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Sommaire

Lomé la capitale
Pourquoi
gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
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09 octobre 2006
Charles Debbasch publie un nouveau livre
sur le Togo
«La succession d’Eyadéma, le
perroquet de Kara»
Dans un ouvrage à paraître début octobre,
Charles Debbasch, constitutionnaliste reconnu, ancien président
de l’Université de droit d’Aix (France) et aujourd’hui
ministre, conseiller spécial du président du Togo
revient sur la crise togolaise survenue après la mort brutale
du président Gnassingbé Eyadèma en février
2005. Une crise qu’il a vécue de l’intérieur.
Le livre retrace la situation particulière du pays et évoque
le rôle joué par certains dirigeants africains comme
Omar Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville)
et Joseph Kabila (RDC).
S’agissant du Gabon, Charles Debbasch écrit que le
chef de l’Etat, Omar Bongo Ondimba, possède le « goût
de la négociation, de l’arbitrage, du compromis. (…)
Sous un aspect désinvolte et roublard, l’homme est
rigoureux et précis ».
L’auteur parle également du président du Congo
Brazzaville, Denis Sassou Nguesso. « Nguesso connaît
tous les acteurs du village africain. (…) Portant beau,
l’allure jeune et décidée, la reconstruction
de son pays ne l’empêche pas de développer son
influence sur le continent africain ».
Charles Debbasch explique que tous ces dirigeants expérimentés
ont joué un rôle important dans le règlement
de la crise togolaise. Il y en a eu d’autres ailleurs sur
le continent comme le burkinabé Blaise Compaoré,
le jeune Roi du Maroc Mohamed VI et le leader libyen Mouamar Kadhafi.
«La succession d’Eyadéma,
le perroquet de Kara»
Par Charles Debbasch
Editions «Points de vue – L’Harmattan» L.H
L’intégralité du débat
africain sur RFI
La nomination du Premier
ministre et la formation du gouvernement continuent de susciter
des débats au
sein de la classe politique togolaise. Le Directeur de Cabinet
du Président de la République, M. Pascal Bodjona,
le 3e vice-président de l’UFC, M. Patrick
Lawson, le vice-président du CAR et Ministre de la Communication
et de la Formation Civique, Me Gahoun Hégbor et le président
du Comité Togolais de Résistance (CTR), M. Isidore
Latzoo étaient dimanche dernier les invités de
l’émission « Le débat africain » sur
RFI. Nous vous proposons l’intégralité de
ce débat qui a été par moments très
houleux.
Madeleine
Mukamabano : Messieurs bonjour. Merci
d’avoir répondu à cette invitation. Si
on parle de la crise togolaise, on a tendance à penser
peut-être, à l’année dernière.
Au moment des élections, il y a eu, selon l’ONU,
des centaines de morts. Il y a eu plusieurs milliers de réfugiés
mais on peut dire que la crise togolaise remonte pratiquement à 1963
avec le coup d’Etat et on se dit aujourd’hui que
cet accord qui a été signé, ce Gouvernement
d’Union Nationale, c’est peut-être enfin
une chance pour le pays. Alors, Pascal Bodjona, est-ce que
vous avez l’impression que cette classe togolaise qui était
réunie à Ouagadougou avec le Président
Blaise Compaoré comme médiateur a tout fait pour
tourner le dos à la crise ?
P.
Bodjona: Absolument. Je pense que le mérite revient à toute
la classe politique togolaise dans son ensemble et aux acteurs, aux participants du
dialogue intertogolais. Je pense que nous avons commencé un travail à Lomé et
nous sommes arrivés à un accord de base. Grâce à la
facilitation du Président Compaoré, les Togolais sont parvenus à la
conclusion d’un accord politique global. Le mérite revient à toute
la classe politique togolaise.
M.
Mukamabano : Mais est-ce que vous avez l’impression
que vous avez touché tous les points sensibles parce
qu’on se rend compte qu’aujourd’hui, le
parti qui est considéré comme la principale
formation de l’opposition, l’UFC n’est
pas représenté dans le gouvernement.
P.
Bodjona: Non, je pense que le dialogue a eu à traiter
de tous les sujets qui touchent à la crise togolaise. Le dialogue
politique devrait découler en principe du point 1.3 des 22 engagements.
Mais le Président a voulu que pour cette fois que les Togolais
se réunissent pour discuter de la crise togolaise, qu’aucun sujet
ne soit considéré comme sujet tabou. Tous les points ont été inscrits,
débattus avec sérénité et convivialité pour
parvenir à un accord global.
M. Mukamabano:
Est-ce que l’absence de l’une
des composantes pour vous ne compromet pas cet accord ?
P.
Bodjona. : Non, je ne crois pas. Du point
de vue de la formation d’un gouvernement d’Union
Nationale, les partis politiques ont proposé au
chef de l’Etat
de former un gouvernement d’union nationale ouvert aux
partis politiques et à la société civile.
Je ne peux pas prêcher pour la chapelle des autres. Je
ne peux que prêcher pour ma chapelle. Mais j’ose
croire qu’il appartient à nos frères
de l’UFC de répondre à cette question, mais
pour nous, ce gouvernement répond véritablement aux
exigences d’une équipe gouvernementale d’union
nationale. Peut-être que c’est stratégique.
Mais dans tous les cas, comme je l’ai précisé,
le Président est ouvert. Je pense que le train est en
marche. Mais à tout moment, un gouvernement n’est
pas un monument figé. Il peut toujours faire l’objet
d’une restructuration, d’un aménagement technique.
Mais comme je l’ai dit, c’est un gouvernement
qui répond véritablement à l’esprit
d’ouverture et aux exigences d’une équipe
gouvernementale de large union nationale.
M. Mukamabano:
C’est votre point de vue ?
Patrick Lawson: Vous savez que ce n’est
pas notre point de vue. En réalité, nous avons
commencé ce dialogue sur une double ambiguïté.
Il y a ceux qui voulaient mener ce dialogue pour parvenir tout
simplement à organiser les élections
législatives et il y a ceux qui voulaient qu’on
sorte définitivement notre pays de cette crise qui
a trop duré. Vous l’avez bien situé,
nous, nous avons mis toute la volonté pour qu’il
en soit ainsi. C’est les raisons pour lesquelles d’ailleurs,
bien avant que le dialogue ne démarre, nous avons
rencontré à plusieurs reprises le RPT
que nous considérons comme notre principal protagoniste
et réglé les problèmes qui pourraient arrêter
ou freiner le dialogue le moment venu. Je voudrais donc dire
que cet accord est basé sur trois éléments
essentiels parce que cet accord pour nous, était insuffisant.
Mais compte tenu des discussions qu’on a eues et des travaux
qui ont été menés, nous avons pensé qu’avec
la mise en place ou la nomination d’un Premier ministre
qui rencontre l’adhésion populaire, certaines lacunes
pourraient être comblées parce qu’on aurait
eu immédiatement le soutien populaire. La deuxième
chose, c’est la présence et l’activisme au
sens propre du terme et positif du facilitateur à être
présent à toutes les difficultés pour
qu’on puisse s’en sortir et le troisième élément,
c’est le Comité de Suivi qui doit être également
présent et aider à sortir de cette crise.
M. Mukamabano:
Qu’est-ce qui vous a empêché d’aller
au gouvernement ? C’est la question à laquelle
vous n’avez pas encore répondu.
Ce qui nous
a empêché d’aller au gouvernement, c’est que
nous pensons que si on veut aller réellement à la réconciliation
nationale, il faut prendre en compte ceux qui jusqu’à présent
ont été brimés, ceux qui jusqu’à présent
ont souffert du passé politique dans notre pays. Et ceux-là,
c’est bien nous. Nous avons donc une difficulté dès le
départ. C’est le fait que le partage du pouvoir ne se fasse pas
en tenant compte des réalités du terrain. La deuxième
chose, c’est la façon cavalière dont on nous a invité à aller
dans ce gouvernement. Alors que ce problème se posait, nous avons demandé à ce
que les consultations se fassent en bonne et due forme et qu’on
nous laisse le temps, puisqu’on a mis un mois après
le dialogue pour choisir un Premier Ministre, qu’on nous donne quelques
jours pour que les problèmes soient aplanis. Mais on n’en
a pas tenu compte. Ce n’est pas grave. Mais d’ores et déjà,
je veux souligner que nous restons dans le processus parce qu’on veut
qu’on aille à des élections. Cela dit, il faut qu’on
y aille, que tout le monde y mette du sien pour que les élections
soient transparentes et que le meilleur gagne. C’est ça notre
préoccupation aujourd’hui. Le reste est de peu d’importance.
M. Mukamabano: Gahoun Hegbor, vous, votre
parti a décidé d’aller
au gouvernement. C’est le chef de votre parti qui est le Premier
ministre. Est-ce que vous n’avez pas l’impression d’avoir
trahi les forces de l’opposition tant que tout le monde n’est pas
dans ce gouvernement? G. Hegbor:
Non !
Comment trahi les forces de l’opposition ? Nous avions
signé un
accord. Tous. Et cet accord ne définissait pas les critères
pour aller au gouvernement.
M. Mukamabano: Est-ce que ce
n’est pas le 1er
problème justement ? Parce que normalement, quand
on voit tous les accords qui ont été signés,
(Burundi, Rwanda, la Côte d’Ivoire), même
si les
accords n’ont pas toujours abouti à la paix,
la désignation du Premier ministre et le partage de
sièges au sein du gouvernement se faisaient au moment
des négociations de l’Accord. Ça n’a
pas été votre cas!
G. Hegbor:
Oui mais, si nous avons finalement signé l’Accord, c’est
que nous estimions qu’avec lui on pouvait avancer. S’il était nécessaire
de définir les critères d’entrée
au gouvernement, ceux qui le jugent nécessaire n’avaient
qu’à soulever le problème ! Mais le problème
n’a jamais été soulevé au cours du dialogue.
Alors nous ne comprenons pas qu’une fois l’Accord signé, – et
il y est dit clairement que les parties prenantes proposent
au chef de l’Etat de former un gouvernement–,
alors une fois que l’on a signé cet accord,
il fallait s’y conformer et accepter que ce soit le chef
de l’Etat qui forme le gouvernement en ayant consulté ou
fait consulter les parties. Bien sûr, et c’est ce qui
a été fait. Donc pour nous, il n’y a pas eu
de trahison de l’opposition. Il y a eu tout simplement, respect
de la signature que nous avons donnée à cet
accord.
M. Mukamabano:
Donc ceux qui vous accusent d’être
allés à la mangeoire se trompent d’analyse? G. Hegbor:
Oui ! Aller à la mangeoire
c’est une expression qu’on emploie toujours
pour les autres. Si le Premier ministre avait été choisi au
sein de l’UFC, est-ce qu’on aurait parlé d’aller à la
mangeoire ? Si le Premier ministre avait été choisi
au sein du PDR, est-ce qu’on aurait parlé d’aller à la
mangeoire ? D’abord, est-ce que c’est une mangeoire ?
Il s’agit de nous mettre ensemble pour sortir le pays de
la crise. Nous avons convenu de cela ! Nous avons été d’accord
sur cela. A partir de ce moment, quel que soit le Premier ministre qui
aurait été choisi, ç’aurait été dans
la société civile que nous au CAR on aurait peut-être estimé que
ce n’est pas la meilleure solution, mais nous serions allés
au gouvernement parce que nous sommes d’accord qu’il
faut former un gouvernement d’Union Nationale.
Isidore Latzoo:
Ce n’est plus un
secret de polichinelle pour personne que le Comité Togolais
de Résistance est farouchement opposé à cet
accord qui n’en est pas un parce qu’il
y a toujours dans la crise togolaise qu’on appelle abusivement
la crise togolaise toujours des superlatifs pour qualifier
toutes sortes d’arrangements. Ce qui s’est passé à Ouaga
n’est pas un accord politique global. Il s’agit d’un
arrangement électoral dont les effets dévastateurs commencent
déjà à se faire sentir. Il s’agissait à Ouagadougou
de légitimer M. Faure Gnassingbé qui avait quelque
mal, n’est-ce-pas, à s’imposer comme
Président de la République dans la mesure où il
est venu dans le sang en massacrant des centaines de Togolais
innocents qui criaient tout simplement leur opposition à la
dynastie des Gnassingbé qui commençait à s’installer.
Donc pour nous, il ne s’agit pas d’un Accord Politique.
Il s’agit d’un arrangement électoral et dont
le premier objectif est de pérenniser la dynastie
mafieuse des Gnassingbé. Premièrement, en ce qui
concerne le prétendu gouvernement d’union nationale,
ce n’est pas un gouvernement d’union nationale. Il
s’agit d’un gouvernement RPT, de l’ancien
parti unique de Etienne Gnassingbé Eyadéma qui
a passé le pouvoir à son fils Faure Gnassingbé.
Donc c’est un parti composé à 80 %
des militants de choc et même de certains tueurs à gage
de ce parti-là. Donc qu’on ne vienne pas nous
parler de Gouvernement d’Union Nationale. Ceux qui se sont
engagés dans la signature de ce prétendu accord,
je dis là encore, qu’il n’en est pas
un. Je le dis encore, il s’agit d’un arrangement.
M. Mukamabano: Qu’est-ce
que vous proposez comme solution?
I.
Latzoo: Nous proposons, d’abord tout accord qui ne porterait
pas, comment dirais-je, tout dialogue qui ne mettrait pas à l’ordre
du jour, la légitimité de M. Faure Gnassingbé, ne
recevra pas, parce que le vrai problème, tout ce qui s’est dit à Ouagadougou,
vous savez, je regrette M. Hegbor, je regrette M. Bodjona, je
regrette Patrick Lawson, vous avez brillamment répondu à Ouagadougou à des
questions que le peuple togolais ne vous a pas posées. Ce qui intéresse
le peuple togolais, c’est la légitimité de Faure Gnassingbé Eyadéma.
Il ne faut tout de même pas oublier que l’année dernière,
il y a eu de centaines de morts, que des milliers de nos compatriotes ont été chassés
de leurs foyers. Donc le premier problème qui concerne le Togo, c’est
la légitimité de Faure Gnassingbé. La grande majorité du
peuple togolais dit ceci : Faure Gnassingbé n’est
pas notre Président.
M. Mukamabano:
Il ne peut pas être illégitime tant
que les élections dignes de ce nom ont été organisées!
Donc il
faut justement, c’est la raison pour laquelle il faut dans tout dialogue
digne de ce nom, si on est vraiment sérieux, si on est
vraiment sensible aux souffrances du peuple togolais, mettre à l’ordre
du jour, ce qui intéresse le peuple et là, c’est
la légitimité parce qu’on sait qu’au Togo,
ce qui compte, c’est la présidence de la République. Qu’on
ne vienne pas nous dire qu’un gouvernement dans lequel figure
le frère du prétendu Président de la République,
M. Bodjona, M. Titikpina qui est l’un des auteurs de ceux qui ont massacré le
peuple togolais l’année dernière, qu’on ne vienne
pas parler de gouvernement d’Union Nationale.
P. Bodjona: Vous avez un langage
qui ne tient pas. Vous voulez être fidèle à l’opposition, c’est votre
droit. Mais je pense que vous ne pouvez pas parler avec mépris et
dire que tout ce qui a été fait à Ouaga, c’est
rien parce que vous n’y étiez pas. Je pense que vous êtes à la
Mairie de Paris. Désormais, vous avez votre place au Togo. Venez
et créez un parti politique et apportez votre contribution. Ne
vous mettez pas à insulter. On a bien parlé de toutes les questions qui
intéressent la crise togolaise. Alors donc, vous devez vous respecter
votre langage parce que moi j’ai de la considération pour
les gens, je pense qu’un homme politique responsable doit être à une
hauteur donnée. Si les gens ne sont pas à la hauteur pour
un débat politique alors nous aussi, nous sommes prêts à leur
répondre avec le mépris le plus absolu.
Isidore
Latzoo de par son âge doit être à la hauteur et faire
un débat de haut niveau.
M. Mukamabano:
Oui quand on dit que le Parti du Président
s’est taillé la part du lion dans l’attribution de
portefeuilles ministériels, qu’est-ce que vous
en pensez?
P. Bodjona: Non, je pense que c’est
une exagération. Le gouvernement d’Union Nationale
est un gouvernement d’ouverture. Le gouvernement qui était
là juste après
les élections était à près de
80 % un gouvernement du parti au pouvoir.
Aujourd’hui, nous avons 34 ministères. D’abord,
M. Latzoo doit comprendre bien que quand il parle de certaines
choses, il faut restituer, il ne peut pas avec mépris dire
que tout ce qui a été fait par les Togolais
et toutes les bonnes volontés est rien. Il est donc en déphasage
total avec la réalité.
C’est un accord qui a été salué par
tous les Togolais, l’enthousiasme qui a été créé,
je pense qu’il est temps qu’il revienne à la
source et qu’il vive au Togo. C’est facile de
rester en France, d’être fonctionnaire à la
mairie de Paris et de traiter les autres avec mépris. Cela
doit cesser.
I. Latzoo: Dans
un gouvernement de 37 membres, le RPT votre parti a
eu au moins 17 ministères. …
P. Bodjona:
Il n’y a pas 37. M. Latzoo avec tout
le respect, il y a 34 ministres.
I. Latzoo: Je n’ai pas de leçon à recevoir
d’un Bodjona.
P. Bodjona: Laissez-moi
répondre à la
question qui m’a été posée. Sur 34, vous avez
dit vous-même qu’il y a 17 du parti au pouvoir. Mais je dis de
80 on est revenu à 50 % avec des ministères confiés à l’opposition,
des ministères qui sont impliqués dans l’organisation des élections.
Si l’UFC avait été présent à ce
gouvernement, peut-être qu’on aurait une autre architecture
gouvernementale. En cela, je dis que le RPT n’a pas
une part de lion, parce qu’il y a 50 % du parti au pouvoir
et 50 % de l’opposition alors que ce n’était
pas un gouvernement de partage ou de cohabitation. C’est
un gouvernement avec une mission déterminée, une
feuille de route. Après les élections législatives,
ceux qui estiment qu’ils sont les plus populaires, s’ils
gagnent les élections législatives, s’ils
veulent former un gouvernement à 100 % CAR, 100 % PDR, 100
% UFC, 100 % RPT, je pense qu’ils ont le droit de le
faire. Pour le moment, ce n’est pas une cohabitation. Je
voudrais aussi préciser qu’à Ouaga, personne
n’a signé cet accord le couteau à la gorge.
Il aurait été normal comme vous l’avez dit
dans d’autres accords que l’UFC pose clairement
le problème de la primature et le partage de portefeuilles.
Personne n’a discuté de cela. On a demandé au
Président de former un gouvernement et c’est
ce qui a été fait. Maintenant, les états
d’âme, les rivalités entre les partis, ça,
je pense que les attentes du peuple sont énormes.
M. Mukamabano: Isidore Latzoo estime
que la formation de ce gouvernement est un gouvernement surtout de l’ex-parti
unique et que finalement les partis qui sont rentrés dans
le gouvernement n’ont pas
grand-chose. Est-ce que vous partagez ce point de vue?
Patrick Lawson : Mais absolument ! Tout d’abord
je suis heureux que M. Latzoo ait rappelé l’origine de l’aggravation
de la crise. Il y a un an, on était tous malheureux pour ce qui s’est
passé dans notre pays. C’est pour cette raison que nous
tous, nous avons accepté d’animer ce dialogue et de trouver
définitivement une solution au problème togolais de façon qu’on
puisse aller à des élections transparentes. Que le gagnant
puisse serrer la main au perdant. Nous avons donc décidé de former
un gouvernement ensemble. Nous savons également très bien qu’en
mettant sur le tapis la question de la nomination du gouvernement, la
question de la répartition des postes ministériels, on va mettre
un an comme cela s’est passé en RDC, il n’y
a pas si longtemps pour trouver des solutions. Pour toutes ces
raisons, nous avons pensé que avec le concours du facilitateur, certains
problèmes pouvaient être surmontés. Et tenir compte
des réalités du terrain que j’ai tout à l’heure rappelées,
nous pensons qu’avec ce qui s’est passé, notre participation aux
différentes élections présidentielles, pour qu’il
n’y ait pas de débat de ce genre, pour qu’il n’y ait
pas des supputations, la Primature aurait pu ou aurait dû revenir à l’UFC. Nous
pensons également que l’exécutif est
animé essentiellement par le RPT, par la Présidence de
la République. Nous savons également que ce dialogue, qu’on
le veuille ou non, a légitimé le Président Faure. Qu’on
ne se voile pas la face, ce n’est pas une honte. Mais, on a cru qu’avec
ce départ, on allait obtenir quelque chose de bon pour notre pays.
Sachant pertinemment que les accords étaient insuffisants. On
s’est dit allons-y, on trouvera des solutions en animant ensemble ce
gouvernement. Je vous assure que les consultations n’ont pas été faites
comme elles devraient se faire. Les textes n’ont pas été respectés
dans leur esprit car l’article 66 qu’on cite souvent dit que le
chef de l’Etat nomme le Premier ministre, il met fin à ses
fonctions. A cela, on ajoute « sur proposition du PM, il nomme les
autres membres du gouvernement et met fin à ses fonctions ».
Vous imaginez que nous n’avons pas été consulté dans
le cadre de la formation du gouvernement, pour la Primature nous avons été invité par
le chef de l’Etat. Après, nous avons vu que c’est Me Agboyibo
qui a été nommé sans qu’on ne soit consulté préalablement.
En ce qui concerne le gouvernement, c’est quelqu’un qu’on
a débauché chez nous qui a amené des noms et des
postes ministériels qu’on nous a communiqués par téléphone.
Avec des confusions énormes. Cela est inacceptable quand on veut sortir
un pays de la crise. Nous ne voulons pas débattre inutilement.
Nous voudrions que tout le monde s’investisse pour sortir ce pays
de la crise, nous disons que si nous ratons encore les prochaines élections,
ce serait grave pour notre pays.
M. Lawson, vous n’envisagez pas de revenir sur votre décision,
de ne pas entrer au gouvernement?
Mais… nous
disons tout simplement que nous avons un facilitateur qui, aujourd’hui,
discute avec les autorités. S’il y a une solution de
sortie de cette situation, nous l’apprécierons. S’il
n’y en a pas, nous en prendrons acte également. C’est
tout.
On
a entendu le PM Yawovi Agboyibo dire qu’il s’engageait à organiser
des élections libres, transparentes et acceptables par tous comme
le stipule l’Accord. Est-ce que vous avez l’impression que
vous avez des conditions requises pour organiser ces élections
qui pourraient mettre un terme à cette crise?
G. Hegbor: Cela ne
dépend que de la classe politique
et de la société civile. Nous avons voulu surmonter les rancoeurs,
les divisions et nous nous sommes dit, il faut que nous nous mettions ensemble
pour une période pas si longue que ça. Huit mois, dix mois, un
an au maximum afin d’aller à des élections. Et pour que
ces élections-là soient transparentes, libres et équitables,
il faut que nous nous y mettions tous. Je suis heureux d’entendre
que l’UFC, tout en n’étant pas au gouvernement, n’abandonne
pas le processus. Ce qui signifie que lorsqu’elle sera sollicitée
pour envoyer des représentants dans les organes d’organisation des élections,
de surveillance des élections, elle le fera, c’est tant mieux.
Mais il aurait fallu encore mieux qu’elle soit au gouvernement.
On nous dit, le parti présidentiel a la part du lion. C’est quoi
la part du lion ? Un gouvernement est solidaire. Si nous n’avions
qu’un représentant dans le gouvernement sa voix doit être
entendue. Si nous en avions dix, leur voix seront entendues. Il ne s’agit
pas de faire un calcul d’apothicaire en disant telle tendance
a tel nombre de ministres, telle autre tendance a tel nombre de ministres donc
ce n’est pas équitable, c’est le travail que doit faire
le gouvernement. C’est la sincérité avec laquelle le travail
doit être fait qui doit nous amener à ces élections
là. Aujourd’hui, quels que soient les résultats
des élections passées, personne ne peut dire quel est le
poids d’un parti politique. Lorsqu’il s’agit d’une élection
présidentielle, la personnalité du candidat est beaucoup
plus importante que le poids de son parti politique. Moi je me rappelle, j’étais
en France en 1974 quand Valery Giscard d’Estaing a été élu Président
de la République française. Son parti représentait quoi
dans la majorité à l’époque ? Même
pas le tiers. Mais c’est lui qui a quand même été élu.
Dépassons ces problèmes de « nous sommes le parti
le plus fort aujourd’hui ». Le parti le
plus fort, on le saura après les élections législatives en vue. C’est à partir
ce de ce moment-là que si quelqu’un veut former un gouvernement
avec sa majorité, rien qu’avec les personnes de sa majorité,
il le fera. Mais pour l’instant, nous avons convenus de nous mettre ensemble pour
faire quelque chose, ensemble : aller à des élections transparentes.
I. Latzoo: Avant d’aller plus loin, plus en avant
dans ce débat, j’aimerais poser une question simple, que tous
les Togolais se posent à Messieurs Bodjona et à mon ami Gahoun
Hegbor. Qui a formé le gouvernement dont il s’agit aujourd’hui ?
Est-ce que c’est Monsieur Faure Gnassingbé ou M. Agboyibo ?
G. Hegbor: L’Accord du 20 août a mis de
côté certaines dispositions constitutionnelles et retenu certaines.
Je parle par exemple du mode de scrutin aux législatives qui
a été une rude empoignade entre l’opposition et la partie
présidentielle. Nous avons convenu aujourd’hui que le mode
de scrutin retenu dans la Constitution n’est pas celui qu’on
va employer. Voilà une partie de la Constitution qui a été mise
de côté.
Lorsqu’on
cite l’article 66 littéralement, le chef de l’Etat nomme
un Premier ministre et propose des ministres qui sont nommés,
ensuite notre Accord dit que les parties prenantes proposent au chef
de l’Etat de former un gouvernement. C’est au chef de l’Etat
que nous avons demandé de former un gouvernement. C’est
l’Accord que nous avons signé. Conformons-nous à l’Accord.
I. Latzoo: Je comprends
qu’en signant les prétendus
accords de Ouaga, vous avez légitimé Faure Gnassingbé qui
est venu encore une fois au pouvoir dans les conditions désastreuses
que l’on sait. 2ème chose, vous savez chaque fois que la « classe
politique » est allée au dialogue parce que nous
en sommes au 12ème dialogue, j’ai toujours entendu cet
espèce d’enthousiasme et d’euphorie qui gagne tous
les cœurs jusqu’au moment où le RPT toujours
au pouvoir depuis je ne sais plus combien d’années, commence à sortir
les canons et les couteaux et tout le monde se met à geindre.
Comment voulez-vous qu’avec un tel gouvernement l’on aille à des
législatives transparentes ? Chaque fois que
l’opposition a gagné des élections au Togo, ce gouvernement
(sic) a sorti les canons et c’est toujours le chemin de l’exil.
Je suis vraiment abasourdi d’entendre des camarades de l’opposition dire
qu’on veut aller aux élections législatives transparentes,
etc, alors qu’ils ont déjà commencé à légitimer
quelqu’un qui n’a pas eu 10% des voix aux élections.
J’aimerais poser une autre question. Est-ce que c’est sur
proposition de Me Agboyibo que l’ex-PM a été nommé ministre
d’Etat auprès de Faure Gnassingbé ? J’ai l’impression
et c’est ma conviction, qu’il y a un « Shadow cabinet » dont
le vrai Premier Ministre aujourd’hui au Togo, est Edem Kodjo qui
a un gouvernement bis et que le reste c’est de la figuration. Voilà la
réalité, il faut dire les choses comme elles sont.
M. Mukamabano S’il vous plaît, Pascal Bodjona. Pour
rassurer les Togolais, comment faire pour qu’il n’y ait pas un
gouvernement bis?
P. Bodjona: Le Premier ministre Edem Kodjo
a été nommé Ministre d’Etat à la Présidence
de la République. Il y a le décret qui l’a
nommé qui vise la constitution. Pas en son article 66. L’article
66 parle de la nomination du Premier ministre et des autres membres du gouvernement.
Maintenant, il y a un décret qui porte organisation des services
de la Présidence. C’est ce décret qui a été visé.
Donc le Ministre d’Etat Edem Kodjo n’est pas membre du gouvernement.
Il faut le comprendre clairement.
I. Latzoo: Avec tous ces ministres
d’Etat, un
budget d’Etat vide, vous ne pensez pas que ceci est un peu compliqué pour être
vraiment crédible ?
P. Bodjona:
Apparemment vous pouvez avoir légitimement le droit de penser à cela
mais j’estime aussi que pour qui connaît bien les fonctionnaires,
il n’y a pas plus de 10 conseillers à la présidence comparativement à certaines
présidences que nous connaissons. Et la période est aussi
sensible, le Président doit aussi s’entourer de certains conseillers.
Il est ministre d’Etat mais en premier lieu il fera office
de Conseiller auprès du Président. C’est ça !
Maintenant par rapport à la formation du gouvernement, je pense que
Me Hegbor a clairement dit les choses. L’intervention de M. Patrick Lawson suscite
en moi certaines réactions. Il parle de l’article 66. Si l’UFC
avait été nommée c’est nécessairement l’article
66 qui aurait été visé. Et dire qu’il n’y
a pas eu concertation, je m’inscris en faux. Et Monsieur Patrick Lawson
est bien placé pour dire clairement à nos auditeurs que
tout le monde a été bien consulté.
P. Lawson: Mais, M. Bodjona nous
parle de noms
qui ont été proposés. Mais qui a proposé des noms ?
Nous leur avions écrit en disant même qu’en ce qui
concerne la Primature, nous sommes un peu confus de la tournure que
prenaient les choses et qu’on voulait même des explications et
nous avons dit que nous voudrions donc dans ces conditions que le gouvernement
d’union nationale soit suffisamment éclairé sur
les objectifs dont il aura à débattre, comment il va être
formé et que nous nous inquiétons que cela se fasse sans
discussion préalable, que cela jetait un trouble dans nos esprits. Ensuite
le chef de l’Etat nous a invité lorsqu’il s’est agi
de choisir le Premier ministre. En ce qui concerne le gouvernement, je sortais
d’un déjeuner le mardi quand j’ai été appelé par
le Premier ministre nommé qui me dit amicalement, est-ce que vous
pouvez venir me voir. Je suis allé le voir, on a échangé dix
minutes dans son cabinet. Et il m’a dit « il serait bien
que vous rentriez au gouvernement ». Nous lui avons dit, –parce
que j’ai amené des gens avec moi pour être témoins– qu’il
faut que ce problème soit réglé par la facilitation. A
peine 30 minutes rentrés chez nous, on se concertait quand il nous a
appelé pour nous dire que sa cellule nous propose quatre noms et quatre
postes ministériels. Nous disons, qui vous a envoyé les noms ?
Sur le coup, moi je lui ai écrit pour lui dire que nous n’avons
mandaté personne pour donner des noms et encore moins pour représenter
le parti et lui demander de nous nommer comme ministres.
Georges Lawson a fait la même chose. Quelques minutes après,
il nous dit, voilà. Monsieur … (je ne veux pas citer de noms
parce que ce n’est pas élégant). Mais je peux citer au
moins Amah Gnassingbé qui était accompagné de
deux autres qui ne sont pas des responsables du parti qui sont allés remettre
des noms et viser les ministères qu’on doit occuper. Est-ce
que cela est sérieux pour un pays qui est en crise?
M. Mukamabano: On sait qu’en 2004, la classe
politique avait signé des engagements avec l’UE, ces engagements
n’ont pas été respectés, encore une fois il y a
eu ces problèmes d’élections au Togo. Quels sont les garde-fous qui
ont été mis pour qu’enfin vous pussiez arriver à des élections
tel que vous les souhaitez?
Gahoun Hegbor : Le premier garde-fou qui a été mis,
c’est notre volonté commune de faire partie de l’organe
gouvernemental. Tous les accords que nous avons signés auparavant ont été laissés à l’application
du pouvoir en place. Nous de l’opposition, nous étions toujours
restés en dehors. Cette fois-ci, nous avons estimé que
nous devons tous, opposition et pouvoir en place, nous mettre ensemble pour
préparer ces élections et rassurer les populations. Alors cet
accord, nous devons le respecter. Si aujourd’hui tout le
monde est de bonne foi, et jusqu’à preuve de contraire, je considère
que nous sommes de bonne foi.
M.
Mukamabano Est-ce que le Comité de Suivi a été mis en
place?
Le gouvernement vient d’être mis en place. Et tout
a été confié au gouvernement qui va
maintenant mettre en place le Comité de Suivi, la CENI et
les autres organes qui vont nous amener à des élections
Isidore Latzoo:
Moi je dis ce prétendu gouvernement
d’union nationale n’est pas un gouvernement d’Union Nationale.
C’est un gouvernement RPT avec quelque saupoudrage, quelques bonnes volontés
pour faire bonne figure. Vous savez M. Hegbor, la seule bonne volonté ne
suffit pas. Les chemins de l’enfer sont pavés de
bonnes intentions comme on le dit. Le passé récent au Togo
ne nous incline pas du tout à l’optimisme que vous affichez ici.
C’est pour ça que nous avons l’intention, nous autres, de
lancer un véritable front de refus de tous ceux qui sont contre ce prétendu
accord de Ouagadougou. Il faut que les vrais démocrates togolais se
parlent et constituent une véritable force en contrepoids avec tout
ce à quoi nous assistons. Pour nous faire bien comprendre, vous n’avez
qu’à vous rappeler dans quelle condition le prétendu Premier
ministre nommé par Faure Gnassingbé a été accueilli
par l’Assemblée Nationale monocolore (RPT). Je ne veux pas être
désagréable. M. Agboyibo n’a dû son salut qu’en
s’adressant à M. Faure Gnassingbé pour terminer son
discours. Voilà à quel spectacle nous assistons dans un
pays avec près de 40 mille exilés où toutes
les infrastructures du pays sont par terre. Voilà donc, nous
appelons à la constitution d’un véritable front de
refus pour que le Togo se débarrasse enfin parce que, ce
que ne veulent pas les Togolais, c’est l’instauration d’une
dynastie des Gnassingbé au Togo, une dynastie de père en
fils. Ça, je peux vous dire que nous n’en voulons pas.
P. Bodjona: Nous ne
pouvons pas éternellement
confier notre avenir au passé. Nous pouvons nous inspirer du passé mais
l’essentiel, c’est de bâtir l’avenir. Je pense bien que
tout ce qui a été fait l’a été par le concours
de toute la classe politique.
Source: RFI Transcription
de la Rédaction
Libertinage
Honorable «dépité» Natch
dans ses œuvres
S’il
y a un « dépité » qui ne devrait
plus faire la pluie et le beau temps à l’« Assemblée
mouton », c’est l’ancien président du Togo
par intérim en exil, Natch-la-barbe. Il devrait se taire et laisser les
jeunes zélés s’époumoner. Comme la honte ne le tue
pas, il s’est encore distingué mardi 26 septembre dernier lors du
passage du Bélier noir à l’hémicycle. Il a posé des « questions
difficiles » à Agbo en lui rappelant son passé. « Quand
tu manges la main du singe, rappelle-toi de la tienne », tel
est le « crocodile qu’il a planté » pour
dire que le Bélier noir vient de les rejoindre après les avoir
stigmatisés pour leur position. « En 1994, vous vous étiez à la
tête d’un important groupe après le RPT, à l’Assemblée.
Mais vous aviez refusé d’assister à l’investiture
du Premier ministre d’alors qui était de l’opposition comme
vous », a-t-il ajouté. Là, il faisait allusion à ce
qui s’était passé en 1994 quand Koqdjo s’est fait nommer
Premier ministre au grand dam du Bélier. Entre nous, est-ce que c’est ça
le programme qu’on leur a présenté ? Tout avait l’air
d’une raillerie. Ç’aurait été intéressant
que cette moquerie soit venue d’une personne autre que Natch. Si Agbo aussi
lui demandait pourquoi il est devenu un simple « élève » alors
qu’avant la « catastrophe nationale » il était
le tout-Puissant prégo, serait-il content ? Ou bien si on lui rappelait
ses pleurnicheries sur RFI lorsqu’il était bloqué au Bénin
là-bas ? Ne se souvient-il pas de la façon dont Kékéréké l’avait
ramené à Lomé ici ? Admirable honorable «dépité» Natch, «On
ne parle pas de la bosse d’autrui quand on en a».
Richardson
von Attipoé en campagne électorale
Malgré tout
ce qu’il avait fait lors de la présidentielle frauduleusement claire
et violente d’avril 2005, il était entre-temps tombé dans
l’anonymat. On ne l’avait vu dans aucune manifestation publique organisée
par son parti, le RPT. Celui qui se livrait à un show médiatique
depuis que la barque de la SNI a commencé par prendre de l’eau s’est
effacé de la circulation. Il a fallu la formation du Gouvernement d’union
nationale préconisée par l’Accord politique global avant
qu’il ne soit ressuscité. Il est fait ministre de la Jeunesse et
des Sports dans le gouvernement du Bélier noir. Au lieu de s’atteler à résoudre
les nombreux problèmes qui minent son département et réparer
le désordre qu’a créé Rockvi dans le football togolais,
il a préféré dépenser ses énergies dans la
campagne électorale, histoire d’avoir continuellement l’estime
de ses employeurs. Samedi dernier, il était à Agoè Sorad
où il a invité les populations à voter massivement RPT aux
prochaines élections législatives. Quand un malade « théologo-historico-mental » a
vu ça, il nous a demandé calmement à haute voix : « Où est-ce
qu’il a trouvé l’argent pour faire campagne ? ».
Si on est d’accord que depuis avril 2005, le type n’a rien organisé comme
manifestation et qu’il le fait une semaine après qu’on lui
eut tendu la perche du ministre, on est en droit de se poser des questions sur
l’origine des fonds qui lui permettent aujourd’hui de mener ses activités.
Ne s’agit-il pas d’une partie des fonds alloués à son
département ? En tout cas, nous, on l’a à l’œil.
Les jeunes
amuseurs s’agitent
On
aura tout vu dans le microcosme politique togolais. Les boute-en-train de la
Nouvelle «Déception» Populaire (NDP) viennent de
transformer leur truc bancal en parti politique. Cette association créée
en 2003 pour amener les principaux partis politiques de l’opposition à s’unir
pour une conquête efficace du pouvoir avait été saluée
par tout le monde. Enfin des jeunes qui voulaient apporter leur pierre à la
consolidation de l’Etat de droit dans notre pays ! A l’époque,
on prenait le risque d’aller couvrir certaines de leurs manifestations.
Mais au finish, on s’est rendu compte qu’on a affaire à des
jeunes chômeurs en quête du bonheur. Il y en a parmi eux qui étaient
des « transitaires à Lomé 2 », c’est-à-dire
que des gens qui négociaient l’entrée et la sortie de toute
personne voulant rencontrer Eyadèma de son vivant. Tout le monde
a en mémoire l’affaire de ces étudiants que le patron de
la NDP, en complicité avec Harryvi voulait emmener à Lomé 2
pour y régler la crise qui secouait le campus universitaire. Qui plus
est, le patron était accusé d’une mauvaise gestion patente
et avait été destitué par certains membres qui sont partis
créer une nouvelle branche de la NDP qui deviendra plus tard NDPD, transformée
en parti politique depuis 2005. C’est dans la même logique que cette
association de « bitosards » qui voulait soutenir
le Prof. Gnininvi au poste du candidat de la Coalition à l’élection
d’avril 2005, s’est retrouvée dans la mangeoire du Roi Koqdjo.
Et depuis, les agitateurs se la coulent douce. Dans la perspective des législatives,
ils ont transformé leur association en parti politique. L’objectif était
de faire partie de l’UMP (Union pour la Majorité Présidentielle) à la
togolaise que se proposent de créer les transfuges de l’opposition
avec le RPT. Il ne faut pas les prendre au sérieux, ces politicards.
Il ne
mérite pas toute cette importance
Au
commencement, le type était un illustre inconnu. Certes, Gabi était
un activiste de l’UFC. Mais il n’avait pas le même charisme
que certains membres du parti. Il était un simple citoyen qui avait, comme
c’est la mode, créé une ONG pour juste joindre les deux bouts.
C’était une association de lutte contre la drogue dont le siège était
basé à quelques mètres de celui de son parti. Il était
l’un de ces fanatiques qui soutenaient mordicus la candidature du « jeune » Bob
Akitani et qui avaient failli en venir aux mains avec les éléments
de l’actuelle ministre chargée du Secteur Informel, Mme Lydia Adanlété,
qui étaient pour une candidature du leader de la CDPA. Si Gbogboyagbo
avait débauché cet activiste de l’UFC pour en faire ministre,
c’est pour donner un peu de poids à sa mangeoire. Gabi n’était
pas rentré au gouvernement pour faire changer les choses mais pour servir
de faire-valoir. Il s’est ensuite affublé du titre de participationniste
en allant à son tour débaucher des jeunes chômeurs qui cherchaient
eux aussi une place au soleil. Et depuis, il se donne une importance qu’il
n’en a pas. C’est lui faire trop d’honneur en le comparant à Amah
Gnassingbé ou autres sommités du parti. Entre nous, serait-il nommé ministre
s’il n’était pas de l’UFC ? Que les gens cessent
de nous rebattre les oreilles avec ces histoires de «participationnistes»!
Gouvernement «élastique» d’ «Union-Paix-Solidarité»
C’était « ce samedi 16 septembre 2006… à 11h
30 » que Fo Agbo a été « Faurement » désigné pour « diriger
le Gouvernement d’Union Nationale prévu par l’Accord
Politique Global du 20 Août 2006 ». Seulement
quatre jours après, le gouvernement a été concocté et
on avait applaudi la rapidité avec laquelle le Faure-Agbo
s’était exécuté. Il comptait 34 postes
en tout. Et à l’époque, on nous disait qu’il
s’agit d’un gouvernement d’Union et nous avons
accepté. Gnassingbèlandais qu’on est, on pensait
que c’était une formule sacrée que lorsque
les postes sont «inférieurs ou égal» à 34
qu’on parle de gouvernement d’Union. Mais en moins
de 8 huit jours, on sort une liste additive des « admissibles » au
gouvernement sur laquelle figurait son altesse sérénissime
Edouard Kodjovi Edem Kodjo du royaume de Noépé alias
Gbogboyagbo. Et là nous, en vrai Gnassingbélandais,
on a pensé qu’avec lui là, ce n’est plus
un Gouvernement d’Union mais de « Paix » et
peut-être avec l’entrée probable de l’UFC à titre « Gilchristienne », on
parlera de Gouvernement de « Solidarité ». On
aurait donc eu un Gouvernement d’ «Union-Paix-Solidarité».
Ne comprenant pas quelque chose, on est allé aux nouvelles
pour connaître le nombre exact de postes prévus. Et
là, on apprend que le Gouvernement n’est pas « fermé », qu’il
est amicalement « ouvert »…à tous
et que tout le monde peut y « pénétrer »… Que
c’est un gouvernement élastique. La vraie info est
qu’il y aurait ajout de deux ministres à chaque 15
jours. Et nous, on a fait un petit calcul. Jusqu’en fin d’année,
ils seront donc non plus 36 mais 42 dans le gouvernement, et jusqu’en
juin 2007, 66 en tout. C’est le gnassingbéland comme
il va !
Que des « doyens » inconséquents!
Il
y a un canard de la place qui se dit être dans sa «16ème année» d’existence.
Le patron de ce journal fait partie de ceux que nous appelons affectueusement
dans la corporation « Doyens ». Et cela leur
fait souvent plaisir. Mais si ceux-là qui devraient servir de modèle à la
jeune garde, s’emploient à se comporter comme des girouettes,
il y a péril en la demeure. Obnubilés par les choses des yeux,
ils sont prêts à défendre des positions incroyables. Le
patron de ce canard de seize ans qu’on dit s’être enrichi
grâce au soutien de Koqdjo, s’en prenait au Roi quand celui-ci
lui avait fermé entre-temps ses portes. Mais depuis quelques jours,
il a changé son fusil d’épaule et va jusqu’à écrire
des légèretés dans ses colonnes : « Le
nouveau locataire de la Primature tel considéré par le Président
Faure, ne peut continuer à vivre dans cette bâtisse à Nyékonakpoè où tout
est pêle-mêle. (…) La Primature où siège le
N°3 de l’Etat ne peut être tenue par quelqu’un qui a
pris la vilaine habitude de demeurer dans la peau d’un gougnafier
qui mélange torchon et serviette». C’est indigne d’un
doyen.
Après «le
Nid», c’est la NDP
Il y a peut-être une info que nous, on n’a pas et que
les transfuges de l’UFC qui étaient et sont à la
mangeoire ont. Hier c’était le machin de dortoir d’un « oisal », pardon
d’un oiseau qui « glama glama » est
devenu parti politique. Et depuis le 20 septembre dernier, comme
par coincidence, au moment où Faure et Agbo sortaient le
gouvernement d’ «Union-Paix-Solidarité» et
surtout où on a débauché le Gnassingbé original,
homozygote et de race pure, le machin de Fo Gigi aussi devient
parti politique, le 76ème au Togo. Est-ce qu’ils
ont demandé à connaître l’espérance
de vie des autres ? Sans eux, ils étaient 74 mais combien
sont vivants, c’est-à-dire actifs ? A part l’UFC,
le RPT, le CAR, la CDPA, les autres sont en dormance. On peut à la
rigueur ajouter à ce lot le PRR de Fo Nico qui serait déjà enterré si
son leader n’avait pas l’art de l’ «insultocratie» et
le RSDD de Harryvi qui est devenu un parti international depuis
que son leader a pris la clé des champs avec l’historiette
de cocktail molotov, « pure water molotov ».... Le
PDR lui est au bord de l’explosion avec le probable retrait
de Me Tchassona Traoré après Bassirou Ayéva,
Tchikpi Atchadam… Quant à la CPP, elle a dû nouer
des alliances stratégiques avec d’autres particules
pour survivre.
A propos, entre nous, qu’est-ce que « le Nid » et
la NDP pensent apporter aux Togolais ? Fo Gigi et Fo Gabi
pensent-ils gagner les présidentielles prochaines ?
Ou bien les législatives ? Conseil d’ami, ils
n’ont qu’à économiser les fonds qui
leur serviront de caution. Ça peut leur servir car ce n’est
pas sur qu’ils réalisent tous les deux « 0,001
% » de score or il faut au moins 5 % pour reprendre
ces sous et bénéficier de financement. A bon attendeur,
bonsoir!
A quand
la «Fédération
d’Union Nationale»?
Quel Gnassingbélandais
n’a pas apprécié la manière dont les acteurs politiques
se sont entendus pour dénouer la crise à travers le dialogue
intertogolais ? Ils étaient peu à espérer un dénouement
heureux, du moins sur papier du contentieux togolais. Et pourtant c’est
arrivé le 20 août dernier avec la signature de l’Accord
historique partiel « à titre personnel », pardon
Politique Global et ce grâce à l’intervention d’un
médiateur. Et aujourd’hui on a en place un Gouvernement
d’Union Nationale.
La formule
là a tellement marché pour la politique qu’on est tenté de
l’appliquer ailleurs. Il y a eu aussi « dialogue social » entre
le gouvernement, le patronat et les syndicats des travailleurs. Nous, on pense
qu’il faut aussi un dialogue footballistique avec pour protagonistes «Rockvi
l’argent» dans le rôle du RPT, les membres démissionnaires
de la FTF et les Zéperviers boudeurs dans celui de l’opposition
traditionnelle. Ici, il n’y a pas de société civile. Il
faut donc un Blaise Compaoré footballistique. Lui, il aura « Faure » a
faire parce que les sentiments ont trop duré. Et puis, il est acculé par
le temps. Il n’a que 72 heures pour faire aboutir le dialogue et faire
signer un Accord Footballistique Global le plus tôt possible qui devra
permettre de former une « Fédération d’Union
Nationale » et une « sélection nationale
d’Union-Paix-Solidarité » avant le 8 octobre prochain,
où les Zéperviers rencontreront les Aigles du Mali. Tout doit
donc être fait avant dimanche, sinon…
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