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Sommaire
- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?
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Togo:
Bruit de botte dans les casernes
Des
militaires décidés à défendre Me Boko si on
touche à sa vie
Voici
le tract qui circule dans les casernes:
MEWENEMESSE
Hier tu étais opposant à Eyadèma. Personne ne t’avait
tué. Personne n’avait appelé à te tuer. Bien
au contraire, discrètement, nous, les soldats, on t’avait
soutenu parce que du disais permettre à nos chefs d’améliorer
notre travail.
Aujourd’hui, tu ne sais pas ce que nous, soldats, nous ressentons
parce que le régime te donne beaucoup d’argent, avec ton
ami, Pitang TCHALLA. Mais sache que le jour où la tête de
BOKO tourne, la tienne tombe.
Nous avons lu ce que tu as écrit dans ton article et nous avons
lu les journaux de l’opposition et nous avons compris que tu as
appelé le gouvernement à tuer le commandant BOKO. C’est
ça la politique ? Deux frères de même père
et de même mère peuvent être de deux partis différents.
Nous avons été gênés de voir que BOKO et Faure,
les deux jeunes qu’Eyadèma nous a laissé pour la suite
du combat ne s’entendent plus. Nous avons approché certains
chefs qui travaillent pour amener à la maison l’enfant égaré.
Et toi, tu nous expliques qu’il faut tout simplement le tuer. Il
est kabyè ou pas ? Est-ce que tu sais que les souris d’une
même marmite ne se mordent pas jusqu’aux os ? Si tu es Kabyè,
tu comprendras. Ou tu veux la guerre entre les kabyè ou quoi ?
Que vont dire les gens de Tchitchao si on tue leurs fils ? Est-ce que
Eyadèma a tué les Assih, les Biténiwé, les
Mewenemesse, les Tchagbêlé…Il a fait doucement, doucement
pour les ramener à la maison mais il n’a pas dit de les tuer.
Tu connais quoi au combat ? Toi-même, on va te faire combat de nuit
et tu vas voir ! C’est peut-être toi-même qui es un
poison parmi les Kabyè. Demande à ton frère et ami
Laokpessi comment il a été payé quand il a tué
le lieutenant Tokofaï. Demande à Djoua comment il a été
payé quand il a fait ce qu’il a fait, et à Biténiwé.
Le jour où BOKO est tué, sache que nous, soldats Kabyè,
nous passerons à l’acte avec des cibles bien plus précises,
parmi lesquelles toi-même. Et si ça finit, ça n’a
qu’à finir car chaque canton est fier de son fils evalou
et si tu comprends, t’as qu’à comprendre, mais non
à éliminer quelqu’un de différent. On t’attend
au carrefour et à bon entendeur…
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Tout est parti d’une
fatwa lancée contre l’ancien Ministre de l’Intérieur
du Togo aujourd’hui réfugié à Paris, Me François
Boko.
La caisse de résonance du régime RPT, La Dépêche,
instrument de propagande hautement inféodé à Gnassingbé
père et fils, avait jugé utile d’appeler les obscurantistes
du pouvoir à retrouver l’ancien ministre et à le trucider
pour avoir osé répondre à la provocation d’un
certain Eklo, autre militant du pouvoir lors de la rencontre de Février
2006 organisée par la diaspora togolaise.
A l’époque, cette fatwa avait suscité un tollé
général au sein de toute la presse sérieuse togolaise
et votre édition en ligne avait appelée les rédacteurs
de «cette feuille de choux» à plus de retenue pour
qu’ensemble, togolais de tous bords, nous essayons d’accepter
les convictions politiques des uns et des autres pour bâtir un pays
où l’expression plurielle enrichirait notre environnement.
Nous avions également demandé à tous ceux qui exercent
la noble profession qui est le nôtre de respecter l’éthique
et la déontologie qui doivent être le socle de ce combat
pour la démocratie.
Hélas! Apollinaire Méwénéméssé
et les siens ont, comme le système qu’ils se plaisent tant
à défendre, fait le dos rond pour continuer à écrire
des articles incendiaires qui appellent à l’élimination
physique de l’ancien ministre.
Et voilà que dans les casernes, des tracts ont commencé
à circuler, lesquels risquent tout d’abord de porter atteinte
à la sécurité du patron de La dépêche
et de conduire ensuite notre pays vers des lendemains dramatiques qui
risquent d’avoir pour corollaire, une scission régionaliste
voire clanique de l’armée, si ce n’est qu’il
va conduire l’ethnie Kabyè à s’entredéchirer.
Dans son numéro 312, le même journal, de contradictions en
digressions veut montrer que François Boko, par personne interposée,
tente d’intimider sa rédaction et d’avoir lancé
«les tontons macoutes» à sa trousse fait sourire, car
dans un pays aussi militarisé que le Togo, où l’armée
et la police contrôlent tout, on se demande comment un personnage
politique tel que Boko, qui plus est, est considéré persona
non grata dans son propre pays, peut menacer la vie des activistes du
RPT, qui bénéficient de toute l’attention de leurs
protecteurs?
La vérité est toute autre. L’acte posé par
le Colonel de gendarmerie à la veille du scrutin du 24 avril 2005
au Togo, est révélateur du patriotisme d’un homme
qui a démontré aux togolais et à l’opinion
publique internationale son amour pour son pays et son désir d’amener
des réfractaires au changement au progrès politique.
Tout myope politique peut se rendre compte de l’évidence:
François Boko a osé. Et les togolais, du moins la majorité
de ceux qui aspirent au changement sont nombreux à reconnaître
en ce jeune Kabyè (la précision est de taille) un talent
exceptionnel et un homme de caractère qui a des idées progressistes.
Du temps du dictateur Eyadèma, chaudes étaient les discussions
en conseil des ministres et à Lomé 2 sur les nouvelles attitudes
à adopter afin d’intégrer notre pays dans un processus
qui permette aux togolais de sortir d’une crise interminable aux
conséquences dramatiques sur tous les plans.
Et les «écrivailleurs» de ce qu’on se permet
d’appeler le journal La Dépêche, le savent très
bien. L’honnêteté recommande, même si on est
de bords politiques différents, de reconnaître le mérite
de ceux qui pensent, sans arrière pensée aux intérêts
des 5 millions de togolais.
Cela frise le cynisme lorsque Méwénéméssé
écrit que sa rédaction est «sous les feux de l’intolérance»,
car s’il veut jouer le «jeu démocratique» comme
il se plaît à le dire, il aurait reconnu que le pays est
au bord de la dérive et que ce n’est pas parce qu’on
ne partage pas les idées politiques du parti au pouvoir, même
si on a été à son service, qu’on est forcément
un traître. Car comme un adage populaire le dit souvent, «seuls
les imbéciles ne changent pas».
Pour revenir aux bruits de bottes dans les casernes, il est évident
que les militaires sont fatigués du traitement qu’ils subissent
de la part des pouvoirs politiques. Car comment concevoir par exemple
que des militaires engagés pour servir la nation, puissent se retrouver
dans des plantations des barons du régime et des membres du clan?
Comment ne pas s’interroger si on sait que sur à peine 400
hommes qui composent l’unité des éléments motorisés
de l’armée togolaise dirigée par Rock Gnassingbé,
plus de la moitié est affectée dans sa plantation pour s’occuper
de son élevage d’autruches?
Combien ne sont-ils pas ces frères d’arme à ressembler
à des loques dans nos rues? Combien ne sont-ils pas à avoir
du mal à assurer les fins de mois, à avoir des difficultés
à se nourrir et à s’occuper décemment de leurs
familles? Les militaires croupissent dans une misère atroce, c’est
ce qui les pousse à accepter des idées novatrices telles
que celles de doter leur corps, non seulement d’un statut, mais
aussi d’une sécurité sociale avec à la clé,
un toit en fin de carrière. Ce programme contenu dans le discours
de leur camarade Boko est appréciable et les militaires ont tout
intérêt à réagir contre les menaces de mort
qui pèsent sur la personne de leur camarade.
La récente fameuse tournée de Kpatcha Gnassingbé
dans les casernes, n’a floué personne. On sait que depuis
la fracassante démission de Boko, l’armée est divisée.
La majorité des hommes en uniforme sont d’avis qu’il
faut arrêter «la tragédie togolaise» et faire
avancer le pays. Si certains jeunes officiers et sous officiers ont, à
visage découvert, affirmé leur attachement au changement
et ont fait désertion comme notre rédaction a eu à
l’écrire récemment, ils sont presque tous unanimes
à soutenir les convictions politiques de Boko, ce qui donne de
l’insomnie au clan au pouvoir et à leur suppôt des
médias de la haine.
Et il ne faut pas se leurrer, tôt ou tard, cela risque de péter
et le mal viendra des casernes. Si l’on ajoute à cette triste
réalité, le fait que nos frères du nord (surtout
les Kabyè) n’éprouvent pas les comportements du clan
Gnassingbé et qu’ils sont aptes à accompagner des
hommes nouveaux vers un Togo meilleur, il est clair que les potentats
qui règnent de fait dans le pays, sont au bout du rouleau. Et les
écrits de Péré d’abord en mars 2002 et l’acte
posé par Boko le 24 Avril 2005, sont venus démentir la propagande
qui fait croire que tous les Kabyè sont du RPT et soutiennent le
régime.
La «nièce» de François Boko que cite La Dépêche,
que l’intéressé interrogé affirme ne même
pas connaître, est l’un des nombreux togolais qui pensent
qu’il faut faire avancer les choses. D’ailleurs ils sont des
millions, ces «nièces, neveux, oncles, parents, frères»…
de Boko qui croient que la dictature a assez sévit et que l’heure
a peut-être sonné pour que la jeunesse s’exprime et
prend la relève pour conduire le Togo vers un avenir serein.
Nono Mitonyawo
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