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Malgré le témoignage de Me François Boko:

Paris s'oppose aux demandes d'arrestation de Robert Montoya et de deux mercenaires

08 novembre 2006

Le parquet du tribunal aux armées de Paris (TAP) s'est opposé aux demandes d'arrestation de deux mercenaires biélorusses présumés, soupçonnés d'avoir bombardé le camp français de Bouaké (Côte d'Ivoire), et du négociant français Robert Montoya, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Ces trois demandes avaient été formulées le 10 février 2006 par la juge d'instruction Brigitte Raynaud, qui a depuis quitté ses fonctions, remplacée par sa collègue Florence Michon.

Dans un réquisitoire du 5 septembre, le procureur du tribunal aux armées, Jacques Baillet, n'a pas jugé opportun "en l'état de la procédure" de se prononcer en faveur de ces arrestations, ainsi que l'indique Le Figaro dans son édition de lundi.

Selon le procureur, "l'enquête n'a pas établi de façon certaine l'indentité de ces personnes d'origine slave".

Les deux mercenaires présumés seraient les deux pilotes "slaves", Yuri Sushkin et Barys Smahin, qui auraient été aux commandes des deux avions Sukhoï qui ont bombardé le camp de Bouaké, faisant neuf morts parmi les soldats français, ainsi qu'un civil américain, le 6 novembre 2004.

M. Montoya, ex-membre de la cellule antiterroriste fonctionnant à l'Elysée sous François Mitterrand, reconverti dans le négoce d'armes, aurait livré les Sukhoï à la Côte d'Ivoire.

Pour sa demande visant M. Montoya, Mme Raynaud se fondait notamment sur le témoignage de l'ancien ministre de l'intérieur du Togo, François Esso Boko, désignant M. Montoya comme ayant permis l'exfiltration, peu après le bombardement, de huit mercenaires biélorusses depuis la Côte d'Ivoire vers le Togo, parmi lesquels se trouvaient les deux pilotes de Sukhoï.

Selon plusieurs sources proches du dossier, les huit mercenaires ont été mis à disposition de la France pendant quinze jours sans que celle-ci souhaite agir, ainsi que l'a déclaré M. Esso Boko devant la juge Raynaud le 9 février.

Enfin, le parquet étudie toujours actuellement la demande de réquisitoire supplétif délivrée par la juge Raynaud en février pour être saisie du délit de "participation à une activité de mercenaire". Cette incrimination, créée en avril 2003, permettrait d'engager des poursuites contre M. Montoya.

Journal "Le Monde" du 06 novembre 2006

 

 

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