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Sommaire
Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Malheureusement, l'intempérance politique
des uns et l'incapacité des autres à anticiper et à saisir
des opportunités politiques qui se présentaient ont
repoussé cette perspective espérée par notre
pays. Néanmoins, la mobilisation et la détermination
qui ont été les vôtres face à des expérimentations
politiques hasardeuses, ont permis de comprendre notre soif de
liberté et notre aspiration profonde à voir et faire
les choses autrement. Je me réjouis surtout que cette mobilisation
et cette détermination ne se soient point émoussées
malgré les déceptions qui ont marqué la gestion
des évènements que notre pays a traversé.
Il me plait ici d'exprimer à la diaspora togolaise toute
entière ma gratitude et ma reconnaissance pour sa mobilisation
qui, en grande partie, a déterminé certains pays
amis, notamment les Etats-Unis, l'Allemagne et la France à user
de leur influence et de leurs dispositifs pour me protéger,
sauver ma vie et me sortir des difficultés que je traversais
durant cette période de l'histoire de notre pays. L'amitié et
la sympathie que vous m'avez témoignées me sont allées
droit au cour et m'ont montré à quel point ce La gouvernance festive comme solution aux déchirements? Malheureusement, à la place d'une politique audacieuse de recherche de la vérité pour arracher la réconciliation, ceux qui ont confisqué le pouvoir le 5 février et le 24 avril 2005, continuent de se tromper de voie en privilégiant une politique et une gouvernance festives. En effet, depuis neuf mois, aucune initiative crédible d'apaisement n'a été prise par les héritiers du Général Eyadema, hormis les pieuses professions de foi et les belles déclarations d'intention. Et quand je parle de gouvernance festive, croyez-moi, je ne fais que constater ! Alors que le peuple meurtri et endeuillé attend des signes réels qui puissent ramener la confiance, on passe son temps à célébrer à grands frais des anniversaires. Des dates qui divisent les togolais continuent d'être célébrées alors que celui qui avait bâti le mythe de son pouvoir autour de ces dates n'est plus de ce monde : 28 juin, date anniversaire du décès de la mère du Général Eyadema ; 23 septembre, date anniversaire de la prétendue ''victoire des forces du bien sur les forces du mal'' ; 3 et 5 janvier, dates anniversaires de la mort des frères du Général Eyadema ; 24 janvier, date anniversaire de la ''libération économique contre l'impérialisme impénitent''. Et naturellement, tout le mois de février est mobilisé par l'Etat pour les funérailles du Général Eyadema. Mais plus cynique, le 13 janvier, et à grands frais, malgré la nouvelle ère prônée, on utilise les moyens de l'Etatpour parader à l'occasion de l'anniversaire de l'accession au pouvoir d'un président pourtant aujourd'hui défunt, en feignant d'ignorer qu'à cette date, a été assassiné le premier président togolais. Dites -moi : comment peut-on réussir à recoudre les déchirures et à mettre ce pays au travail si on passe son temps à faire la fête et surtout à raviver les vieilles querelles et les frustrations liées à des évènements douloureux ? La réconciliation est pourtant possible. En réalité, à la place du folklore, le togolais meurtri par les évènements sanglants qui ont précédés et suivis le scrutin du 24 avril attend des initiatives crédibles pour retrouver la confiance perdue et réapprendre à vivre ensemble. Ces initiatives nécessaires pour retrouver la confiance, relèvent du bon sens, et permettez moi, sans être exhaustif d'en noter quelques unes: 1 - Donner une suite judiciaire au rapport des Nations Unies
2 - Un nouveau contrat politique Si on ne veut pas que le TOGO bascule et sombre dans l'abîme, il faut très rapidement sceller un nouveau contrat politique et un nouveau départ pour ses enfants. Les sempiternels dialogues ont montré leurs limites et n'ont guère réussi à régler les grands problèmes qui minent la marche de notre pays vers le progrès. Dans ces conditions, une table ronde de réconciliation nationale réunissant les principaux acteurs politiques, débarrassés de leurs vitrines partisanes s'impose pour sceller un nouveau contrat politique ainsi qu'un nouveau départ. Cette table ronde devra déboucher sur un accord politique et une feuille de route. Celle-ci devra être exécutée sous l'autorité de la Communauté internationale pour permettre d'organiser des élections sécurisées par une force militaire internationale comme ce fut le cas en 1994. Les pays amis, l'Allemagne, les Etats Unis et la France, devront savoir qu'il est temps de régler les problèmes de manière objective, efficace et rapide, si on veut sauver la paix dans cette région du Golfe de Guinée. Et c'est bien possible, mais il ne faut pas attendre le pire avant d'intervenir. Il faut sauver la paix pendant qu'il est encore temps. 3 - Restructurer l'armée et la mettre en adéquation avec les valeurs républicaines et démocratiques Mais quelles que soient les réformes politiques, nous ne réussirons à mettre le Togo véritablement sur la voie du progrès politique que lorsque la donne de l'armée, c'est à dire celle de l'institution militaire, aura été réglée. Il s'agit de restructurer l'armée en procédant d'abord à son audit fonctionnel en vue de proposer, le cas échéant, des pistes de réforme avec certains axes d'effort : - Distinguer clairement l'armée de la gendarmerie en orientant la première vers les missions de défense de l'intégrité territoriale et en confiant à la seconde, ainsi qu'à la police, les missions de sécurité publique. - Suspendre les recrutements pour mieux maîtriser les effectifs. La maîtrise des effectifs devra générer des ressources suffisantes pour développer une politique sociale et sanitaire dans les armées en vue de garantir à chaque soldat le minimum de soins, de bien-être, que requiert l'état des obligations militaires . Ceci est important pour le moral de nos soldats qui pourront ainsi se mettre à l'abri des instrumentalisations politiques au cours desquelles, ils espèrent, en commettant de basses besognes, s'assurer des promotions, voire des espèces trébuchantes. - Enfin, aucune réforme dans ce secteur ne peut prospérer si une redéfinition d'un programme de formation insistant sur les valeurs d'éthique militaire, en conformité avec les règles constitutionnelles, le règlement de discipline générale des armées, n'est élaborée au profit de nos forces armées. 4 - Retrouver la constitution de 1992 Le peuple togolais a aussi, et c'est la quatrième
initiative rapide à prendre pour préparer les voies
encore précaires de la réconciliation, le peuple
togolais, disais-je a aussi besoin de retrouver la constitution
de la quatrième république de 1992, la seule en réalité qui
a reçue son approbation. Celle-ci a été plusieurs
fois galvaudée et révisée pour permettre au
Général Eyadema de s'éterniser au pouvoir,
et Transcender les divisions qui minent la lutte pour le progrès Face à l'immobilisme et au manque de volonté du
régime qui se cherche, seule une unité d'action ou
tout au moins une harmonie permanente des forces politiques de
progrès peut permettre de bousculer la donne et d'obtenir
des engagements beaucoup plus sérieux. Dans cette perspective,
les forces de progrès doivent transcender leurs divergences
au profit de l'intérêt général afin
de voir s'agrandir les rangs de ceux qui luttent pour le progrès.
Le temps de divisions intestines, des crocs-en-jambe et des dribbles
les plus insoupçonnés qui ont miné et entamé le
travail des forces du progrès doit être révolu
au profit d'un nouveau départ fondé sur la confiance,
le bilan d'étape et les stratégies nouvelles. Depuis
ma précédente fonction de ministre de l'intérieur,
j'ai pu observer très amusé parfois, mais souvent
peiné, comment ces luttes intestines ont fragilisé le
combat pour le progrès et donner de nouvelles ressources à l'immobilisme
et au statut quo dans notre pays. Les forces qui militent pour
le progrès et surtout les figures emblématiques qui
les incarnent doivent se rendre à l'évidence qu'il
n'y a pas d'autres alternatives en dehors de l'union sacrée.
Car aucune d'entre elles prise isolément ne peut gagner
seule cette noble bataille pour le progrès. En réalité,
l'heure de la compétition politique légitime n'a
pas encore sonné et ce n'est pas de l'ocuménisme
lorsqu'il faut s'unir pour rechercher des stratégies efficientes
et poser les bases d'une future compétition loyale et équitable
afin que triomphe la liberté. Il est temps de comprendre
rapidement cette vérité politique pour transcender
les clivages politiques et arracher la liberté pour ce peuple
qui aura tant lutté pour le progrès. Mesdames, Messieurs,
Depuis quelques années, les rangs de ceux qui croient au
progrès pour notre pays ne cessent de s'agrandir par l'arrivée
soudaine de ceux qui hier comme moi ont cru pouvoir réformer
de l'intérieur un système établi. Oui, je
fais partie de ces nouveaux venus dans les rangs des forces du
progrès, mais j'espère profondément queparfois
les vendanges tardives peuvent aussi faire de bons vins. Faut-il
se plaindre de voir le nombre de nos concitoyens qui croient au
progrès augmenter ? Non. Je ne le crois pas. Ce phénomène
est la preuve que les valeurs du progrès peuvent parfois
transcender les clivages politiques et animer les hommes et les
femmes qui incarnent pourtant des camps diamétralement opposés.
Nul ne peut prétendre avoir le monopole de la lutte pour
le progrès. Et celle-ci ne se lit pas seulement à l'aulne
du clivage opposition-pouvoir. Le progrès reste une valeur
transversale et soyons toujours fiers de partager cette valeur
avec ceux qui hier ont pu donner l'impression vraie ou fausse qu'ils
la combattaient. C'est la victoire de la démocratie de voir
les rangs de ses partisans s'élargir. La tentation grande
et puritaine parfois de distinguer les démocrates pur sang,
des progressistes de dernière minute non seulement est caricaturale
et souvent fausse, mais est aussi périlleuse pour le noble
combat du progrès. Gardons-nous des clichés. Dans
ce combat difficile, aucune volonté progressiste n'est de
trop pour défaire un système qui nous empêche
de nous aimer, de fraterniser et de bâtir une ambition collective.
Voilà pourquoi, nous avons le devoir de faire preuve d'inventivité pour
redynamiser la lutte pour le progrès et refaire naître
l'espoir au sein d'une population désabusée.
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