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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Dossier du pétrole off-shore au Togo 

Après le pétrole Panou, aujourd’hui c’est le pétrole Gnininvi

26 janvier 2007

Les Togolais se rappellent certainement ce qu’il urge d’appeler «le pétrole off-shore de Koffi Panou». C’était en 1999, au cours d’une édition du journal télévisé de 20 heures sur la TVT que l’information est tombée. Dans une communication spéciale, feu Koffi Panou annonçait, sourire aux lèvres la probable présence au large des côtes togolaises de gisement de pétrole off-shore. C’était  l’époque des récupérations politiques de tout évènement heureux et les Togolais n’y avaient pas accordé grande importance, surtout venant de la bouche d’un des griots du clan Gnassingbé.

Mais de nos jours, on est aux portes de la quasi certitude car on en sait un peu plus sur le dossier. Entre-temps, une société internationale Hunt  Petroleum était chargée de faire des prospections. Des techniciens nationaux ont aussi effectué des travaux qui s’avèrent prometteurs et l’espoir est permis de trouver du pétrole dans les eaux territoriales togolaises comme le confirme  le Directeur des Mines et de l’Energie: «La situation togolaise est telle que techniquement parlant,  tous les paramètres contribuent effectivement à se donner l’espoir de trouver du pétrole au Togo. D’autant plus que le Nigeria à côté qui est l’un des producteurs en Afrique de l’Ouest fait partie justement d’un ensemble technique où on a trouvé du pétrole dont le bassin ouest-africain (dont fait partie le Togo).Donc tout espoir est permis».

Aujourd’hui des actions concrètes sont entreprises pour son exploitation. C’est ainsi que sous l’impulsion du Professeur Léopold Gnininvi, Ministre de l’Energie et des Mines, un contrat vient d’être signé entre l’Etat togolais et la société de forage Oranto International. Au terme du contrat qui court jusqu’en janvier 2009, la société devra réussir à faire un premier forage. « Avec ce nouveau contrat s’ouvre une nouvelle période pour nous », déclarait le Professeur. Oranto International dispose de 24 mois pour faire jaillir du pétrole.

Croisons les doigts et prions que cette nouvelle tentative soit la bonne. L.H.

Au cœur des «Mon Pays»

Assi: Class! Tu as eu les nouvelles de Tsévié?
Ayi: Non! Il y eu quelque chose?
Assi: Mais, c’est très sérieux ce qui se passe à Tsévié.
Ayi: Ah bon! Il y a quoi alors.
Assi: Les civils sont maintenant armés. On doit faire très attention.
Ayi: Tsévié encore? Class : Dis-moi, les zopposants sont en train de former un camp là-bas ou bien quoi?
Assi: Ça, on ne le sait pas encore. Mais en tout cas, nous poursuivons les recherches.
Ayi: Maintenant-là, qu’est-ce qui s’est passé?
Assi: Ils ont réussi à abattre le camarade Awi.
Ayi: Le gendarme?
Assi: Bien sûr, c’est lui.
Ayi: Il y a eu des émeutes? Pourquoi on ne nous a pas fait appel?
Assi: La scène vient à peine de se passer. Les civils malfaiteurs étaient masqués. Ils avaient également des armes.
Ayi: Ils ont abattu les camarades où? A la gendarmerie?
Assi: Non! Il était en poste au péage de Davié. Les malfaiteurs en Benz noire était de passage et ont tiré sur le camarade et se sont évaporés ensuite dans la nature.
Ayi: Ce n’est pas vrai ! Ils sont passés par où?
Assi: Dans la fuite, semble-t-il qu’ils ont pris la direction de Lomé avant de virer dans la brousse.
Ayi: La brousse à quel niveau! Il faut qu’on les arrête. Quelle était l’immatriculation de la voiture?
Assi: Non! Ils étaient en train de changer la plaque dans la brousse mais quand un ancien combattant et son fils les ont surpris, ils ont été également abattus par les malfaiteurs.
Ayi: Là, c’est grave. Il faut qu’on encercle toute la zone.
Assi: C’est vrai mais en attendant, la police fait ses enquêtes.
Ayi: Pourquoi depuis-là, ils n’ont pas encore retrouvé les traces des malfaiteurs. S’ils ne peuvent pas faire l’enquête, ils n’ont qu’à nous laisser faire.

Ça va se savoir!

La vengeance (1)

Il se passe beaucoup de choses aux abords des marchés. La crise aidant, les nantis se croient tout permis à tel point qu’ils tentent le plus souvent d’aller au-delà de leurs moyens. C’est ainsi que M. Jean, affectueusement appelé «Fo John», de la soixantaine d’âge qui tient un commerce à côté du marché d’Akodesséwa, s’est lié d’amitié avec Carole, une jeune fille de vingt ans, habitant le même quartier à proximité de l’établissement «John et F…».

Comme ces nombreux pépés, Fo John est un grand coureur de jupons et surtout spécialiste des «faiseuses de santé», c’est-à-dire des jeunes filles dont la tranche d’âge est comprise entre 18 et 20 ans. Il ne rate jamais sa cible du moment où le «gondon» (argent) et autres biens matériels ne font pas défaut chez lui. Il s’est même substitué au  papa bonheur du coin dans ses largesses à l’endroit des filles qui le caressent dans le sens du poil pour avoir du foin. A cause de ce comportement, il est devenu l’ennemi juré des garçons à qui il arrache leurs «gonzesses» dont l’avidité pour le gain facile est criarde.

Dans sa logique de celui qui change fréquemment de filles, Fo John tomba l’après-midi de la Saint Sylvestre sur Carole alors qu’il était encore assis à la devanture de son magasin comme à l’accoutumée. Carole la redoutable «absorbeuse» que craignent les jeunes de son quartier ne trouva aucun inconvénient à être la maîtresse d’un pépé qui a au moins de quoi la satisfaire financièrement et matériellement. Sur cet accord de principe, Fo John très emballé par la beauté angélique de Carole et pour lui témoigner sa générosité, mit la main dans la poche et lui tendit cinq billets violets, tous claquants contre deux bisous frais sur ses joues. Le rendez-vous était pris pour cette même nuit. Mais au finish, il dut passer une nuit blanche même s’il s’était contenté des bisous frais qui continuaient de lui glacer indéfiniment ses joues presque enfoncées par le fait que certaines dents sont sautées.

Trois jours après, Carole pointa de nouveau son visage beaucoup plus badigeonné que la première fois. Elle était dans une tenue de star. Après quelques mots d’excuses accompagnés du passage des doigts fins sur le corps du pépe, ce dernier fut de nouveau endiablé avec un nouveau rendez-vous. Il n’hésita pas à faire comme la dernière fois. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le pauvre pépé était de nouveau laissé en lapin.. Mais cette fois-ci, elle eut la présence d’esprit d’appeler son homme providentiel pour lui présenter ses excuses et promit que le lendemain, s’il pleut ou s’il neige, elle serait à ses côtés. Promesse tenue cette fois-ci, rendant fou de joie Fo John.

Il ferma rapidement son magasin et prit dans sa voiture la go en direction d’un hôtel de la place. Une cassette de Julio Iglesias envoya de suaves chansons consistant à réveiller les «esprits sentimentaux»: «En amour, il faut toujours un perdant. Moi, j’ai eu la chance de gagner souvent…». Après quelques toasts dans le hall, le couple heureux se retrouva dans une chambre apprêtée pour la circonstance à la demande du pépé. Carole, pour cacher au vieux dans un premier temps son professionnalisme en la matière, affichait une hypocrisie. Tous deux nus comme Adam et Eve, Fo John fut le premier à se jeter sur le lit très spacieux. Malgré son désir de posséder cette petite créature, il resta faible en bas. C’est ce qu’avait constaté Carole lorsqu’elle alla se coucher auprès de son pépé magnanime… A suivre. Tonton D

Sans détour

31ème Sommet de la CEDEAO pour quels résultats?

«Beaucoup d’intellectuels sont dans les gouvernements, beaucoup d’intellectuels sont à l’origine des idéologies destructrices du continent africain. Beaucoup d’intellectuels sont les commis voyageurs des tyrans, des barbares qui nous ont ruinés, déchirés, en 50 ans d’indépendance. Le vrai problème de l’Afrique c’est l’intellectuel africain» (Tierno Monénembo - écrivain nigérien)

La 31ème session ordinaire de la fameuse Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue vendredi dernier dans la capitale du « pays des hommes intègres ». Mais malheureusement, parmi les onze chefs d’Etat qui ont pris part à ce sommet - deux pays s’étant fait représenter alors que les chaises des deux autres étaient vides- seuls les N°1 de notre voisin de l’Est et du Libéria pouvaient se prévaloir du titre d’«homme intègre». Les autres sont des malgouvernants, des dictateurs qui ont horreur de l’alternance, des champions dans la violation des droits de l’homme, des «mal élus»… Les uns se sont engouffrés dans leurs vestes alors que les autres se sont embourbés dans leur basin trois pièces. C’était pour parler de transformation du secrétariat de la communauté en commission, l’élection d’un nouveau président en exercice, les blocages de la crise ivoirienne et le développement. Mais au finish, rien de concret à mettre à leur actif.

Sur le premier point, il est question de la mutation du secrétariat exécutif de la Communauté en commission présidée par le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas. Celui-ci est épaulé par un vice-président et sept commissaires qui ont prêté serment au Sommet de Ouagadougou. Une photocopie conforme de la Commission de l’Union Européenne. Mais ici le Ghanéen qui a toujours montré qu’il est un porteur de sceaux et de valises de tous ces tyrans, et sa bande ne sauraient rien changer. Par exemple, ce n’est pas un Compaoré embêté par l’affaire Zongo ou un Toumani Touré éclaboussé par l’«ATT-cratie» qui accepteraient se faire juger par la  Cour de justice qui est créée. C’est une énième comédie des nègres. Une nouvelle trouvaille des «intellectuels tarés» pour entretenir le mirage.

En plus, ce sommet a été marqué par l’élection d’un nouveau président en exercice en la personne de Blaise Compaoré en remplacement du Nigérien Mamadou Tandja qui a cautionné la frauduleuse et les violences d’avril 2005.

Pour la crise ivoirienne, ils n’ont pris aucune décision courageuse. Ces chefs d’Etat dont certains sont parties prenantes dans la guerre ne pouvaient que saluer l’initiative de Gbagbo d’engager un dialogue avec les Forces Nouvelles. En outre, ils ont dépêché une délégation au chevet d’un Lansana Conté finissant qui fait face depuis quelques semaines à des mouvements sociaux très violents.

Sur un autre plan, l’intégration sous-régionale n’existe que dans la tête de nos dirigeants. Elle n’est ni vécue ni partagée par les populations. La libre circulation des biens et des personnes n’est réalité que dans les cahiers des élèves. Elle n’existe pas dans les faits. Et à Ouaga, on n’a prévu que la création d’unités pilotes pour résoudre les tracasseries policières et douanières.

L’autre belle blague est l’idée de la mise sur pied d’une monnaie commune sous-régionale. Les pays de l’espace francophone qui dépendent du trésor français s’y opposeront. Puisque l’accepter c’est signer la fin de leur pouvoir mal acquis. Zeus AZIADOUVO

Réaction du gouvernement  ou de la présidence au rapport d’AI?

Edem Kodjo dans le rôle de liseur professionnel de motion
           
L’organisation internationale de défense des droits de l’homme Amnesty International a rendu public vendredi dernier, après plusieurs reports, son rapport sur les violences et les exactions survenues dans notre  pays à la suite du scrutin présidentiel du 24 avril 2005.

Intitulé «Je veux savoir pourquoi on a tué mon fils», le rapport demande surtout au gouvernement togolais d’assumer ses responsabilités pour traduire devant les tribunaux les auteurs et les commanditaires de cette tragédie et mettre un terme à l’impunité qui fait le lit du mal togolais depuis plusieurs années déjà.

Le pouvoir togolais qui avait demandé le report de la publication du document pour formuler des observations, a fait parvenir le 11 décembre 2006 à Amnesty International un courrier de douze pages portant les griffes de M. Edem Kodjo pour démonter le rapport d’AI.

Se mettant dans le rôle parfait des liseurs professionnels de motion, M. Edem Kodjo, fait récemment ministre d’Etat à la présidence par Faure Gnassingbé, s’en prend à Amnesty International et émet des réserves sur le contenu du rapport.

Pour le président de la CPP, «ce qui paraît être militaire de façon ostentatoire, constitue bien souvent des subterfuges utilisés par des groupes de voyous pour influencer le jugement des victimes (vêtements, armes, parfois véhicules camouflés ou plaques d’immatriculation falsifiées»). M. Edem Kodjo s’érige en avocat du diable des éléments des forces de sécurité  alors que celles-ci ont été indexées dans les différents rapports des organisations de défense des droits de l’homme (ONU, FIDH…) comme étant les principaux responsables des massacres d’avril 2005.

Le ministre d’Etat à la présidence après s’être interrogé « sur les vraies motivations de ce rapport et le moment choisi pour sa médiation », estime que le document « ne paraît pas de nature à consolider le processus en cours mais au contraire à troubler la paix qui prévaut dans le pays et la sérénité qui entoure actuellement la conduite du processus de réconciliation nationale ».

M. Edem Kodjo pousse son cynisme plus loin en disant «être préoccupé par ce déchaînement inutile, redondant et volontairement polémique». Il considère par ailleurs le combat d’Amnesty International contre l’impunité comme «relevant de l’histoire car largement dépassé».

Serait-on en d’autres temps que le président de la CPP aurait pris la tête des marches de soutien pour dénoncer, à travers des montages grotesques des laboratoires de Lomé 2, le rapport d’AI et rejeter la responsabilité entière des tueries sur l’opposition.

La réaction du gouvernement au rapport d’Amnesty International suscite de nombreuses interrogations. Pourquoi c’est M. Edem Kodjo qui est de l’administration qui répond à la place des membres du gouvernement?

Le Premier ministre est-il au parfum du courrier adressé à l’organisation internationale de défense des droits de l’homme? Voilà autant de questions que se posent les Togolais. Il ne fait pas de doute que Faure n’accorde pas de crédit à Agboyibo et son équipe et qu’il a ses hommes de main qui agissent dans l’ombre et au nom des autorités togolaises. Le cas patent est celui de Edem Kodjo. M.A.

Rapport d’Amnesty International:

Edem Kodjo encourage l’impunité au Togo

Les Togolais, des rescapés en fait n’ont certainement pas encore oublié les violences pré et postélectorales d’avril 2005. Ce sont des choses qui ne s’effacent pas vite de la mémoire, dira l’autre. Des citoyens ont été massacrés, pour la plupart des innocents, des gens qui n’ont rien à voir avec la politique, juste pour assurer au Fils la montée au trône.

Aujourd’hui, ces événements ne sont qu’un triste souvenir mais les plaies demeurent vivaces chez les victimes et leurs proches. Les divers rapports élaborés recommandaient que justice soit rendue aux victimes. Mais le pouvoir n’a pas daigné y donner suite. Ce que beaucoup qualifient de promotion de la culture de l’impunité dont le maître d’œuvre semble être manifestement Edem Kodjo.

On se rappelle qu’en mars 2006, Edem Kodjo, alors Premier Ministre avait sorti une circulaire par laquelle il «instruit fermement» les organes compétents «d’abandonner instamment toutes poursuites diligentées ou à diligenter à l’encontre de toutes personnes présumées auteurs d’infractions ou de délits étroitement liés à l’élection», excepté les personnes soupçonnées d’avoir commis des «crimes de sang». Beaucoup de Togolais avaient pensé à une mauvaise blague de sa part. C’est pourtant ce qui a été appliqué au grand désarroi des victimes. Les bourreaux du peuple figurant sur la «liste nominative des auteurs et commanditaires présumés cités par les victimes» se la coulent douce jusqu’à ce jour. Les Togolais pensaient s’être débarrassés d’Edem Kodjo une fois les clés de la primature retirée de ses mains par Me Yawovi Agboyibo en Septembre 2006. Oh que non ! L’Homme reste égal à lui-même, plus que jamais actif dans les basses besognes. L’Enarque manœuvre pendant tout ce temps pour empêcher que justice soit rendue malgré les cris d’alarme, les plaintes des victimes. «Il faut condamner ces personnes pour que cela s’arrête», «Je tiens à ce que la justice soit faite car ces hommes ont bafoué la vie de mes enfants», «Nous voulons réparation», crient les victimes. Amnesty International à travers son rapport enfin rendu public vient rappeler aux Togolais que l’homme a poussé son cynisme plus loin, même loin de la primature. Le rapport devrait être rendu public depuis le 26 novembre dernier. Mais il a été reporté pour accorder au pouvoir togolais, à sa demande, un délai afin de faire des observations. Mais le 11 décembre 2006, les gouvernants togolais ont fait parvenir un document à l’organisation internationale de défense des droits de l’homme, servant du dilatoire pour minimiser la poursuite judiciaire. On parle dans le courrier de «renforcement en personnel des services de sécurité», de leur formation et d’ «intégration des Forces Armées Togolaises dans la vie de la Nation». Et comme par hasard, ce document est signé de l’inusable Edem Kodjo qui pense que le rapport d’AI «ne paraît pas de nature à consolider le processus en cours mais au contraire à troubler la paix qui prévaut dans le pays et la sérénité qui entours actuellement la conduite du processus de réconciliation nationale». L’homme pousse l’outrecuidance  jusqu’à aller vouloir blanchir les forces armées indexées par les différents rapports en déclarant: «Ce qui parait être militaire ostentatoire, constitue bien souvent des subterfuges utilisés par des groupes de voyous pour influencer le jugement des victimes (vêtements, armes, parfois véhicules camouflés ou plaques d’immatriculation falsifiées)».

Que diantre a-t-il à s’opposer tant que justice soit rendue? Tino Kossi

Insécurité/Un week-end de terreur au Togo

Sept morts et un blessé grave

Au conseil des ministres du jeudi 18 janvier dernier, le ministre de la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina, a présenté une communication sur la situation concernant les accidents de la route et les vols à main armée au Togo. De son exposé, il ressort qu’au cours de l’année 2006, il a été enregistré «127 vols à main armée qui ont entraîné 11 morts». Mais à  voir ce qui s’est passé le week-end dernier, la situation risque d’être catastrophique d’ici à la fin de l’année. Trois présumés voleurs brûlés vif à Avépozo, trois personnes abattues par des malfrats dans le Zio, un corps retrouvé dans la lagune de Bè, tel est le bilan de ce qu’on peut appeler la tragédie du début d’année.

La vindicte populaire à Avépozo
Selon les témoignages recueillis sur les lieux, tout serait parti du vol régulier des motos ainsi que de l’assassinat de leur conducteur. Dépassés par les événements, les conducteurs de taxi-moto (Zémidjan) se seraient organisés aux fins de démanteler le réseau de malfaiteurs. C’est ainsi que samedi, ils se seraient tombés sur deux hommes : une jeune femme et un jeune garçon. Pendant qu’un groupe s’occuperait du sort du jeune homme, la fille aurait été soumise à un interrogatoire par le second groupe. Celle-ci révélerait qu’il s’agissait de réseaux bien organisés  qui commettraient les forfaits dans la zone. A en croire toujours les témoins, c’est elle qui aurait indiqué les maisons des supposés voleurs. Au cours de ses recherches, la population en furie n’aurait retrouvé que deux personnes dont l’une se prénommerait Akouétè. Ce sont donc ces deux autres présumés voleurs qui ont été plus tard lynchés et brûlés vifs.

D’après certaines indiscrétions, l’infortuné Akouétè est très connu des habitants de cette banlieue pour avoir fait partie de ceux qui auraient terrorisé les populations de cette zone lors de la présidentielle d’avril 2005. Selon d’autres informations, les présumés voleurs devraient se rendre à Notsè lundi 22 janvier dernier avant que le drame ne se produise.

Meurtres dans le Zio
Au poste de péage de Davié à une trentaine de kilomètres de Lomé, le Maréchal de logis Awi, a été froidement abattu le vendredi 19 janvier 2007 aux environs de 15 heures. Pour les témoins, le coup de feu serait parti d’une voiture de marque «Mercedes Benz» à bord  de laquelle se trouveraient trois individus en cagoule. En plus, la voiture aurait percuté un agent du service de péage qui suit  présentement des soins intensifs dans un hôpital de la place. Et pour terminer leur basse besogne, ils ont abattu un ancien combattant et son fils qui les auraient surpris en train de procéder à l’échange de la plaque minéralogique d’immatriculation de la voiture.

Un corps repêché dans la lagune de Bè
Lundi  22 janvier dernier, le corps d’un jeune d’environ 30 ans a été découvert vers 10h30 dans la lagune de Bè non loin de l’école islamique de Bassadji. L’infortuné portait un pull-over et un pantalon jeans, la tenue prisée par les Zémidjans pour pouvoir affronter la nuit. Apparemment  il ne présentait pas l’aspect d’un naufragé, son ventre étant resté intact. Mais il avait une blessure au niveau de la tête. Ce qui veut dire qu’il a été lâchement assommé avant d’être jeté dans la lagune.

Les autorités togolaises interpellées
Ces crimes odieux qu’a enregistrés notre pays en un seul week-end doivent amener les ministres de la Sécurité et de la Défense à prendre des mesures urgentes. Il faut que les enquêtes enclenchées dans les trois situations aboutissent et que les résultats soient connus du public. Ce serait encore malheureux qu’après un calme apparent, ces enquêtes ou leurs résultats soient rangés dans les placards. Car il est évident que le silence des gouvernants sur l’impunité renforce les malfaiteurs dans leur conviction à tuer. Que des sanctions exemplaires soient appliquées aux auteurs de ces forfaits. Mais là aussi, il faut des enquêtes sérieuses pour ne pas amener de pauvres innocents à répondre des actes qui leur sont totalement étrangers.

Par ailleurs, le laxisme des forces de sécurité  et de l’ordre amène souvent les populations à se rendre justice elles-mêmes. Ce qui représente un danger permanent pour un Etat de droit. Des gens peuvent être injustement accusés de vol ou de meurtre et lynchés sans autre forme de procès. Il faut donc revisiter la situation des forces de l’ordre en augmentant aussi bien leur effectif que leurs moyens d’action. Une révision de leur situation salariale leur permettra d’être moins enclines aux pourboires, aux dessous  de table… et de faire convenablement leur travail. Ce sont là les quelques conditions qui peuvent ramener la confiance entre celles-ci et la population civile. R. Kedjagni

Libertinage

Fo Kuessan n’est plus le même
Les Gnassingbélandais sont arrivés à reconnaître que la TVT, jadis Très Vilaine Télévision a pris un nouveau départ avec la réhabilitation de Fo Améyibôdevi, pardon Yovodevi. Le grand exploit était l’ouverture de la chaîne aux leaders politiques de l’opposition, contrairement à avant, au temps des grand-mères des ancêtres de nos aïeux, c’est-à-dire avant la «Catastrophe nationale» du 05 Février. A l’époque, on dirait Gnass TV. Sinon aujourd’hui, des émissions débats politiques sont organisées sur TVT version Kuessan et les «zopposants emmerdeurs» mêmes sont invités sur ses plateaux. Ce qu’un «mon pays» n’a jamais assimilé. Il ne comprend pas comment un zopposant peut débarquer sur la télé des Gnass et dire des choses pas gentilles à leur endroit. Même le handicapé sexuel de Agômé-Tomégbé reconnaît cette nouvelle vision prônée par Fo Kuessan.

Quelqu’un disait l’autre fois que le clan Gnassingbé ne réhabilite pas quelqu’un « fata », c’est-à-dire gratutos. Sinon nous, on pensait que si on  a ramené Fo Kuessan à la TVT, c’est simplement parce qu’on lui reconnaît des qualités et qu’il n’est pas rappelé pour servir une cause secrète. Certains «Gnassingbélandais» nous confient que depuis un certain temps, Fo Kuessan s’éloigne de son «faut-il en rire ou pleurer», qu’il se «gnassingbéise» et se «faurise» même. Ils ont peut-être vu juste car depuis un certain temps, on le voit et l’entend sur le terrain politique. Son cœur est en train d’être séduit par les manifs «gnassingbéiques». Le point d’orgue l’autre fois a été sa présence en chair et en os au grand défilé civilo-militaire du 13 janvier. Nous, on ne voulait pas croire à ce que les gens ont commencé à penser de lui mais certains de ses éditoriaux nous en dissuadent. Surtout celui du 12 janvier a trop fait l’apologie du 13 janvier. Sinon sincèrement, il commence à faire douter de lui. 

Les bébés policiers en stage de racket
Finalement, c’est tout le monde presque qui en a après les bébés policiers-là. Et à l’allure où vont les choses, ils seront  «plus pires» que leurs aînés.

Tous les habitants de Lomé la Poubelle doivent avoir remarqué que les «kpovitô», policiers que l’on rencontre depuis un certain temps aux carrefours sont des «new brand». Ils sont directement sortis de l’usine, pardon de l’école de police. Ce qu’ils font là c’est comme un stage pratique. Mais en «zénéral», c’est des foutaises sur nos rues. La plupart sont des DVV, c’est-à-dire Directement Venus du Village. Ils ont encore les réflexes des «mon beau village». Et ils prennent Lomé pour Paris. C’est normal, puisque selon les indiscrétions, la plupart dans leur village ne voient des véhicules que le jour du marché. On raconte que l’autre fois, l’un s’est retrouvé au bord de la lagune de Nyékonakpoé, s’exultant de découvrir pour la première fois la mer. N’a-t-on pas parlé de l’autre qui a pris un feu tricolore clignotant pour un portable et a plongé là-dessus pour le prendre ? Quelqu’un disait aussi que l’autre fois, l’un était parti chez une de ses connaissances et pour l’accueillir, on lui donna de l’eau glacée ; mais une fois l’eau dans la bouche, il la cracha aussitôt avec énergie, s’emportant que l’eau était empoisonnée. C’était en fait parce qu’il n’a jamais bu une eau glacée. Passons.

Ce qui énerve plus les gens, c’est que ces «policiétos» s’initient déjà aux rackets, le sport favori du métier. C’est le cas du cas de ceux qui sont postés au marché des Ibos, pardon de Hédzranawoé. Au lieu de lutter contre le vol et certaines pratiques malsaines des Ibos, ils ne font que guetter les conducteurs. Gare à celui qui va garer sa moto ou sa voiture. Tu payes 5000 F et tu pars ou bien tu ne payes pas et tu restes. Et sur nos rues, ils ont déjà acquis le langage standard: «deux cents avec tes pièces». Certains «Gnassingbélandais» pensent finalement que ces bébés policiers sont en stage de racket.

Kéi ! Les avocats-là…!
Vraiment, les avocats-là ne vont pas cesser de nous «tonner». On dit souvent que tous ceux qui font ce métier sont «insérieux» et que c’est pourquoi quand ils meurent, on les pose dans le cercueil face contre terre et dos au ciel. Vrai ou faux?

Tout ce qu’on sait, c’est que les gens-là sont imprévisibles. On n’en voudrait pour exemple que l’autre PM de la transition. Ce sont aussi des gens rusés. C’est justement le cliché que véhicule le clan au pouvoir sur Fo Agbo. On le dit très futé et qu’il ne faut pas lui faire totalement confiance. Ce que tout le monde, même chez nous au village sait, est que c’est des gens bizarres et «trizarres». Ils peuvent par exemple soutenir que Oussama Ben Laden est le Messie, l’agneau de Dieu qui est venu enlever le péché du monde ou que Faure Gnassingbé est le grand-papa d’Eyadéma. Après avoir assisté à la manifestation «La nuit de l’éloquence», un Gnassingbélandais a juré qu’il prendra ses jambes à son cou s’il lui arrivait de croiser un avocat dans un coin obscur.

Dans le cadre de la rentrée judiciaire du barreau, il a été organisé vendredi un concours d’éloquence dénommée «la nuit de l’éloquence». Le concours a été remporté par un certain Me Eli Eli Noussoukpoè. Il s’agissait de faire une plaidoirie sur un thème choisi. Selon ce qui a été rapporté, le lauréat Me Eli Eli Noussoukpoè a développé une plaidoirie dans laquelle il a démontré qu’on devrait avoir pitié pour Satan. «Kéi!», s’est exclamé un «mon pays» avant de se demander: «le gars-là, il est «diabléique» (possédé) ou bien c’est comment?». Mais entre nous, est-ce que ça ne vous effraye pas que l’on demande pareille chose pour satan qui est à la base de tous nos malheurs ? Sincèrement les avocats-là, ils doivent vivre isolés dans un village, très loin de nous parce qu’ils nous «peur».

Améyi et Boukpéssi, les «Zopposants» de Tata
Tata Avlessi, l’homme qui a terrassé «Rockvi-Gnass» et a pris le contrôle de la Fédération Togolaise des «Foutaises», plutôt du Football a aujourd’hui tous les problèmes de ce monde. A moins d’une semaine de sa prise de pouvoir, c’était d’abord le tour du ministre «Richardson Von Attipoé» de lui déclarer la guerre pour une banale affaire de recrutement de Patrice Nièce, pardon Neveu comme coach des «Zéperviers» du Togo. Aujourd’hui, ce sont ses deux «vice-prégos», Woga (Patron) Améyi et Fo Boukpéssi qui s’opposent «médiatiquement» à ses décisions. En effet, le nouveau prégo de la FTF a procédé à quelques nominations le 15 janvier 2007. Fo «Aviyomé», pardon Agbéyomé à été nommé conseiller spécial chargé des relatons extérieures et Winny Dogbatsè a été nommé coordinateur général. Mais très vite, Fo Agbéyomé qui a déclaré à la TVT que même s’il n’est pas élu, il va aider celui qui sera élu à relever le niveau du football Togolais a refusé l’offre qui lui a été faite. Et peu après, Améyi et Boukpéssi qui sont aujourd’hui considérés comme les vrais «zopposants» à la FTF sont revenus à la charge. «C’est avec une grande surprise que nous avons suivi sur les médias officiels les nominations auxquelles vous avez procédé sans consultation préalable de tous les membres du BE de la FTF, nominations à des postes non prévus par les textes régissant notre Fédération… Cette décision viole littéralement les textes de 1994 ayant servi de base aux élections du 09 janvier 2007…», précise la lettre ouverte que les deux «zopposants» ont adressée à Tata Avlessi. Entre nous, a-t-on besoin d’une lettre ouverte pour faire des remarques à quelqu’un avec qui on dirige une Fédération? En tout cas, il est clair dans l’esprit de tous les Togolais que les deux hommes qui sont également amis à l’ancien président «Rockvi-Gnass» qui est tombé «gboya» de la FTF, cherchent simplement à compliquer la tâche à «Ma » Tata.

«Gbogboyagbo», toi encore?
Edem Edouard Kodjovi Kodjo, l’homme qui est tombé «gboya» de la primature et qui après une longue réclamation s’est trouvé à l’intersection des ministres du gouvernement Agboyibo et des «con-essayés» de «Faure-vi Vodoua» fait encore parler de lui. C’est lui qui a fait les « dents et les ongles », pardon les pieds et les mains pour que le rapport d’Amnesty International ne soit pas publié le 26 novembre 2006 comme prévu par l’organisation elle-même. La preuve, c’est que la Présidence de la République a fait parvenir à Amnesty International un courrier de 12 pages signé par M. Edem Kodjo. Dans le courrier, Gbogboyagbo a tenté de disculper les assassins d’avril 2005. «Alors que tous les acteurs et observateurs de la crise togolaise s’accordent sur le fait que l’impunité est l’un des problèmes clés à résoudre, Amnesty International constate avec déception que les autorités togolaises ne prennent dans ce courrier aucun engagement concret afin de traduire en justice les auteurs présumés des violences de 2005», précise le rapport d’Amnety International dans son paragraphe V. Est-ce que «tormalement», que dis-je, normalement c’est à Edem Kodjo d’écrire un courrier pareil ? Au nom de quoi le fait-il donc ? En tout cas, qu’il sache que «Kpolitiquement», il ne représente rien pour le peuple togolais et les résultats brillants voisins de 0%  qu’il a obtenus à l’élection présidentielle de 2003 en sont un exemple palpable. Au lieu de continuer à «embêter» le peuple, il a intérêt à aller «Gbogboyagboïquement» se reposer dans son Noépé natal.

Gabi à la fête du 13 janvier
Le 13 janvier dernier, les Togolais entièrement à part ont «mangé la fête» de l’assassinat du premier Président du Togo. Les «mon pays» et des RePTiles se sont défoulés pour les beaux yeux du libéro et du premier célibataire national. Ils ont marché, piétiné les goudrons du seul boulevard qui n’avait pas les nids de dromadaire tel et si bien qu’à la fin, il dût avoir quelques nids d’autruche.

Ce qui a étonné les Togolais à part entière qui ont dit niet à la glorification de l’assassinat du père de l’indépendance, c’est la présence à la tribune d’ «Aviyomé»Kodjo, celui-là même qui en 2002 a sorti un pamphlet incendiaire contre le régime en place. On l’a vu avec nos propres «zoeils» sur le perchoir somnoler de temps à temps.

Aujourd’hui, on a l’impression qu’il retourne à ses anciennes amours. L’homme se fait tellement voir  que nous, on ne comprend plus «rignin». Tantôt, il se lie avec Péré, tantôt il se délie, tantôt il veut être président de la FTF et «tantard» il loue «Faure-vi vodoua». En tout cas, sa présence aux côtés des forces «mortes» pardon vives du RPT mérite une reconnaissance de la part du p’tit.

«On ne sait pas jamais», ce «sous-tient» de l’homme de Tokpli aux «fils de la Nation» peut équivaloir à un poste  de conseiller d’Etat à la présidence.
           
«Tanti» Avlessi face aux «scorpions» de Rock
En boutant Rock Gnassingbé hors de la FTF le 9 janvier dernier, les amoureux du ballon rond pensaient que les problèmes qui minent la fédé allaient être définitivement réglés. Les «zélecteurs» ont cru bien faire en votant pour deux hommes riches et mettre ainsi les «Zéperviers» à l’abri du besoin. Mais les «congresseurs» n’ont pas vu plus loin que le bout de leur nez. S’ils peuvent se targuer qu’ «à partir de désormais» un terme sera mis aux difficultés financières, il n’en demeure pas moins que la Fédération est confrontée à d’autres «problèmes de difficultés». En chassant Rock, les «congresseurs» ont commis l’erreur FATale de maintenir Gabi  Améyi. Celui-ci n’est pas en odeur de sainteté avec «Tanti» Avlessi. Malgré la réconciliation, Gabi est plus que «décidé» à mettre le bâton dans les roues de son président. Et il a trouvé un allié de poids: Mister Boukpessi. Certains croient savoir qu’ils sont des «scorpions», pardon des espions de Rock. Ces « scorpions » font parler d’eux actuellement en mordant partout «Tanti» Avlessi. Ils accusent le président d’avoir procédé à des nominations sans préalablement les consulter. Et au lieu de discuter avec le fautif, ils ont jugé utile d’adresser directement des courriers à AFIwa et CAFui pour mettre à nu leur président. Nous, on se demande si c’est la meilleure façon de régler les problèmes là-bas. Si au moindre dysfonctionnement, ils vont sortir des notes, on va déposer les yeux pour voir le nombre de lettres qu’ils auront à écrire pendant 1460 jours soit 4 ans. En tout cas, Nicolas Lawson, l’opposant pétard réputé être le meilleur «écriveur» de lettres est là pour les aider.

24 janvier 1974:

La fable de «L’attentat» de Sarakawa racontée par Me Occansey

La volaille des courtisans d’Eyadéma, ses griots, ses crieurs de slogans ressassent tous les jours à la population leur antienne sur le nationalisme du «Timonier». Ce dernier aurait failli payer de sa vie, disait-on, parce qu’il avait refusé de se laisser corrompre par les impérialistes de la CTMB. A la longue liste des surnoms laudatifs dont on le gratifiait vint alors s’ajouter celui d’«incorruptible». A défaut de pouvoir le corrompre, on s’était pris à sa personne, on voulait l’éliminer physiquement. C’était l’explication qu’on donnait au peuple de «L’attentat de Sarakawa». On a beaucoup écrit et épilogué sur ce drame. Il convient ici de rétablir la vérité pour démythifier un nationalisme pas trop criant.

En effet, pendant la période allant de l’indépendance du pays (1960) jusqu’en 1970, le Togo réussissait à maintenir son équilibre financier intérieur et extérieur. Il avait même pu constituer des réserves en devises. Le PIB avait augmenté de 7% par an en moyenne, et le revenu par habitant allait en progressant de 2,4%. Le déficit des finances publiques était très bas, et avait pu être financé sans recours à l’aide extérieure.

Suite au premier choc pétrolier et à l’augmentation du prix des engrais sur le marché mondial, la demande des phosphates augmenta à la fin de l’année 1973. Le Maroc, premier exportateur mondial de phosphate, au début de 1974, augmenta le prix de ce produit en multipliant le prix pratiqué jusque-là sur le marché mondial par quatre. Alors le Togo saisit aussi l’occasion en janvier 1974 pour s’occuper lui-même de la commercialisation de ses phosphates; un mois plus tard, Eyadéma nationalisa les mines. Comme on s’y attendait, les recettes de l’Etat avaient triplé (de 11.000 à 37.000 F. Cfa la tonne de phosphate). Le Trésor public regorgeait de richesses. Avec cette manne, Eyadéma, au lieu de soulager la misère endémique qui sévissait au Togo, s’en remplissait les poches et se lançait dans des opérations de prestige non rentables et qui ruinaient le pays.

Le «premier économiste» ne tenait plus compte des prévisions de recettes de l’OTP. Il inaugure une acrobatie financière, une gymnastique qui donnerait le tournis aux meilleurs valseurs du monde. Après s’être approprié les richesses de l’OTP, il s’emploie à les dilapider. Avec Assor, Tchalla, Djondo et Bagnah, il instaure une vraie Phosphatocratie. Les gâchis au niveau de l’OTP, la pompe à finances du RPT, sont inénarrables. Eyadéma fait par-ci un don de 5.000 tonnes de phosphate à la Corée de Kim II-Sung; par-là un autre de 150.000 tonnes, soit 6 milliards de francs Cfa à Mobutu; ailleurs, 250 millions de francs à Sékou Touré venu au Togo soutenir son régime contre d’imaginaires assaillants. Quand Eyadéma dépense, c’est le contribuable qui paie. Eyadéma, ce grand économiste qui ne s’intéresse à cette science que lorsqu’il faut bourrer son escarcelle de l’espèce sonnante et trébuchante, n’avait pas prévu que le boom des phosphates ne serait que de courte durée. Dès juillet 1975, les cours mondiaux des phosphates chutèrent et les revenus de l’Etat en conséquence; Eyadéma n’en continuait pas moins de pomper les réserves de la vache à lait qu’est l’OTP. C’est ainsi que le pays finit par s’endetter lourdement auprès de l’étranger! Le réseau bancaire sombra très vite dans un état de déliquescence. Ainsi, le peuple vint à murmurer, ne voyant pas les retombées, les bénéfices engendrés par la nationalisation des mines du Bénin. Il comprenait encore moins bien la façon peu orthodoxe qui présidait à la gestion de l’économie du pays. Le trou financier creusé par le «premier financier» prend alors la dimension d’un gouffre. Cette situation devrait empirer jusqu’en 1996 où la dette extérieure du Togo atteint plus de mille milliards de francs et la dette intérieure environ 250 milliards.

Eyadema, très tôt alerté par le Fonds Monétaire Internationale et la Banque mondiale qui redoutaient une implosion populaire au Togo à cause de la mauvaise gouvernance qui était de règle dans le pays, prit peur. C’est pour apaiser les populations en courroux, pour prévenir les troubles sociaux, endormir le peuple, pour motiver un échec, qu’il fallait présenter cet homme comme la grande victime des basses tractations du néocolonialisme, le présenter comme une sorte de souffre-douleur de l’impérialisme français. On fit alors circuler le bruit selon lequel Eyadéma aurait refusé un pot-de-vin d’un milliard et demi de francs Cfa que lui aurait offert Max Robert, l’administrateur-délégué de la CTMB afin qu’il renonce à la nationalisation des mines. En effet, il est vrai que cette offre avait été bel et bien faite par la CTMB à Eyadéma. Non seulement ce dernier avait accepté et empoché cette somme, mais a réclamé en plus 3 milliards à lui seul sur les super­bénéfices à lui transférer dans une banque en Suisse. Max Robert, homme de principe, protestant rigoureux et intègre s’opposa aux nouvelles exigences d’Eyadéma car il devait aussi rendre compte de sa gestion aux actionnaires qui avaient suivi la montée des prix.

L’accident d’avion de Sarakawa vient à point nommé. Il servira à détourner l’attention des Togolais, à masquer les magouilles, la gestion lascive du patrimoine national, le fiasco du régime. Il sera commenté, arrangé et présenté au peuple comme une tentative d’élimination physique du petit sergent pour maintenir le Togo dans la sujétion économique de la France. Il s’agissait d’élever cette version au rang de vérité officielle non seulement pour discréditer les autorités de la CTMB, mais surtout pour sortir Eyadéma de l’impasse. Exploité par les hommes de paille d’Eyadéma, Michel Kunalé Eklo et Christophe Djoko Amados, qui entretenaient une armée de stipendiés pour inonder le Togo de tracts et répandre les antennes de la radio-télévision la fable, «drame» prend une dimension nationale alors que l’accident était dû au surcharge de l’appareil bourré de victuailles pour les festivités à la cour du roitelet de Pya. Les passagers de l’avion présidentiel racontent que les pilotes en avaient fait la remarque au Chef de l’Etat qui s’en était soucié comme d’une guigne. Seule la chance avait sauvé Eyadéma ; la baraka était avec le satanique reître ce jour-là. Eyadéma qui n’est pas à une ignominie près, n’a pas changé de scénario. Il n’a pas hésité, à salir les dépouilles des pilotes de l’avion. Sans que le parquet ait ouvert une information, il les présenta tout de go comme des traîtres à la solde de l’impérialisme et du néo-colonialisme français et ne montra la moindre compassion pour la famille des deux coopérants, pilotes dévoués, courageux. Il profita même de cet avion pour mieux entretenir la croyance à son invincibilité, légende qui divinisait sa personne, le désignait comme l’«homme le plus pouvoirieux» du Togo; ainsi, le superhomme fit croire à Paris-Match et à plusieurs journalistes qu’il était seul survivant de l’accident alors que les Bénoît Yaya Malou, les Alidou Djafalo, les Kifalang Baka et plusieurs autres s’en étaient également sortis avec quelques entorses, contusions, égratignures et bras cassés. Un odieux travestissement. Ces derniers ne pouvaient apporter un démenti à l’interview accordée par le «Patron» aux journalistes. Et pour cause…
Les torrents de boue déversés par Eyadéma et Eklo sur l’administrateur- délégué de la CTMB sur les deux pilotes ne sont pas fortuits. Il fallait tout faire pour redorer le blason du Timonier, redonner à Eyadéma son lustre perdu, le faire aduler par le peuple qui le boudait, tenter de le faire passer pour un martyr des impérialistes. La manipulation et l’intoxication orchestrées par les Eklo et les Amados ont réussi.

De Lama-Kara à Lomé, tout vêtu de blanc, le «miraculé de Sarakawa» est ovationné par la population le long de la route baptisée pour la circonstance «Itinéraire de la Victoire». L’accueil de la capitale, le 2 février 1974, fut haut en couleur, indescriptible. Pour l’accueillir, les Loméens, ivres de joie, étaient grimpés sur les toits, sur les arbres. Les femmes pleuraient.

Les rues étaient noires de monde; des enfants agitaient des drapeaux: Vive Eyadema! La foule était si grande qu’on eût cru que tout le pays se fut assemblé pour voir l’entrée du Rédempteur à Jérusalem. La liesse du peuple a dépassé toute mesure. Pour marquer cette journée mémorable, le plus grand hôtel de Lomé prit le nom de «Hôtel du 2 février», ainsi qu’un lycée de la capitale. Sarakawa, lance le slogan des animateurs, c’est la « grande révélation», le «tombeau de l’impérialisme». Artifices de propagande! Cette publicité montra comment la réalité vécue fut manipulée pour les besoins de la cause, désarticulée, remontée pour la mise en scène d’un endoctrinement.

Le peuple en transe acclamant le «sauveur» n’est cependant pas dupe. On l’a souvent vu renverser tous les autels où la créature est adorée et briser les idoles après les avoir encensées sans réflexion, cajolées par bassesse, admirées par stupidité, soutenues par fanatisme.

Source: Extrait de «Si Eyadéma m’était conté» de feu Me Siméon Kwami Occansey

AGBEYOME Kodjo prend désormais la destinée de Mazargues AC

Le Club Mazargues AC a organisé le samedi 20 janvier 2007 à l’hôtel Excellence (Lomé), son Congrès Extraordinaire. Ce Congrès a été présidé par Togbui Azanléko Assou Kpalikpatcho III de Assoukopé et Président de la Ligue de Football de Lomé. A l’issue de ce congrès, un nouveau bureau devant conduire la destinée de ce club a été élu conformément à ses statuts.

Ainsi, M. AGBEYOME Kodjo, ancien Premier Ministre, ancien Président de l’Assemblée nationale, précédemment Président d’honneur du Club Mazargues et malheureux candidat au poste de Président de la FTF à son dernier congrès électif a été élu Président du Club Mazargues avec 36 voix pour et 1 nul. Il a, aussitôt après concertation avec les autres membres du club, procédé à la formation du Bureau Exécutif comme il est défini dans les statuts.

Dans son discours de circonstance après son investiture par le Président du Congrès, M. AGBEYOME s’est adressé tout d’abord en signe de gratitude et de remerciement aux 14 grands électeurs du Togo profond qui, selon lui, ont compris le message qu’il leur a adressé lors de la campagne pour la présidence de la FTF. Il a également présenté ses sentiments de reconnaissance et de gratitude à tous ceux qui ont voulu et permis qu’il soit porté à la tête du Club de Mazargues AC et leur a promis d’être à la hauteur de la confiance qu’ils viennent de placer en lui.

A l’endroit des sportifs, M. AGBEYOME  a déclaré que «le moment est venu de sortir notre football des sentiers battus. C’est pourquoi nous allons tout mettre en œuvre pour conférer à notre club tous les attributs d’un club moderne, compétitif, répondant aux normes des standards internationaux».

Pour atteindre ces objectifs: «Nous mettrons un accent particulier sur la détection des talents, la formation des entraîneurs et des arbitres, et une pédagogie à l’adresse des supporters, pour que désormais la tolérance, le fair-play soient des valeurs partagées, afin que le football soit un véritable terreau de l’unité nationale, de l’amitié entre les peuples», a souligné le nouveau Président du Club de Mazargues. 

Le nouveau Bureau Exécutif du Club de Mazargues élu pour un mandat de quatre ans se présente comme suit:
Président: M. AGBEYOME Kodjo
1 er Vice-Président: Togbui Kanyissoukpè
2 ème Vice-Président: Carlos d’Almeida
Secrétaire Général: Patrice Agboli
Secrétaire Général Adjoint: Gabriel Azia
Trésorier général: Gérard Adja
Trésorier général Adjoint: Akpovi Prince
Conseillers
Benjamin Dosseh
Alexandre Adékambi
Attiogbé Pierrot
Ayoko Atayi
Kodjo Samlan

Il faut souligner que le Congrès s’est achevé dans une ambiance de fête et d’espoir à en croire le témoignage de Mlle Akpé, joueuse de l’équipe féminine de Mazargues: «Il y a une immense joie qui m’anime. Je crois vivement en M. AGBEYOME, et qu’avec lui, notre club ira de l’avant, c’est-à-dire que la saison prochaine, nous serons en D2. C’est la raison pour laquelle nous plaçons notre entière et totale confiance en lui». Didier LEDOUX

 

 

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