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Présidentielle en France:

Qu'est-ce qui peut changer en Afrique avec le départ de Chirac?

24 novembre 2006

La course à la présidence de la République française a commencé véritablement le 16 novembre 2006 avec l’écrasante victoire lors des primaires socialistes de Ségolène Royal avec 60, 66% des voix devant Dominique Strauss-Kahn 23% et Laurent Fabius 19%.
Dans les différents états majors, de la droite et de la gauche, on s’active pour préparer une campagne électorale présidentielle très houleuse, la première qui va voir en France une femme briguer l’investiture suprême.

Si pour la gauche le choix est connu, au sein de la droite, le plus que candidat déclaré Nicolas Sarkozy, par ailleurs patron de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) se voit de plus en plus contester dans son propre camp, où Jean-Louis Debré, Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie Christine Boutin, sans oublier Jacques Chirac, critiquent ouvertement les comportements du président de l’UMP.
Au niveau de la gauche, les choses ne semblent guère plus reluisantes malgré le rassemblement que tous les socialistes appellent de leurs vœux.  Ségolène Royal va devoir composer avec des adversaires qui ont tenté en vain de la défaire lors de la campagne des primaires.

C’est dire que le chemin reste encore très long avant le 22 avril date fixée pour le premier de la présidentielle en France.

Critiqué à l’UMP, Sarkozy refuse le débat interne, pour finalement s'y résoudre sous forme de menace
Il y a quelques mois, même si l’on présageait une possible candidature de Dominique de Villepin le Premier ministre français, il faut reconnaître que ce n’était que des hypothèses de salon.
La plupart des barons de la droite redoutaient la réaction de Nicolas Sarkozy et de son entourage qui ne sont pas prêts à accepter une candidature au sein de la droite autre que celle du président de l’UMP qui d’ailleurs menaçait de ne pas financer des candidatures que le parti n’aura pas autorisé ou de ne pas doter de moyens les membres de son parti aux investitures des législatives de 2007 s’ils ne soutenaient pas sa candidature unique.

Depuis quelques semaines, le ton semble avoir changé. Jean-Louis Debré, le président de l’Assemblée nationale dont on connaît l’aversion envers Nicolas Sarkozy, n’a pas été avec le dos de la cuillère lors d’une émission sur Europe1 pour fustiger les attitudes et la manière cavalière dont le président de l’UMP conduisait les débats au sein de la droite. Il lui reprochait en substance sa façon autoritaire d’imposer ses vues et sa conduite des crises qui secouent les banlieues françaises. Pour Debré, Sarkozy conduit la droite dans le mur et vers un échec lors de la présidentielle de 2007.
Comme si cela ne suffisait pas, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie et Christine Boutin, députée UMP, ont au cours d’un débat sur France 3, laisser entendre que des candidatures plurielles ne sont pas à négliger au niveau de la droite.

La ministre soutient que de plus en plus de militants et de sympathisants ne se reconnaissent pas totalement des les idées véhiculés par le président de l’UMP et qu’il faudrait au sein du parti prendre en considérations ses propres aspirations politiques. Voilà pourquoi, elle demande un débat interne au sein de l’UMP qui ne se calquerait pas sur le modèle de la gauche, débat au cours duquel chacun essaierait de défendre ses thèses afin qu’ils soient pris en compte dans le projet de la droite.

Christine Boutin quant à elle ne s’est pas laissée marcher sur les pieds. Pour la députée, si elle fustige les comportements de Sarkozy, dit qu’il est temps de se départir de la langue de bois pour proposer une pluralité de candidature à droite, ce qui ne va en aucun cas influer sur le vote des électeurs.

Cette pluralité des candidatures à droite vient d’être d’ailleurs boostée par un sondage Ipsos France Info où 62% des français, surtout les sympathisants de droite souhaiteraient une multitude de candidature à droite.

Comme si toutes ces remises en cause de l’autorité du ministre de l’intérieur ne suffisaient pas, l’affaire Clearstream refait surface et risque de laminer les derniers espoirs de rassemblement de la droite.
Michèle Alliot Marie vient d’être entendu durant 11 heures de temps par les juges d’instruction Huy et Pons sur la manipulation des listings de la banque qui imputaient un compte secret de Nicolas Sarkozy au Luxembourg. La révélation de ces listings découle d’une enquête commandée par Villepin alors Ministre des Affaires étrangères pour nuire au locataire de la place Beauvau.

Alors que Sarkozy se joue la victime dans cette grosse manipulation de listings, l’avocat d’Imad Lahoud, l’informaticien auteur desdits listings, confirme que son client avait mis la puce à l’oreille du Ministre de l’intérieur depuis 2004 et que ce dernier avait laissé faire à son tour pour plomber le dé aux chiraquiens, dont Villepin et son parrain Chirac lui-même. Voilà de quoi diviser plus les gaullistes à la veille d’un scrutin où tout semble donner une chance à une femme pour la première fois de l’histoire de la France d’accéder à l’Elysée.
Cette femme, Ségolène Royal qui est la favorite des sondages gauche droite confondues, a la vie dure au sein du Parti socialiste où les Eléphants, outre les coups bas veulent l’affaiblir avant son investiture probable par les militants.

L’investiture du candidat socialiste risque de laisser des séquelles
Il faut reconnaître que même si les débats (6 au total) ont permis aux français de connaître la nature et les arguments politiques des candidats à l’investiture socialiste, même si ces débats ont révélé l’intérêt des Français pour la politique, il n’en demeure pas moins que les Eléphants du PS ont démontré tout au long de cette campagne que la gauche souffre d’un problème de cohésion et qu’il faudrait au sortir des primaires ressouder les morceaux pour une adhésion des masses pour le programme du parti en Avril 2007.
Ségolène Royal très médiatisée, qui a démontré tout au long des débats sa maturité politique (excepté quelques bourdes sur le nucléaire civil et militaire), aura fort à faire pour calmer les ardeurs des uns et des autres au sein du Ps afin de conduire une gauche victorieuse à l’Elysée.

Comme elle l’affirme «je sens un air de 1981» en référence à la victoire de François Mitterrand en 1981, tout est possible en France au moment où partout dans le monde, les femmes commandent de plus en plus aux destinées des pays. Et ce ne sont pas les ralliements et non des moindres à sa cause qui trahiront cette ascension féminine dans le monde politique.

Rebsamen, numéro 2 du Ps derrière François Hollande (le compagnon de Ségolène) planche sur une candidature sérieuse de Royal à qui il donne toutes les chances de l’emporter au premier tour au printemps prochain. Jack Lang qui s’est abstenu de se présenter aux primaires pour soutenir la préférée des sondages, ne tarit pas actuellement d’éloge sur celle la candidate de la gauche. Arnaud Montebourg préfère Royal au profit de Laurent Fabius, Julien Dray, porte-parole du Ps, Peillon, Valls, Mennucci, Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, tous adorent l’actuelle femme la plus médiatisée de France.

Devant l’afflux d’un soutien aussi nombreux, se pose une question : en cas de victoire de Mme royal en avril 2007, qui pourra-t-elle nommer à Matignon?

Pour les analystes politiques français, il ne fait aucun doute que DSK sera le mieux placé pour conduire le gouvernement étant la deuxième personnalité pour qui les militants avaient accordé beaucoup plus de voix après Royal. Mais d’autres observateurs prédisent que Laurent Fabius vu son background politique et au regard de ses expériences antérieures de premier ministre, pourrait se prévaloir d’être le candidat idéal pour Matignon.

On n’oubliera pas non plus de citer pour le poste de Premier ministre Jack Lang qui avait avant même le vote des militants, donné sa voix à la candidate socialiste. C’est dire qu’il pourra être remercié pour ce soutien de taille au moment où les Eléphants du parti dressaient des peaux de banane sur la route de Mme Royal.

Quoi qu’il en soit, la gauche avec pour la première une femme désignée comme candidate est bien partie pour remporter la présidentielle française au moment où des querelles de personnes minent encore le choix du candidat de la droite.

Qu'est-ce qui peut changer en Afrique avec le départ de Chirac?

Chirac, même s’il se fait l’apôtre du continent au cours des grands sommets, il va sans dire que le double langage et le soutien aux dictatures africaines a sapé ses bonnes intentions d’aider à trouver des solutions aux problèmes du continent.

Sarkozy, les Africains, même s’ils détestent sa politique «d’immigration choisie» et ses dérives dans la crise des banlieues, aiment son discours franc et direct.

Alors que la communauté internationale criait au scandale électoral lors des présidentielles d’avril 2005 au Togo et que Chirac cautionnait la prise de pouvoir du fils de son «ami personnel» Faure Gnassingbé, on a vu Sarkozy lui prendre le contre-pied pour dénoncer la «parodie électorale» dans ce petit pays de l’Afrique occidentale. Une telle prise de position conforte sa crédibilité auprès des populations désabusées par des années de dictature.

Ségolène Royal issue d’une nombreuse famille et fille de militaire a beaucoup de points communs avec l’Afrique.

D’abord, comme dans les familles africaines, elle a plusieurs frères et sœurs (8 en tout). Si l’on ajoute à cet aspect, le fait qu’elle soit née sur le sol africain plus précisément à Dakar au Sénégal, force est de reconnaître que plus que les autres candidats français à la présidentielle, elle connaît mieux les maux dont souffre l’Afrique et se sent plus proches de ses habitants.

Quelque soit le locataire de l’Elysée en avril prochain, la France a beaucoup à y gagner en engageant des relations de respect mutuel et d’égalité avec le continent, ce qui lui permettrait d’éviter ses déboires un peu partout en Afrique comme c’est le cas aujourd’hui en Côte-d’Ivoire ou encore ses relations tendues avec le Rwanda. Ce faisant, elle rendra fréquentables ses représentants politiques au sein des masses populaires en Afrique.

Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, l’Afrique attend non sans importance une élection qui déterminera ses rapports nouveaux avec la métropole. 

Nono Mitonyawo , Etiame.com

 

 

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