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Lomé la capitale
Pourquoi
gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
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Le Canard enchaîné sonne:
Le crépuscule de la Chiraquie
16 février 2007
Le sommet des Chefs d’Etat qui s’ouvre le 15 février à Cannes
a des allures de banquets d’adieu. Chirac va prendre congé d’un
petit cercle, d’un vaste réseau. D’un système
de copinage, d’aide civile et militaire, de corruption mis
en place sous De Gaulle, entretenu par Giscard et Mitterrand (et
cultivé depuis douze ans) par lui-même.
Parmi la trentaine de Chefs d’Etats présents, la plupart
gouvernent leur pays de manière autoritaire, voire dictatoriale.
Plus d’un tiers sont arrivés au pouvoir par les armes.
Pas grave: les contingences historiques (passé colonial
et francophonie) et économiques (nos échanges avec
le continent sont excédentaires de plus de 2 milliards)
justifient bien le maintien de quelques alliances. Sans compter
que l’Afrique est comme le disait un ex ministre de Giscard, «le
dernier endroit au monde où la France est reçue
comme une grande puissance».
Absents remarqués
Plusieurs pays pourtant restent à l’écart de
la séduction de la «grande puissance» invitante.
Thabo Mbeki, patron de l’Afrique du Sud a fait savoir – le
mufle – qu’il avait des engagements «plus importants
dans son pays». Laurent Gbagbo (Côte-d’Ivoire)
en froid avec Paris, n’a envoyé qu’un émissaire.
Quant au Libyen Kadhafi, il n’a pas quitté Tripoli.
Mais cet absent risque de peser. L’un de ses représentants
sera au centre des négociations de couloir que l’équipe
Chirac compte mener sur trois dossiers brûlants: le Darfour
(soudanais), en proie à une guerre civile menée par
Khartoum, le Centrafrique et le Tchad, tous deux confrontés à des
rébellions combattues avec l’aide militaire de Paris.
«Depuis des années, certains chefs d’Etat vont quêter
de la légitimité dans ces grand-messes franco-africaines»,
analyse l’universitaire Albert-Bourgi. Et souvent en effet, les accolades
de Chirac ont été synonymes de crédit, d’annulation
de dettes, voire de soutien armé. C’est dire si le départ
du «grand baobab», en mai prochain, va laisser des orphelins. Comme
les peu démocratiques présidents togolais, camerounais et congolais.
Ainsi que le général Lansana Conté (Guinée), en
butte à une révolte qu’il réprime dans le sang.
Etc.
Cet aimable système survivra-t-il à Chirac? Peu probable,
tant les favoris à la présidentielle paraissent dépourvus
du chromosome africain. Ségolène Royal, pourtant
née à Dakar, ne semble pas au contact des vieux réseaux
mitterrandiens ou rocardiens. Sarkozy, lui, cultive des amitiés
sélectives. Avec Omar Bongo, au pouvoir depuis quarante
ans. Et de plus étonnant, avec le Congolais Denis Sassou
Nguesso, qui dirige l’un des régimes les plus corrompus
de la planète.
Pourtant, l’un des proches de Sarko tire anonymement dans «Le
Monde» (14/2), cette conclusion pessimiste: «Il n’est
pas l’héritier de la Françafrique.» Il
n’a pas de valoches» (d’argent occulte). Tout
fout le camp, parrain!
Le Canard enchaîné, mercredi 14 février 2007
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