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Présidentielle en France:

Sarkozy et Royal au second tour, Bayrou très courtisé

24 avril 2007
 
Royal_sarkoNicolas Sarkozy (UMP), avec 31,1% des voix, et Ségolène Royal (PS), 25,80% se sont qualifiés dimanche pour le second tour de la présidentielle, devant l'UDF François Bayrou (17,9% à 18,8%) et Jean-Marie Le Pen (FN, 10,6% à 11,5%), selon les estimations des instituts de sondages.

Pour la première fois de l'histoire de France, une femme apparaît en mesure de l'emporter à la présidentielle.
 
Les instituts de sondages Ipsos, Ifop, Sofres et CSA donnent tous ces quatre candidats dans le même ordre d'arrivée.

Le candidat UMP et sa concurrente socialiste s'affronteront donc le 6 mai pour succéder à Jacques Chirac à l'Elysée, à l'issue d'un premier tour marqué par une très forte participation (82,7% à 84,5%).
 
A la proclamation officielle des résultats, des scènes de liesse étaient observées à l'extérieur du siège du PS, rue de Solférino à Paris, et devant la salle Gaveau où Nicolas Sarkozy était attendu.

La participation oscillerait entre 82,7% et 84,5%, selon les estimations affinées des instituts de sondage rendues publiques vers 19H00, légèrement inférieures aux premières annoncées vers 18H00.
 
BayrouM. Bayrou a raté son pari en ne parvenant pas à se qualifier pour le second tour, tandis que M. Le Pen, finaliste en 2002, apparaît comme le grand perdant du scrutin.

Aucun des 8 autres candidats n'atteint la barre des 5%. Olivier Besancenot (LCR) arrive premier des "petits" candidats en enregistrant entre 4,1 et 4,7% des suffrages, toujours selon les instituts de sondages.

Il se classe devant Philippe de Villiers (MPF, 2,4 à 3%), Marie-George Buffet (PCF, 1,9 à 2,1%), Dominique Voynet (Verts, 1,5% à 1,7%), Arlette Laguiller (LO, 1,4% à 1,5%), le candidat CPNT Frédéric Nihous (1,2% à 1,5%), l'altermondialiste José Bové (1 à 1,3%).

Gérard Schivardi (PT) ferme la marche en recueillant entre 0,3% et 0,5%.

Les électeurs présents dans les files d'attente après l'heure de fermeture des bureaux de vote seront autorisés à voter, a annoncé dimanche à l'AFP le Conseil constitutionnel.

L'exceptionnel taux de participation a en effet favorisé la création de queues en fin de journée dans de nombreux bureaux.

La curiosité des Français pour connaître les résultats du premier tour avant l'heure officielle (20H00) a entraîné dimanche en fin d'après-midi une saturation du réseau internet, en particulier vers les sites des médias étrangers et les blogs politiques. Source AFP

La "gauche de la gauche" affaiblie et désemparée
         
laguillerEn dépit d'un appel unanime à faire barrage à Nicolas Sarkozy au second tour, la "gauche de la gauche" sort divisée et affaiblie du premier tour, avec des scores particulièrement faibles pour le PCF et les Verts.

Cet échec, qui survient alors qu'un fort parti centriste semble émerger en France, pourrait remettre en cause l'alliance habituelle du Parti socialiste avec sa gauche et menace à l'avenir les positions électives des tenants de "l'antilibéralisme", dépourvus de stratégie commune.

Les trois candidats trotskystes, l'altermondialiste José Bové et la communiste Marie-George Buffet obtiennent ensemble tout juste 9% des voix, loin des 13.81% enregistrés en 2002 avec un candidat de moins.

VoynetDominique Voynet (Verts) obtient 1,57% des suffrages alors qu'en 2002 l'écologiste Noël Mamère avait recueilli 5,25%.

Le fait le plus marquant est le score de 1,93% de la candidate du PCF Marie-George Buffet, le plus faible enregistré en 87 ans d'histoire d'un parti qui atteignait 21,27% en 1969 et constitue la plus ancienne et plus grande force militante de la "gauche de la gauche".

La secrétaire nationale, en congé du parti le temps de la campagne électorale, a perdu 250.000 voix par rapport au score obtenu en 2002 par son prédécesseur, Robert Hue (3,37%).

BuffetMarie-George Buffet exclut selon ses proches de démissionner mais devrait affronter de vifs remous lors de la réunion mardi du conseil national, le "parlement" du PCF. L'organisation d'un congrès avant l'échéance normale de 2009 devrait y être décidée.

Des militants se disent désemparés face à la stratégie choisie, partir à la bataille malgré l'échec de l'union avec les autres mouvements d'extrême gauche et par une "ligne" hésitante entre la critique de Ségolène Royal et les thèmes sociaux.

"Comme en 2002, on a fait l'erreur de présenter la secrétaire nationale. On a mouillé le parti dans une élection qui nous est largement défavorable. On a mis en péril l'avenir même du PCF", explique un militant proche de Robert Hue.

BESANCENOT EMERGE

BesancenotAvant les législatives de juin et les municipales de 2008, le PCF paraît menacé dans ses derniers bastions, les 21 membres de son groupe parlementaire, les 23 élus ou apparentés au Sénat et les centaines de municipalités de plus de 3.500 habitants.

"Ces résultats ne sauraient traduire l'audience réelle du Parti communiste dans notre pays", a déclaré Marie-George Buffet dimanche soir après l'annonce des résultats du premier tour.

Patrice Cohen-Seat, membre de l'exécutif proche de la secrétaire nationale, attribue la défaite à "l'effet de souffle du vote utile" mais reconnaît que les thèmes du PCF sont affaiblis dans l'opinion.

"L'idée de solidarité a régressé au profit de la critique de l'assistanat", dit-il à Reuters. Le PCF doit pourtant à ses yeux privilégier toujours "un rassemblement à gauche contre les politiques libérales".

Le problème pour le PCF sera de trouver des alliés car pour la "gauche de la gauche" l'illusion du succès au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen semble loin.

Le PS est tourné pour l'heure vers les électeurs UDF. Les autres mouvements d'extrême gauche, rivaux historiques du PCF, excluent toute participation à un gouvernement.

Parmi eux, la figure désormais familière d'Olivier Besancenot, jeune candidat de la Ligue communiste révolutionnaire pour la seconde fois consécutive à l'Elysée, a émergé avec 4,08% et près de 1,5 million de voix.

Ce sont 300.000 suffrages de plus qu'en 2002. Il semble avoir profité de l'usure d'Arlette Laguiller, candidate pour la sixième et dernière fois au nom de Lutte ouvrière et qui a raté ses adieux avec 1,33%.

Le postier de 33 ans, dont le parti ne dispose pas d'élus ni de large base militante, ne semble cependant pas à même politiquement de fédérer l'extrême gauche, d'autant que José Bové, malgré son score confidentiel de 1,32%, n'a pas désarmé.

"Nous avons construit les bases d'un élan unitaire", a estimé le leader altermondialiste, qui est menacé d'un retour en prison, avec une peine de quatre mois en instance d'exécution. Source: Reuters

 

 

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