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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Fin de la première édition du Festival des cinémas euro-africains au Togo

            Démarrées le 09 octobre 2006 à l’Hôtel Corinthia 2 Février, les manifestations rentrant dans le cadre de la première édition  du festival des cinémas euro-africains ont connu leur apothéose le mardi 17 octobre dernier au Centre Culturel Français de Lomé. Pendant plus d’une semaine, le public togolais a eu à suivre avec attention 15 films européens et africains dont «La colère des dieux», «Kawilassi» et «Tchao Paulin». Les projections des films se sont déroulées à l’Auditorium du Campus universitaire, au Centre Culturel Dégnigban, à l’Institut Goethe, au Centre Culturel Français. A l’ouverture, le film, «la colère des dieux» a été projeté à l’Hôtel Corinthia 2 Février en présence du Premier ministre, Me Yawovi Agboyibo et du Chef de la délégation de l’Union Européenne au Togo, M. Filiberto S. Sebregondi.

            Selon un communiqué de l’Union Européenne, ce festival relève du «Programme d’appui au cinéma ACP depuis 2000 qui a favorisé une aide à la production à quelque 50 films dont 8 films ont bénéficié d’un soutien à leur diffusion et promotion». Selon toujours le communiqué, ce nouveau programme vise à contribuer au développement et à la structuration des industries cinématographiques et  audiovisuelles des pays ACP et à permettre aux cinéastes et autres professionnels du secteur de mieux créer et diffuser leurs propres images. Et ce faisant, il contribue à défendre la diversité culturelle, mettant en valeur les identités culturelles des pays ACP et favorisant le dialogue interculturel.

            Pour cette première édition, les cinéphiles togolais se sont beaucoup intéressés à la chose et l’évènement a été une réussite. «Le festival qui a été ouvert le 09 octobre dernier par le Premier ministre a beaucoup intéressé le public togolais. Nous pensons que nous pourrions continuer ce festival dans les années à venir. Pour ce qui est du festival même, 15 films ont été programmés dont 9 films européens et 6 films africains. Pour cette première édition, le bilan est positif parce qu’on était surpris par l’engouement du public togolais dès qu’on a lancé ce projet», a déclaré l’un des organisateurs de ce festival lors des manifestations de clôture de l’évènement.

            Rappelons que dans le but de valoriser les cultures et de promouvoir l’égalité dans la diversité culturelle, la Commission Européenne a financé en juillet 2006, un nouveau programme UE-ACP d’appui au cinéma et à l’audiovisuel, dans le cadre du 9ème Fonds Européen de Développement (FED), pour un montant de 6,5 milliards de francs CFA. Olivier G.

Au cœur des «Mon Pays»

Toyi: Tu sais que les zopposants sont maintenant partout?
Esso: En bon ! Ils sont où?
Toyi: Class ! Je te dis qu’ils sont partout. Même dans nos maisons. On doit faire très attention
Esso: Mais Class ! S’il en est ainsi, on va faire alors comment?
Toyi: C’est ce qu’on se demande aussi.
Esso: Class! Entre nous. Vous faites comment pour savoir qu’ils sont partout?
Toyi: C’est depuis le jour que les hommes de FIFA et de la CAF sont venus au Togo qu’on a su cela.
Esso: Les hommes de la FIFA et la CAF aussi sont des zopposants?
Toyi: Non ! C’est n’est pas eux même.
Esso: C’est alors qui?
Toyi: Class! Tu avais écouté que les gens de la FIFA sont venus pour faire enquête sur le Lt-Colonel non?
Esso: Oui ! J’ai appris ça.
Toyi: Tous ceux qu’ils ont rencontrés, c’est des zopposants.
Esso: En bon ! Dis vrai
Toyi: Je te dis que c’est des zopposants. Même les « mon pays » qu’ils ont vus, sont des zopposants.
Esso: ça, je ne crois pas. Depuis quand un « mon pays » est zopposant dans ce pays.
Toyi: C’est pourquoi je dis qu’on doit faire très attention. Aujourd’hui, il existe des «mon pays» zopposants.
Esso: Comment le Lt-Col va faire alors pour sortir de cette situation?
Toyi: Ce serait difficile. Semble-t-il que la FIFA va suspendre le Lt-Col.
Esso: Comment et pourquoi?
Toyi: C’est comme si la FIFA va mettre un comité de crise en place et qui va organiser l’A.G.
Esso: Ce n’est pas possible. On doit faire quelque chose pour les bloquer.
Toyi: Quoi par exemple!
Esso: On va écrire à  l’ONU. La FIFA là, doit rester dans son pays. Ce qu’il fait-là, c’est ingérence dans les affaires d’un autre pays. L’ONU a refusé ça.
Toyi: Ça, c’est une bonne idée. Allons voir le Lt-Col.
Esso: Je suis sûr que si on lui dit ça, il va accepter. N’est-ce pas Class?
Toyi: C’est vrai. Si on a même chance, il va nous donner deux disse mille, deux disse mille.

Ça va se savoir!
«Rubi» (4)

            La Bible raconte que Sodome et Gomorrhe, deux villes de l’ancienne Palestine sur la mer Morte étaient célèbres par les mœurs dissolues de leurs habitants. En butte à la colère divine, elles furent détruites par une pluie de soufre et de fer. Pourtant, Thomas et Rubi ne furent nullement émus et décidèrent de mettre le cap sur ces deux lieux. Comme à la phase finale de toute compétition, ils commencèrent par les préliminaires. Mais le périple leur imposa de nouveaux manèges. Rubi s’empara de la gonade masculine et se la fourra dans la bouche. Le blanc perdit le réseau. Un immense plaisir l’envahit. Il s’étira comme s’il avait contracté le virus de la grippe aviaire. Pendant ce temps, Rubi agitait ses cuisses de perdrix à l’image d’un athlète en plein exercice sportif. Ça brûlait dans sa « fille ». Thomas y était présent avec sa langue et lui hum…

            «Alléluia ! Alléluia…», sonna le Panasonic du blanc. Il le prit et visita le numéro. C’était Nicole. A décrocher ou à laisser ? Il opta finalement pour la deuxième solution. Sur le chemin de Sodome et Gomorrhe, les « alléluia » étaient proscrits. Pour couper court à tout cela, il éteignit le portable. A l’autre bout du fil, Nicole reçut le message : « le numéro de votre correspondant est provisoirement inaccessible. Merci ». Deuxième, troisième, quatrième tentative, son correspondant était hors réseau.

            Elle comprit que quelque chose ne tournait pas rond. Son mari avait sûrement changé de mission. Elle mit un pantalon jeans, confia l’enfant à la domestique et disparut. En l’espace de quelques minutes, elle arriva chez Rubi toutes griffes dehors. Il fallait mettre fin à cette histoire. Elle se dirigea vers la chambre de son amie et accrocha ses oreilles à la porte. Il y avait de vie humaine à l’intérieur. Les deux tricheurs s’amourachaient normalement. Thomas assénait sans ménagement des coups de hanche à Rubi qui hennissait comme un cheval. « Aïe ! Vas y ! Fais de moi ce que tu veux. Je suis à toi… », encourageait-elle. Nicole écoutait toutes ces idioties mais ne trouvait pas la solution appropriée. Elle faisait des va-et-vient devant la chambre. Enfin, les deux amants étaient en train de fouler le sol de Sodome et Gomorrhe. Quand Thomas commença à déverser son…dans les deux croupes de Rubi, ils atteignirent au même moment l’orgasme et émirent des râlements de plaisir qui firent mourir Nicole de jalousie. Sans crier gare, elle recula, prit une bonne distance, donna à la porte un coup de pied digne d’une actrice des films karaté, et atterrit sur les deux infidèles se partageant les derniers instants de plaisir. A suivre… Tonton Z

Sans détour: Faux discours

«La fatalité, c’est l’excuse des âmes sans volonté» (Romain Rolland).

Le pardon est un acte qui vient du cœur. On ne l’impose pas à autrui. C’est un acte réciproque. Il est d’ailleurs la pierre angulaire de la Sainte Bible, du Saint Coran... « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé », dit tout chrétien qui récite le Pater Noster. Chez les juifs, il y a par exemple la Fête du Grand Pardon ( yom kippour en hébreux) qui est une fête religieuse de l’expiation. On le voit, le pardon est intrinsèque à toutes les civilisations. C’est grâce à cette qualité que l’humanité a pu survivre jusqu’aujourd’hui. L’Allemagne continue de demander pardon pour les massacres des Nazis. Les âmes les plus sensibles de l’Occident reconnaissent que l’esclavage est un crime contre l’humanité et présentent leurs excuses aux peuples africains. C’est au nom du pardon que la nation Arc-en-ciel (Afrique du Sud), malgré les pires moments de l’Apartheid, brille aujourd’hui. Blancs, Noirs, Indiens, Afrikaners… se sont mutuellement acceptés.

C’est également au nom du pardon que les Tutsi et les Hutu continuent de vivre ensemble au Rwanda en dépit du génocide qui a fait près d’un million de morts. Que dire de l’Angola, la Sierra Léone, le Libéria…?

Le pardon, les Togolais aussi en ont besoin aux fins d’envisager un avenir radieux. C’est le prix à payer après les violences qui ont émaillé le processus démocratique de notre pays. Mais ici, on a affaire à un simulacre de pardon. On invite les victimes à demander pardon à leurs bourreaux. «J’ai tué ton père, et pour oublier cela, demande-moi pardon», peut-on se résumer. Cette valeur divine n’est pas réciproque dans le microcosme togolais. Ce sont les faibles, qui ont perdu un être cher, qui doivent implorer le pardon de leurs persécuteurs. Pendant ce temps, ceux qui ont tué, violé et volé, gambadent dans la rue comme si de rien n’était. Eux, ils ne sont pas concernés par le message qui passe sur les médias et qui appelle au pardon, à l’oubli et à la réconciliation. Jusqu’à ce jour, personne parmi les auteurs et les commanditaires des tueries de l’année dernière n’a eu le courage de reconnaître ses fautes et demander publiquement pardon. Personne. Ce sont des super hommes et le pardon, c’est pour les autres.

Comment peut-on prôner le pardon quand certains Togolais continuent de croupir dans les geôles pour des histoires sans tête ni queue ? Trois réfugiés, militants de l’UFC, kidnappés au Ghana et accusés sans aucune preuve sérieuse d’être les auteurs du plasticage de la poste de Tokoin Séminaire en juillet 2005 ne sont-ils pas toujours détenus à la prison civile de Lomé ? Que dire d’un réfugié qui est rentré au pays à l’appel des autorités togolaises et qui est incarcéré depuis décembre 2005 pour une curieuse affaire de meurtre d’un policier lors des troubles d’avril ? Six personnes dont quatre militaires, soupçonnées de préparer un coup d’Etat contre le pouvoir de Faure, ne sont-elles pas gardées à la prison civile de Lomé sans jugement depuis juillet 2005 ? Comme pour paraphraser un ancien président ivoirien, le pardon ce n’est pas un mot, c’est un comportement. Que Faure Gnassingbé et ses fidèles se prêtent à cet acte de contrition. Trêve d’hypocrisie! R. Kédjagni

 Me Agboyibo face au rouleau  compresseur du RPT

  • Le gouvernement n’a toujours pas de budget de fonctionnement

20 septembre 2006 – 20 octobre 2006, il y a juste un mois que le Gouvernement d’union nationale de Me Agboyibo a été mis en place. Ce gouvernement composé de 34 membres a, outre les attributions constitutionnelles classiques, pour tâche principale de mettre en œuvre les grandes décisions prises par le Dialogue.

Le leader du CAR peine à prendre ses marques. Même si la Constitution actuelle fait du Premier ministre un coursier du président, un personnage sans réel pouvoir, Me Agboyibo tire sa légitimité de l’Accord politique global signé le 20 août dernier par toutes les parties. Il doit capitaliser cette adhésion populaire qu’il y a eue autour de sa nomination en cessant de jouer au « bon enfant ». Si rien ne va, quitte à lui de poser clairement le problème et d’y trouver des solutions adéquates. Face au RPT et à ses manigances, la meilleure solution serait de prendre le peuple à témoin.

Tenez, le nouveau gouvernement n’a pas jusqu’à ce jour de budget de fonctionnement. Qui plus est, silence radio sur le budget pour sa mission. Pourtant, la Primature se mure dans un silence, ne voulant pas provoquer et bousculer le clan qui joue de mauvaise foi et de malhonnêteté.

L’autre face visible de cette mauvaise foi avérée est ce qui se passe en Conseil des ministres. A voir le visage de Me Agboyibo au cours des deux conseils que son gouvernement a organisés, on se rend compte tout de suite que le leader du CAR est préoccupé. C’est à croire qu’il n’est pas sur la même longueur d’ondes que les autres. Au cours du premier conseil, les ministres n’ont eu qu’à ratifier une kyrielle de lois qui n’ont aucune incidence sur le vécu quotidien des Togolais.

Le blablabla habituel a encore occupé une place de choix au Conseil des ministres du mercredi dernier. Ce sont seulement les troisième et quatrième projets de décret ayant respectivement trait à la crise énergétique et au retour des réfugiés qui sont peu ou prou les préoccupations des populations. L’idée de la mise en place d’un « conseil national de la jeunesse » est une blague de plus au Togo. C’est la JRPT bis (JRPT au temps du parti unique bien sûr) en préparation. L’initiateur de ce projet, le Secrétaire d’Etat Gilbert Atsu, est au Gouvernement pour cette mission : amener les jeunes à regarder dans la même direction. Un « conseil national de la jeunesse » n’est pas l’urgence de l’heure et Me Agboyibo ne doit pas céder à cette comédie. C’est malheureux de s’adonner à ces futilités quand les grands chantiers qui attendent le gouvernement, n’ont pas connu un début d’exécution.

«Je mettrai également en place, dans les plus brefs délais, et sous ma présidence, deux comités inter-ministériels chargés, l’un de préparer les réformes institutionnelles, l’autre d’assurer le suivi de la préparation des opérations électorales», postulait Me Agboyibo dans son programme de gouvernement voté à l’unanimité par  les députés. Mais jusqu’à ce jour, les Togolais n’ont pas vu ces comités à l’œuvre. Pourtant, le processus électoral est enclenché avec la mise en place de la CENI. Me Agboyibo est-il empêché de traduire ce vœu dans les faits? La question reste posée.

Ce qui est quand même sur, c’est que le nouveau Premier ministre peine à prendre ses marques. La situation qui prévaut au Togo, ne nécessite pas qu’on se permette de jouer au « politiquement correct » avec le RPT qui est animé d’une mauvaise foi avérée. Il faut que le PM songe à gouverner en associant le peuple. Toute autre voie constituerait à faire hara-kiri. Z.A.

Le Président de la  CENI sera élu aujourd’hui
Tout sauf Abalo Pétchélébia

            De sources dignes de foi, les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) procéderont à l’élection de leur président aujourd’hui. Selon les recommandations de l’Accord Politique Global du 20 août dernier, le choix du président doit être fait par « concensus ». Sa personnalité ne doit souffrir d’aucune contestation et devra requérir l’assentiment de tous les Togolais. Mais déjà, des informations qui nous parviennent font état de manœuvres sournoises qui seraient entreprises par le régime pour imposer Abalo Pétchélébia, ce juge qui…

Au jour le jour, le gouffre devient béant entre les « jolies intentions » de Faure Gnassingbé et les actes qu’il pose.

Les législatives prochaines sont de taille. Elles ne doivent souffrir d’aucune crédibilité car constituant un test énorme pour le régime en place. La « clarté » et la « transparence » tant recherchées pour le scrutin se remarqueront dans la manière dont il sera conduit et surtout la personnalité des hommes qui le conduiront. La CENI formée le 13 octobre dernier soulève déjà des inquiétudes concernant la présence de certains personnages.

Des gens comme Kokou Tozoun, Kissem Tchangaï-Walla, Abalo Pétchélébia dont la présence au sein de cette institution intrigue de par les actes qu’ils ont déjà posés dans le processus électoral au Togo. Et justement, c’est ce dernier qu’on cherche encore à propulser à la présidence de l’actuelle CENI. Et pourtant, l’homme n’a laissé de par le passé que de très mauvais souvenirs dans la mémoire collective des Togolais. Il fut président de la CENI en 2002 et 2003. C’est sous sa coupole que l’opposition a été poussée à se retirer de la course pour les législatives de 2002. On se souvient qu’à l’époque, seuls le RPT et certains partis avaient compéti. La victoire fut offerte au parti au pouvoir sur un plateau d’or.

Pétchélébia est assez responsable du climat politique actuel de crise, et pour causes. Ces législatives ont permis d’asseoir un Parlement monocolore qui va «sodomiser» les textes constitutionnels qui allaient permettre à Eyadéma de postuler à un « extra-mandat » en 2003, alors qu’il en était à son dernier légal. C’est ce même Abalo Pétchélébia qui, à la tête de cette CENI pour la présidentielle de 2003, proclamera Eyadéma vainqueur – comme toujours – bien que les vrais résultats des urnes créditassent le « jeune » Bob Akitani vainqueur.

Cette situation n’a fait qu’envenimer la crise avec sa pléthore d’événements.  Eyadéma se serait éclipsé en 2003 qu’il ne serait pas décédé au pouvoir le 5 février 2005. Le problème de sa succession ne se serait pas posé, l’élection présidentielle n’aurait pas eu lieu en avril 2005 avec sa série de violence. Mille de nos compatriotes tués seraient encore en vie, des milliers d’autres qui errent dans les camps de réfugiés à l’extérieur continueraient à mener une vie paisible au pays. Tous ces effets qu’a entraînés la partialité du sieur Abalo Pétchélébia- juge de surcroît- ne sont pas assez instructifs pourqu’on cherche encore à l’imposer?
C’est étonnant que Faure Gnassingbé qui aime dire « lui c’est lui, moi c’est moi » et se donne des airs de gouvernant exemplaire se hasarde à ramener ce personnage au devant de la CENI. Veut-il que les mêmes événements se reproduisent?

Nul doute qu’il cherche à piper le prochain scrutin en battant le rappel de M. Pétchélébia et Mme Kissem Tchangaï-Walla qui ont déjà fait la cause du RPT. Les Togolais doivent maintenir la pression pour empêcher ce retour de Pétchélébia. TINO Kossi

Dans la perspective des législatives

Vers une union sacrée CAR-Alliance

Le scrutin législatif à venir qui est d’un grand enjeu ne laisse pas indifférentes les formations politiques. Chacune s’active pour mettre les chances de son côté. De ce fait, on va jusqu’à s’initier au jeu des alliances entre plusieurs partis politiques. Entre-temps, avait circulé une idée de création d’une Union pour la Majorité Présidentielle, un sosie de l’UMP française, entre le RPT et certaines « particules » qu’il charrie : CPP de Kodjo, PDR de Zarifou Ayéva, Le Nid de Dosseh-Anyronh, la NDP de Gilbert Atsu et compagnie. Ces dispositions en valent la peine car l’enjeu des législatives prochaines est de taille.

            Aujourd’hui, les indiscrétions se font de plus en plus persistantes sur une union stratégique entre le CAR et L’Alliance. Cela pourrait être une panacée car la jungle est pleine de loups. Selon ces indiscrétions, c’est dans cette perspective qu’intervient la nomination de M. Kao Pérézi, membre du bureau politique de L’Alliance, comme conseiller en communication du PM Yawovi Agboyibo.

            Vivement que cette initiative de Me Yawovi Agboyibo et Dahuku Péré séduise d’autres leaders politiques. L.H.

Le Prof. Léopold Gnininvi chez Yayi Boni

Les problèmes du secteur électrique des deux pays étaient au centre des débats

            Le ministre d’Etat, ministre des Mines et de l’Energie, Prof. Léopold Mensan Gnininvi a été reçu le 12 octobre dernier par le Président Béninois, Tomas Yayi Boni à la présidence à Cotonou.

            La recherche d’une solution durable aux problèmes que connaît le secteur électrique des deux pays était au centre des discussions. Les deux hommes ont également  échangé sur la nécessité de la réalisation du projet gazoduc qui constitue aujourd’hui la seule alternative pour la résolution rapide des problèmes de délestage que connaissent les populations des deux pays. «Le Togo et le Bénin ont décidé depuis très longtemps de gérer le secteur de l’électricité ensemble. Et nous sommes venus faire le point avec le Président de la République du Bénin. Nous avons obtenu du Président l’assurance de sa disponibilité de nous aider rapidement à terminer le projet gazoduc que les deux pays attendent avec impatience. Avec ce projet gazoduc , on pourra très rapidement résoudre les problèmes de délestage dans nos pays», a déclaré le ministre d’Etat togolais, ministre des Mines et de l’Energie, Léopold Mensan Gnininvi, au sortir de l’audience chez le Président Béninois, Thomas Yayi Boni. De retour au Togo, le ministre d’Etat, ministre des Mines et de l’Energie a également entamé une série de consultations avec les différentes structures en charge de l’électricité dans notre pays. Le mercredi 17 octobre, il était à la CEB où il s’est entretenu avec le personnel de cette institution. Le ministre promet visiter prochainement la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET), le Centre Thermique de Lomé installé dans la zone portuaire et le barrage de Nangbéto.

            Après son entretien avec le personnel de la CEB, le ministre a laissé entendre que le problème de délestage que connaît le Togo est essentiellement lié au manque d’eau dans les barrages de Nangbéto et d’Akossombo.

            Selon lui, si on se met véritablement au travail, d’ici juin, les problèmes seront résolus ; et le nécessaire à faire, est d’arriver à faire démarrer la centrale thermique de Lomé et terminer rapidement le projet de gazoduc qui va relier le Togo et le Bénin au Nigeria.

            Rappelons qu’il y a plus d’un an que les secteurs énergiques du Togo et du Bénin connaissent des problèmes. Il urge qu’une solution définitive soit trouvée à ce problème. GLAKPE Koffi

 22 octobre 1992 – 22 octobre 2006

Il y a 14 ans: La prise en otage du HCR

  • Témoignage vivant de Zarifou Ayéva

            Voilà déjà 14 ans que le 22 octobre 1992, la soldatesque du Général Eyadèma faisait irruption au Palais des Congrès pour prendre en otage les membres du Haut Conseil de la République (HCR). Le Palais des Congrès lui-même  encerclé, issues bloquées, des chars et des automitrailleuses étaient visibles par les baies vitrées de la salle de réunion. Les FAT exigeaient que le HCR vote immédiatement une loi autorisant le déblocage des fonds du RPT parti-Etat, gelés par la Conférence Nationale Souveraine, afin que leur soit versée leur quote-part de cotisations. Ils menaçaient de dissoudre le HCR pour le remplacer par un parlement plus représentatif si dans les 48 heures, la loi n’était pas votée. Ils avaient ensuite porté des griefs contre l’Organe suprême de la Transition, la CNS, la Transition démocratique elle-même, et fait une apologie du Général-Président. Cette séquestration avait duré plus de 24 heures de temps et les membres du HCR avaient été soumis à des traitements inhumains et dégradants : interdiction jusqu’en milieu d’après-midi de sortie pour satisfaire des besoins naturels, absence d’alimentation, insultes, intimidations et menaces de toutes sortes.
            Au terme de cette odieuse séquestration, le vendredi 23 octobre, avant leur sortie, sept parmi les membres du HCR dont le Premier ministre avaient exigé, dans la soirée du 22, et depuis son bureau, qu’ils signassent une sorte d’attestation approuvant la Déclaration autorisant le dégel des fonds lue par le Président du HCR sur les ondes de la Radio nationale à 14 heures.
            Pour vous permettre de revivre  cette horrible scène qui a marqué l’histoire de notre pays, nous vous proposons le témoignage vivant de Zarifou Ayéva, Président du PDR, publié dans le bimensuel du peuple indépendant « NYAWO » N°5 Nouvelle Série-Novembre 1992.
            Quatorze ans après, la roue de l’histoire a tourné et les victimes sont devenues aujourd’hui les porteurs de sceaux et de valises des bourreaux d’hier. Le RPT n’a même pas daigné présenter les excuses publiques à ces gens qui sont aujourd’hui ses collabos. De plus, les auteurs et les commanditaires de cet acte ignoble continuent de courir les rues. E.Y.

Chronique d’un membre du HCR pris en otage par un commando des forces armées togolaises

Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 1992

Début de la séance plénière qui avait à son ordre du jour, principalement l’étude du projet de loi portant code de la presse et quelques questions relatives aux prochaines campagnes électorales. L’étude du projet de loi  n’a pu se faire le mardi 20 et mercredi  21 octobre du fait que le quorum n’était  pas atteint.

Le Président du HCR, en levant la séance du mercredi a insisté auprès des membres du HCR présents, d’inviter tous leurs collègues présents à Lomé à assister à la réunion du jeudi 22 octobre pour permettre l’adoption de cette importante loi, indispensable à l’avancement du processus démocratique.

Dans la soirée du mercredi 21 octobre, le Président du HCR a pris sur lui de téléphoner à plusieurs membres du HCR pour les inviter à être présents à la séance du jeudi matin. Contrairement à toute attente, trois ministres étaient sur les sièges du gouvernement. Il s’agit  de:
- M. Arégba Polo, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Chargé des relations avec le HCR
- Ouattara Fambaré Natchaba,  Ministre des Affaires Etrangères de la Coopération
- M. Agbéyomé Kodjo, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Sécurité.

            Notons au passage que les ministres avaient été interpellés par le HCR pour la séance du lundi 19 octobre et qu’ils n’avaient pas daigné se présenter, M. Natchaba étant parti à Cotonou sans aucune excuse au Président du HCR, MM. Agbéyomé Kodjo et Arégba Polo prétextant qu’ils attendaient le retour de leur collègue pour se présenter devant HCR.

N.B. : Il y a probablement un lien entre la venue des ministres  (tous trois du RPT) et la réalisation   du coup de filet organisé par les militaires sur le HCR.

Après les présentations d’usage, la séance s’ouvre sur des problèmes de procédure, les ministres arguant qu’ils avaient été interpellés à une séance à huis-clos et voudraient que la salle soit  vidée des observateurs.

Il y a là aussi une possibilité de manoeuvre de la part des ministres qui, en faisant ainsi de l’obstruction et du dilatoire pour démarrer la séance, donnaient du temps aux militaires pour mieux cerner le Palais des Congrès avant de donner l’assaut de la salle de réunion du HCR.

A 10H 20,
Irruption d’un groupe de militaires en tenue et en armes  (fusils d’assaut, pistolets, grenades, etc…) dans la salle de réunion. Le Président du HCR qui avait  la parole interrompt la séance.
Un des militaires s’avance vers lui, lui tend un document et lui demande de lire le contenu à l’Assemblée. Les autres membres du commando prennent position dans la salle. Dès lors, toutes les issues sont gardées par plusieurs militaires, les membres du HCR aperçoivent des chars et des auto-mitrailleuses déployées tout autour du Palais des Congrès.

            Le Président du HCR donne lecture du document qui, en résumé disait:

- Les FAT exigent que le HCR vote la loi pour débloquer les fonds du RPT  gelés par la CNS.              
- Elles exigent que leur quote-part  leur soit versée immédiatement car en  cette période de rentrée scolaire, elles n’arrivaient pas à résoudre leurs problèmes financiers.        
- Si dans les 48 H qui suivent, le HCR n’avait pas voté la loi, elles la dissoudraient et mettraient à sa place un  autre parlement plus représentatif du pays. Puis suit une longue litanie de  griefs contre les membres du HCR, la CNS et la Transition.      

Au passage, ils faisaient l’éloge et  l’apologie du Président de la République.

Il y eut alors un silence profond et une consternation dans la salle. Mais en aucun moment, il n’y a eu panique ni au sein des membres du HCR ni parmi les observateurs.

Le président du HCR, après un  court moment  de méditation et après avoir consulté les trois membres du bureau (...) demande aux Présidents des commissions  et à quelques membres du HCR choisis parmi les grandes tendances du HCR (…) de se retirer dans un coin de la salle pour une concertation.

Ce groupe de 10 à 12 personnes commence une concertation très tendue.

Il se dégage immédiatement deux tendances :
Première tendance : Le HCR n’a ni qualité ni mandat pour répondre aux exigences ainsi formulées par les militaires. Il faut donc le leur faire savoir et pour ne pas leur faire perdre du temps, leur demander de prendre l’acte de dissolution du HCR immédiatement. (…)
Deuxième tendance : celle-ci optait pour une déclaration du Président du HCR, déclarant l’acceptation par le HCR, du dégel des fonds du RPT et renvoyant l’exécution pratique du problème au gouvernement.

(...) Devant le risque d’énervement et de dérapage que cette décision comportait, seule la deuxième tendance a été exposée à la plénière du HCR. Par souci de responsabilité envers leur organe, les tenants de la ‘ première tendance ont gardé le silence.

Mise en place d’un comité de rédaction de quatre personnes comprenant surtout les membres du HCR proches du RPT, avec comme chef de rédaction paradoxalement le Ministre Agbéyomé Kodjo. Après une heure environ, lecture de la déclaration à la plénière du HCR, aucun vote, aucun amendement. Le texte est remis pour examen à un représentant des militaires qui part vers leur quartier général établi quelque part dans le Palais des Congrès.
Après quelques minutes, le texte revient pour signature du Président du HCR.

Les militaires informent alors le Président du HCR qu’il serait conduit à la radio et à la télévision pour donner lecture du texte à la Nation. (…).

Vers 15 H,     
Les militaires informent les trois ministres qu’ils pouvaient se retirer. Deux  d’entre eux sautent sur cette belle occasion pour s’éclipser en disant aux membres du HCR qu’ils iraient négocier leur libération. Il s’agit de M.M.  Natchaba, et Agbéyomé Kodjo. Le   troisième, M. Polo Arégba, refuse de  se retirer au motif qu’étant chargé des relations avec le HCR, il ne pouvait abandonner l’organe pendant cette grave crise politique. (...)          

A partir de 15 H,
Commence la terrible attente, le document étant désormais entre les mains du Premier Ministre et du président de la République et les militaires informés de la déclaration du HCR.
Depuis 10H 20, heure d’arrivée du commando, jusqu’à 15H, personne n’a été autorisé à quitter la salle pour satisfaire quelque besoin que ce soit aux toilettes.   

Entre 15H et 16H 30
Irruption intempestive de quelques militaires  dans la salle, proférant des menaces, insultant des membres nommément cités du HCR en particulier Ayéva et Kodjo. Nous pensons  que cette partie de la journée (de 15H 30 à 18H 30) a été de loin, la plus dure à supporter car les militaires à partir de 17H 30 ont commencé à manifester une nervosité très visible. Ils déclaraient à grands cris qu’à 18 h ils vont «commencer le BAL» et qu’ils extermineront certains membres du HCR.

Le HCR ayant donné satisfaction à leur demande, on se trouvait tout simplement piégé et livré à des militaires en délire. On sentait bien que plusieurs étaient probablement sous l’effet d’euphorisants chimiques ou tout simplement de la drogue. L’inquiétude était grande dans la salle et on craignait que le pire n’arrive.

Vers 16H 30, 
Les militaires ont autorisé deux femmes membres du HCR à regagner leur domicile en des termes tellement   orduriers qu’on ne peut les transcrire   ici.

Vers 17H,
Un groupe de personnes composé de membres de la CEN (Commission Electorale Nationale), de la Commission Ad Hoc de l’audiovisuel est aussi autorisé à quitter la salle. (...)

Vers 17H 30,
On autorise quelques personnes à se rendre aux toilettes.

A19H,
Le calme revient. L’équipe de militaires qui était présente devant la salle depuis 10H 20 a été  remplacée par une autre, plus calme, donc moins agressive.

            Une longue nuit commence alors faite d’incertitudes en tous genres.

            On peut dès lors faire la constatation suivante:
            - A partir de quelques indices, on savait que le coup avait été organisé par des éléments du Régiment Para-commando (RPC) tant de Kara que de Lomé (CETAP) auxquels se sont jointes des unités de la FIR et probablement du Régiment Commando de la Garde Présidentielle (RCGP).

A la tombée de la nuit, d’importants renforts ont étéacheminés sur les lieux (tant en hommes qu’en matériel). Ces renforts  venaient de la FIB et probablement du RCGP. (...)

C’est aux environs de 20h 30, lorsqu’une forte déflagration a retenti non loin du Palais des Congrès, que l’inquiétude s’est à nouveau emparée des otages que nous étions devenus. (…)

La douche écossaise arrivera vers 21 H. Depuis 15H que les deux ministres Natchaba et Agbéyomé Kodjo étaient partis, nous étions sans nouvelle du Premier Ministre.

            Il va se manifester par un message totalement incongru, adressé à certains membres du HCR. Le Premier Ministre exigeait de ces membres,  dont il a pris soin de donner la liste, qu’ils signent une déclaration par laquelle ils approuvaient la déclaration lue à la Nation par Mgr Kpodzro vers 14H. Cette démarche du Premier Ministre en direction des membres du HCR gardés en otage a reçu la désapprobation non seulement des otages mais aussi et surtout des militaires qui les gardaient. (...)

            La tension a monté de plusieurs crans, certains Hauts Conseillers allant jusqu’à proposer qu’un acte soit immédiatement pris par le HCR pour destituer le Premier Ministre. (…)

Il a fallu beaucoup de courage pour convaincre les 7 ou 8 personnes ainsi ciblées de signer le document qui tenait en une seule ligne. (...)

Vendredi 23 octobre

Vers 2H du matin, grosse surprise.
Le Président du HCR nous annonce que le Président de la République qui avait promis nous rendre  visite vers 20H n’a pu venir car au moment où il s’apprêtait à le faire, il n’a trouvé aucun chauffeur ni escorte pour l’accompagner.

Il a cependant pensé à nous et a chargé son cuisinier particulier de nous apporter à manger. (...)

C’est à l’aube qu’à nouveau la tension va remonter. Vers 5H du matin, les militaires nous informent que le Premier Ministre a fait une déclaration dans la nuit à la BBC par laquelle il s’oppose fermement au déblocage des fonds du RPT.

Tout en voyant à l’évidence que le HCR n’était pour rien dans l’attitude du Premier Ministre, les menaces contre les otages ont à nouveau repris. (...)

Vers 7H 30,
Apparition de 2 ministres (M. Bouraïma Inoussa de la Défense et M. Agbéyomé Kodjo de l’Administration Territoriale et de la Sécurité). Ils apportaient un document dactylogra­phié qui devait être immédiatement signé par le Président du HCR pour assurer notre mise en liberté.

Ce document avait été, selon eux, dicté dans la nuit par les directeurs des organismes financiers de la place et qu’il ne fallait toucher à aucune virgule du texte. Le document était une sorte de mandat vague que le HCR donnait aux responsables du RPT de puiser à volonté dans les comptes du parti unique parti état, dès lors que ces comptes seraient débloqués. (...)

            Après près de 3/4d’heure de discussions laborieuses, le Président du HCR s’est décidé à signer le do­cument en l’état, en déclarant à haute et intelligible voix, afin que tout le monde l’entende dans la salle et autour de la salle que malgré tout ce qu’il pensait des méthodes utilisées en ce moment précis, il posait cependant un acte en son âme et conscience et invitait tout un chacun à y réfléchir profondément, et à tirer toutes les conséquences qui en découlaient. (...)

Vers 9H 3O,
Un soldat fait son entrée dans la salle, esquisse une révérence gauche et déclare qu’il a été chargé d’annoncer aux Hauts Conseillers, leur libération très prochaine. (...)

Quelques  minutes après, un groupe de soldats et d’officiers (environ 7 à 8) fait son entrée dans la salle.

            Fouille minutieuse au corps et dans les sacs des observateurs et des membres du Haut conseil, alignés au fur et à mesure le long du mur dans la salle (côté sud). Puis  on les invite à se rasseoir.

Le groupe d’officiers revient et invite alors les Chefs de partis politiques du HCR à les suivre. Un premier groupe de 5 chefs de partis les suit (Ayéva (PDR); Kodjo (UTD), Agboyibo (CAR), Péré (RPT) et Diabo (UDI).(...)                         
Arrêt dans la salle du rez-de-chaussée. L’officier qui commande les opérations se ravise. Il donne alors l’ordre à M. Péré de partir et aux quatre autres de le suivre au 1er étage. Arrivés sur le palier, il immobilise le groupe, demande à M. Ayéva  de se mettre à l’écart, à MM. Kodjo et Agboyibo de former un groupe. M. Diabo se retrouvera seul à l’autre bout. C’est alors que commence la  série de sévices corporelles. 

            Trois soldats (deux armés de ceinturons de paracommando et un autre d’un bâton) s’avancent vers M. Ayéva et lui  demandent d’ôter sa veste et se coucher à plat ventre.

Nul ne peut savoir le nombre de coups qu’il a reçu en quelques minutes sur le dos, sur les fesses et sur les cuisses, les soldats s’étant partagés ces trois parties de son corps.

L’officier s’avance alors vers MM. à Kodjo et Agboyibo et ordonne de donner à chacun d’eux une gifle.

La gifle de M. Kodjo part, violente,  terrible, qui le déséquilibre et l’envoie au sol. Un soldat profite de cette position de Kodjo pour lui appliquer un violent coup de ceinturon dans le dos. L’officier réagit instantanément, vilipende le soldat et l’exclut du groupe. Puis c’est au tour de M. Agboyibo. Il interroge l’officier sur la nécessité de nous battre ainsi. Celui-ci lui répond que : «Ce sont les  instructions reçues» (ou consignes). Ce qui péniblement fut fait.

Après cette opération des plus sordides, le groupe se dirige vers la sortie et la liberté, immédiatement succédé par d’autres Hauts Conseillers pour les corrections d’usage.  (MM. Ayéva Souleymane de l’ATLMC, Nicolas Lawson, etc...). Dans cette série de bastonnades, il faut aussi signaler le sort atroce que les militaires ont réservé à M. Gozo (CDPA) et à Me Doe Bruce. Le premier groupe qui quitte le Palais des Congrès est composé de 6 personnes (Ayéva Zarifou, Agboyibo,  Edem Kodjo, Diabo, Ayéva Souleymane et Nicolas Lawson). (...)

C’est alors que nous constations, les dégâts occasionnés aux véhicules des membres du HCR. Plusieurs d’entre eux sont tout simplement, hors d’usage : la 505 de Mgr Kpodzro, la Nissan Patrol de Edem Kodjo,  la 405 de Zarifou Ayéva, la 505 d’Agboyibo, la Mercedes de M’Ba Kabasséma, etc... n’étaient plus qu’un amas de ferrailles méconnaissables.

C’est en arrivant à nos domiciles que nous apprendrons le traitement qui a été réservé toute la journée et dans la nuit de jeudi à nos chauffeurs, policiers et hommes d’escortes.

Les militaires se sont acharnés en particulier sur le chauffeur de Mgr Kpodzro sur celui de Zarifou Ayéva qui à un moment, s’est même évanoui, sur celui de Edem Kodjo. Le chauffeur de Me Agboyibo n’a dû son salut qu’à la fuite.

Pour récupérer 300 millions qui ne règleront aucun problème particulier à chacun des 12.000 militaires des FAT, un commando de notre armée nationale a réalisé l’irréparable, c’est-à-dire la dislocation des organes de la transition. Que va t-il arriver maintenant ? L’avenir qui s’annonce très dur et très pénible nous le dira.
Fait à Lomé, le 26 Octobre 1992

Source : NYAWO
Tribune Libre pour la démocratie
N°5 Nouvelle Série-Novembre 1992

Rawlings en Allemagne pour mobiliser la section Togo du Front de Libération des Peuples Africains

            Dans le cadre de sa lutte pour l’instauration de réelles conditions de développement du continent africain, le Front de Libération des Peuples Africains (FLPA). Branche-Togo organise demain 21 octobre 2006 à Euskirchen en Allemagne un Forum sur la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme. Cette rencontre verra la participation de l’ancien Président ghanéen, John Jerry Rawlings. Il présentera des communications sur les thèmes : «La promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance dans la région ouest-africaine» ; «Les Droits de l’homme et la sécurité en Afrique, notamment au Togo».

            Outre l’ancien Chef d’Etat ghanéen, d’autres personnalités à l’instar de M.M. Christ Addy-Nayo, Consultant de la politique commerciale des Nations Unies ; Martin Schulz, Chef des parlementaires socialistes au Parlement Européen ; Jurgen Roters, ancien Président de gouvernement de la Rhénanie Westphalie du Nord ; Mme Hilde Scheidt, Maire adjointe d’Aachen et membre du parti des Verts ; Kwassi Tamakloe, Responsable du NDC-Allemagne  et Henry Kwamitsè Hote, Chef Exécutif du FLPA-Togo seront de la partie. Ils développeront respectivement les thèmes : La Banque Mondiale et l’économie africaine ; La vision des sociaux-démocrates européens pour le développement de l’Afrique ; La sécurité dans les pays en développement ; La politique écologique mondiale et la volonté de développement économique de l’Afrique ; Présentation du  NDC (National Democratic Council) ; Le FLPA-Togo : Genèse et Objectifs. Mais avant toutes ces communications, la modératrice Mme Esther Agbalegnon, Responsable GAD (Groupe Africain de Développement) aura l’honneur de prononcer le discours d’ouverture. L.H

Libertinage

Ça s’appelle des nègreries!
            Il y a quelques semaines, les journaux togolais ont fait état de ce que le Fonds Mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose a suspendu sa coopération avec le Togo. Cette information, les journaux ne l’ont pas inventée. Elle émanait des associations de lutte contre le VIH/SIDA. Et certains canards ont même publié la lettre que le Fonds Mondial a adressée à ces différentes structures. Mais avant cela, nous étions à maintes reprises revenus sur les dysfonctionnements constatés dans la gestion du Fonds et nous avions bien dit que si rien n’était fait à temps, le Togo pourrait se voir sanctionné. Cette suspension du Fonds Mondial a amené les malades du SIDA à sortir de l’anonymat et à aller manifester à la Primature. C’est cette situation qui prévalait avant l’arrivée la semaine dernière au Togo d’un type bizarre qui serait le Directeur de l’Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds Mondial. Sept consonnes, quatre voyelles et une apostrophe font son nom et prénom : N’Gom Mabingue.

En bon Africain, le gars a dit beaucoup de désordres et finalement, on ne sait plus où se trouve la vérité. N’est-ce pas curieux que la personne dont les services ont signifié aux autorités togolaises la suspension du Fonds vienne dire que c’était un malentendu et que « nous avons espoir que le Togo va continuer à bénéficier de l’appui du Fonds » ? Ce N’Gom s’est comporté comme si ce sont les journalistes qui ont inventé cette affaire de suspension du Fond et celle des détournements des fonds. « Il y a une certaine presse qui fait état des détournements de fonds », balbutiait-il. Que ça n’est pas sérieux ! C’est malhonnête et indigne de quelqu’un qui gère une structure de cette envergure ! S’il voulait faire plaisir aux autorités togolaises, avait-il besoin de tenir ces détritus ? Pourtant, en mars dernier, le même type était à Lomé où il a constaté beaucoup d’anomalies dans la gestion du Fonds. A l’époque, le détournement de 700 000 dollars soit 350 000 000 F CFA avait été détecté. C’est fort de ces manquements qu’il avait annoncé aux associations un possible arrêt de la mise à disposition  du Togo de ce Fonds. Non! Que les gens cessent de prendre les Togolais pour des cons!

La guérilla de Fo Nico, c’est pour quand?
            Un homme averti en vaut plusieurs, dit-on. On a l’impression que les gouvernants prennent tout à la légère. Ils avaient gentiment «écarté» des pourparlers intertogolais d’avril  à août dernier certains leaders politiques et non des moindres. Il fallait être RPTiste, «Zopposant culturel»,  pardon traditionnel ou de la société para-commando, que dis-je, civile pour y être autorisé. Les Zopposants façon façon là étaient indésirables ; lucides, modérés, républicains, indécis, intelligents, on n’en voulait pas. C’est ainsi que Fo Nico même était oublié malgré sa Bible de Jérusalem en main. Le gars avait mal supporté cet «écartement». Il a encore été victime d’une discrimination quand Agbo a sorti le 20 septembre dernier son gouvernement. Le type, très courroucé, avertissait depuis quelques temps que si son parti n’est pas représenté à la CENI, il déclencherait une «guérilla». Nous, ça nous a tellement fait peur qu’on a cherché le vrai sens du terme. Selon le Petit Larousse, il signifie: «guerre de harcèlement, d’embuscades, de coups de main menée par des unités régulières ou des troupes de partisans».

            Ça  fait sept bons jours que la CENI a été formée et mercredi ses membres ont prêté serment. Mais la guérilla de Fo Nico tarde à démarrer. Ou bien il est en train de rassembler ses troupes pour passer à l’assaut ? Semble-t-il que sa directrice de campagne, la dame aux Lumumba sera aussi de la partie. Nous on a eu très peur après les menaces de Fo Nico parce que quand un aveugle dit qu’il va te lancer une pierre, c’est certainement qu’il a déjà mis son pied là-dessus.

            Mais entre nous, est-ce seulement d’une guérilla verbale que parlait Fo Nico?

Rockvi  «wolé woégbé, éboa mou dio»…
            Quand nous on parlait, on dit que c’est parce que c’est un Gnassingbé que nous sommes contre lui. Ça fait «vinvan» qu’on criait que Rockvi a un coffre-fort dans sa poche et qu’il «mangeait» gentiment les fonds de la FTF. On a parlé mais personne ne nous a écoutés. Aujourd’hui, les preuves sont-là. Ce sont les gendarmes de la FIFA/CAF qui viennent de découvrir le pot-aux-roses. Il y aurait «un trou de 35 millions». C’est d’ailleurs ce qu’on avait écrit. Mais quand un ancien élève de CE2 B chez Mme Agbota à l’EPP Afagnan-Centre a vu ça, il s’était perdu dans des supputations. Il n’avait rien compris. Pour lui, «millions» serait synonyme de « mètres ». Donc il concevait que c’était un trou de « 35 mètres » puisqu’il a pensé à sa profondeur. Deuxième hypothèse, c’est que le trou qu’on a découvert était rempli d’une somme d’argent d’un montant de 35 millions. On n’a pas eu le temps de lui demander si c’est, selon lui, en pièce ou en billet. Il a fallu toute une journée pour qu’il comprenne. Passons.

            Rock par le biais du Trésorier Général Adjoint de la FTF a jonglé les calculs mais n’est pas arrivé à justifier les 35 millions qui ont disparu «piam». Un type dans notre quartier qui souffre d’une «anémie intellectuelle» disait que si lui, il était à la place de Rock, il dirait que ce sont les «hozla» de Béniglato qui l’ont braqué et ont puisé seulement 35 millions et lui ont laissé le reste. Nous, on se pose beaucoup de questions sur l’utilisation que Rockvi a faite de ces sous. Est-ce qu’il a acheté un lot de terrain avec ? Ou bien il a joué du loto? C’est quand on se perdait dans nos idées qu’une chanson nous est venue à l’idée : «Wolé woégbé, éboa mou dio» (on t’a eu aujourd’hui, ton gris-gris n’a plus marché)...

La cour constitutionnelle et  nos Zopposants
La politique c’est vraiment un vilain jeu. Il nous a paru clair que le pouvoir ne veut pas de l’UFC. La preuve est qu’il a tout fait pour le dribbler à propos de la nomination du PM. C’était en son sein qu’il devrait être choisi. Mais le régime l’a dribblé pour aller nommer Agbo. Ensuite le parti s’est plaint de n’avoir pas été consulté pour la formation du gouvernement. Faure-vi et les siens ont plutôt cherché à débaucher des gens «à titre personnel». On a compris que le pouvoir ne veut vraiment pas de lui. Les Togolais n’avaient pas apprécié les propos de Yovovia après la nomination de Agbo PM. Mais ils lui ont presque pardonné après coup. Surtout que le parti se disait prêt à participer par contre à la CENI. Ce qui est d’ailleurs effectif depuis le 13 octobre dernier.

            Il était dit au cours du Dialogue que la Cour Constitutionnelle doit être recomposée pour des soucis de crédibilité car elle n’est pas  saine dans sa composition. On sait qui fait ou a déjà fait quoi là dedans. Mais les Togolais ont été étonnés de voir les représentants des partis d’opposition aussi aller dire, devant cette cour mercredi dernier « Je jure de … » machin machin. Les zopposants-là, ils font quoi finalement ? La Cour-là, ça peut rester comme ça?

A qui le tour?
Après l’Union sportive de Masseda (USM) et l’Etoile Filante de Lomé, à qui le tour? De sources «concordantes, dignes de foi et très sûres», Agaza ne serait pas prêt à aller jouer à Womé dimanche prochain pour le compte de la 5ème journée du championnat de première division. Ces «boudements» trouvent leurs origines dans les violences qui ont caractérisé les matchs du championnat la saison dernière dans l’antre de Maranatha. Les clubs qui ont été amicalement violentés là-bas ne comprennent pas que «Rockvi-l’argent» soit resté imperturbable et fasse comme si de rien n’était. Ils clament haut et «faure» que si aucune solution n’est trouvée à ces problèmes, ils n’iront plus à Womé. Les scorpions «Rouges» de Tokoin qui se sont fait couper les dards ne veulent plus revivre la même mésaventure. En tout cas, tous ceux qui ont assisté aux scènes de «guidi guidi» à Womé disent que l’endroit est une poudrière où il pète comme à Tikrit en Irak où à Djalàlàbàd en Afghanistan.

Les Woméens sont-ils devenus des membres d’Al quaïda (ces messieurs aux barbes longues qui sèment panique et désolation sur leur passage) au point que personne ne veuille les côtoyer?

Rockvi toujours, au pouvoir!
Décidément, ces fils à papa aiment trop le pouvoir. Il paraît que la chose est dans leur sang. Comment on va prendre pour faire ? Ne dit-on pas que tel père, tel fils? L’autre «footeux» qu’on appelle « Roc », c’est-à-dire dur comme caillou et qui dirige dangereusement la Fédération est «décédé» à s’y accrocher. On dit qu’il dit qu’il ne  quittera pas son poste, même si on amène les « nouvelles vieilles » grues géantes de Dupuydauby pour le soulever, et qu’il veut battre le record de son père en faisant seulement 42 ans au pouvoir de la FTF. C’est pourquoi il a demandé aux présidents des ligues de «Pya yang» de faire pétition pour chanter «Mim ledi amedekewo, Rockvi ye miledi» (on ne veut personne d’autre que Rock) pour prouver à «AFIWA», pardon à la FIFA que c’est les Togolais qui ne veulent pas  qu’il quitte son poste. N’est-ce pas que dans les années 70, Gnassingbé Père avait voulu abandonner le pouvoir et que les Togolais se sont agenouillés devant lui pour lui dire qu’il est le messie, le Christ en chaîne et en or et que s’il part, ce serait le déluge? Donc, il veut faire comme papa.

D’ailleurs n’avait-on pas chanté la même chanson pour le père et il a « mouru » au pouvoir? Qui sait si on faisait la même chose pour le fils, lui il ne m… pas au dépotoir?

Plus de foutaises télévisées
A quelque chose malheur est bon, dit-on. Depuis que l’autorité de réglementation des médias a interdit la publicité des médicaments, certaines chaînes de télévision se sont mises  au goût du temps et offrent des images beaucoup plus saines aux téléspectateurs. La RTDS propose à la place des sornettes et autres  élucubrations que des vendeurs d’illusion débitent à longueur d’heures sur les écrans, le jeu «A prendre ou à laisser » et «Krash zone, les vidéos les plus incroyables», des émissions fort appréciées. Cela évite aux téléspectateurs de la migraine que leur causaient des tradithérapeutes en vestes fripées qui les intoxiquent avec des foutaises télévisées.

L’autre chaîne de  «l’éminenssissime Professeur Docteur Pasteur Adjaho» qui a été durement frappée par la mesure, passe très tôt déjà, à partir de 20 h, ses films ibos et ne trouble plus le sommeil de paisibles citoyens avec ses divagations. Il se raconte que le pasteur Luc Russel s’est offert l’exclusivité des films ibos et qu’on doit désormais passer la commande chez lui. Vrai ou faux? On ne saurait le dire.

Au fait, qu’allait devenir cette boîte s’il n’y avait pas ces films made in Nigeria?

 

 

 

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