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Journées Europe – Afrique:

Dur séjour pour les satrapes africains à Bruxelles

22 novembre 2006

Louis Michel, le protecteur des Chefs d’Etats mal élus africains avait réuni du 13 au 17 novembre courant, pour des journées d’actions pour l’Afrique à Bruxelles, une vingtaine de Présidents du continent africain. L’idée était de penser au développement de l’Afrique et d’inviter les opérateurs économiques à investir sur le continent, montrer ses aspects socio-culturels et donner une autre image de cette partie du monde autre que celle qui est souvent véhiculée dans les médias européens.

Mais voilà. Si cette idée est fort louable, elle comporte un handicap de taille: Louis Michel et son soutien aux dictatures africaines.
Pour nombre d’Africains de la diaspora, le fait de dresser des tapis rouges à des Chefs d’Etats hostiles au changement et à la démocratie est une manière pour le Commissaire européen Louis Michel d’insulter l’intelligence des Africains.

Car si le continent est aujourd’hui plongé dans cette léthargie où pauvreté se dispute la palme à la maladie, aux guerres, aux catastrophes en tous genres, cela est la conséquence d’une absence réelle de politique contraignante de l’Union européenne vis-à-vis des pays africains où l’exigence d’une bonne gouvernance et d’une ouverture démocratique véritable doit constituer l’axe autour duquel doit se baser les relations Afrique-Europe conformément aux accords de Cotonou.

Pour dénoncer ce double langage de l’UE (officiellement démocratie et bonne gouvernance = coopération et aide) alors qu’officieusement on soutient les dictateurs, les Africains d’Europe ont donné de la voix pour crier leur ras-le-bol devant une telle complaisance de l’UE et montrer les vrais visages de ces satrapes africains à la face du monde.

Ils étaient nombreux, très nombreux et de diverses nationalités à prendre d’assaut ce 17 novembre le parc de l’exposition de Bruxelles auréolés de banderoles, de pancartes et de tee-shirts hostiles aux dictateurs africains. On pouvait lire: «Louis Michel, le Congo (RDC) n’est pas à vendre» en référence au soutien public de celui-ci à Joseph Kabila, «Stop à une justice politisée au Rwanda», «SOS Togo», «Vainquons ou mourons mais dans la dignité» «En mémoire de toutes les victimes de la tragédie rwandaise» «Respect pour les Noirs mauritaniens» etc.

Les castagnettes résonnaient au rythme des tambours. Il faut dire que l’ambiance était bon enfant pour crier haro sur l’hypocrisie de l’Europe face au drame qui sévit dans la plupart des pays africains.

L’arrivée des mal élus africains dans le hall de l’exposition a été saluée par des cris de colère et des lancements de pancartes et de pierres en direction des cortèges malgré un dispositif policier très impressionnant. Ainsi les Ethiopiens et les Congolais avaient été plus déterminants dans leur désir d’en découdre à la fois avec Mélès Zénawi et Louis Michel. Plusieurs fois, la police belge avait dû contraindre la foule à rester dans le périmètre de sécurité qui lui est réservé.

Des togolais presque absents
En ce qui concerne les manifestants togolais, peu avait fait le déplacement. Outre l’inusable Eloi Koussawo, il y avait Justin Alofa et quelques membres de Diastode-Belgique. Cette présence peu remarquable découle des problèmes qui minent actuellement la branche belge de Diastode.

Son Coordinateur, Justin Abalo (à ne pas confondre avec Justin Alofa), au cours du mois d’octobre, avait fait un déplacement à Lomé. Lors de son séjour, il avait eu l’audace d’aller rencontrer Faure Gnassingbé au nom de Diastode. Ce qui pouvait décourager les togolais d’Europe à ne plus croire en la bonne foi des responsables des organisations de la diaspora à mener à bout la lutte pour la démocratie.

Ce Justin Abalo, dont la nomination avait été contestée au regard de sa personnalité fourbe est un cas pathétique dans la communauté togolaise en Belgique. Longtemps, il a été aux antipodes de la lutte pour le changement, soufflant le chaud et le froid. Tantôt, il se joue à l’opposant radical et dénonciateur des comportements obscurantistes du Rpt. Mais en réalité il se la coule douce avec le clan Gnassingbé.

Sa démission intervenue le dimanche 19 novembre même si elle est tardive, vient à point pour démasquer les esprits louches qui pullulent la diaspora. Car une organisation aussi sérieuse telle que Diastode, ne saurait longtemps avoir en son sein des brebis galeuses du genre Justin Abalo.

Quoi qu’il en soi, les régimes impopulaires doivent être connus et désavoués. Le temps nouveau est venu pour que l’Afrique, surtout sa jeunesse se réveille pour faire front aux despotes qui se font passer pour des Chefs d’Etats fréquentables.

Jules Symféïtchéou, Etiame.com     

 

 

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