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- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Après sa victoire à l’élection présidentielle:

Yayi Boni a du pain sur la planche pour satisfaire ses électeurs

Les résultats partiels du second tour du scrutin présidentiel du 19 mars 2006 au Bénin, ont été proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Cena), donnant vainqueur Yayi Boni avec 74,51% des voix contre 25,49% pour son challenger, Me Adrien Houngbédji après un dépouillement de 97,2% des suffrages exprimés.

Dr Yayi Boni a été élu par 1.979.305 d’électeurs recueillant ainsi la majorité des suffrages en attendant d’éventuelles contestations. Déjà les tractations pour la formation du gouvernement ont commencé dans le camp du nouveau président car les défis qu’il doit relever et qui sont contenus dans son programme de campagne dont le slogan est «ça va changer» sont énormes : la corruption qui gangrène les administrations publiques, le chômage, le logement, le renforcement de la démocratie, le redémarrage de l’économie….

Après avoir passé douze à la tête d’une institution financière sous régionale comme la BOAD et connaissant mieux les milieux financiers et les problèmes liés au développement de la sous région et de son Bénin natal, Dr Yayi Boni est assez outillé pour relever ces défis.
Sur le plan politique, il doit renforcer et consolider la démocratie et l’Etat de droit. En effet la démocratie béninoise pionnière des démocraties africaines, marque des avancées notables depuis la conférence des forces vives de la nation de 1990. Mais l’édifice reste fragile en raison du développement des réseaux clientélistes et de mauvaise gestion des affaires publiques.

Dans la perspective de la consolidation de la démocratie à la base, Dr Boni envisage des actions suivantes de renforcement de la décentralisation, de l’administration, l’accélération des compétences, l’appui institutionnel aux nouvelles communes, la rationalisation du fonctionnement et les modes d’intervention des ONG.

Avec cette plate-forme la démocratie béninoise taxée de modèle dans la sous région en sortira plus que renforcée.

L’autre souci majeur demeure le phénomène de corruption et de médiocrité qui gangrène la vie économique et sociale du pays. Dans les administrations publiques la corruption a atteint un niveau record, à telle enseigne que pour n’importe quel service, le fonctionnaire béninois attend de la part du bénéficiaire, une récompense. Ce système est frappant dans tous les compartiments de la vie économique béninoise et le nouveau pouvoir à fort à faire pour démanteler les réseaux afin que le développement économique puisse être amorcé avec certitude. D’ailleurs Dr Boni a déjà annoncé les couleurs en déclarant ne vouloir former q’une équipe de technocrates composée de personnes qui n’ont pas occupé les hautes fonctions de l’Etat durant les 15 dernières années.

Sur le plan de l’économie, l’ex-banquier, tirant leçon de l’expérience qu’il a de la conception et de la mise en œuvre des politiques économiques, entend axer son programme en cinq points principaux :
- la relance de l’activité économique et l’accélération de la croissance
- la création d’un environnement favorable à l’investissement
- l’adaptation du système financier aux besoins des acteurs économiques ;
- la meilleure gestion des finances publiques pour en faire un levier de développement ;
- la poursuite de relations harmonieuses avec les pays de la sous région dans le cadre du processus d’intégration régionale.

La société béninoise demeure plongée dans un état de morosité dû aux limites et dysfonctionnements des politiques sectorielles notamment dans le domaine de l’éduction et la formation. Ces domaines constituent des viviers en matière de ressources humaines indispensables au développement. De ce fait, le nouveau locataire du Palais de la marina devrait renforcer les infrastructures et donner les moyens au secteur éducatif afin que ses services soient de qualité. Les conditions de vie des enseignants et des étudiants doivent être améliorées pour amorcer un bon élan de développement.

Le taux de chômage estimé à 30% de la population active, surtout dans les milieux jeunes, est un véritable fléau social. Cette situation est la résultante de l’inadéquation de la formation aux besoins du marché de l’emploi, la fragilité des entreprises des secteurs public et privé, contraignant ainsi les jeunes à l’instabilité en terme de l’emploi, à la précarité, au désespoir.
Ce constat justifie le choix du vainqueur de ce scrutin présidentiel car pour les béninois, seul un leader politique nouveau est capable d’éradiquer la pauvreté qui les ronge depuis des décennies.

La perte de repères socioculturels a pour conséquences un mimétisme croissant et une faible capacité d’innovation technologique. C’est donc un secteur vers lequel beaucoup d’efforts doivent être consentis afin que le Bénin puisse retrouver ses valeurs culturelles.
L’absence d’une politique de logement efficace contraint les béninois à se débrouiller pour trouver un toit. Cette situation résulte d’une spéculation foncière sans précédent, qui a entraîné une grave menace pour l’agriculture et les autres secteurs économiques. Il s’ensuit l’extension anarchique des villes dans des conditions d’insalubrité et de précarité. A cela, s’ajoute la pollution de l’air qui rend l’environnement malsain, surtout dans la ville de Cotonou la capitale économique.

Au cours des quinze dernières années, le phénomène a pris une ampleur inquiétante à cause de l’accroissement du parc automobile et des «zémidjan» (taxi moto), condamnant la population de Cotonou à respirer ces gaz nuisibles. C’est un problème que les nouveaux gouvernants doivent prendre au sérieux pour éviter des maladies respiratoires provoquées par ces gaz toxiques.

En matière de politique internationale, Dr Yayi Boni doit jouer un grand rôle dans la résolution des crises et se distinguer de ses pairs de la CEDEAO qui se sont illustrés de façon médiocre lors du scrutin présidentiel du 24 avril 2005 au Togo. Il doit polir l’image que véhiculent des Chefs d’Etats africains souvent mal élus et qui se transforment avec l’usure du pouvoir, en rois nègres.

Ce pari ne sera pas une mince affaire lorsqu’on voit l’état actuel de la situation socio-économique du Bénin. Et le banquier-président n’est pas non plus un magicien qui puisse transformer le Bénin en pays sans difficultés d’un coup de baguette magique. Cependant, tout ce que les béninois lui demandent, est qu’il tienne ses promesses de campagne dont le slogan résume tout.

Toutefois le peuple béninois ne doit pas oublier que seul le travail conduit au meilleur résultat comme l’affirme celui en qui il a placé sa confiance pour les 5 ans à venir: «le secret du développement c’est d’abord le travail. Depuis les indépendances, priorité a été donnée à la paix et l’unité nationale. C’est désormais des acquis. Maintenant tavaillons…». Les béninois ont peut-être pris bonne note et feront de leur pays, le «dragon de l’Afrique».

Yves Lawson

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