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Lomé la capitale
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gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
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Libre opinion:
Le Car, la Cdpa, le Psr ne sont plus d’opposition
19 octobre 2006
Au moment de coucher la première lettre sur ce bout de
papier, je voudrais avoir une pensée profonde pour tous
les togolais et toutes les togolaises qui ont perdu leurs vies
tout au long de ce long processus de démocratisation pour
que vive la démocratie au Togo. Que la terre de nos
aïeux leur soit légère !
La lutte engagée par le peuple togolais pour la conquête
d’un plus grand espace de liberté et donc de démocratie
a été tellement difficile, que nombre de togolais
ont fini par se demander ce qu’était vraiment la démocratie,
tant elle a été jalonnée de nombreuses
intrigues, caractérisées par un jeu non transparent
d’alliance et de contre alliance qui a fini par désabusé le
peuple et créer un fossé béant entre le peuple
et la classe politique.
Les derniers développements de la vie politique au Togo
sont venus troublés davantage la compréhension des
masses laborieuses des villes et des campagnes, de ce que signifie
la démocratie, l’exercice du pouvoir et l’appartenance à l’opposition.
La Démocratie serait un système politique
ou une forme de gouvernement dans lequel la souveraineté appartient
au peuple.
Un tel système implique donc le principe d'une liberté d'expression,
de pensée, de conscience et regroupement. Ce sont ces règles
fondamentales, qu’a bien résumé cette phrase
apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce
que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
Sans vouloir me lancer dans des théories et débats
sur le polymorphisme de la démocratie, permettez-moi quand
même de revenir sur les quelques formes de démocratie
qui ont pu exister avant de m’appesantir sur les sujets/débats
qui agitent en ce moment-ci, la classe politique togolaise, à savoir
: l’appartenance au gouvernement ou à l’opposition.
Partant du principe qu’elle a été dynamique
depuis la Grèce antique à nos jours, l’on peut
tenter de regrouper la démocratie en cinq formes :
La stochocratie
: le choix des représentants du peuple est effectué par
tirage au sort.
La démocratie
directe : les citoyens s'assemblent et établissent les lois.
La démocratie
représentative : les citoyens élisent des représentants
qu'ils chargent d'établir les lois.
La démocratie
participative : les citoyens élisent des représentants qu'ils
chargent d'établir les lois, lesquels demandent ensuite aux citoyens
de valider ou d'invalider, par référendum, les lois proposées.
La démocratie
libérale : fondée sur la défense des libertés individuelles.
Eu égard à sa constitution, notre pays le Togo,
semble avoir opté pour une démocratie participative
et/ou représentative. « La souveraineté appartient
au peuple, il l'exerce par ses représentants et par voie
de référendum », Article 4 de la Constitution.
Sur la base du principe de la liberté d’expression,
de regroupement ou d’association, des partis politiques sont
autorisés. « Les partis politiques et regroupements
de partis politiques concourent à la formation et à l'expression
de la volonté politique du peuple.
Ils se forment librement et exercent leurs activités dans
le respect des lois et règlements. » (article 6 la
constitution).
Un parti politique étant par définition une organisation
ayant pour but de promouvoir et, le cas échéant,
de mettre en œuvre un projet politique, il a pour but, la
lutte pour la conquête et l’exercice du pouvoir et
donc de gouverner. D’où vient alors cette idée
saugrenue de se réclamer de l’opposition tout étant
au gouvernement ?
Au nom du principe de l’alternance, corollaire de la
démocratie, aucun parti ou regroupement de partis politiques,
ne saurait être indéfiniment au pouvoir et d’autres
relégués au rang de l’opposition. C’est
pourquoi, de l’opposition, on accède au gouvernement
et vis-versa. Pourquoi, veut-on nous faire croire que le Togo peut
faire exception à ce principe élémentaire
de la démocratie ? Lors des discussions préliminaires
du dialogue inter-togolais, n’est-ce pas, dans cette logique
de pouvoir-opposition que, l’opposition dite radicale (CAR,
CDPA, UFC) refusait le statut de partis politiques de l’opposition à la
CPP et au PDR (membres du gouvernement de Mr. Edem KODJO), lorsqu’il
s’agissait de procéder à la composition des
membres de la CENI ? Pourquoi, aujourd’hui, tente-t-on d’entretenir
un flou artistique sur l’appartenance de tel ou tel parti
politique à l’opposition ou au gouvernement ?
Etre dans le gouvernement, c’est-à-dire exercer le
pouvoir exécutif et se réclamer de l’opposition
ne saurait être aucunement compatible.
L’histoire politique récente du Togo, depuis la disparition
du Président Eyadéma, nous enseigne que beaucoup
de partis politiques ont changé de statut.
Le PSR de Me Abi, avait déjà abandonné ce
manteau d’opposant depuis juin 2005 en acceptant d’être
dans le Gouvernement de Edem KODJO.
Depuis le 20 septembre 2006, date la formation du nouvel exécutif
du Togo, la CDPA de Léopold GNININVI fut-il membre de l’ex
coalition ayant soutenu Bob AKITANI aux élections présidentielles
d’avril 2006, n’est plus dans l’opposition, encore
moins le CAR de Me AGBOYIBO qui assure aujourd’hui, la fonction
de Premier Ministre.
A titre d’illustration : Si une politique énergétique et
minière est conçue et mise en œuvre actuellement,
Léopold GNININVI de la CDPA qui est Ministre des Mines et
de l’Energie pourra t-il la critiquer ? Non. De même,
si l’on observe une censure de l’information dans les
médias publics ou un harcèlement des journalistes
de la presse privée au Togo, qui doit être mis en
cause ? C’est bien le CAR de Me AGBOYIBO qui gère
le Ministère de la Communication et de la Formation Civique.
Il est assez clair aujourd’hui que, de la Coalition dite
de l’opposition radicale composée de six partis politiques
(ADDI, CAR, CDPA, PSR, UDS -TOGO, UFC) qui avait soutenue la candidature
de Bob AKITANI, il ne reste plus que trois partis politiques qui
peuvent se réclamer aujourd’hui de l’opposition.
Il s’agit de : ADDI du Professeur GOGUE, UDS –TOGO
de Antoine FOLLY et UFC de Gilchrist OLYMPIO. Les trois autres
partis : le CAR de Me AGBOYIBO, la CDPA de GNININVI et le PSR de
Me ABI sont aujourd’hui dans la majorité présidentielle
dans la mesure où, ces trois partis politiques de l’ancienne
opposition dite radicale partagent actuellement le pouvoir
avec le RPT. Ils ne sont plus dans l’opposition. Et, il ne
saurait en être autrement.
La nouvelle majorité présidentielle, composée
du RPT, CAR, CDPA, CPP, PDR, PSR et consort doit donc s’attendre à essuyer
les critiques des partis politiques de l’opposition, c’est-à-dire
les partis qui ne sont pas représentés dans le gouvernement
actuel. Ainsi se portera mieux la démocratie au Togo.
C’est pourquoi, dans le jeu de la démocratie, ou l’alternance
peut conduire au changement de majorité, les acteurs politiques
de l’opposition qui ont bien sur, le droit légitime
de formuler des critiques contre la politique du parti au pouvoir,
ont l’obligation le faire avec courtoisie, en bannissant
de leurs propos, les insultes et les dénigrements. Si de
telles règles de bonnes conduites ne sont pas observées,
l’opposition doit s’attendre à ce qu’elle
soit victimes des mêmes incartades et autres écarts
de langage, lorsqu’elle accédera au pouvoir.
C’est sans doute ce que Mr. Natchaba FAMBARE a voulu signifier
au Premier Ministre Me AGBOYIBO, lors de la présentation
de son discours programme en lui rappelant ce proverbe gabonais
qui dit: « Lorsque vous manger la main d’un singe,
il faut faire attention, car elle pourrait bien être la
votre ». Belle leçon de démocratie.
Jean Claude Comi AMETEPEY
Chargé de Recherches
Centre pour la Démocratie Participative
Email :cedep-afrique@laposte.net
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