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Lomé la capitale
Pourquoi
gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
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La France échoue à imposer ses vues à Abidjan
Malgré ses efforts, Paris n'a pas réussi à obtenir
du Conseil de sécurité de l'ONU une résolution
permettant de marginaliser le président Gbagbo.
Après d'intenses tractations au siège
de l'ONU, la résolution 1721 sur la Côte d'Ivoire,
d'inspiration française, a été adoptée
par le Conseil de sécurité mercredi soir. Elle maintient
Laurent Gbagbo à la tête de l'État ivoirien
pour une nouvelle année, ce qui reporte d'autant l'organisation
des élections.
Elle semble renforcer les pouvoirs du premier ministre de consensus
imposé par la communauté internationale, Charles
Konan Banny. Ce dernier «doit disposer de tous les pouvoirs
nécessaires, de toutes les ressources financières,
matérielles et humaines requises et d`une autorité totale
et sans entraves (...) et il doit pouvoir prendre toutes les décisions
nécessaires (...) par ordonnance ou décret-loi».
Il dispose de «toute l'autorité nécessaire
sur les Forces de défense et de sécurité de
Côte d'Ivoire».
Or, ses pouvoirs ne sont renforcés qu'en apparence. Il s'agit
d'une reformulation à peine plus précise, de la résolution
1633 de 2005, qui accordait déjà au premier ministre « tous
les pouvoirs nécessaires (...), en particulier dans les
domaines de la sécurité, de la défense et
des affaires électorales ».
Malgré l'échec avéré du tandem Gbagbo-Banny,
la France n'a obtenu l'unanimité sur le texte qu'en cédant
sur toutes les modifications qu'elle proposait. Paris aurait voulu
en particulier que la résolution prime sur la Constitution
ivoirienne. Les États-Unis et le Royaume-Uni y ont fait
obstacle. Pour eux, un État ne peut plus être considéré comme
souverain si on s'attaque à sa Constitution.
Le premier ministre, qui n'a pas obtenu la pleine et entière
autorité sur les forces de l'ordre, reste à la merci
de la rue. Les Jeunes Patriotes favorables à Gbagbo,
avec l'aide plus ou moins tacite des militaires ivoiriens, risquent
d'entraver ses prochaines réformes. Il n'est toujours pas
permis à Banny de nommer aux emplois militaires et civils.
Maigre consolation, il pourra choisir ses gardes du corps.
Gbagbo reste «à la barre»
Banny n'est pas dans une logique d'affrontement. Et il ne dispose
pas d'un cadre juridique clair qui lui permette d'obtenir ses pouvoirs.
Gbagbo pourra toujours invoquer la Constitution, qui donne un rôle
prépondérant au président, pour bloquer ses
projets. Par ailleurs, le premier ministre ne dispose d'aucun moyen
de coercition, comme l'armée ou la Police. Pour finir, l'opposition,
au lieu de le soutenir, dépense beaucoup d'énergie à critiquer
le fait qu'il préfère le tandem au duel avec Gbagbo.
Le président, lors d'un discours télévisé,
a rappelé hier qu'il restait le chef, « à la
barre ». « Je salue et remercie tous les pays membres
du Conseil de sécurité, qui ont rejeté toute
possibilité de subordination de la Constitution d'un État à une
décision d'une organisation internationale, fût-elle
l'ONU », a-t-il dit. Le président a appelé à la
sérénité et mis en garde contre toute tentative
de manifestation. L'opposition sait à quoi s'en tenir. Si
elle se risque dans la rue, elle y rencontrera la police, qui vient
de recevoir, par décret présidentiel, le renfort
de l'armée.
La France vient de connaître une nouvelle désillusion.
Elle touche du doigt les limites de son action en Afrique. «La
France a placé la barre très haut, et n'a rien obtenu.
Elle n'a pas été suivie par ses alliés africains
traditionnels et s'est retrouvée isolée au Conseil
de sécurité, analyse un responsable de l'ONU. Personne
ne semble pressé de régler ce conflit, à part
la France, à qui cela coûte 250 millions d'euros par
an pour maintenir 4 000 militaires sur place. Tout le monde pense
qu'il faut laisser mûrir la crise, et que la solution viendra
des Ivoiriens.»
Le Figaro.fr
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