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Togo: Economie
nationale
Une
nouvelle taxe imposée aux entreprises par la SAZOF
.Mais les ouvriers sont toujours misérables
11 juin 2007
Sous le modèle de l’île Maurice, le gouvernement
togolais a mis à l’étude vers la fin des
années 1980 la création d’une zone franche.
Elle était supposée à l’époque
résorber un tant soit peu le problème du chômage
au Togo. Soutenu par les organismes publics américains
tels que l’Overseas Private Investment Corporation (OPIC)
ou le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), ce projet s’inscrivait dans la stratégie
gouvernementale de promotion de l’initiative privée,
de réforme des tarifs douaniers et de modernisation du
code d’investissements. Et le 16 septembre 1989, le gouvernement
togolais a institué un cadre réglementaire favorable
au succès du projet en faisant adopter une loi portant
statut de Zone franche de transformation pour l’exportation.
Pour attirer les investissements, une kyrielle d’avantages
ont été accordés.
La Société d’Administration de la Zone Franche
(SAZOF) et le Centre togolais de promotion des investissements
(CTPI) ont été les premières structures
mises en place pour accueillir le projet. Ces deux organisations
ont fonctionné séparément de 1990 jusqu’en
mars 1994, date à laquelle leur fusion a donné naissance à la
SAZOF actuelle. Selon les textes portant statut de la SAZOF adoptés
le 18 septembre 1989, «La SAZOF est dotée d’un
fonds qui sert à financer des programmes d’investissement,
de formation et de perfectionnement et à améliorer
l’efficacité des services rendus aux zones et aux
entreprises agréées. Ces fonds sont alimentés
par : le capital libéré par les actionnaires;
les contributions perçues sur les entreprises agréées
au statut de la Zone Franche; les subventions éventuelles
de l’Etat ou de l’organisme d’aide au développement
ou assistance financière et technique; toutes autres ressources
qui pourraient être mises à la disposition de la
société». Mais, la contribution des
sociétés n’a jamais été faite. «Le
président Eyadèma avait demandé, en son
temps, aux responsables de la SAZOF d’exonérer les
entreprises de ces redevances au début pour leur permettre
de «grandir», rapporte «L’Union» N°74
du 1er juin 2007. La conséquence immédiate
de cette situation est la dépendance de la SAZOF des subventions
de l’Etat.
C’est pour remédier à cette situation que
la Direction Générale de cette société a
décidé de réactiver certaines dispositions
contenues dans le statut du 18 septembre 1989. Toutes les entreprises
de la Zone Franche sont, à partir du 1er juin dernier,
obligées de verser à la SAZOF «0,1% de
leur valeur exportée pour les sociétés de
transformation et 0,1% de la facture déclarée pour
les entreprises de prestations de services». En dépit
des protestations des responsables de ces entreprises, la décision
a été mise en vigueur. Si selon notre confrère, «en
2006, les recettes à l’exportation des sociétés
installées en Zone Franche ont été près
de 97 milliards de FCFA», la part qui devrait revenir à la
SAZOF avec l’institution de cette nouvelle ponction sera
importante.
C’est bien beau que la Direction Générale
de la SAZOF ait pensé à cette mesure qui devra
lui permettre de s’épanouir. Mais il faut qu’elle
se penche sérieusement sur les conditions dans lesquelles
les Togolaises et les Togolais travaillent au sein de ces entreprises.
Cette Zone Franche qu’ils ont tant louée aux heures
de gloire du parti unique, les déshumanise proprement,
faisant d’eux des esclaves des temps modernes. Les 100
000 emplois promis par les initiateurs de ce projet sont loin
d’être atteints. « Les Zones Franches,
créées en 1989, n’ont pas généré le
vingtième des emplois prévus, malgré un
taux horaire comptant parmi les plus bas du monde (3,30 francs
français l’heure en 1995) », conclut
un rapport du gouvernement américain. D’après
certaines informations en notre possession, cette fameuse Zone
Franche ne compte en réalité qu’une soixantaine
d’industries totalisant au maximum 7000 emplois.
Aussi, pour une meilleure gestion des fonds qui seront encaissés,
est-il urgent de régler la question du premier responsable
de la SAZOF qui cumule son poste de Directeur Général
avec celui de ministre. Cet état de choses est contraire à la
Constitution togolaise et peut empêcher le ministère
de tutelle de faire des contrôles efficaces.
R. Kédjagni
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