Pour notre santé
Le cancer du sein
21 juin 2007
Le cancer du sein qui touche près d’une femme sur
onze, avec près de 42 000 nouveaux cas chaque année
est aujourd’hui un véritable fléau. Comment
se fait le traitement de ce type de cancer? L’efficacité et
les risques de chaque type de traitement.
Le traitement
Comme pour tous les cancers, il repose idéalement sur
l’ablation chirurgicale de la tumeur. Cependant, la mutilation
mammaire correspond aussi en général pour les femmes à une
mutilation psychologique et sociale, les seins étant un
des symboles de la féminité parmi les forts. C’est
pourquoi certaines femmes peuvent vivre cette mutilation comme
une négation de leur féminité et donc de
leur personnalité.
D’ailleurs, il existe également d’autres
traitements comme la chimiothérapie, la radiothérapie
et l’hormonothérapie qui, dans certains cas peuvent être
utilisés pour obtenir une diminution de la tumeur en préalable
d’une opération chirurgicale. L’efficacité et
les risques de chaque type de traitement dépendent du
type de cancer, de son extension et du terrain.
L’ablation de la tumeur
Il existe trois types de chirurgies du sein: la tumorectomie
(ablation de la tumeur), la segmentectomie (ablation d’une
partie du sein) et la mastectomie (ablation de la totalité du
sein). Dans le cas où la tumeur est prise en charge suffisamment
tôt, une chirurgie minime (chirurgie conservatrice)
est possible. Il faut parfois enlever la totalité du sein.
Une chirurgie reconstructrice peut être faite dans le même
temps ou secondairement.
Le curage axillaire
Cette technique consiste en l’ablation des ganglions se
situant dans le creux axillaire (au niveau de l’aisselle).
Mais cette opération a de nombreux effets secondaires
du fait que cette ablation déstabilise le réseau
lymphatique. Ceci peut conduire à l’apparition d’un
lymphoedème (gros bras). C’est dans le but de diminuer
ces effets secondaires que la technique du ganglion sentinelle
a été mise en place.
La technique du ganglion sentinelle
Le ganglion sentinelle est le premier ganglion recevant le drainage
lymphatique. Cette technique permet de focaliser l’analyse
histologique sur un petit nombre de ganglions. Ceci pourrait
concerner jusqu’à 70% des patientes présentant
une tumeur de moins de 3 mm. Ainsi, les tumeurs de petites
tailles avec un risque d’envahissement ganglionnaire
faible vont être diagnostiquées plus fréquemment.
Cette technique est considérée aujourd’hui
comme validée et de nombreuses équipes américaines
et françaises l’utilisent déjà et
les publications sur ce sujet sont très nombreuses.
La radiothérapie
Elle réduit la mortalité par cancer du sein mais
elle exige une technique irréprochable afin de réduire
l’irradiation des tissus sains pouvant entraîner
une surmortalité par la pathologie cardio-vasculaire.
En cas de chirurgie conservatrice, une radiothérapie doit
toujours être réalisée car elle diminue significativement
le risque de récidive locale. Elle sera d’autant
plus importante quand la femme est jeune.
En cas d’ablation totale du sein, la radiothérapie
est dans certains cas indiquée pour diminuer le risque
de récidive locale.
La chimiothérapie
Elle consiste à administrer des médicaments anti-cancéreux
en perfusion intraveineuse, à un intervalle, en général
toutes les 3 semaines. On a la chimiothérapie adjuvante
et la chimiothérapie néo-adjuvante. Les inconvénients
sont: fatigue générale, nausées et
vomissement, chute temporaire des cheveux. Cependant, ils varient
en fonction des produits utilisés et sont de mieux en
mieux maîtrisés.
L’hormonothérapie
Elle repose sur l’utilisation des anti-estrogènes dont
le plus utilisé est le Tamoxifène. Son utilisation
est bénéfique s’il existe des récepteurs
aux estrogènes au niveau de la tumeur quel que soit l’âge
de la patiente. Elle réduit le risque de récidive
de 8% et celui du décès de 5%.
Une castration (chirurgicale ou par radiothérapie) de
la femme est parfois nécessaire si la patiente n’est
pas ménopausée. Cette technique de castration est
de moins en moins utilisée et est remplacée par
une castration médicamenteuse.
Les traitements du cancer du sein étant de plus en plus
efficaces, les effets psychologiques sur les patientes sont souvent
moins lourds qu’auparavant.
Cependant, les cancers du sein diagnostiqués tardivement
sont souvent très mutilants. C’est pourquoi
la palpation du sein doit faire partie de l’examen gynécologique
annuel que devrait pratiquer toute femme dès le début
de l’activité sexuelle.
Une fossette, une ride creusant la surface du sein, avec un
aspect «peau d’orange», une déformation
du mamelon se rétractant vers l’intérieur,
un aspect eczémateux du mamelon devenant rouge, croûteux, érodé,
un écoulement mamelonnaire surtout sanglant ou noirâtre
peuvent être des signes d’un carcinome mammaire.
La constatation de l’un de ses signes doit amener à une
consultation médicale très rapidement.
T.T.
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