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Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Togo, une diplomatie de corruption:

Un ancien du corps de la paix dans le collimateur du clan Gnassingbé

17 avril 2007

Il y a quelques jours, nous avions mis à jour une grosse manipulation orchestrée par Pascal Bodjona et Payadowa Boukpéssi avec Rosa Whitaker.

Après la boucherie électorale d’avril 2005 ayant consacré pour la première fois en Afrique  une succession monarchique de pouvoir de père en fils dans une République, la dictature familiale des Gnassingbé avait, et pour cause, besoin d’être fréquentable. Personne dans les différentes chancelleries du monde ne voulait approcher un régime aussi nauséabond et tout aussi dangereux.

Mais le clan Gnassingbé ayant comme tout le monde le sait, amassé autant d’argent issu de trafics de tous genres (cocaïne, diamant de Savimbi, vente d’armes, escroqueries internationales) et ayant siphonné l’économie nationale à son seul profit, use de subterfuges et d’achats de conscience pour essentiellement soigner une image ternie par l’assassinat de milliers de togolais tombés sous les balles de la soldatesque qui régente le Togo. Dès lors, les obscurantistes du système Rpt vont mettre en œuvre plusieurs stratagèmes. Trois diplomaties ont donc été visées.

D’abord la France avec sa cellule chiraquienne, championne de soutien aux dictatures africaines en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes. Le clan n’eut point de mal, car de son vivant, le défunt dictateur Eyadèma avait déjà balisé le chemin. Les recettes mafieuses avaient été distribuées dans l’entourage de Chirac depuis le Quai d’Orsay, le ministère français des affaires étrangères jusqu’à l’obscure cellule de l’Elysée chargée des affaires africaines.

On ne s’étonne guère que malgré l’opération commando menée par la police européenne qui avait permis d’arraisonner dans les eaux territoriales du Cap-Vert le Pitéa, ce bateau rempli de plus de 412 kilo de cocaïne, Chirac, dont les services de renseignement et de lutte contre les stupéfiants ont participé à l’opération, demande un black-out total sur cette affaire très grave et fait piétiner les suites judiciaires qui doivent être données à ce dossier. Le bientôt ex président français a de bonnes raisons d’agir de la sorte. N’a-t-il pas bénéficié des avantages de toutes sortes auprès de la monarchie togolaise?

Pour narguer une communauté internationale et les services de renseignements des grandes puissances du monde qui les tiennent à l’œil, fort du soutien du parrain françafricain et sous la barbe de la communauté internationale plus encline à s’accoquiner avec les Etats voyous au nom, paraît-il, de la real politik, tous les délinquants arrêtés dans le dossier du bateau Pitéa ont été tour à tour relâchés par Faure Gnassingbé. Plus personne ne parle aujourd’hui des militaires, bérets rouges, envoyés pour récupérer les fameux «produits chimiques de l’Etat» au port autonome de Lomé.

Malgré le tollé général suscité dans la presse nationale et internationale par la libération de ces dangereux trafiquants de drogue, les efforts des stratèges du clan ont été vite concluants en direction de la France où Chirac malgré les démêlés du régime avec certaines  sociétés françaises au Togo (Bolloré, Total…) a reçu en septembre 2006 Faure Gnassingbé.

La deuxième diplomatie qui elle aussi s’est révélée corruptible est celle de la commission européenne. Le verrou de l’Union Européenne sur le Togo, est petit à petit en train d’être levé grâce à l’action de Louis Michel dont les relations et les connivences avec Bawara Gilbert dans les réseaux mafieux en République démocratique du Congo ne sont plus à démontrer.

En effet, ayant connu le fils de Louis Michel, Charles Michel qui contrôle une société minière au Congo Kinshasa, Bawara a réussi à rentrer dans les bonnes grâces de son papa Louis Michel, le Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire. Celui-ci, malgré les réserves que portent les pays nord-européens et l’Allemagne à toute  normalisation des relations avec le Togo, n’arrête pas, au nom de ses rapports d’intérêt avec la monarchie au pouvoir au Togo, de tout faire pour faire lever les sanctions qui faisaient trembler le régime.

La trouvaille est pathétique pour endormir tout le monde: les 22 engagements de Bruxelles, l’accord politique global de Ouagadougou avec la complicité de certains hommes politiques.

Pourtant les technocrates de Bruxelles et leurs diplomates en poste à Lomé n’ont jamais été du même avis. On se souvient des notes confidentielles après les élections d’avril 2005 de Gilles Desesquelles alors chargé d’affaires de l’Union Européenne à Lomé, faisant état des graves irrégularités qui sont de nature à ne donner aucun crédit au scrutin. Louis Michel balayera ces notes d’un revers de la main.

Coaché et conseillé par Chirac «l’Africain» et entretenu par les réseaux proches de la famille Gnassingbé, Louis Michel n’a eu de cesse que d’amener le clan à appliquer la stratégie d’une démocratie de facettes et à refuser toute ouverture crédible. Cette méthode sera bientôt couronnée par les élections législatives qui seront organisées à la va-vite pour permettre d’achever ainsi la légitimation du régime issu du bain de sang d’avril 2005.

Il y a lieu de rappeler ici que dans la négociation des kits de recensement avec la RDC en vue des législatives anticipées, le gouvernement a traité directement avec une société belge qui n’est ni plus ni moins qu’une société du fils de Louis Michel, Charles Michel.

Depuis la chute du tout puissant Boukpessi ex ministre des finances, beaucoup de dossiers sortent des tiroirs du ministère des finances.

Par l’intermédiaire en effet du vrai argentier Bodjona Pascal, 3 milliards de nos pauvres francs CFA seraient gracieusement offert à Romano Prodi pour lui apporter l’assistance du Togo lors la campagne électorale qui avait conduit la gauche italienne au pouvoir. Ceci expliquant cela, quelques mois après sa prise de pouvoir, Romano Prodi alors devenu Premier ministre d’Italie, a été le premier grand responsable d’Etat à ouvrir ses salons à Faure Gnassingbé. Et il semble que la Vatican soit aussi intéressé par la magnanimité légendaire du clan Gnassingbé. Toutefois, les fuites autour du dossier n’ont pas permis de dire si les services du Pape ont été arrosés avant l’obtention de l’audience que Bénoit XVI avait accordée à la famille Gnassingbé. Toujours est-il qu’aujourd’hui on comprend mieux pourquoi  le nouveau délégué de l’Union Européenne au Togo en poste à Accra et de nationalité italienne, s’est aligné sur les positions françafricaines de Louis Michel. Nos pauvres revenus financiers ne servent qu’à une diplomatie de «bric et de broc».

Voilà pourquoi on reste de marbre lorsqu’on entend un diplomate américain soutenir l’exigence de la perception des impôts, fruit de la sueur des togolais sans exiger pour autant une gestion transparente des deniers récoltés. La cohérence aurait voulu que l’Ambassadeur des Etats-Unis au Togo arrive à la conclusion que dans une République qui fonctionne, les citoyens, les opérateurs économiques sont plus disposés à assumer leur devoir civique en payant les impôts si et seulement si, ceux qui gouvernent disent de façon crédible et transparente ce qu’ils font de l’argent des impôts. S’il faut glorifier les actions de Awade Nanan et pour finalement pour voir nos milliards d’impôts partir dans des valises en direction des réseaux mafieux et des pays européens en vue de corrompre leur diplomatie et négocier des audiences, le bon sens aurait alors voulu qu’on s’abstienne de récolter manu militari ces fonds.

Au Togo, l’impôt récolté est géré comment? Quel diplomate digne de ce nom peut répondre à cette question légitime que se posent les togolais?Si ces impôts perçus servaient à construire des routes, des hôpitaux, des écoles et à développer le pays, personne n’aurait critiqué la sortie très peu glorieuse du diplomate américain tendant à soutenir l’action de la maîtresse de Faure Gnassingbé qui d’ailleurs agit en violation totale des règles administratives.

Cette manière de collecter les impôts peut être assimilée à un racket organisé par le clan Gnassingbé qui joue sur les institutions et le principe du paiement obligatoire des impôts.

La dernière orientation de l’action politique du clan Gnassingbé est tournée vers les Etats-Unis. On aurait espéré que ce pays, qui a fait la promotion des droits de l’homme et de la démocratie son cheval de bataille, ne tombât pas dans le piège d’une diplomatie corruptive. Malheureusement les dernières révélations venant des officines du régime lui-même font état du fait que des milliards de CFA seraient sortis du ministère des Finances via Boukpessi et Bodjona pour atterrir aux Etats-Unis dans des mains obscures. Ces milliards, officiellement, seraient destinés à soigner l’image du Togo. Mais officieusement il s’agissait plutôt des actions diplomatiques des barbouzes.

En effet, on se souvient qu’après le scandale ayant suivi la prise de pouvoir illégal de Faure Gnassingbé et face au plan de répression préparé pour gérer la contestation populaire, l’ancien Ministre de l’Intérieur démissionna. Les communiqués de soutien face à ce courage politique auraient pu permettre de sonner le glas pour ce clan qui a pris en otage les aspirations démocratiques du peuple togolais. Le porte-parole du département d’Etat américain avait salué le courage et la lucidité de Me Boko.

On apprendra dans la foulée de ce départ à l’exil de l’ancien ministre de l’intérieur qu’un américain, Mr. Grogoza, ancien volontaire du corps de la paix au Togo et ami de très longue date de François Boko avait joué un grand rôle dans sa protection et aurait servi d’intermédiaire entre l’ambassade des USA et celle d’Allemagne où il avait trouvé refuge. Tous les démocrates avaient salué le rôle joué par les Américains, les Allemands et les Français dans la protection, puis l’exfiltration de Boko.

Mais ce soutien des pays européens n’est pas apprécié par le clan Gnassingbé qui a développé une offensive de mensonges et de calomnies tendant à faire croire que François Boko n’était pas si propre que cela.

«L’affaire Boko, nous confiera un fonctionnaire du ministère des finances a coûté au Togo près de quatre milliards de francs CFA (8 millions de dollars)». En effet, au nom de cette affaire, Boukpessi et son mentor Bodjona auraient plusieurs fois sorti de colossales sommes d’argent en direction des Etats-Unis en vue d’influencer la diplomatie américaine surtout lorsque celle-ci a ouvert ses portes à l’ancien Ministre de l’Intérieur.

Pascal Bodjona, ancien ambassadeur du Togo aux USA a été l’architecte de cette grandiose et scandaleuse diplomatie de corruption parallèle. Sa porte d’entrée pour diffuser de fausses nouvelles et faire des montages dont on sait le clan spécialiste, a été Rosa Whitaker, une ancienne collaboratrice à la Maison Blanche.

A  la tête d’un cabinet conseil, elle a été payée par Bodjona Pascal pour nuire à la fois à la réputation et à la crédibilité de François Boko et de M. Grogoza auprès des américains. L’autre mission était de négocier une audience, un tête-à-tête Faure Gnassingbé-Condoliza Rice. La suite, on la connaît. L’entourage de Whitaker prétend avoir empoché seulement 250 millions de CFA alors que des sources venant du ministère des finances indiquent la sortie de 4 milliards dans cette affaire. Et pour quel résultat? L’ancien Ministre de l’Intérieur donne t-il tant d’insomnies au pouvoir au point de faire de tels montages pour le salir?

Accusé d’escroquerie par une officine proche du clan Gnassingbé, l’entourage de Whitaker prétend avoir rempli son contrat en faisant circuler dans les arcanes du département d’Etat une note confidentielle mettant en cause la réputation de François Boko et de son ami M. Grogoza. L’Ambassadeur des USA au Togo, aurait pu tirer cette affaire de corruption d’une ancienne fonctionnaire de la Maison blanche au lieu de donner un satisfecit à une directrice qui rackette pour que la recette des impôts serve à du gaspillage.

En tout cas, sans préjuger des conséquences de ces notes confidentielles de manipulation, nous osons espérer pour le bien du Togo que la diplomatie américaine très outillée en matière de renseignement, ne se laissera pas piéger par les montages de bas de gamme dont s’est spécialisé le régime pour nuire à ses adversaires politiques.

Comme par hasard, c’est à chaque fois qu’un homme politique ose prendre ses responsabilités et dire tout haut ce que tout le monde sait, qu’on fabrique des dossiers pour le salir. Le pire est que c’est fait à coups de milliards et ça marche et certains par effet de corruption ou par ignorance de ces pratiques tombent dans le piège du régime qui se frotte les mains.

Ainsi, toutes les grandes diplomaties européennes et américaines sur qui les démocrates togolais pouvaient compter tombent dans le piège sans fin du régime, décidé à manipuler pour se faire une santé qu’il a perdue. Il restera cependant à distinguer sur le terrain les effets de l’ignorance et de la naïveté de ces diplomates occidentaux de ceux des méthodes actives de corruption qu’utilise le clan pour duper ses interlocuteurs.

Le temps des élections massivement frauduleuses accompagnées de violences et de bain de sang est révolu et vouloir par la suite soigner l’image du pays à coups de milliards, ne peut que conduire notre pays le Togo à la ruine et à l’appauvrissement de la population.

Jules Symféïtchéou, Etiame.com

 

 

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