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Togo: Climat délétère
entre Faure et Kpatcha Gnassingbé
Les Généraux Nandja et
Béréna tentent de réconcilier les deux
frères
31 mai 2007
La
brouille entre Kpatcha et Faure Gnassingbé ne cesse de
faire les choux gras des médias togolais et occidentaux.
Si pour certains togolais, c’est une lancée de ballon
d’essai pour faire diversion dans l’opinion publique
nationale afin de faire oublier la gestion monarchique du pays
par une seule famille, pour plusieurs autres personnes, c’est
une braise qui couve et qui risque de faire grand feu très
bientôt.
Les deux fils du Général Eyadèma ne sont
plus sur la même longueur d’onde et chacun a, à son
niveau, renforcé la sécurité autour de lui.
Entre-temps, on a même parlé de la médiation
des Présidents burkinabé Blaise Compaoré et
gabonais Omar Bongo. Mais les choses ne se sont pas améliorées
pour autant et la dernière révélation du
journal «La Lettre du Continent» N°518
du 24/05/2007 confirme que les différends sont énormes.
Le journal vient de confirmer les rumeurs sur un retrait du ministre
dans le Nord du pays et une médiation du chef d’Etat-major
de l’Armée, le Général Zakari Nandja,
et celui de l’Armée de Terre, le Général
Gnakoudé Béréna. Selon le journal, une rencontre
a eu lieu entre les deux généraux et le chef de
l’Etat Faure Gnassingbé le 16 mai. Ces derniers
lui auraient exposé les griefs du ministre de la Défense.
Lisez plutôt.
«Kpatcha» se bunkérise à Kara
La tension demeure vive entre Faure Gnassingbé et son
demi-frère «Kpatcha» qui mobilise
le pays Kabyè en se présentant comme le «vrai» héritier
d’Eyadèma.
Le ministre de la défense Kpatcha Gnassingbé n’a
toujours pas digéré qu’un mandat international
ait été lancé contre son «protégé»,
l’homme d’affaires libanais Bassam El Najjar, qui
devrait 9 milliards FCFA aux impôts. «Kpatcha» a
passé la semaine dans le fief paternel à Pya-Kara,
alternant les rencontres avec les paras commandos et les chefs
traditionnels kabyès.
Selon nos informations, le 16 mai, le chef d’Etat-major
de l’armée, le Général Zakari Nandja,
et celui de l’Armée de Terre, le Général
Gnakoudé Béréna, ont tenté une «médiation» auprès
du président Faure Gnassingbé. Ces officiers supérieurs
ont déroulé les «doléances» de «Kpatcha».
D’abord, la levée du blocage des comptes de Bassam
El Najjar, puis la mise à l’écart de la Directrice
Générale des impôts, Ingrid Awadé Nanan
(une intime du chef de l’Etat), et enfin l’augmentation
des soldes des militaires et une retraite «cossue» pour
quelques généraux. «Kpatcha» se
plaint également que son frère favoriserait ses «oncles
maternels» de la région des Plateaux (Sud du
pays) au détriment des Kabyès et qu’il ne
s’occuperait pas suffisamment du bien-être de sa
famille, «comme Papa le faisait»… Rappelons
que l’armée (12 000 hommes) est composée à 80
% de soldats d’ethnie kabyè ou du nord du pays.
C’est dans ce climat délétère au
sommet de l’Etat que doivent, théoriquement, se
tenir des élections législatives au début
du mois d’août. Au Rassemblement du peuple togolais
(RPT, ex-parti unique), les grognards de l’ancien système
sont aussi vent debout! Sur les 81 députés du RPT
et apparentés, 70 ont été blackboulés
lors de primaires au sein du parti. Les «sortants» sont
fous furieux et veulent déposer une motion de censure
contre le gouvernement, puis une loi qui leur assure des per
diem ad vitam aeternam… Le premier ministre Yawovi Agboyibo
espère bien que son petit parti, le Comité d’action
pour le renouveau (CAR), sera le faiseur de roi entre le RPT
et l’Union des forces de changement (UFC, opposition dite
radicale) de Gilchrist Olympio, qui a fait début mai une
tournée «sans problème» dans
le nord du Togo, fief des Gnassingbé.
La Lettre du Continent
N° 518 du 24/05/07 |
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