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Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Conférence d’Augustin Améga à l’Université Bordeaux 3 Débat sur un tournant historique de la presse togolaise
Le Centre d’études des médias, de l’information
et de la communication de l’Université Bordeaux 3,
spécialisée dans les lettres et les sciences sociales,
a accueilli Augustin Améga le 23 octobre 2006, pour une
conférence de qualité sur la presse écrite
au Togo. La manifestation s’est déroulée à la
Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine devant un
parterre de chercheurs, doctorants et personnes intéressées. Du «sassa-tionnel»De la difficulté d’accéder à l’information officielle à la publication de rumeurs entendues sur Radio-trottoir, en passant par le manque de professionnalisation d’une grande partie des journalistes du pays, les particularités de la presse togolaise convergeaient vers le « sassa-tionel ». Ce néologisme renvoie à la nécessité de vendre chaque journal par tout titre accrocheur, la publicité faisant cruellement défaut à cette activité qui en a pourtant structurellement besoin. La faiblesse du lectorat – due à un taux d’alphabétisation et un pouvoir d’achat restreints – explique également les difficultés économiques rencontrées. L’extrême politisation des journalistes, résultat de l’histoire et de la fracture politique pro ou anti Eyadéma qui a longtemps prévalu chez ces acteurs engagés de la société civile, a aussi été évoquée. Selon le conférencier, cette frontière va s’estomper progressivement, avec la poursuite du processus de démocratisation, car journalisme d’information devrait progressivement remplacer journalisme d’opinion au Togo. Des enjeux et perspectives liésIl n’est pas étonnant de trouver des enjeux et des
perspectives directement liés à ces particularités,
notamment la nécessaire formation des professionnels de
l’information et la diversification des contenus, qui fait
pour le moment défaut aux journaux. De l’interdépendance presse-politiqueDe nombreuses questions sont venues de la salle. Parmi elles, la liberté de la presse et l’autocensure des journalistes ont fait débat. «Ce qu’ont remarque au Togo, c’est la différence incroyable entre la liberté de la presse écrite, où l’on peut maintenant tout dénoncer, et la radio encore très contrôlée!» s’exclame Etienne Damome, doctorant togolais en sciences de l’information et de la communication. «Vous n’ignorez pas que la presse reste un fait urbain, même loméen, et élitiste. Elle apparaît moins dangereuse que la radio qui touche tout le monde…» répond M. Améga. « La presse participe-t-elle la construction de la société civile en tant de paix?» demande un autre. «Pas assez, répond Augustin Améga, qui ajoute: nos contenus ne sont pas assez tournés vers la médiatisation des actions de la société civile, même si personnellement je fais tout pour ouvrir mes colonnes aux associations. C’est vrai nous devons aider à renforcer l’Etat de droit, à œuvrer à la construction d’une société civile structurée». Une forte tension existe donc entre rôle décisif de la presse en tant de crise et sa structuration en tant de paix. La presse est un parfait du monde politique au Togo. Avec la décrispation progressive de la situation politique, journalistes et hommes politiques doivent faire leur examen de conscience, afin d’assainir leurs mondes respectifs et interdépendants. «Restons vigilants, conclut M. Améga, car, tout comme le pays, on ne pourrait pas encore affirmer que la presse togolaise est définitivement à l’abri du péril». Brice Rambaud
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