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Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Forum de la semaine N°198 du lundi 16 Oct 2006 Police nationale: Des revendications légitimes des élèves - fonctionnaires étouffées Ils sont renvoyés en punition au camp Landja Décidément à la
Police nationale, l’ambiance n’est pas à la
gaieté. La semaine dernière, c’est successivement
deux « bombes » qui ont été enclenchées
: Comme pour confirmer que rien ne va au sein de la Police nationale, ce sont les élèves fonctionnaires de la Police, entendez par là les nouvelles recrues de la promotion 2005 qui entrent en grève le jeudi 12 octobre. La cause, c’est encore un problème récurrent dans ce corps qui a ressurgi. Les vieux indices de la Police les plaçaient sur l’indice 270 alors que ceux qu’avait préconisés la Conférence Nationale Souveraine et qui étaient conformes à ceux de la Fonction publique les situeraient à l’indice 550. Ce qui est d’ailleurs normal pour leur niveau requis. Mais cette décision avait toujours été combattue par ceux qui veulent voir les policiers végéter dans la misère. Et encore cette classe 2005 allait être abonnée aux modiques « 21 000 F CFA et poussière » que confère l’indice 270. Refus légitime des concernés qui étaient en cantonnement dans les locaux de la Foire Togo 2000. Et c’est ici qu’intervient le tout nouveau Ministre de la Sécurité, le Col. Titikpina. Pour son premier dossier brûlant, il est totalement passé à côté. « Le Colonel, au lieu qu’il voit les choses en face est venu plutôt nous menacer » confie un témoin. « C’est curieux, en cette période où on parle de négociation, lui menace de nous renvoyer » poursuit un autre. C’est tout de même inquiétant que le ministre menace de jeter dans la nature des gens formés au métier d’arme. Surtout cette promotion 2005 de la police qui, selon les témoins a reçu une formation très rude à l’instar des militaires. Heureusement, il eut des négociations. Mais les élèves - fonctionnaires de la police n’ont pas fléchi et pour les punir, ils sont renvoyés au Centre National d’Instruction (CNI) du Camp Landja à Kara. Comme cela, on ne les entendra plus pendant un bon bout de temps. Mais le risque de voir ressurgir les mêmes revendications est très grand. Les élèves - fonctionnaires terminent leur formation à la fin de ce mois et devraient être affectés. Sur quelle base, c’est la grande question. F.S CENI: Le RPT positionne ses spécialistes en manipulation de suffrages L’Assemblée RPT a élu vendredi 13 octobre dernier les 19 membres devant siéger à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue d’organiser les prochaines élections législatives prévues par l’Accord politique global signé le 20 août dernier à Lomé. Selon cet accord, la répartition des membres de la CENI est de cinq (5) pour le RPT, deux (2) pour les autres partis de la mouvance présidentielle (CPP, PDR) et le Gouvernement de même que pour les trois (3) formations de l’opposition (CAR, CDPA, UFC) tandis que le REFAMP/T, proche du pouvoir, et le GF2D s’en sortent avec un seul membre chacun pour le compte d’une société civile très politisée. Malgré la rafle opérée par le système RPT qui s’est taillé la part du lion (environ 12 partisans sur 19), le fait qui retient l’attention des observateurs avisés de la scène politique togolaise est le repositionnement des spécialistes en fraudes massives à l’instar d’Abalo Pétchélébia, Tchangaï-Walla Kissem et Kokou Tozoun pour ne citer que ceux-là. En effet, le Juge partial Abalo Pétchélébia, l’actuel Président de la Cour d’Appel de Lomé, un magistrat en fonction, est positionné par le RPT en toute violation des lois de la République. Un Magistrat a pour vocation d’être neutre et ne doit s’affilier à aucun parti politique. A moins que la loi l’y désigne es-qualité. Et c’est cette neutralité qui a poussé par le passé, les acteurs politiques à penser à placer un juge de facto à la tête de l’ancienne CENI. Mais le Juge Pétchélébia, non satisfait d’avoir détourné en faveur du RPT les suffrages du peuple exprimés aux partis de l’opposition lorsqu’il était à la tête de l’ancienne CENI se fait élire par l’Assemblée nationale comme membre à part entière d’un parti politique en l’occurrence RPT. Ce faisant, le Juge Pétchélébia sort de son obligation de réserve et de neutralité requise à tout juge pour rendre une décision juste et conforme aux lois de la République. Un juge est disqualifié lorsqu’il prend une position dans un débat et de surcroît celui hautement politique comme le cas d’espèce. En plus, la presse avait mis en cause ce juge récemment en l’accusant d’avoir détourné une partie des fonds alloués au fonctionnement de la CENI qu’il présidait. Aucun démenti officiel n’est apporté à cette information et aucune enquête n’est ouverte pour situer les responsabilités dans cette affaire. De plus, il faut reconnaître que le Juge Pétchélébia a été le maître d’œuvre à la tête de la CENI, des magouilles et autres fraudes massives qui ont émaillé le scrutin présidentiel de 2003. Il doit être disqualifié de participer à nouveau à la CENI si nous sommes en face d’une Assemblée nationale normale. Le deuxième cas à polémique, est celui de Kissem Tchangaï-Walla. Cette ancienne Ministre du régime Gnassingbé - Père, est, malgré son apparence, l’un des faucons du système RPT. Beaucoup ont évoqué les difficultés introduites par « Madame la Ministre » dans l’exercice du bureau du dialogue intertogolais à Lomé. Mais passons. Le point qui retient plus l’attention du monde entier est le sacrilège commis par cette dame dans « la frauduleuse » qui a marqué la succession d’Eyadema. C’est le détournement du suffrage populaire au profit de Faure Gnassingbé marqué par la proclamation des résultats des fraudes massives par Mme Tchangaï-Walla qui a donné le coup d’envoi des massacres des populations mains nues qui revendiquaient le rétablissement des vrais chiffres. Environ un millier de personnes y trouvèrent la mort selon les associations de défense des Droits de l’Homme. D’autre part, d’aucuns ont aussi évoqué l’implication de l’ancien Ministre Kokou Tozoun dans la destruction des urnes dans l’Est-Mono. Ce qui a permis de détourner les suffrages au profit de Faure Gnassingbé. Ceci dit, la présence de ces hommes et femme au sein de la CENI heurte les bonnes consciences et démontre la mauvaise foi du système RPT, décidé visiblement à ne pas jouer un franc jeu. Car si Faure Gnassingbé voulait réellement jouer la carte de l’apaisement, il n’allait pas brandir à tout bout de champ, ses pions qui sont impliqués dans le drame récent que le Togo a connu. Volonté manifeste de narguer le peuple ou manque d’effectif adéquat ? L’avenir nous situera. Mais d’ores et déjà, certains trouvent qu’il est impérieux d’en appeler aux formations de l’opposition afin de ne pas redonner une occasion à ces faucons de martyriser la population, aux commandes de la CENI. Dimas DZIKODO Le Prof Nicoué Gayibor n’est plus président de l’UL Les raisons d’une mutation Le décret a été pris depuis le 31 août et publié dans le quotidien national le mercredi 11 octobre dernier. L’anomalie ici est que ce n’est pas pris en Conseil des ministres. « …M. Koffi AHADZI-NONON, Professeur titulaire, vice-président de l’Université de Kara, est nommé président de l’Université de Lomé » en lieu et place du Professeur Nicoué Gayibor. L’information était tombée à la grande surprise du monde universitaire même si d’aucuns s’y attendaient. Car la mutation aurait pu se faire depuis l’année académique 2005-2006. Mais on aurait jugé sûrement que ce n’était pas opportun. Aujourd’hui, bon gré, mal gré, c’est chose faite ; et les spéculations et rumeurs vont bon train à l’UL, au sein du corps professoral et auprès des sommités de l’Education … La mutation à la présidence de l’université n’est donc pas, selon des sources recoupées, anodine. Il se susurre qu’on reproche à Gayibor la non considération des facteurs géo-ethniques dans sa gestion de l’Université. Comprendre tout simplement, qu’on lui reproche qu’il se fait trop entourer de personnes originaires du Sud, notamment ses conseillers, chefs de départements, doyens de facultés et autres responsables de service. Raison certainement pour laquelle on a veillé à mettre à la tête des deux universités, un président du Sud et un autre du Nord. L’Université de Lomé est en effet un terrain très sensible aux considérations socio-ethnico-politiques. Les affinités entre enseignants et certaines nominations sont suspectées d’êtres fondées sur ces considérations. Il n’est pas rare d’entendre des enseignants faire cas de leur appartenance ethnique pour expliquer un quelconque sort subi de la part de leurs collègues. Le désormais ex-président, est aussi accusé de n’avoir pas su gérer au mieux ses interactions socio-communicationnelles avec ses collègues. Le dynamisme et la rigueur (peut-être) de l’homme dévore tout sur son passage. Au cours des trois ans que le Professeur a passés au sommet de l’UL, les plaintes et griefs se sont multipliés dans son entourage. Selon des témoignages, « Gayibor ne tient pas compte du fait que tu sois père ou mère de famille, responsable ou non… et il te ramasse ». Sûrement, il en a ramassé assez ; au point que la simple mention de son nom constitue une menace et de la terreur auprès des doyens et chefs de départements ; même si le N°1 sait reconnaître ses limites ; et donc sait mieux traiter ses collègues qui savent mériter son respect. A tort ou à raison, Nicoué Gayibor n’a pas une bonne presse dans le monde universitaire. Après son départ aujourd’hui, c’est une ambiance particulière qui règne sur le campus. Si quelques uns n’hésitent pas applaudir le séjour du Professeur à la présidence de l’UL, la tendance générale applaudit plutôt son départ. En même
temps que la sienne, d’autres mutations ont été faites
dans l’administration des universités nationales du Togo. A l’image de la vie politique du pays, le visage des universités togolaises change. Maxime Domegni (Stagiaire) Réconciliation nationale: Les oubliés de l’hécatombe
au Togo Il ne se passe pas de jour où on ne reçoit les échos lugubres des plaintes des compatriotes qui ont fui la « Terre des aïeux » pour d’autres cieux parce que recherchés par de lugubres individus aux intentions pas trop claires. Ils sont encore des milliers malgré les fanfaronnades du pouvoir sur les cas des quelques dizaines qui reviennent. Ils sont encore des milliers auxquels s’ajoutent ceux qui, croyant au chant des sirènes reviennent mais se retrouvent face à la machine de répression. Le scénario est toujours le même et les récits foisonnent dans la presse. Très récemment, un avis de disparition faisait cas d’un certain Kofigué André qui avait disparu de son domicile, rue de la Radio à Nyékonakpoé. Les témoins affirment l’avoir vu pour la dernière fois avec deux individus au faciès douteux et parlent de kidnapping. Et on en entend à la pèle de ces genres de récits à faire froid dans le dos depuis février 2005 à la mort du Gal Eyadema et la période sanglante de répression qui a suivi. La liste est longue. Kuava K. habitant les mêmes environs a aussi pris la tangente parce qu’on lui avait signalé qu’il était recherché. Ce sympathisant de l’UFC était revenu tout récemment de son exil ghanéen. Idem pour un certain Guenou Edoh qui craignait de faire les frais de cette rocambolesque affaire de l’attaque aux cocktails Molotov du camp de la gendarmerie. 11 jeunes croupissent toujours en prison et 1 est décédé au cabanon du CHU-Tokoin. Retour à il y a un an, un confrère de la place avait relaté les tristement célèbres « journées noires » des 24, 25, 26, 27, 28 avril à Lomé, Baguida, Aného, Atakpamé… en mentionnant le cas de M. Codjia Magloire, sympathisant très actif de l’opposition : « le cas de Baguida dont nous fûmes acteurs et victimes demeure vivace dans la mémoire collective des Togolais (…) Il y a eu arrestations arbitraires, kidnapping, tortures, blessés et morts à chaque fois. Les plus chanceux avaient fui cette furia dévastatrice ». L’intéressé vit depuis en exil. Mais son martyr est loin d’être fini. Les tristes individus continuent de roder autour de sa famille. Ces quelques cas démontrent à suffisance qu’au-delà des discours, il y a des mains invisibles qui continuent de sévir. Il y a un an, le Directeur de publication de « Forum de la Semaine », Dimas Dzikodo a échappé de justesse à un assassinat. Jusqu’à aujourd’hui, les auteurs courent toujours. Ces quelques cas ne sont qu’une infime partie des centaines d’anonymes qui sont pourchassés à travers le pays. Ils prouvent qu’il y a toujours l’enfer au Togo au-delà des mielleux discours sur la réconciliation nationale. F.S
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