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Lendemains difficiles pour un ancien président

Menacé d’expulsion de la cité OUA, l’ancien dictateur centrafricain Patassé dans le collimateur de la CPI

25 juin 2007

Ange-Félix Patassé, ancien dictateur centrafricainL’ancien  président de la Centrafrique Ange Félix Patassé qui ne s’entend plus avec son ex-conseiller et beau-frère René Bodombossou, est menacé d’expulsion de la villa  qu’il occupe dans la Cité OUA à Lomé depuis qu’il est revenu au Togo. C’est un litige foncier qui oppose les deux amis d’hier.

«Tout est parti de la construction des villas qui devraient abriter les différentes délégations devant participer au sommet de la défunte OUA en 2000 dans la capitale togolaise. Mis au parfum, M. René Bodombossou qui, à l’époque, était conseiller personnel de Ange Félix Patassé, aurait informé ce dernier du projet. Intéressé, le président Patassé aurait donné des instructions à son conseiller et beau-frère René de prendre des dispositions pour réaliser trois villas haut standing ici à Lomé», rapporte-t-on. Pour traduire cette volonté présidentielle dans les faits, le conseiller aurait sollicité les services du cabinet IFFA qui appartiendrait à l’architecte Bernard Walla, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises dans le gouvernement Agboyibo. Normalement, il était prévu que les trois villas soient mises à la disposition de la délégation centrafricaine. Ce qui ne fut malheureusement  pas le cas, du fait du retard accusé dans l’exécution des travaux. «Le beau-frère  et conseiller personnel du président Patassé a plutôt signé les papiers au nom de la délégation centrafricaine et estime aujourd’hui que les trois villas construites sur 18 lots, dont une est occupée par Patassé et sa famille, lui appartiennent. A sa grande surprise, le titre foncier portait le nom du cabinet IFFA, car une société étrangère comme Krüger Brent n’est pas autorisée à réaliser un tel projet au Togo», explique le confrère. Mais le sieur Bodombossou réclame la paternité des trois villas et porte plainte contre son architecte «pour abus de confiance; et a demandé à la justice d’expulser de ce fait le mari de sa sœur». Cette décision est aussitôt contestée par l’ancien président qui affirme que «René était en mission recommandée par lui, donc de facto il occupe une villa en propre».

Cette affaire est actuellement pendante devant le Tribunal de Lomé. Selon le confrère, «Les deux autres villas inachevées sont bloquées par le cabinet IFFA qui demande des comptes au président Patassé pour des travaux réalisés à Bangui et dont les honoraires ne sont pas payées complètement jusqu’à ce jour».

Comme on peut le constater, l’ex-homme fort de Bangui est dans de beaux draps. Cette affaire coïncide avec la décision de la Cour Pénale Internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur les crimes sexuels commis en Centrafrique lors de la guerre civile sous son règne. La CPI  reproche  aussi à Jean-Pierre Bemba, l’ex-patron du groupe rebelle du Mouvement de Libération du Congo (MLC), les exactions et d’autres violences dont les hommes, envoyés à la rescousse du régime vacillant d’Ange Félix Patassé en 2002-2003, se seraient rendus coupables en République Centrafricaine. A l’époque, après avoir réussi à repousser les putschistes, conduits par le Général François Bozizé, les miliciens du MLC, les «Congolais» comme les appelaient les Centrafricains, ont fait régner la terreur à Bangui et dans ses environs, en tuant, en pillant et surtout en violant. Aucun bilan officiel n’est connu à ce jour, mais l’Organisation (centrafricaine) pour la compassion et le développement des familles en détresse (OCODEFAD) affirme avoir recensé un total de 1045 victimes dont 480 femmes et fillettes violées. La CPI, elle, table sur 600 victimes. Cette triste affaire bâtie essentiellement sur les crimes sexuels et des viols, constitue une première pour cette institution pénale internationale dans ce domaine.

L’ex-président et l’ex-chef de guerre ont donc des jours difficiles devant eux avec cette affaire de la CPI.

R.K.


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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