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Sans détour
La méchanceté du
pouvoir RPT et du bourreau Faure Gnassingbé
02 juillet 2007
Tout ce qui se passe depuis plus quelques semaines au Togo est
la preuve que le pouvoir RPT n’a pas fondamentalement changé.
Les «habitudes de la maison» tels le dilatoire,
le mensonge, la mauvaise foi sont toujours omniprésentes
dans les comportements. Faure Gnassingbé, le technocrate
averti qui se dit être formé dans les universités
occidentales, qui se tance d’être l’homme du
renouveau tant louangé pas ses affidés, Faure Gnassingbé,
le grand réconciliateur, tisse merveilleusement la nouvelle
corde au bout de l’ancienne héritée de son
géniteur de dictateur. Sa formule «lui c’est
lui, moi c’est moi» n’est qu’un
mirage pour emballer les esprits fragiles. Bien qu’étant
complaisant dans sa gestion des affaires de l’Etat et vis-à-vis
de certains ministres, il fait aujourd’hui porter au Premier
ministre le chapeau de l’enlisement du processus électoral.
Dans une République où toutes les institutions
fonctionnent normalement, un Président ne saurait envoyer
une lettre à son Premier ministre pour le sommer de
trouver une solution à un problème. Le Président
n’est-il pas censé rencontrer son Premier
Ministre au moins deux fois par semaine? Ces réunions
sont-elles constamment organisées? Si oui, de quoi discutent
alors les deux premières personnalités de l’Etat?
En fait, ces concertations régulières devraient être
des occasions pour passer au peigne fin tous les problèmes
brûlants de l’heure. Il devrait en somme avoir une
complicité entre le Président et son Premier ministre
pour la bonne marche du pays. Mais ici, Faure Gnassingbé a
enrhumé la transition dès le départ en tendant
la perche à Edem Kodjo, l’autre technocrate, qui
s’est affublé du titre de «Président
annexe» et qui agit parfois au nom du gouvernement.
Il a également fait du Premier ministère, un symbole,
un luxe pour juste enjoliver son pouvoir mal acquis. Un gouvernement
annexe est même formé dans l’entourage immédiat
du chef de l’Etat. Les membres de ce gouvernement dans
le gouvernement Agboyibo sont plus puissants que le Premier ministre
et ne rendent compte de leurs actes qu’au chef de l’Etat.
C’est à ce niveau que tout se noue et se délie.
Sinon, on ne saurait limoger un ministre sans tenir informer
le chef de gouvernement. Sinon, on ne saurait mettre en place
le Conseil d’Administration de la Société Nouvelle
des Phosphates du Togo à l’insu du ministre de tutelle
et du Premier ministre.
Aussi le traditionnel conseil hebdomadaire des ministres n’est-il
plus respecté. Ces réunions ne sont organisées
que selon les sautes d’humeur de ceux qui régentent
le pays. Parfois, c’est dans la précipitation que
ces conseils sont tenus. A preuve, après le conseil des
ministres extraordinaire du mardi 05 juin 2007 suite au crash
de Lungi, il a fallu quinze jours avant qu’un autre n’ait
lieu. N’est-ce pas ce conseil qui est le mieux indiqué pour
aborder tous les sujets liés au processus électoral?
De plus, Faure Gnassingbé ne peut pas dire qu’il
n’est pas au courant des problèmes que connaît
la CENI, l’institution chargée d’organiser
les élections. Pendant plusieurs mois, elle a eu à faire
face à de sérieux problèmes financiers.
Mais au même moment, on s’empresse d’honorer
ses engagements vis-à-vis de la société ZETES.
Cette société dont personne ne maîtrise jusqu’alors
les termes du contrat qui le lie à l’Etat togolais,
en dehors de certains ministres proches de Faure et qui a beaucoup
traîné les travaux au niveau de la CENI.
Devant cet état de chose, le chef de
gouvernement s’est
imposé un silence, une trouvaille pour les opposants.
Et comme il a bien dressé ses joues, le chef de l’Etat
ne s’est pas empêché de les lui frapper. On
lui fait porter le chapeau alors qu’il n’a aucun
pouvoir. Comme dirait Robert Escarpit, dans «Lettre
ouverte» «Il y a toujours une certaine
méchanceté à rire de quelqu’un et
la méchanceté est bien le signe le plus évident
d’impuissance que je connaisse». Quelle méchanceté!
La nature même des Gnassingbé (Faure
et Kpatcha).
Zeus AZIADOUVO (correspondant permanent à Lomé)
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