendu cet espèce d’enthousiasme  et d’euphorie qui gagne tous les cœurs  jusqu’au moment  où le RPT toujours au pouvoir depuis  je ne sais plus combien d’années, commence  à sortir les canons et les couteaux  et tout le monde se met à geindre. Comment voulez-vous  qu’avec un tel gouvernement l’on aille à des législatives   transparentes ? Chaque fois  que l’opposition a gagné des élections au Togo, ce gouvernement (sic)  a sorti les canons et c’est toujours le chemin de l’exil. Je suis vraiment  abasourdi  d’entendre des camarades de l’opposition  dire qu’on veut aller aux élections législatives  transparentes, etc, alors qu’ils ont déjà commencé à légitimer quelqu’un  qui n’a pas eu 10% des voix aux élections. J’aimerais poser une autre question.  Est-ce que c’est sur proposition de Me Agboyibo que l’ex-PM a été nommé ministre d’Etat auprès de Faure Gnassingbé ? J’ai l’impression et c’est ma conviction, qu’il y a un « Shadow cabinet » dont le vrai Premier Ministre aujourd’hui au Togo,  est Edem Kodjo qui a un gouvernement bis et que le reste  c’est de la figuration. Voilà la réalité, il faut dire les choses comme elles sont.

M. Mukamabano S’il vous plaît, Pascal Bodjona. Pour rassurer les Togolais, comment faire pour qu’il n’y ait pas un gouvernement bis?
P. Bodjona:   Le Premier ministre Edem Kodjo a été nommé Ministre d’Etat à la Présidence de la République. Il  y a le décret  qui l’a nommé qui vise la constitution. Pas en son article 66. L’article 66 parle de la nomination du Premier ministre et des autres membres du gouvernement. Maintenant, il y a un décret  qui porte organisation des services de la Présidence. C’est ce décret qui  a été visé. Donc le Ministre d’Etat Edem Kodjo  n’est pas membre du gouvernement. Il faut le comprendre clairement.
I. Latzoo: Avec tous ces ministres d’Etat, un budget d’Etat vide, vous ne pensez pas que ceci est un peu compliqué pour être vraiment crédible ?
P. Bodjona: Apparemment vous pouvez avoir légitimement le droit de penser à cela mais j’estime aussi que pour qui connaît bien les fonctionnaires, il n’y a pas plus de 10 conseillers à la présidence comparativement à certaines présidences  que nous connaissons. Et la période est aussi sensible, le Président doit aussi s’entourer de certains conseillers. Il est ministre d’Etat mais  en premier lieu il  fera office de Conseiller auprès du Président. C’est ça ! Maintenant par rapport à la formation du gouvernement, je pense que Me Hegbor a clairement dit les choses. L’intervention de M. Patrick Lawson  suscite en moi certaines réactions. Il parle de l’article 66. Si l’UFC avait été nommée c’est nécessairement  l’article 66  qui aurait été visé. Et dire qu’il n’y a pas eu concertation, je m’inscris en faux. Et Monsieur Patrick Lawson est bien placé pour dire clairement à nos auditeurs  que tout le monde a été bien consulté.
P. Lawson: Mais, M. Bodjona nous parle  de noms qui ont été proposés. Mais qui a proposé des noms ? Nous leur avions écrit en disant même  qu’en ce qui concerne la Primature, nous sommes un peu confus  de la tournure  que prenaient les choses et qu’on voulait même des explications et nous avons dit que nous voudrions  donc dans ces conditions que le gouvernement d’union  nationale soit suffisamment éclairé sur les objectifs dont il  aura à débattre, comment il va être formé et que nous nous inquiétons  que cela se fasse sans discussion préalable, que cela jetait un trouble dans nos esprits. Ensuite le chef de l’Etat nous a invité lorsqu’il s’est agi de choisir le Premier ministre. En ce qui concerne le gouvernement, je sortais d’un déjeuner le mardi quand j’ai été appelé  par le Premier ministre nommé  qui me dit amicalement, est-ce que vous pouvez venir me voir. Je suis allé le voir, on a échangé dix minutes dans son cabinet. Et il m’a dit « il serait bien que vous rentriez au  gouvernement ». Nous lui avons dit, –parce que j’ai amené des gens avec moi pour être témoins– qu’il faut que ce problème soit réglé par la facilitation. A peine 30 minutes rentrés chez nous, on se concertait quand il nous a appelé pour nous dire que sa cellule nous propose quatre noms et quatre postes ministériels. Nous disons, qui vous a envoyé les noms ? Sur le coup, moi je lui ai écrit pour lui dire  que nous n’avons mandaté personne pour donner des noms et encore moins pour  représenter le parti et lui demander  de nous  nommer  comme ministres. Georges Lawson  a fait la même chose. Quelques minutes  après, il nous dit, voilà. Monsieur … (je ne veux pas citer de noms parce que ce n’est pas élégant). Mais je peux citer  au moins Amah Gnassingbé   qui était accompagné de deux autres qui ne sont pas des responsables du parti qui sont allés  remettre des noms et viser  les ministères qu’on doit occuper.    Est-ce que cela est sérieux pour un pays  qui est en crise?

M. Mukamabano: On  sait qu’en 2004, la classe politique avait signé des engagements avec l’UE, ces engagements n’ont pas été respectés, encore une fois il y a eu ces problèmes d’élections au Togo. Quels sont les garde-fous  qui ont été mis pour qu’enfin vous pussiez arriver à des élections tel que vous les souhaitez?
Gahoun Hegbor : Le premier garde-fou qui  a été mis, c’est notre volonté commune de faire partie de l’organe gouvernemental. Tous les accords que nous avons signés auparavant ont été laissés  à l’application du pouvoir en place. Nous de l’opposition, nous étions toujours restés en  dehors. Cette fois-ci, nous avons estimé que nous devons tous, opposition et pouvoir en place, nous mettre ensemble pour préparer ces élections et rassurer les populations. Alors cet accord, nous devons  le respecter. Si aujourd’hui  tout le monde est de bonne foi, et jusqu’à preuve de contraire, je considère que nous sommes de bonne foi.

            M. Mukamabano Est-ce que le Comité de Suivi a été mis en place?
Le gouvernement vient d’être mis en place. Et tout a été confié  au gouvernement qui va maintenant mettre en place le Comité de Suivi, la CENI et les autres organes qui vont nous  amener à des élections
Isidore Latzoo: Moi je dis ce prétendu gouvernement d’union nationale n’est pas un gouvernement d’Union Nationale. C’est un gouvernement RPT avec quelque saupoudrage, quelques bonnes volontés pour faire bonne figure. Vous savez M. Hegbor, la seule bonne volonté ne suffit pas. Les chemins de l’enfer  sont  pavés de bonnes intentions comme  on le dit. Le passé récent au Togo ne nous incline pas du tout à l’optimisme que vous affichez ici. C’est pour ça que nous avons l’intention, nous autres, de lancer un véritable front de refus de tous ceux qui sont contre ce prétendu accord de Ouagadougou. Il faut que les vrais démocrates togolais se parlent et constituent une véritable force en contrepoids avec tout ce à quoi nous assistons. Pour nous faire bien comprendre, vous n’avez qu’à vous rappeler dans quelle condition le prétendu Premier ministre nommé par Faure  Gnassingbé  a été accueilli par l’Assemblée Nationale  monocolore (RPT). Je ne veux pas être désagréable. M. Agboyibo n’a dû son salut qu’en s’adressant à M. Faure Gnassingbé pour terminer  son discours. Voilà à quel spectacle  nous assistons dans un pays   avec près de 40 mille exilés où toutes les infrastructures  du pays sont par terre. Voilà donc, nous appelons à la constitution  d’un véritable front de refus pour  que le Togo se débarrasse enfin  parce que, ce que ne veulent pas les Togolais, c’est l’instauration d’une dynastie des Gnassingbé au Togo, une dynastie  de père en fils. Ça, je peux vous dire que nous n’en voulons pas.
P. Bodjona: Nous ne pouvons pas éternellement confier notre avenir au passé. Nous pouvons nous inspirer du passé mais l’essentiel, c’est de bâtir l’avenir. Je pense bien  que tout ce qui a été fait l’a été par le concours de toute la classe politique.

Source: RFI Transcription de la Rédaction

Libertinage

Honorable «dépité» Natch dans ses œuvres
            S’il y a un « dépité » qui ne devrait plus faire la pluie et le beau temps à l’« Assemblée mouton », c’est l’ancien président du Togo par intérim en exil, Natch-la-barbe. Il devrait se taire et laisser les jeunes zélés s’époumoner. Comme la honte ne le tue pas, il s’est encore distingué mardi 26 septembre dernier lors du passage du Bélier noir à l’hémicycle. Il a posé des « questions difficiles » à Agbo en lui rappelant son passé. « Quand tu manges la main du singe, rappelle-toi de la tienne », tel est le « crocodile qu’il a planté » pour dire que le Bélier noir vient de les rejoindre après les avoir stigmatisés pour leur position. « En 1994, vous vous étiez à la tête d’un important groupe après le RPT, à l’Assemblée. Mais vous aviez refusé d’assister à l’investiture du Premier ministre d’alors qui était de l’opposition comme vous », a-t-il ajouté. Là, il faisait allusion à ce qui s’était passé en 1994 quand Koqdjo s’est fait nommer Premier ministre au grand dam du Bélier. Entre nous, est-ce que c’est ça le programme qu’on leur a présenté ? Tout avait l’air d’une raillerie. Ç’aurait été intéressant que cette moquerie soit venue d’une personne autre que Natch. Si Agbo aussi lui demandait pourquoi il est devenu un simple « élève » alors qu’avant la « catastrophe nationale » il était le tout-Puissant prégo, serait-il content ? Ou bien si on lui rappelait ses pleurnicheries sur RFI lorsqu’il était bloqué au Bénin là-bas ? Ne se souvient-il pas de la façon dont Kékéréké l’avait ramené à Lomé ici ? Admirable honorable «dépité» Natch, «On ne parle pas de la bosse d’autrui quand on en a».

Richardson von Attipoé en campagne électorale
            Malgré tout ce qu’il avait fait lors de la présidentielle frauduleusement claire et violente d’avril 2005, il était entre-temps tombé dans l’anonymat. On ne l’avait vu dans aucune manifestation publique organisée par son parti, le RPT. Celui qui se livrait à un show médiatique depuis que la barque de la SNI a commencé par prendre de l’eau s’est effacé de la circulation. Il a fallu la formation du Gouvernement d’union nationale préconisée par l’Accord politique global avant qu’il ne soit ressuscité. Il est fait ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement du Bélier noir. Au lieu de s’atteler à résoudre les nombreux problèmes qui minent son département et réparer le désordre qu’a créé Rockvi dans le football togolais, il a préféré dépenser ses énergies dans la campagne électorale, histoire d’avoir continuellement l’estime de ses employeurs. Samedi dernier, il était à Agoè Sorad où il a invité les populations à voter massivement RPT aux prochaines élections législatives. Quand un malade « théologo-historico-mental » a vu ça, il nous a demandé calmement à haute voix : « Où est-ce qu’il a trouvé l’argent pour faire campagne ? ». Si on est d’accord que depuis avril 2005, le type n’a rien organisé comme manifestation et qu’il le fait une semaine après qu’on lui eut tendu la perche du ministre, on est en droit de se poser des questions sur l’origine des fonds qui lui permettent aujourd’hui de mener ses activités. Ne s’agit-il pas d’une partie des fonds alloués à son département ? En tout cas, nous, on l’a à l’œil.

Les jeunes amuseurs s’agitent
            On aura tout vu dans le microcosme politique togolais. Les boute-en-train de la Nouvelle «Déception» Populaire (NDP) viennent de transformer leur truc bancal en parti politique. Cette association créée en 2003 pour amener les principaux partis politiques de l’opposition à s’unir pour une conquête efficace du pouvoir avait été saluée par tout le monde. Enfin des jeunes qui voulaient apporter leur pierre à la consolidation de l’Etat de droit dans notre pays ! A l’époque, on prenait le risque d’aller couvrir certaines de leurs manifestations. Mais au finish, on s’est rendu compte qu’on a affaire à des jeunes chômeurs en quête du bonheur. Il y en a parmi eux qui étaient des « transitaires à Lomé 2 », c’est-à-dire que des gens qui négociaient l’entrée et la sortie de toute personne voulant  rencontrer Eyadèma de son vivant. Tout le monde a en mémoire l’affaire de ces étudiants que le patron de la NDP, en complicité avec Harryvi voulait emmener à Lomé 2 pour y régler la crise qui secouait le campus universitaire. Qui plus est, le patron était accusé d’une mauvaise gestion patente et avait été destitué par certains membres qui sont partis créer une nouvelle branche de la NDP qui deviendra plus tard NDPD, transformée en parti politique depuis 2005. C’est dans la même logique que cette association de « bitosards » qui voulait soutenir le Prof. Gnininvi au poste du candidat de la Coalition à l’élection d’avril 2005, s’est retrouvée dans la mangeoire du Roi Koqdjo. Et depuis, les agitateurs se la coulent douce. Dans la perspective des législatives, ils ont transformé leur association en parti politique. L’objectif était de faire partie de l’UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) à la togolaise que se proposent de créer les transfuges de l’opposition avec le RPT. Il ne faut pas les prendre au sérieux, ces politicards.

Il ne mérite pas toute cette importance
            Au commencement, le type était un illustre inconnu. Certes, Gabi était un activiste de l’UFC. Mais il n’avait pas le même charisme que certains membres du parti. Il était un simple citoyen qui avait, comme c’est la mode, créé une ONG pour juste joindre les deux bouts. C’était une association de lutte contre la drogue dont le siège était basé à quelques mètres de celui de son parti. Il était l’un de ces fanatiques qui soutenaient mordicus la candidature du « jeune » Bob Akitani et qui avaient failli en venir aux mains avec les éléments de l’actuelle ministre chargée du Secteur Informel, Mme Lydia Adanlété, qui étaient pour une candidature du leader de la CDPA. Si Gbogboyagbo avait débauché cet activiste de l’UFC pour en faire ministre, c’est pour donner un peu de poids à sa mangeoire. Gabi n’était pas rentré au gouvernement pour faire changer les choses mais pour servir de faire-valoir. Il s’est ensuite affublé du titre de participationniste en allant à son tour débaucher des jeunes chômeurs qui cherchaient eux aussi une place au soleil. Et depuis, il se donne une importance qu’il n’en a pas. C’est lui faire  trop d’honneur en le comparant à Amah Gnassingbé ou autres sommités du parti. Entre nous, serait-il nommé ministre s’il n’était pas de l’UFC ? Que les gens cessent de nous rebattre les oreilles avec ces histoires de «participationnistes»!      

Gouvernement «élastique» d’ «Union-Paix-Solidarité»
C’était « ce samedi 16 septembre 2006… à 11h 30 » que Fo Agbo a été « Faurement » désigné pour « diriger le Gouvernement d’Union Nationale prévu par l’Accord Politique Global du 20 Août 2006 ». Seulement quatre jours après, le gouvernement a été concocté et on avait applaudi la rapidité avec laquelle le Faure-Agbo s’était exécuté. Il comptait 34 postes en tout. Et à l’époque, on nous disait qu’il s’agit d’un gouvernement d’Union et nous avons accepté. Gnassingbèlandais qu’on est, on pensait que c’était une formule sacrée que lorsque les postes sont «inférieurs ou égal» à 34 qu’on parle de gouvernement d’Union. Mais en moins de 8 huit jours, on sort une liste additive des « admissibles » au gouvernement sur laquelle figurait son altesse sérénissime Edouard Kodjovi Edem Kodjo du royaume de Noépé alias Gbogboyagbo. Et là nous, en vrai Gnassingbélandais, on a pensé qu’avec lui là, ce n’est plus un Gouvernement d’Union mais de « Paix » et peut-être avec l’entrée probable de l’UFC à titre « Gilchristienne », on parlera de Gouvernement de « Solidarité ». On aurait donc eu un Gouvernement d’ «Union-Paix-Solidarité».
Ne comprenant pas quelque chose, on est allé aux nouvelles pour connaître le nombre exact de postes prévus. Et là, on apprend que le Gouvernement n’est pas « fermé », qu’il est amicalement « ouvert »…à tous et que tout le monde peut y « pénétrer »… Que c’est un gouvernement élastique. La vraie info est qu’il y aurait ajout de deux ministres à chaque 15 jours. Et nous, on a fait un petit calcul. Jusqu’en fin d’année, ils seront donc non plus 36 mais 42 dans le gouvernement, et jusqu’en juin 2007, 66 en tout. C’est le gnassingbéland comme il va !

Que des « doyens » inconséquents!
Il y a un canard de la place qui se dit être dans sa «16ème année» d’existence. Le patron de ce journal fait partie de ceux que nous appelons affectueusement dans la corporation « Doyens ». Et cela leur fait souvent plaisir. Mais si ceux-là qui devraient servir de modèle à la jeune garde, s’emploient à se comporter comme des girouettes, il y a péril en la demeure. Obnubilés par les choses des yeux, ils sont prêts à défendre des positions incroyables. Le patron de ce canard de seize ans qu’on dit s’être enrichi grâce au soutien de Koqdjo, s’en prenait au Roi quand celui-ci lui avait fermé entre-temps ses portes. Mais depuis quelques jours, il a changé son fusil d’épaule et va jusqu’à écrire des légèretés dans ses colonnes : « Le nouveau locataire de la Primature tel considéré par le Président Faure, ne peut continuer à vivre dans cette bâtisse à Nyékonakpoè où tout est pêle-mêle. (…) La Primature où siège le N°3 de l’Etat ne peut être tenue par quelqu’un qui a pris la vilaine habitude  de demeurer dans la peau d’un gougnafier qui mélange torchon et serviette». C’est indigne d’un doyen.

Après «le Nid», c’est la NDP
Il y a peut-être une info que nous, on n’a pas et que les transfuges de l’UFC qui étaient et sont à la mangeoire ont. Hier c’était le machin de dortoir d’un « oisal », pardon d’un oiseau qui « glama glama » est devenu parti politique. Et depuis le 20 septembre dernier, comme par coincidence, au moment où Faure et Agbo sortaient le gouvernement d’ «Union-Paix-Solidarité» et surtout où on a débauché le Gnassingbé original, homozygote et de race pure, le machin de Fo Gigi aussi devient parti politique, le 76ème au Togo. Est-ce qu’ils ont demandé à connaître l’espérance de vie des autres ? Sans eux, ils étaient 74 mais combien sont vivants, c’est-à-dire actifs ? A part l’UFC, le RPT, le CAR, la CDPA, les autres sont en dormance. On peut à la rigueur ajouter à ce lot le PRR de Fo Nico qui serait déjà enterré si son leader n’avait pas l’art de l’ «insultocratie» et le RSDD de Harryvi qui est devenu un parti international depuis que son leader a pris la clé des champs avec l’historiette de cocktail molotov,  « pure water molotov ».... Le PDR lui est au bord de l’explosion avec le probable retrait de Me Tchassona Traoré après Bassirou Ayéva, Tchikpi Atchadam… Quant à la CPP, elle a dû nouer des alliances stratégiques avec d’autres particules pour survivre.
A propos, entre nous, qu’est-ce que « le Nid » et la NDP pensent apporter aux Togolais ? Fo Gigi et Fo Gabi pensent-ils gagner les présidentielles prochaines ? Ou bien les législatives ? Conseil d’ami, ils n’ont qu’à économiser les fonds qui leur serviront de caution. Ça peut leur servir car ce n’est pas sur qu’ils réalisent tous les deux « 0,001 % » de score or il faut au moins 5 % pour reprendre ces sous et bénéficier de financement. A bon attendeur, bonsoir!

A quand la «Fédération d’Union Nationale»?
            Quel Gnassingbélandais n’a pas apprécié la manière dont les acteurs politiques se sont entendus pour dénouer la crise à travers le dialogue intertogolais ? Ils étaient peu à espérer un dénouement heureux, du moins sur papier du contentieux togolais. Et pourtant c’est arrivé le 20 août dernier avec la signature de l’Accord historique partiel « à titre personnel », pardon Politique Global et ce grâce à l’intervention d’un médiateur. Et aujourd’hui on a en place  un Gouvernement d’Union Nationale.
            La formule là a tellement marché pour la politique qu’on est tenté de l’appliquer ailleurs. Il y a eu aussi « dialogue social » entre le gouvernement, le patronat et les syndicats des travailleurs. Nous, on pense qu’il faut aussi un dialogue footballistique avec  pour protagonistes «Rockvi l’argent» dans le rôle du RPT, les membres démissionnaires de la FTF et les Zéperviers boudeurs dans celui de l’opposition traditionnelle. Ici, il n’y a pas de société civile. Il faut donc un Blaise Compaoré footballistique. Lui, il aura « Faure » a faire parce que les sentiments ont trop duré. Et puis, il est acculé par le temps. Il n’a que 72 heures pour faire aboutir le dialogue et faire signer un Accord Footballistique Global le plus tôt possible qui devra permettre de former une « Fédération d’Union Nationale » et une « sélection nationale d’Union-Paix-Solidarité » avant le 8 octobre prochain, où les Zéperviers rencontreront les Aigles du Mali. Tout doit donc être fait avant dimanche, sinon…

 

 

 

 

 

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