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Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Projet de statut des Fat: Véritable farce du clan Gnassingbé 27 février 2007
Depuis l’intrusion de la grande muette dans la vie politique de la nation en 1963, point n’est besoin de dire que les Forces armées togolaises, bâties à l’image de son «géniteur» le dictateur Eyadèma, sont toujours passées à côté de leur rôle républicain de garantes de l’intégrité territoriale. Cette situation découle du fait que la dictature togolaise depuis 1963, a refusé de doter les Fat des textes qui définissent clairement leur rôle et déterminent leur fonctionnement. Alors que de nombreux rapports d’organisations internationales de défense des droits de l’homme reconnaissent le rôle crapuleux que les Gnassingbé font jouer à nos frères d’armes et que beaucoup demandent la réorganisation de cette couche de notre société en la dotant d’un véritable statut, le clan Gnassingbé à travers ses représentants Faure et Kpatcha Gnassingbé, passent à la vitesse supérieure en cherchant, comme à leur habitude à flouer l’opinion publique nationale et internationale en procédant à un simulacre savamment dénommé statut des forces armées togolaises. Les militaires formant une communauté très réglementée, ont besoin d’un statut digne et adapté aux mutations du monde. Le dictateur Eyadèma de son vivant n’avait de cesse d’exhorter les chefs de corps à étouffer cette demande des militaires soucieux d’être régis par des règles dont chacun pourrait s’y conformer. Reprenant la tradition de la famille, une des premières déclarations de Faure Gnassingbé fut de préciser qu’il n’était pas près à accorder un statut aux Forces Armées qui pourtant furent le moteur de son ascension au trône. Tout le monde sait que tôt ou tard, la grande muette sera réformée et qu’on ne saurait longtemps lui fait faire le sale boulot. Tout le monde sait également que dans l’armée, seule une minorité jouissant de l’impunité totale, commet au nom de tous, des exactions. Le soudain intérêt du clan pour un statut du corps habillé, découle du fait qu’existent dans les camps militaires, beaucoup de mécontents qui risquent un jour de se soulever contre la monarchie de fait. Cette vérité est intrinsèque car tôt ou tard, ceux qu’on considère à tort ou à raison comme les bourreaux du peuple, s’extirperont du diktat qui leur est imposé pour penser à l’avenir de la nation togolaise. Voilà pourquoi Faure et compagnies ont sorti de leur laboratoire, un projet pompeusement dénommé statut des forces armées togolaises qui est loin d’intégrer les vertus républicaines d’une armée. L’enjeu de l’établissement d’un statut pour les forces armées togolaises s’avère donc être très stratégique pour la pérennité du système en place au Togo. A quoi donc tient cette «magnanimité» du régime Faure Gnassingbé pourtant réputé ne rien vouloir concéder, principalement au sujet de l’armée à vouloir moderniser les Fat? Rien que de la roublardise. Il convient d’analyser l’importance que revêt pour une armée un statut clair, précis, prenant en compte chaque étape de la vie du militaire. Au même titre que les médecins, les enseignants ou commerçants, ceux qui optent pour le métier des armes ont aussi besoin de structures et de règles qui régissent leur vie. Des droits, mais aussi des devoirs que tout togolais qui aspire à porter l’uniforme se doit de respecter. Ainsi seront définies les prérogatives auxquelles doivent se soumettre les militaires, ainsi que leurs droits d’avancement, de rémunération, de protection civile et juridique qu’ils peuvent réclamer au cas où ils s’estimeraient lésés. Un tel cadre défini, il deviendra impossible de manipuler nos frères d’armes qui seront dorénavant soumis à l’obligation de devoir envers la nation et jouiront convenablement de leur mérite. La finalité d’un statut pour l’armée est simple: elle sera une armée véritablement apolitique, respectueuse des valeurs de la République, une armée qu’on ne saurait plus amener à s’aligner derrière un clan, une monarchie, une dictature, au service d’intérêts égoïstes et partisans. Car alors chaque militaire protégé par la loi, pourrait ressortir le «Contrat» et énoncer en quoi les distorsions lui sont contraires dans la forme et dans le fond. Un autre enjeu important est la possibilité d’établissement d’un projet de vie et de carrière que doit pouvoir faire chaque militaire dès son recrutement. Ceci quel que soit le niveau par lequel il intègre les forces armées du pays. Il doit donc savoir toutes les conditions de son avancement qui ne doit plus être seulement sujet à l’appréciation au pifomètre du chef qui le propose ou non au tableau d’avancement. Une situation qui oblige le militaire togolais à vouloir coûte que coûte faire plaisir à son chef dont la seule humeur décide de son avancement ou de son pourrissement dans le grade détenu. En résulte les courbettes incessantes et la résignation à accomplir quelque acte que ce soit pour faire croître sa côte dans l’échelle de sympathie du chef. Ces précisions amènent en examinant le projet de statut proposé, à relever le principe de la «notation annuelle» du militaire dans l’article 27 a: «Chaque année, les militaires sont notés au moins une fois; les notes et appréciations leur sont obligatoirement communiquées. A l’occasion de la notation, le chef fait connaître à chacun de ses subordonnés directs son appréciation sur sa manière de servir». En effet, cet article stigmatise le soldat dans le culte du supérieur dont l’avis décide de sa carrière. Ceci qu’il ait ou non bien fait ses devoirs de militaire en vertu du code de conduite militaire; car nulle part il n’est mentionné que le militaire a le droit de donner son avis sur la notation qui lui a été attribuée à tort ou à raison par son chef. Il n’est prévu aucune possibilité de contestation de la note et de l’avis de son supérieur qui figureront dans son livret militaire et détermineront son avancement ou non, auprès d’une quelconque autorité ou institution militaire. La carrière du militaire reste donc ballotée exclusivement par l’humeur de son chef. De proche en proche cet état de chose confère un pouvoir surélevé à la haute hiérarchie, ne laissant pas place à une quelconque idée de déontologie du métier. C’est à n’en point douter la fin à laquelle cherche à parvenir le clan afin de soumettre les militaires à l’obéissance du supérieur lequel supérieur généralement se retrouve dans le cercle familial qui concentre le pouvoir militaire entre ses mains. Cette thèse est corroborée par l’alinéa premier des articles 46, 52 et 57a du projet de statut qui énonce que «l’avancement au grade a lieu au choix» et non au mérite ou au droit. Puis, pour faire passer la pilule on s’empresse de se réfugier derrière les textes de statuts particuliers qui devraient en fixer les conditions respectives et les modalités. Il est à noter que ces statuts particuliers ne sont pas attachés au projet de statut, jetant habilement un flou sur ce sujet. S’agissant des officiers, l’article 46a, relatif à l’avancement des officiers stipule que selon le régiment d’affectation des officiers, deux officiers de même promotion pourraient se retrouver dans un état de supérieur à subordonné, non en raison d’un quelconque mérite, mais seulement en raison de la situation numérique d’officiers dans les différents régiments. Ceci permet clairement des marchandages au sein même de la classe des officiers. Situation qu’est sensée empêcher un «statut des armées» digne de ce nom. Ces insuffisances savamment infiltrées dans le texte présenté par le régime pour servir de statut des FAT ne sont de toute évidence pas de nature à rendre au militaire la sérénité qui devrait caractériser son attitude au service de la nation. Le manque de considération pour le métier des armes est encore manifesté dans l’article 76 où il est dit que le militaire qui contracte une maladie reconnue imputable au service, n’a droit à l’intégralité de ses droits à solde que pendant seulement cinq années mais que ce droit passe de moitié les trois années suivantes. Aucun dédommagement n’étant prévu, on imagine donc facilement le triste sort du militaire malade, ayant donc des dépenses supplémentaires pour soins. La volonté manifeste du régime de maintenir le militaire dans une situation de précarité et d’incertitude quant au lendemain n’épargne évidemment pas les «anciens» qui auraient déjà à leur actif plusieurs années de service. Aussi est-il prévu dans l’article 88 du présent rapport de pouvoir congédier ces éléments sur simple avis d’un «conseil d’enquête» dont la composition et les attributions sont fixées par décret, pour motif d’ «aptitude physique insuffisante». On comprend aisément que ce motif prête à interprétation et peut être appliqué à tout homme pourvu qu’on ait une dent contre lui. Il apparaît clairement que le pouvoir togolais acculé par les agitations dans les casernes et sous la pression à la fois de l’opposition et de la communauté internationale s’essaye une fois de plus par un de ces jeux de passe-passe dont il a le secret, de pondre et de faire adopter à la hâte avant les prochaines élections législatives par une assemblée nationale monocolore aux ordres, des mesures grotesques qui soumettent de plus en plus les militaires au bon vouloir des Béréna, Kadanga, Titikpina, Macina, Yark et autres qui ne sont que les mici dominici du clan Gnassingbé si ce n’est qu’ils sont les beaux-frères d’une monarchie qui gangrène l’évolution politico-économique du pays. L’idée donc de modernité, de changement, d’émancipation à laquelle aspirent nos forces armées ne tient donc pas dans le projet de loi Kpatcha-Faure, car le respect des valeurs républicaines reconnues par la loi fondamentale ne se retrouve pas dans ce statut. Il convient dans un tel contexte d’exhorter nos frères militaires à refuser un statut vide d’avancées réelles quant à la situation esclavagiste qui leur est imposée. L’amélioration de leurs conditions de vie et l’émancipation du militaire doivent nettement figurer dans un statut attendu depuis si longtemps et dont l’absence a causé autant de torts à tous. Le clan Gnassingbé, fort du succès des accords creux consentis par l’opposition traditionnelle à Ouaga, retourne la même arme contre l’armée, son pilier principal afin de mieux la tenir en laisse tel un chien par un statut creux, vide de toute disposition susceptible de la faire avancer et d’améliorer les conditions de vie et de travail de nos frères sous le drapeau. Le clan Gnassingbé se veut plus imperméable aux avancés des Fat que jamais confirmant si besoin est, la roublardise de son système et de ceux qui pensent détenir le monopole du jugement et le refus de toute modernité de l’armée togolaise. Alors que disent l’Ufc, le Car, la Cdpa et l’ensemble de l’opposition de ce projet de loi qui maintiendra sous le joug de la domination d’un clan les forces armées togolaises? Vont-ils comme à leur habitude laisser faire le clan pour crier après la mauvaise foi du régime? Y a-t-il eu au sein de l’armée un sondage pour voir l’intérêt qu’elle porte à un tel projet ou du moins a-t-elle été associée à l’élaboration de ces statuts? Autant de questions qui ne doivent laisser de marbre aucun togolais y compris les militaires qui ont besoin enfin qu’on reconnaisse l’importance de leur métier et que soit éviter la clochardisation dans laquelle ils végètent depuis plus de quatre décennies. Jules Symféïtchéou, Etiame.com
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