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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

09 février 2007

Est-ce qu’aujourd’hui vous vous sentez en sécurité au Togo?
Compte tenu des expériences lointaines et des expériences récentes, il faut toujours être prudent. Nous agissons avec prudence et nous croyons peut-être avec trop de simplicité qu’il y a un début de petit changement au Togo. Pour répondre à votre question, je vous dirai que nous sommes obligés de revenir au Togo. On ne peut pas faire d’omelette sans casser les œufs. C’est pour cela que nous sommes au pays tout en maintenant toutes les conditions de prudence.
                                                                
L’UFC n’est pas pour le mode de scrutin choisi par le Gouvernement. Peut-on dire que malgré tout vous irez à ces élections?
Nous préférons le scrutin à majorité simple. C’est ce que nous avons toujours essayé d’utiliser au Togo et c’est ce que notre peuple comprend. Je sais qu’il y a beaucoup de pays comme l’Afrique du Sud et certains pays européens qui utilisent le scrutin proportionnel. Mais c’est toute une éducation à donner à nos populations surtout dans les zones rurales parce que selon le régime proportionnel on ne vote pas pour tel Monsieur ou tel mais on vote pour une liste. C’est une éducation à donner aux populations. Et ça s’ajoute à tous les problèmes que nous avons maintenant. En deuxième point, le système proportionnel, théoriquement, casse la possibilité d’avoir une majorité forte au parlement. Nous sommes en train d’étudier par des simulations l’impact du système proportionnel sur les chances de l’UFC. Nous n’avons pas encore terminé les simulations mais nous les ferons dans les jours ou les semaines à venir.

Le mode de scrutin tel  qu’il est aujourd’hui, beaucoup de spécialistes pensent qu’il serait difficile à un parti politique d’être majoritaire à l’Assemblée nationale. Donc on s’achemine vers des alliances. L’UFC est-elle prête à former des alliances pour gouverner le pays?
C’est de la spéculation. On a eu par le passé des alliances avec d’autres partis démocratiques. Pour le moment, c’est encore prématuré de dire comment nous allons nous comporter parce que nous n’avons pas tous les éléments. Mais dès que nous les aurons nous prendrons les mesures pour cette cause.

Quelles sont vos relations avec vos amis de la coalition de 2005 à savoir le CAR et la CDPA?
Nos responsables qui sont sur place entretiennent certaines relations avec eux. Nous ne voyons pas les choses de la même façon. Le CAR et la CDPA pensent qu’on peut faire des réformes en participant à ce gouvernement que nous appelons Gouvernement d’Union Nationale. Nous croyons que nous serons beaucoup plus efficaces à l’extérieur tant que nous ne sommes pas liés par des problèmes de responsabilité politique. Vous ne pouvez pas quitter un conseil des ministres et vous amuser à critiquer ce qui a été décidé. C’est le premier point. Le second point, c’est que contrairement à nos amis de l’opposition, nous croyons que si on nous donne tout juste un strapontin sur lequel nous allons nous installer, ce n’est pas une bonne chose pour l’avenir de notre pays. De toutes les façons, nous croyons que si nous sommes sincères et si nous voulons avoir de vrai  changement dans le pays, il faut qu’ils se rapprochent de nous. Le Togo est pour nous tous, il n’est pas simplement pour l’UFC mais pour tous les Togolais.

En présentant les membres de la Fédération de la Kozah, est-ce que ça veut dire que c’est la fin du feuilleton Amah Gnassingbé?
Amah Gnassingbé est pour le moment suspendu de notre parti, il n’est pas renvoyé. Nous avons dit à Amah Gnassingbé que comme il a pris une décision contraire à la décision de notre parti, il ne peut être ministre dans ce gouvernement qu’à titre personnel. Amah  Gnassingbé a fait des déclarations qu’il va nous renvoyer tous du parti à commencer par moi-même; ce n’est pas grave. Nous disons tout simplement que le départ de Amah Gnassingbé de nos rangs n’a pas d’impact particulier sur le parti. Nous avons été agréablement surpris quand nous avons traversé la Kozah. Nous avons du sang nouveau qui rentre dans notre parti, des jeunes universitaires. Nous sommes contents de les avoir. Nous sommes un parti pour les jeunes. Nous laissons à Amah Gnassingbé le choix de revenir au bercail quand il sera prêt. Nous ne savons pas exactement les motivations qui l’ont poussé à prendre de telles décisions. Mais j’insiste, son départ n’a pas d’impact sur le parti.

Propos recueillis par M.A.

 

 

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