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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

09 janvier 2007, élections à la FTF

Rock Gnassingbé ou l’ange déchu

20 novembre 2006

La crise qui secoue la Fédération Togolaise de Football (FTF) depuis quelques mois ne fait pas que la préoccupation des fanatiques togolais du football. Les cris d’alarme des uns et des autres ont pu parvenir aux instances africaines et mondiales du football. La Fédération Internationale de Football Association (FIFA) et la Confédération Africaine de Football (CAF) en ont fait aussi leur préoccupation en prenant le problème à bras- le corps. Le Suisse Sepp Blatter et le Camerounais Issa Hayatou qui président aux destinées des deux structures viennent de taper du point sur la table afin d’éviter au football togolais la descente aux abîmes incarnée par un seul homme: le Lieutenant –Colonel Rock Gnassingbé. Ils se sont aperçus que «la seule option possible pour permettre à la FTF de se projeter sereinement vers l’avenir dans l’unité de la famille du football togolais, et pour donner au football de (notre) pays, les bases pour poursuivre l’aventure merveilleuse qui l’a amené en Allemagne», c’était de l’écarter. Pouvait-il en être autrement?

Gestion super catastrophique
Non! Car sa gestion du football togolais a été catastrophique sur toute la ligne. Le monde entier en a été témoin en juin-juillet dernier. «Des années durant, il y a eu absence totale de politique de subvention des clubs (alors que la FIFA subventionne chaque année les Fédérations nationales à raison de plusieurs centaines de millions), ce qui entraîne les mauvaises prestations (de nos clubs dans les joutes continentales), la baisse de niveau de notre championnat. Ajoutés à cela… la corruption au niveau de l’arbitrage pour influencer les résultats des matchs, la mauvaise gestion des fonds, la politisation à outrance du sport roi, l’improvisation, l’amateurisme et la volonté manifeste de refus d’évoluer», a résumé Nibombé Daré, un cadre de l’équipe nationale, les Eperviers du Togo.

Cette mauvaise gestion a conduit quatre (4) membres influents du Bureau Exécutif de la FTF: le Secrétaire Général Espoir Assogbavi, le Trésorier Général Tino Adjété, le 1er Vice- président Winny Dogbatsè et le 2e Vice-président Théodore Amégnran, à jeter l’éponge au lendemain de la Weltmeisterschaft 2006 pour ne pas cautionner la descente aux abîmes du football togolais dont les joueurs ont écrit la page rose de l’histoire depuis les éliminatoires Can/Mondial 2006. La famille du football mondial en a fait le constat en Allemagne. Les doléances des joueurs n’ont jamais été satisfaites à temps. C’était pour cette raison que le coach allemand des Eperviers au Mondial, Otto Pfister, a abandonné la barque avant de revenir, à l’appel des joueurs. Ces derniers menaçaient de ne pas descendre sur la pelouse pour livrer la rencontre contre la Suisse pour cause de primes non payées. Il a fallu que la FIFA avance une somme pour qu’on les paye afin de les en dissuader. Et même pour cela, c’était un Rock Gnassingbé, perché au faîte de son orgueil qu’on a trouvé. Il a fallu que Winny Dogbatsè  prenne ses responsabilités et signe les documents pour éviter un grand scandale dans l’histoire de la Coupe du Monde.

Rock n’a fabriqué que des mécontents
Il faut s’appeler Kossivi Reinhardt, Dobou Gerson, Raoul Adabla, Messan Attolou, Lawson Senyamé et compagnie pour applaudir cette gestion faite de la chose footballistique par le Lieutenant-Colonel Rock Gnassingbé. Aucun joueur équilibré, amateur ou professionnel ne le louerait pour sa gestion. Ceux qui seront plus cléments avec lui diront que son problème est de s’être entouré de «mauvais saints» comme le disait Nibombé Daré, c’est-à-dire de conseillers véreux. Adébayor Shéyi  postulait, depuis Wangen au tout début du mauvais scénario que le football togolais n’évoluera pas tant que l’équipe actuelle est en place. Ce n’est pas pour rien que le «G5» (Agassa Kossi, Adébayor Shéyi, Nibombé Daré, Kader Cougbadja et Tchangaï Masamaesso) a boudé la première rencontre éliminatoire de la Can 2006 contre le Bénin le 3 septembre à Lomé. Il a toujours fallu que les joueurs engagent un bras de fer avec lui pour le faire fléchir. Daré exprime l’état d’âme des joueurs en déclarant: «C’est une bonne nouvelle, cette décision de la FIFA… Il est temps qu’on réécrive une nouvelle page de l’histoire de notre football après tant d’années d’amateurisme, de gestion opaque».

Les différents coaches qui ont eu à diriger l’équipe nationale sous son ère ne sauraient parler de lui en bien. Que ce soient Feu Göetlieb Goëller - Paix à son âme -, Tchanilé Bana ou Otto Pfister. Surtout pas l’honorable coach nigérian Stephen Keshi qui a écrit les meilleures pages de l’histoire de l’équipe nationale du Togo mais a été remercié en monnaie de singe et encore que la FTF lui doit toujours de l’argent. Les différents présidents et coaches de nos clubs locaux de D1, D2 etc ne le porteront non plus dans leur cœur car beaucoup se plaignent de n’avoir reçu aucun rond de la FTF comme subvention pour débuter la saison sportive 2006-2007 le 23 septembre dernier.

Les anciens collabos lui en voudront aussi. Car c’est une véritable vengeance qu’il a entreprise contre eux. Winny Dogbatsè, 1er Vice-président démissionnaire et président de Gomido FC de Kpalimé en est la victime par excellence. Son club, à travers des jonglages, a été relégué en D2. Aujourd’hui, c’est Théodore Amégnran qui en fait les frais. La Ligue Maritime-Est  qu’il dirige a été morcelée et il se retrouve sans prérogatives. Les deux autres démissionnaires sont pour l’instant quiets parce qu’ils n’offrent aucune faille exploitable à Rock Gnassingbé.

Les supporters des Eperviers ne sauraient parler de lui en bien. Ce n’est pas pour rien que l’engouement qui entourait les rencontres des Eperviers n’est plus au rendez-vous.

La FIFA a pris la mesure
Avec la «feuille de route» soumise par le biais de la 1ère lettre de la FIFA datée du 06 novembre, Rock Gnassingbé devait s’attendre à se voir retirer le pouvoir car il conduit le football togolais à l’abîme. Les décisions ne sont que la résultante de sa gestion. «Le Togo a failli gâcher la fête mondiale du football», avait notifié la FIFA. La sanction financière de 41 millions de FCFA infligée entre-temps à la FTF n’était qu’un intermède. Il fallait s’attendre à d’autres graduellement car la mission envoyée entre-temps, composée de MM. Jan Peters et Slim Aloulou a pris la réalité des faits malgré tous les moyens qui ont été mis en œuvre pour l’empêcher d’avoir la version des journalistes responsables sur la crise. Rock Gnassingbé aurait pris au sérieux la presse privée responsable à la suite de la signification de la 1ère lettre qu’il aurait amorti sa chute. Rock Gnassingbé « éjecté », « neutralisé», «chassé» de la FTF, annonçaient les uns et les autres. La chronologie et la gradation des décisions sont annonciatrices.

Le reliquat des fonds générés par la participation du Togo au Mondial devrait être versé à la FTF en septembre dernier. Mais l’envoi a été différé par la FIFA pour l’après- Congrès. Rock Gnassingbé aurait même été suspendu de la famille des commissaires au match de la FIFA.

Dans l’ordre normal des choses, c’est le Bureau Exécutif de la Fédération qui organise le congrès et l’élection du bureau. Et si déjà, par la 1ère lettre, la FIFA met en place une Commission Electorale Indépendante (CEI) présidée par un responsable de la CAF, son 1er Vice-président Gal Séyi Mèmène pour le faire et encore «sous la supervision étroite de la FIFA et de la CAF», c’est un pan entier de son pouvoir qui est retiré. Son sort est scellé. Il se repliait certainement sur «l’organisation matérielle et financière» comme l’annonçait Kossivi Reinhardt mais la FIFA la lui retire aussi en confiant tout à la CEI à travers la seconde du 13 novembre. Et surtout quand elle met en place un compte spécial qu’elle-même va créditer pour les besoins du congrès et de l’élection, c’est dire que Rock devient un Président sans pouvoir. Les  hommes conséquents démissionneraient à sa place.

Les électeurs à leur responsabilité
C’est le lieu d’interpeller les Togolais. La FIFA et la CAF viennent de faire l’essentiel en dépouillant Rock Gnassingbé de toutes ses prérogatives. Il revient aux électeurs potentiels de prendre leurs responsabilités le 09 janvier prochain. Il n’est pas exclu qu’une vaste campagne de corruption soit entreprise pour que les électeurs lui accordent à nouveau leurs voix. Ils sont à peine une cinquantaine de votants et il suffit que l’on débloque quelques millions pour leur «pourboire» pour qu’ils votent ce qu’il ne fallait pas. S’il s’avère que Rock Gnassingbé soit réélu, ils en porteront l’entière responsabilité.

Alors, «tout sauf Rock Gnassingbé» devra être la devise.

TINO Kossi

 

 

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