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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Mars 2005 - Mars 2007

Il y a deux ans, commençait la préparation du génocide d’avril 2005 au Togo

04 avril 2007

Il y a deux ans, dans la nuit du 06 au 07mars 2005:

ATCHO Karouming (60 ans, agriculteur) : faussement accusé d’être responsable de la mort d’Etienne GNASSINGBE Eyadéma qu’il aurait «tué» par des sortilèges et blessé par balles, dans la nuit du dimanche 13 février 2005, par des hommes non identifiés a été lâchement assassiné par des hommes armés qui, s’étant déguisés en portant des blouses de médecin, l’ont mitraillé de 18 balles tirées à bout portant, au Centre Hospitalier Régional de Tomdè, à Kara.
KOLOU Amah (ménagère): était également assassinée par des balles tirées au juché par les assassins de ATCHO Karouming pour protéger leur fuite du Centre Hospitalier Régional de Tomdè, à Kara.

Deux assassinats qui, restés impunis jusqu’à ce jour, illustrent la systématisation de la violation des droits de l’Homme dans laquelle a sombré le Togo quelques semaines à peine après l’annonce de la disparition du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma, le 5 février 2005.

Un génocide préparé dès la révision du fichier électoral
En effet, après la répression sanglante des premières manifestations pacifiques de la population au mois de février 2005, le début des opérations de révision des listes électorales et de distribution des cartes d’électeurs, ouvertes du 28 mars au 05 avril 2005, en préparation de l’élection présidentielle du 24 avril 2005 se singularisèrent par la multiplication d’exactions commises par les forces de l’ordre et les miliciens du régime RPT contre les citoyens qu’il est important de rappeler au moment où de nouvelles difficultés apparaissent d’ores et déjà au moment où il est présentement question d’une nouvelle révision des listes électorales avec distribution de cartes d’électeurs dites «sécurisées».

Il y a deux ans que débutait les opérations de révision du fichier électoral, le 28 mars 2005, plus de 21 morts et 163 blessés avaient déjà été recensés par la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) comme victimes de la répression du régime RPT, les forces de l’ordre et les miliciens du régime RPT ont déchaîné d’abominables violences contre les citoyens réclamant la délivrance de leur carte d’électeur ou protestant contre les fraudes massives et les multiples irrégularités déjà constatées sur toute l’étendue du territoire national dès l’ouverture des opérations de révision des listes électorales et de distribution des cartes d’électeur.

L’écrasante majorité des citoyens était privée de cartes d’électeurs dans les localités et régions du Togo considérées comme étant des fiefs des partis de l’opposition, surtout dans le sud, alors que rétention de cartes des citoyens et distribution anarchique de fausses cartes aux partisans du régime RPT avait lieu dans les localités considérées comme étant acquises au régime RPT, surtout dans le Nord du pays, pour mettre en place les fraudes massives par votes multiples le jour du scrutin.

Tant les manifestations spontanées organisées dans tout le pays, à partir des lieux de distribution, par les citoyens spoliés de leurs cartes d’électeurs que celles organisées par les partis d’opposition à ce même sujet ont été accueillies par un déchaînement de violence inouï par les forces de l’ordre et les miliciens du régime RPT faisant de nombreux morts.
C’est ainsi notamment qu’à Tabligbo, la répression sanglante contre une marche pacifique spontanée de citoyens partis réclamer au Préfet leurs cartes d’électeur avait été accueillie par des gendarmes qui ont tiré sur la foule faisant 7 morts.

On fera plus tard le constat que cette répression sanglante a préparé le génocide qui, commencé le 24 avril 2005, jour de l’élection présidentielle, s’est intensifié le 26 avril 2005, date de la proclamation de ses résultats provisoires et s’est poursuivie bien au-delà, jusqu’au mois de mai faisant plus de 1 000 morts selon le bilan établi par la LTDH, de 400 à 500 morts selon la Mission de vérification des faits de l’ONU, 150 morts selon la Commission officielle «Koffigoh» mise en place par le régime RPT lui-même.

Deux ans après ces terribles tragédies, se préparent, pour le 24 juin 2007, de nouvelles élections législatives faisant suite à l’élection présidentielle sanglante du 24 avril 2005 et dont tout le processus de préparation en cours fait redouter la réédition de nouvelles exactions à l’occasion de ce scrutin à venir. Dans cette situation se pose cette simple question :

Ne faut-il pas préparer une Grande Marche contre l’impunité,
Samedi 26 avril 2007 pour dire: «Non ! à la réédition du génocide d’avril 2005 à l’occasion des législatives du 24 juin 2007 au Togo»

Parce que l’impunité appelle l’impunité, tout dans l’actuel processus de préparation des élections législatives annoncées pour le 24 juin prochain, nous montre que s’accumulent les ingrédients d’une situation ne pouvant conduire qu’à de nouveaux affrontements sanglants :
- Le point 2.2 de l’Accord politique global signé le 20 août 2006, à Lomé, relatif à «La question de l’impunité » qui proclame que « les parties prenantes au Dialogue national»:
b) conviennent de la création d’une Commission chargée de faire la lumière sur les actes de violence à caractère politique commis par le passé et d’étudier les modalités commis par le passé et d’étudier les modalités d’apaisement des victimes.» n’a, à ce jour reçu le moindre début de mise en application.

Interpellé sur ce retard à la sortie du Rapport de l’organisation humanitaire Amnesty International, mi janvier 2007, les représentants du gouvernement d’union nationale mis en place au lendemain de la signature de cet Accord ont prétendu qu’ils étaient en train de mettre en place cette Commission dont on est sans nouvelles à ce jour, près de trois mois après!

- Retard dans le recensement électoral ne pouvant conduire qu’à l’élaboration d’un fichier électoral bâclé ou truqué favorisant les fraudes par la confection de cartes multiples ;

- Tant la procédure de commande que la provenance et la gestion prévisible des kits informatiques prévus pour faire le recensement électoral n’offrent aucune garantie de transparence et de fiabilité, laissant présager d’élections «à la sénégalaise» où, de l’avis des partis politiques de ce pays, l’utilisation de ces kits a permis les trucages qui ont assuré la «victoire» du candidat Abdoulaye Wade dès le premier tour d’un scrutin prévu en deux tours;

- Retard sur l’ensemble du chronogramme

- Non refonte à ce jour des institutions chargées du contentieux électoral comme la Cour constitutionnelle;

Dans cette situation, les élections législatives prévues pour le 24 juin prochain s’annoncent comme une nouvelle mascarade électorale ne pouvant conduire, dans le contexte particulier qui est celui du Togo, qu’à une nouvelle répression sanglante des innocentes populations à un nouveau bain de sang auquel il faut dire «NON!».

C’est pourquoi le Parti des travailleurs appelle tous ceux qui se réclament de la démocratie et du respect des droits de l’Homme à débattre de la préparation de la Grande Marche pacifique qu’elle propose, le 26 avril 2007, date de commémoration du 2e anniversaire du début du génocide d’avril 2005 au Togo, pour exiger :

1°) la recherche ainsi que l’arrestation des auteurs et commanditaires du génocide de l’année 2005 au Togo avec tous ses assassinats, viols et exactions de toutes sortes afin qu’ils soient déférés pour en répondre devant les tribunaux, pour que justice soit rendue aux victimes ;

2°) la mise en place effective d’une véritable commission internationale d’enquête indépendante toujours promise et jamais tenue jusqu’à présent pour faire toute la lumière sur ce génocide ;

3°) la réapparition en vie de tous les disparus de l’année 2005;

4°) le respect des droits de l’Homme et des libertés démocratiques au Togo;

5°) la fin de l’impunité au Togo.

Préparer une Grande Marche pacifique pour dire : « Non, à l’impunité ! », le 26 avril 2007, c’est agir pour que les élections législatives à venir ne conduisent pas à un nouveau bain de sang

Lomé, le 29 mars 2007
Pour le Comité politique national du Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI

 

 

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