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Après l’annonce de la loi portant statut des militaires

Des tensions couvent au sein de la Police Nationale

1er mars 2007

«Un quatrième projet de loi a été enfin adopté par le conseil des ministres. Il porte statut des personnels militaires des Forces Armées Togolaises. Jusqu’ici, c’est la loi du 17 juillet 1963, avec des modifications qui lui ont été apportées en 1964, qui régit le statut des personnels militaires. Il est évident que ce texte, conçu pour une armée de quelques centaines d’hommes, est devenu obsolète si bien que des pratiques non consignées dans la loi ont dû s’instaurer pour répondre aux exigences de commandement des Forces Armées. Le nouveau texte souligne d’entrée que les Forces Armées Togolaises sont nationales, républicaines et apolitiques. Elles ont pour mission de préparer et d’assurer la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la nation et sont entièrement soumises à l’autorité politique constitutionnelle régulièrement établie. Elles comprennent l’armée de terre, l’armée de l’air, la marine nationale, la gendarmerie nationale, la musique des armées, le corps des commissaires des armées et le service de santé des armées. Il est à souligner une innovation de taille: la carrière militaire sera désormais ouverte aux femmes». C’est ce qui ressort du communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres du vendredi 09 février 2007. Cette mesure fait partie des recommandations de l’Accord Politique Global (3.5 et 3.6). Ce projet de loi qui améliore un tant soit peu les conditions de vie et de travail du personnel militaire des FAT, est actuellement en étude à l’Assemblée nationale. Ainsi, après les Forestiers et les Douaniers qui ont vu leur situation s’améliorer un peu, c’est le tour des militaires de goûter aux délices des réformes version Gnassingbé fils.

Comme on aurait pu le constater, le corps qui semble être délaissé est celui de la Police qui, par définition, est une administration, une force publique qui veille au maintien de la sécurité publique. Toutes les questions liées à la sécurité interne la concernent en premier lieu. Mais les conditions de travail et de vie des policiers sont des plus désolantes.

En effet, les vieux indices de la police les plaçaient sur l’indice 270 alors que ceux qu’avait proposés la Conférence Nationale et qui étaient conformes à ceux de la fonction publique les situeraient à l’indice 550. Mais cette décision n’a jamais été traduite dans les faits et les policiers continuent  de végéter dans la misère. Ainsi, toute nouvelle recrue, avec son niveau BEPC et après avoir suivi une formation militaire et policière est abonnée aux modiques salaires des «21 000 Fcfa et poussière» qu’impose l’indice 270. C’est ce qu’avaient contesté en octobre dernier les élèves fonctionnaires de la police. On se souvient que ceux-ci ont, au cours de leur cantonnement dans les locaux de la Foire Togo 2000, observé un mouvement de grève pour exiger une conformité de leur salaire avec celui de leurs camarades forestiers. Avec le niveau BEPC, un policier aurait un salaire de base de «21 000 Fcfa et poussière» tandisqu’un forestier du même niveau en percevrait plus du double. A l’époque, cette revendication légitime a été étouffée par le Ministre de la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina et les élèves-fonctionnaires ont été reconduits au Centre National d’Instruction (CNI) pour une «correction exemplaire». Et depuis lors, on n’en parle plus.

Aussi, n’ont-ils pas de salaire correspondant à leur diplôme. Ils se distinguent en fonction des grades qu’ils prennent au fil des années et en fonction des diplômes qu’ils ont. Par contre dans la police, les grades sont seulement fonction des diplômes. On comprend alors pourquoi les policiers excellent  dans les pots de vin, les dessous de table. Un fonctionnaire qui est mal payé ne peut passer que par des voies tortueuses pour arrondir sa fin du mois. Les nouvelles recrues qui sont à 21 000 Fcfa par mois n’ont-elles pas toutes les raisons de harceler les conducteurs de taxi-moto ou autres pour améliorer leur condition financière?

Un autre problème auquel est confronté le corps de la police est le blocage des affectations. Certains agents sont maintenus à des postes juteux et y passent plusieurs années sans être inquiétés. On susurre d’ailleurs qu’il y a plusieurs années que le personnel de la Police nationale n’avait pas connu de mouvement.

Et au lieu que ce corps soit piloté pas des policiers de formation, ce sont plutôt des militaires qui se succèdent à la Direction Générale de la Police. Les vrais policiers ne sont confinés que dans les seconds rôles. Les militaires DG ne se préoccupent que de leurs intérêts et des «petites affaires» qu’ils font, notamment celles du juteux commerce de drogue.

Depuis le 09 février dernier, date de l’annonce du projet de loi portant statut du personnel militaire, des tensions couvent dans le rang de la Police Nationale. Les policiers seraient mécontents de la façon dont ils sont traités quand la situation des autres corps s’améliore.

Evidemment, la policie n'est pas l'armée sur laquelle repose la force brute du clan Gnassingbé pour qu'il prenne en compte les revendications de celle-ci.

Il urge que le gouvernement Agboyibo commence à plancher sur le cas des policiers qui jouent un rôle non moins important dans la sauvegarde de la paix civile. Comme prévue dans l’APG, la réforme des Forces de Sécurité doit être aussi une de ses priorités.

Nono M. & R.K. Etiame.com

 

 

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