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Lomé la capitale Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses? |
Fin de mission au Togo du Rapporteur Spécial sur la Torture Manfred Nowak: «Les conditions de détention au Togo sont très mauvaises» 19 avril 2007
M. Manfred a eu à rencontrer durant son séjour les membres du gouvernement, des ONG, des représentants de la société civile, les organismes internationaux et le corps diplomatique au Togo. Le Rapporteur spécial a aussi visité des prisons et des centres de détention de la gendarmerie et de la police. Il a aussi rencontré la presse à l’Hôtel Mercure Sarakawa où il a fait le point sur les mauvais traitements, l’impunité, les défaillances du système judiciaire…M. Manfred a enfin adressé une série de recommandations au gouvernement afin de promouvoir le respect des droits de l’homme. Un rapport complet écrit sera soumis au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies fin juin. Voici le communiqué qui a sanctionné la rencontre avec la presse. COMMUNIQUE LE RAPPORTEUR SPECIAL SUR LA TORTURE TERMINE SA VISITE AU TOGO Le Rapporteur Spécial a été invité par le Gouvernement à visiter le pays du 10 au 17 avril 2007 et il le remercie de la pleine coopération qu’il lui a offertependant cette visite. Il remercie également la Représentante du Haut- Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Lomé et toute l’équipe de l’ONU pour leur aide précieuse avant et pendant sa mission. Le Rapporteur spécial a rencontré le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, les ministres des Droits de l’homme et de la Démocratie, de la Sécurité, des Affaires sociales et de la Promotion de la femme, ainsi qu’un représentant du ministère de la Défense et le Procureur général de la République et plusieurs membres de la Commission nationale des droits de l’homme. Il a également rencontré des organisations non gouvernementales et d’autres représentants de la société civile. En outre, le Rapporteur spécial a eu des entretiens avec le Comité international de la Croix- Rouge, l’équipe des Nations Unies pour le pays, dont le PNUD, le HCR, l’UNICEF, le FNUAP et la FAO, ainsi que le corps diplomatique de Lomé. Le Rapporteur spécial a effectué des visites inopinées dans des prisons et des centres de détention de la gendarmerie et de la police où il a pu parler en privé avec des détenus. A Lomé, il s’est rendu à la Prison civile et à la Brigade des mineurs, au siège de la Gendarmerie, à la Direction de la Police judiciaire et à l’Agence nationale des renseignements. A Notsé, il a vu la prison, à Kara, il a visité la prison, la Brigade anti-gang, le camp du Régiment Parachutiste Commando et le commissariat de Police, tandis qu’à Pya, Anié, Sotouboua et Agbélouvé, il s’est rendu dans les brigades de gendarmerie. Il a aussi visité le Bureau de recherche de la gendarmerie à Sokodé et le poste de police de Tsévié. Par ailleurs, il a rencontré les procureurs de Sokodé et Tsévié. Le Rapporteur spécial se félicite de la volonté du Togo de promouvoir le respect des droits de l’homme comme le montre le fait que, d’après une très grande majorité des personnes qu’il a pu rencontrer, la situation s’était considérablement améliorée depuis un an environ. Les agents de l’Etat à tous les niveaux l’ont assuré que le passé était révolu et que le Togo était maintenant pleinement attaché au respect des droits de l’homme. Le Rapporteur spécial le félicite des efforts déployés pour améliorer les conditions carcérales et combattre la torture et les mauvais traitements dans les lieux de détention. Il tient cependant à souligner qu’il a pu constater plusieurs cas de passage à tabac dans les prisons ainsi qu’à la police et dans les gendarmeries, et qu’il est préoccupé par les conditions matérielles déplorables qui règnent dans la plupart des lieux de détention. Conditions de détention En violation des normes internationales, il n’y a aucune séparation entre les prévenus et les prisonniers condamnés. La grande majorité des détenus attendent longtemps leur procès. Selon le Rapporteur spécial, ce recours fréquent à la détention préventive est contraire au principe de la présomption d’innocence et à la règle de droit international selon laquelle la privation de liberté ne doit être décrétée que lorsqu’elle est absolument nécessaire. En général, les conditions dans les lieux de garde à vue à la police et à la gendarmerie sont encore pires, les détenus devant dormir à même le sol en ciment et ne recevant que très peu de nourriture et d’eau dans des cellules sombres avec peu ou pas de ventilation. Le fait que certains détenus ne sont autorisés à utiliser les toilettes qu’une fois par jour et que l’accès à de l’eau pour se laver est aussi parfois extrêmement limité exacerbe cette situation. Le Rapporteur spécial a aussi été informé qu’une instruction spéciale sur la prévention des suicides a été donnée par la gendarmerie et qu’elle est parfois interprétée comme exigeant que les détenus restent nus le jour comme la nuit, ce qui correspond pleinement à un traitement dégradant. Ces mauvaises conditions préoccupent particulièrement le Rapporteur spécial car, comme il a pu le constater, souvent les délais de garde à vue (48 heures) par la police et la gendarmerie étaient dépassés et n’avaient pas été prolongés par le procureur comme le prévoit la loi, ce qui signifie que de nombreux détenus restent pendant de longues périodes emprisonnés dans des conditions déplorables sans aucune justification légale. Au camp militaire de Kara, les conditions étaient dans l’ensemble bien meilleures. Cependant la mise en détention dans les cellules minuscules (112x90 cm) qui s’y trouvent constituerait un traitement inhumain. Il n’a cependant pas été possible de vérifier si elles étaient utilisées ou non, parce que le Rapporteur spécial s’en est vu interdire l’accès pendant un long laps de temps. Il déplore également que des membres de sa délégation aient été empêchés, par des insultes et des menaces, de vérifier que personne n’intervenait sur les lieux de détention ou auprès des détenus. Torture et mauvais traitements En ce qui concerne la torture et les mauvais traitements par la police et la gendarmerie, le Rapporteur spécial note un certain progrès. On aurait tort cependant d’affirmer que ces cas restent isolés. Dans la plupart des lieux de détention que le Rapporteur spécial a visités, il a trouvé des preuves de mauvais traitements. Le plus souvent les détenus avaient été battus avec des cordelettes ou des branches pour leur arracher des aveux, mais parfois aussi pour les intimider ou les punir. Parfois les gendarmes ou les policiers frappaient les détenus à coups de pied et leur écrasaient les mains, les pieds ou le visage avec leurs chaussures. D’après plusieurs sources, des menaces étaient proférées contre les détenus pour les intimider. Les femmes et les mineurs De l’avis du Rapporteur spécial, les mineurs et les enfants en détention étaient davantage exposés aux châtiments corporels et aux mauvais traitements. Il déplore que dans certains cas les mineurs n’étaient pas séparés des adultes. A la Brigade des mineurs de Lomé, les châtiments corporels semblent être pratique courante. Cette prison spéciale, où des enfants abandonnés, marginalisés ou ayant fait l’objet d’une traite, dont certains ont moins de 10 ans, sont détenus avec de jeunes adultes qui ont commis des délits, représente une violation flagrante des principes fondamentaux de la Convention relative aux droits de l’enfant. Conclusions Impunité Le Rapporteur spécial n’a pas été saisi de cas d’une seule personne qui aurait été condamnée par un tribunal pénal pour avoir commis des actes de torture ou des mauvais traitements par le passé. On ne lui a pas signalé l’existence d’un mécanisme de plaintes interne ou externe auquel une victime présumée pourrait s’adresser, et encore moins, en qui elle aurait confiance. Il note que la Commission nationale de droits de l’homme a été réformée et qu’elle s’est engagée à jouer ce rôle à l’avenir. Il est également préoccupé par l’impunité qui entoure les événements liés aux élections de 2005, lorsque la torture était très répandue, comme l’ont prouvé plusieurs enquêtes. Le Rapporteur spécial a été informé que, depuis lors, aucun auteur de ces faits n’a été traduit en justice. S’agissant des prochaines élections, s’il espère qu’elles se dérouleront de façon pacifique, il encourage le Gouvernement à envoyer un signal fort à toutes les parties prenantes comme quoi elles seront redevables de tous les actes de violences liés aux élections. Les défaillances du système judiciaire Absence de contrôle indépendant Problèmes liés au personnel et à la
dimension institutionnelle Le partage peu clair des responsabilités entre la police et la gendarmerie et la militarisation des services chargés de l’application des lois de façon générale, notamment en ce qui concerne la formation et le système de promotion, sont un sujet de préoccupation pour lui. Il est également préoccupé par la façon dont les militaires interviennent dans les activités liées à l’application des lois ainsi que par le système de responsabilités parallèles dans les prisons (avec d’un côté le régisseur et de l’autre le chef de la sécurité). Recommandations préliminaires · Pénalise la torture en pleine conformité avec la définition de l’article 1 de la Convention contre la torture et impose des sanctions correspondantes; · Combatte l’impunité en créant un mécanisme d’enquête pénale efficace et indépendant sur les cas de torture; · Mette en place des mécanismes de plaintes accessibles dans les lieux de détention; · Poursuive ses efforts pour améliorer
les conditions de détention; · Veille à ce que les garanties existantes, comme le délai de garde à vue de 48h, soient respectées; · Renforce les peines substitutives de la privation de liberté et rende leur application obligatoire sauf s’il y a des raisons impérieuses à la mise en détention; · Appuie la Commission nationale de droits de l’homme dans ses efforts pour jouer un rôle efficace dans la lutte contre la torture; · Veille à ce que les prévenus aient rapidement accès au système judiciaire; · Fixe des délais à la détention préventive; · Veille à séparer les prévenus des condamnés; · Mette en place des mécanismes efficaces pour faire appliquer l’interdiction de la violence contre les femmes, notamment les pratiques traditionnelles comme les mutilations génitales féminines, mène une étude sur l’ampleur de cette pratique au Togo et poursuive ses campagnes de sensibilisation; · Ratifie le Protocole facultatif à la Convention contre la torture et établisse un mécanisme national efficace pour effectuer des visites inopinées dans tous les lieux de détention; · Précise le statut de la gendarmerie et définisse clairement les responsabilités tant de la gendarmerie que de la police; mette en place des chaînes de commandements bien claires dans les prisons; · Veille à ce que l’armée n’intervienne pas dans le fonctionnement des services chargés de l’application des lois; · Améliore la formation du personnel chargé de l’application des lois ainsi que du personnel pénitentiaire et intègre les droits de l’homme dans leurs programmes de formation; · En vue des élections prochaines, tous les pouvoirs publics et les parties politiques doivent envoyer le message clair que la torture et les mauvais traitements sont inacceptables; les élections doivent se dérouler sans la participation de l’armée; Le Rapporteur spécial prie également la communauté internationale d’apporter son aide à la réforme des systèmes judiciaire et pénitentiaire ainsi que des services chargés de l’application des lois pour autant que le Gouvernement respectent les recommandations ci-dessus. Il soumettra un rapport écrit complet sur sa visite au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Document Etiame.com
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