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Sommaire

Lomé la capitale
Pourquoi
gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
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Collectif des organisations de la
diaspora togolaise en Belgique Mémorandum
Bruxelles, le 11 novembre 2006
LE COLLECTIF DES ORGANISATIONS DE LA DIASPORA TOGOLAISE EN BELGIQUE,
Vu les conclusions du Rapport 2005 sur la Bonne gouvernance en
Afrique établissant que «Sans bonne gouvernance,
sans état de droit, sans administration prévisible,
sans pouvoir légitime et sans une réglementation
adaptée, les financements et les dons les plus abondants
ne sauraient assurer la prospérité.»
Vu le rapport de la mission européenne effectuée à Lomé du
17 au 19 octobre 2006 afin d’évaluer la mise
en œuvre des 22 engagements pris en avril 2004 par le Togo
vis-à-vis de l’UE,
Vu la responsabilité du Conseil des Ministres des États
membres de l’Union européenne (UE) devant se prononcer
le 15 novembre 2006 sur la notification du 9ème Fonds européen
de développement (FED) au Togo,
FAIT LE RAPPEL SUIVANT:
1. Le 5 février
2005, le Président Gnassingbé Eyadema décède
et les Forces Armées Togolaises décident de confier
le pouvoir à Monsieur Faure Gnassingbé ;
2. L’Union
africaine (UA), la Commission de l’Union africaine, la Communauté Économique
des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO),
l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), ainsi
que l’Union Européenne (UE) et les partis de l’opposition
dénoncent immédiatement le coup d’État
militaire et demandent le strict respect de la constitution et
le retour à la légalité constitutionnelle
;
3. Le 7 février
2005, Monsieur Faure Gnassingbé est officiellement investi
comme nouveau Président du Togo malgré un grand nombre
d’appels au retour à l’ordre constitutionnel
;
4. Le 9 février
2005, le Conseil permanent de la Francophonie décide de
suspendre la participation des représentants du Togo aux
instances de l’Organisation Internationale de la Francophonie
(OIF) ;
5. Le 19 février
2005, la CEDEAO suspend le Togo de l’organisation ;
6. Le 24 février 2005,
le Parlement européen adopte sa Résolution P6 TA(2005)0057 condamnant
le coup d'État et demande la démission immédiate de Monsieur
Fauré Gnassingbé. En outre, le Parlement européen demande à la
Commission de ne reprendre la coopération avec le Togo qu'après
la tenue d'élections présidentielles et législatives libres
et transparentes et de proposer des sanctions ciblées contre les auteurs
du coup d'État ;
7. Le 25 février
2005, Monsieur Faure Gnassingbé démissionne et Monsieur
Abass Bonfoh, Premier vice-Président de l’Assemblée
nationale, est désigné Président de la République
par intérim en violation de la Constitution togolaise;
8. Le 27 février
2005, une marche organisée par des organisations de femmes
réclamant le retour à l’ordre constitutionnel
est réprimée dans le sang;
9. En mars 2005,
la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) publie son
Rapport sur la stratégie de la terreur au Togo dénonçant
les graves violations des droits de l’homme commises depuis
le coup d’état du 5 février 2005;
10. Le 16 avril 2005, de violents
affrontements éclatent dans les rues de Lomé entre
les militants du RPT et ceux de la coalition des partis d’opposition
traditionnelle;
11. Le 24 avril 2005, jour
de l’élection présidentielle, les partis d’opposition
signalent et dénoncent de nombreuses irrégularités
survenues dans les bureaux de vote et les agressions physiques
contre leurs militants. Les télévisions internationales
ont d’ailleurs montré des images de militaires enlevant
et emportant de force des urnes des bureaux de vote ;
12. Le 26 avril 2005, la CENI
(Commission Électorale Nationale Indépendante) proclame
le résultat provisoire de l’élection et donne
Monsieur Faure Gnassingbé vainqueur. La proclamation de
la victoire du candidat du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT)
contre toutes évidences entraîna le déclenchement
des plus graves violences politiques jamais connues au Togo;
13. Les sympathisants et les
militants de l’opposition contestent la validité des
résultats en manifestant dans les rues de Lomé et
d’autres régions. Les forces de l’ordre en coordination
avec des milices du RPT, déclenchent des actions de représailles
d’une violence inouïe ;
14. Ces manifestations entraînent
un grand nombre de victimes et de destructions de biens et de propriétés.
Ces violences sont également à l’origine des
déplacements importants de personnes dans le pays ainsi
qu’un afflux massif de réfugiés au Ghana et
au Bénin;
15. Les 28 et 29 avril 2005, de nouveaux
affrontements se déroulent à Lomé et à l’intérieur
du pays faisant de nombreux morts et blessés;
16. Le 2 mai 2005, la Cour
constitutionnelle, en l’absence de certains de ses membres,
proclame les résultats définitifs de l’élection
présidentielle en violation du code électoral et
déclare Monsieur Faure Gnassingbé, Président
de la République ;
17. Le 2 mai 2005, des rapports
confidentiels de la délégation de la Commission européenne
au Togo signalent et dénoncent les graves irrégularités
qui ont entaché la préparation et l’organisation
du scrutin présidentiel du 24 avril 2005 ;
18. En mai 2005, le Parlement
européen adopte sa Résolution B6-0282/2005 condamnant
les fraudes électorales massives, les violations des droits
de l’homme, les répressions et les tueries survenues
au Togo. Dans cette résolution, le Parlement européen
refuse de reconnaître la légitimité des autorités
issues du scrutin du 24 avril et demande la mise en place d’une
commission d’enquête indépendante pour faire
la lumière sur les exactions commises afin d’établir
les responsabilités, de poursuivre et de juger leurs auteurs;
19. Le 29 août 2005,
l’ONU publie son Rapport sur les violences et les violations
massives des droits de l’homme survenues au Togo avant, pendant
et après l’élection du 24 avril 2005;
20. L’ONU dénonce
dans ce même Rapport la culture d’impunité érigée
en principe de gouvernance politique au Togo et recommande le triptyque
Vérité - Justice - Réconciliation comme
le fondement central d’un règlement durable de la
crise qui mine le Togo ;
21. Le 21 avril 2006, s’ouvre
le Dialogue national entre la mouvance présidentielle, l’opposition
traditionnelle et deux associations de la société civile
;
22. Le 20 août 2006,
toutes les parties prenantes au Dialogue national signent officiellement
l’Accord Politique Global et acceptent la formation d’un
Gouvernement d’union nationale et l’organisation des élections
législatives transparentes et équitables;
23. Le 16 septembre 2006, Monsieur
Yawovi Agboyibo est nommé Premier Ministre;
24. Le 20 septembre 2006, une
nouvelle équipe gouvernementale est formée;
25. Le 19 octobre 2006, les
membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante prêtent
serment devant la Cour constitutionnelle sans que cette dernière
n’ait été réformée conformément à l’Accord
Politique Global.
FAIT LES OBSERVATIONS SUIVANTES:
1. Le retard inquiétant
dans la mise en place du Comité de suivi (CS) chargé de
veiller à l’application de l’Accord politique
global (APG) ;
2. L’absence
de l’UFC (Union des forces du changement), un des partis
signataires de l’accord au sein du Gouvernement d’Union
nationale (GUN) ;
3. L’absence
d’élaboration par le Gouvernement d’Union nationale
d’un chronogramme détaillé et réaliste
d’exécution de la feuille de route et partant, des
opérations du processus électoral ;
4. Les risques
de dysfonctionnement au sein de l’organe d’organisation
et de supervision du processus électoral (CENI) et de ses
démembrements (CELI et Bureaux de vote) ;
4.1. Concernant la CENI (Commission Électorale
Nationale Indépendante)
- Le
manque de clarté sur les liens entre la CENI et l’instance
en charge du processus électoral au sein du gouvernement
;
- Le
déséquilibre dans la composition de la CENI. 5 représentants
pour le RPT (Rassemblement du Peuple togolais) et 5 représentants
pour ses alliés (2 CPP, 2 PDR, 1 RFAMPT). 6 représentants
pour les partis d’opposition (2 CAR, 2 UFC, 2 CDPA) et 1
représentant pour leur allié (GF2D) ;
4.2. Concernant les CELI (Commissions Électorales
Locales Indépendantes)
- La
quasi-totalité des magistrats (président ès
qualité des CELI) sont proches de la mouvance présidentielle
;
- Le
déséquilibre dans la parité au sein des CELI à l’image
de celui observé au niveau de la CENI ;
4.3. Concernant les Bureaux de vote
- L’absence
de représentants de la société civile ;
- L’absence
de représentants des autres partis politiques non signataires
de l’APG ;
5. La très
faible implication de la société civile dans le processus électoral
tel qu’il est envisagé par l’APG ;
6. Les risques
de restrictions à l’obtention du statut d’observateur
par les ONGs nationales indépendantes, notamment celles
de défense des droits de l’homme ;
7. Les difficultés
pour les populations (surtout en zones rurales) de se faire délivrer
une carte nationale d’identité suivant les modalités
de délivrance actuellement en vigueur ;
8. L’absence
de précisions sur les modalités pratiques de réforme
de la Cour constitutionnelle ;
9. A ce jour, aucune
suite n’a été donnée aux rapports (nationaux
et internationaux) sur les allégations de crimes et autres
violations de droits de l’homme commis lors du processus électoral
de 2005 ;
FAIT LES RECOMMANDATIONS SUIVANTES :
1. La mise en place
effective du Comité de suivi conformément à l’Accord
politique global (APG) ;
2. L'élaboration
par le Gouvernement d’union nationale d’un chronogramme
détaillé et réaliste pour la mise en œuvre
de la feuille de route et partant des opérations du processus électoral
: la révision du cadre électoral (1.3 des 22 Engagements
pris par le Togo vis-à-vis de l’UE), la détermination
des modalités et programme de délivrance des cartes
nationales d’identité (1.2.5 de l’APG), etc.
3. La nécessité de
renforcer l’autonomie de la CENI conformément aux
engagements pris par les parties signataires de l’APG dans
son annexe 1 ;
4. Les clarifications
sur la composition de la Commission technique chargée d’assister
les CELI et l’élaboration d’un Règlement
intérieur adéquat pouvant garantir l’impartialité au
sein des CELI ;
5. L’implication
accrue et effective de la société civile dans le
processus électoral et la vigilance de la CENI face aux
risques de restrictions à l’obtention du statut d’observateur
par les ONGs nationales ;
6. La réforme
rapide de la Cour constitutionnelle afin d’en faire une institution
crédible et impartiale dans le respect de l’APG ;
7. La demande officielle
et formelle d’assistance et d’observation électorales
auprès des institutions internationales (UA, UE, ONU) par
le Ministre de la Coopération et du NEPAD et le Ministre
des Affaires étrangères et de l’intégration
africaine conformément au point 1.2.8 de l’APG ;
8. L’accélération
du processus de rapatriement et de réinstallation des milliers
de ressortissants togolais encore réfugiés au Bénin
au Ghana après les violences politiques qui avaient émaillé l'élection
présidentielle de 2005 ;
9. La mise en place
dans les meilleurs délais d’une commission chargée
de faire la lumière sur les crimes à caractère
politique commis au Togo lors du processus électoral de
2005 conformément aux recommandations de l’UE et de
l’ONU ;
10. La vigilance accrue de
l’UE dans l’accompagnement du processus d’instauration
et la consolidation de la bonne gouvernance politique et économique
au Togo.
Ont signé, les membres du Collectif des Organisations de
la Diaspora Togolaise en Belgique :
- AMEDODJI
Philippe, Ensemble pour le Togo
- APALOO
Guy, Association des victimes (Agir pour le Togo)
- BIGGAH
Yannick, Ensemble pour le Togo
- PARBEY
Eric, VA TU TOGO
- TSOGBE
Ithiel, MDTRB.
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