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Pour une protection des enfants

Enfants de rues, une réalité au Togo

27 novembre 2006

Rien n’est de plus précieux au monde qu’un enfant. Celui-ci fait le bonheur des couples. L’absence ou le retard de sa venue au monde constitue une source d’instabilité ou de dislocation des foyers conjugaux. Alors qu’aujourd’hui, les rues du Togo regorgent de ces êtres vulnérables à la recherche de leur pitance dans des conditions effroyables

Dans une robe crasseuse semblable à la tenue de l’enfant prodige sur le chemin de retour au bercail, Ruth, une fillette de 12 ans, frêle aux yeux écarquillés, erre depuis plusieurs semaines dans les rues de Lomé. Les tables aux abords des marchés constituent son lit et les terrasses à ciel ouvert son logis.  Son pain quotidien est gagné à la sueur de son front par les services pénibles rendus aux adultes sans scrupule.

Interrogée sur les raisons de sa présence dans la rue où elle a élu domicile, Ruth à cœur noué et larmes aux yeux s’est confiée à notre rédacteur. «J’habite depuis belle lurette chez ma tante à qui ma grand-mère maternelle m’a confiée, à la suite du décès de mon père. Ainsi, je l’aide dans les travaux ménagers. La nuit aux environs de 23h, je surveillais le haricot qui était sur le feu. A un moment, j’ai somnolé et je suis tombée de mon tabouret et à terre, ma tête a heurté le fourneau d’où mes cheveux sont brûlés. La bastonnade fit alors, à ma grande surprise, la réponse à mon cri de détresse. Le lendemain matin, elle m’a de nouveau rouée, de coups comme d’habitude. Alors, j’ai dû fuir la maison dans l’attente de trouver les moyens pour rejoindre mon village natal».

Entre-temps, elle a eu du mal à enlever le foulard qui cachait sa chevelure rasée en désordre par sa tante.

A l’issue de cet entretien, notre rédacteur en  sa qualité de défenseur des droits humains s’est engagé dans les investigations en vue de connaître les mobiles réels de la présence de cette fillette dans la rue. Aussi, voudrait-il lui trouver un abri sûr ce jour férié (dimanche 12 novembre). Mais  la surprise fut grande au cours  de ses démarches auprès des institutions spécialisées dans la prise en charge des enfants de la rue. Elle aurait déjà séjourné plus d’une fois dans l’une d’elles qui l’aurait réinsérée dans sa famille, à en croire les témoignages de source proche de cette institution.

Les investigations ont permis de découvrir sa famille d’accueil qui est loin d’être  pauvre. Sa modestie néanmoins peut permettre une bonne éducation à Ruth mais, hélas. Interrogé sur la question, le chef de la famille, une personnalité importante dont nous taisons le nom s’est refusée à tout commentaire. Entre-temps, Ruth a été par les soins de notre rédacteur conduite au Commissariat Central de Lomé afin de lui trouver un abri puis tirer au clair cette affaire pour que la petite soit remise dans les bonnes conditions lui permettant son épanouissement. Il faut souligner que l’accueil réservé à celle-ci et à  son accompagnateur n’était pas rose pour faciliter les choses. C’est ainsi que le lendemain, l’on retrouve la fille dans la rue, exposée à tous les dangers possibles (viols, violences et autres).

Comme on le voit, les responsabilités de cette situation sont partagées entre les parents, les institutions et l’Etat. Soulignons sans ambages que le poids de la misère sous lequel ploient les parents, amène des fois ceux-ci à une fuite de responsabilité dans l’éducation et la création des conditions favorables à l’épanouissement des enfants, d’où le transfert de ces derniers vers d’autres cieux où ils sont soumis à toutes les formes de maltraitance.

Aussi, la récidive chez les enfants après leur réinsertion est la preuve de l’incompétence de certains centres à travers l’absence chronique de formations des agents qui ont pour mission la prise en charge totale des enfants durant leur séjour jusqu’à leur réinsertion dans leur famille initiale respective. En plus, le manque de moyens adéquats pour ces structures qui se traduisent par des infrastructures obsolettes et même pires que la rue en est un autre facteur.

L’Etat à travers le Gouvernement se complait dans ses beaux discours. Ainsi, l’on note avec regret et amertume l’absence notoire des moyens pour renforcer les capacités des structures en place, l’inexistence de la formation des agents, (Policiers, Gendarmes, Agents Sociaux, etc) qui ont le devoir de prendre à bras le corps les problèmes des enfants avec délicatesse.

Didier LEDOUX

 

 

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