Sport

Accueil

Contacts

Forum

Liens

Annuaire

Sommaire

Dépêches

Revue de  presse

National

International

Société

Economie

Culture

Santé

Libre tribune

Forum

Tourisme

Dossiers

Médias

ONG & ASBL

Portrait

Interviews

Echos de la diaspora

Lomé la capitale

Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Sans détour

Le Togo à l’heure des opposants muets

16 mai 2007

Agboyibo_Gnininvi«Quand ils sont au gouvernement, ils ne trouvent pas de solution, vous les mettez dans l’opposition et tout d’un coup ils ont des idées!» (Jean Saint-Josse, Extrait d’une interview sur RTL - 9 Avril 2002)

Dans toutes les démocraties, l’opposition occupe une place de choix et est dans le rôle de contre-pouvoir. Elle permet d’abord une information contradictoire des décisions et des intentions du gouvernement du pays. Il revient à l’opposition de soulever des questions, de critiquer les orientations de telle ou telle politique. L’opposition doit ensuite constituer pour les électeurs un éventuel gouvernement de rechange. Cela signifie qu’elle doit avoir un programme réalisable. Le principe de l’alternance fait de l’opposition un gouvernement en puissance. Parlant justement des fonctions de l’opposition, Alfred Sauvy écrit dans la «Tragédie du pouvoir» (1978): «La démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser. L’unanimité, le plein accord, est un mauvais signe». Par ses critiques, ses propositions, elle rend plus dynamique la démocratie. C’est pourquoi dans toute démocratie normale, on ne saurait parler d’un gouvernement d’union nationale. Mais dans les pays à crise, ce type de gouvernement qui regroupe partis au pouvoir et ceux de l’opposition, est souvent conseillé pour ramener la confiance parmi les différents acteurs.

Le Togo qui est déchiré par plusieurs années de violences et de hold-up électoraux, de violations massives des droits de l’homme, expérimente aujourd’hui cette gestion collégiale des affaires de l’Etat. Depuis la signataire de l’Accord Politique Global (APG) censé sortir le pays de la crise, le gouvernement est ouvert à quelques partis de l’opposition à l’instar du CAR et de la CDPA sauf l’UFC. On était de ceux qui ont salué la nomination d’un Premier ministre au sein de l’opposition traditionnelle et condamné les propos du leader de l’UFC. Cependant, le consensus devant prévaloir lors de la formation du Gouvernement d’union nationale n’a pas existé et le parti de Gilchrist Olympio a refusé de monter à bord. Sur les 34 ministres que compte le gouvernement, le RPT s’est taillé la part du lion. L’opposition ne s’est contentée que de strapontins. Mais il faut reconnaître que la participation de celle-ci au gouvernement lui permet d’être témoin de certains faits et d’empêcher le pouvoir réfractaire à l’alternance de brusquer les choses pour organiser un simulacre d’élection. Aussi le fait que l’UFC ne soit pas au gouvernement n’est-il pas une mauvaise chose en soi. Si la pression interne incarnée par le CAR et la CDPA et celle exercée de l’extérieur par l’UFC sont bien exploitées, l’opposition pourra sortir gagnante des prochaines législatives.

Mais ce qui est inquiétant est le silence observé par ces opposants depuis qu’ils sont allés au gouvernement. Ils ne communiquent pas assez et demeurent impuissants face aux manœuvres du pouvoir. Ils s’accommodent avec tous les manquements constatés dans la mise en œuvre de l’APG. L’épineuse question de l’impunité est renvoyée aux calendes grecques. Les opposants ont, par leur silence, donné leur accord à cette fuite en avant. Qui plus est, ceux qui sont cités dans les différents rapports sur les actes de violence de 2005, sont en train d’être positionnés par le RPT. Ils n’ont que faire des immixtions intempestives des ministres Bawara et Ahoomey-Zunu dans les attributions de la CENI. Plus de six mois après la formation du gouvernement, les ministres opposants n’arrivent pas à trouver de solution à la question du changement des préfets, ces chantres des fraudes électorales. Même sur la crise énergétique, on ne veut pas dire la vérité au peuple. Et la nouvelle trouvaille pour la juguler, c’est d’attendre les pluies. On peut multiplier à loisir les exemples.

Nos opposants jadis bavards ont égaré leur langue depuis qu’ils sont entrés au gouvernement. Pour paraphraser Blaise Pascal, «le silence infini de ces immenses opposants effraie les Togolais» 

    Zeus AZIADOUVO (correspondant permanent à Lomé)

 

 

Nouvelles des partis Politiques et Associations

Toute l'actualité sur etiame.com

Plage à Lomé

Port de Lomé

Le Togo

Copyright©by Etiame.com  webmaster  2005 - Tous droits réservés