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Togo: Le
système politique Agboyibo décortiqué:
Volonté manifeste
de Me Agboyibo de brouiller les repères politiques
04-Jul-2007
La
conscience populaire qui se développe
et qui atteint les coins et les recoins du Togo est parmi les
leaders politiques qui trahissent le peuple togolais. L ’actuel
Premier Ministre, Me Agboyibo, est pire que les deux précédents
sortis du rang de l’opposition: Joseph Kokou Koffigoh et
Edem Kodjo, ce dernier ayant accompli deux campagnes primatoriales.
A force de vouloir le pouvoir à n’importe quel
prix, les leaders politiques de l’opposition ont
fini par banaliser les clivages politiques traditionnels, et
du coup, par bafouer toute éthique et norme politique
dans la vie nationale. Ainsi voient-ils que gouverner avec
le RPT est une normalité, alors que c’est la pire
des trahisons politiques au Togo, étant donné la
volonté de changement clairement exprimée
par le peuple togolais eu égard au sacrifice indicible
que le régime ancien lui a imposé.
Me Agboyibo se goure dans ses choix
Que se soit au niveau des stratégies qu’à celui
des objectifs, Me Agboyibo et la plupart des leaders de l’opposition
prennent l’ombre pour la proie: des leaders de l’opposition
deviennent leurs cibles à abattre, l’ennemi à écarter à tout
prix. Or, la différence entre: d’un côté le
régime dictatorial d’Eyadèma appliquant la
privation rigoureuse de toutes les libertés publiques
et privées, un népotisme mafieux effarent, et de
l’autre la volonté du peuple togolais largement
exprimée d’une gouvernance démocratique,
c’est-à-dire la gouvernance par le peuple et
pour le peuple, la différence entre ces modes de gestion
de l’Etat ne souffre d’aucune ambiguïté. La
morale qui sous-tend chacun de ces deux modes de gouvernement
est bien claire à comprendre. Quand bien même des
nuances diviseraient des leaders de l’opposition, le
fondement de leur conviction commune du changement devrait
les tenir. C’est dire que par l’élection présidentielle
du 24 avril 2005, la dictature de près de 40 ans d’Eyadèma
que ses fils et son entourage tentaient de remettre en selle
a été battue. D’abord par les résultats électoraux que
l’opposition a réussi à récapituler en
rassemblant les rapports des votes de l’ensemble du territoire
national et qui donnaient le candidat de l’opposition gagnant.
Ensuite les observateurs internationaux ont, dans l’ensemble,
reconnu cette victoire. Enfin les violences en tous genres perpétrées
par l’armée, les milices du RPT et les tenants
du régime ancien et qui ont été relevées
par les mêmes observateurs internationaux corroboraient
cette victoire de l’opposition – car quelqu’un
qui gagne une élection n’a aucune raison de perpétrer
des violences. Les Nations Unies ont procédés à l’établissement
des faits. C’était le début d’une procédure à l’encontre
des auteurs des violences. Le pouvoir autoproclamé à nouveau
du RPT qu’incarnait Faure Gnassingbé ne jouissait
d’aucune légitimité ni légalité.
Ni l’UA, encore moins l’UE et la communauté internationale
n’étaient prêtes à accorder une quelconque
reconnaissance à ce régime. Le Gal Olusegun Obasanjo
s’était écorné en endossant la toge
de pion de la France. Et sous sa houlette, il a amené l’opposition à accepter
de négocier le partage du pouvoir avec Faure Gnassingbé.
Pendant ce temps et alors qu’eux-mêmes, leaders de
l’opposition, cherchaient à s’harmoniser
par une plate-forme, Me Yawovi Agboyibo du CAR et ensuite Léopold
Gnininvi de la CDPA commettaient la félonie en négociant
avec le même Faure Gnassingbé, chacun de son côté,
dans les coulisses, le poste de Premier Ministre, dévoyant
ainsi la négociation de la coalition. Auparavant, le leader
de la CDPA Léopold Gnininvi avait effectué une
mission mystérieuse auprès du chef de l’Etat
du Burkina-Faso, le Président Blaise Compaoré, à Ouagadougou,
mission dont on ne sait jusqu’à ce jour l’objet,
mais que d’aucuns considéraient que c’était
pour se positionner comme un candidat à la primature
avant même le scrutin. En outre, par la manœuvre
du Chef de l’Etat Nigérian, le Pdt Olusegun Obasanjo,
alors qu’un black-out total de communication était
imposé au Togo lors du dépouillement du scrutin,
Gilchrist Olympio a été conduit à Accra/Ghana
pour une prétendue rencontre des dirigeants de l’opposition togolaise
avec le chef de l’Etat ghanéen. Dans la capitale
ghanéenne, il s’est retrouvé seul face
aux lobbies françafricains (les Pdts. Nigérian
et ghanéen) et Abuja pour lui faire accepter le principe
de la formation d’un gouvernement d’union à l’issue
du scrutin avant même le dépouillement du scrutin,
et la proclamation des résultats du vote. La zizanie a été donc
entreprise entre les leaders de l’opposition par les rencontres
aussi rocambolesques les unes que les autres. Michel de
Bonnecorse, ancien ministre de la Coopération franco-africaine,
haut fonctionnaire à l’Elysée, accomplira
le reste de la manœuvre, après la proclamation
des résultats tripatouillés et qui étaient
fortement contestés par le peuple togolais, dans
la nuit du 18 au 19 juin 2005 en faisant nommer Edem Kodjo Premier
Ministre, le lendemain alors qu’il n’était
même pas protagoniste dans la joute électorale.
Dès lors qu’il s’était mis à mendier
le poste de premier ministre dans les coulisses, c’est-à-dire
en dehors du cadre des négociations de la coalition dite «opposition
radicale», Me Agboyibo avait non seulement dévoyé le
processus en cours, mais également changé la nature
du combat. Il était devenu un individu devant Faure Gnassingbé,
et non un représentant de l’opposition, ni même
celui de son parti, le CAR, à moins que ce dernier eût
accepté formellement cette option. Dans ce dernier cas,
lui et son parti étaient sortis du cadre de l’opposition,
en tout cas de la coalition ADDI-CAR-CDPA-UFC dont le candidat
faisait face à celui de la mouvance RPT. Ce bref rappel éclaire
toute la problématique actuelle de Me Agboyibo et de son
parti, le CAR, et aussi celle des élections législatives
en vue. Me Agboyibo et son parti, le CAR ont délité le
combat politique de l’opposition togolaise face au régime
RPT.
La problématique des législatives en vue
Les législatives en vue sont une conséquence de
la haute trahison de Me Agboyibo et, pour une part non moins
importante, d’autres leaders de l’opposition comme
Léopold Gnininvi de la CDPA. Ils ont lâché leur
victoire de l’élection présidentielle du
24 avril 2005, délitant le débat politique qui
portait sur l’élection présidentielle, pour
se lancer derrière un poste de Premier Ministre. Par cette
lutte interne de l’opposition, ces leaders ont été incapables
de mener un débat cohérent et efficace lors du
dialogue intertogolais. Cette même lutte interne à l’opposition
a fait que la composition du gouvernement que l’opposition était
censée diriger leur a échappé. C’est
ce qui fait la faiblesse du Premier Ministre Me Agboyibo face
au camp présidentiel.
Rien n’obligeait l’opposition à lâcher
sa victoire si ce n’était pas la convoitise
du poste de Premier Ministre par les leaders de l’opposition
entre eux. Pour demeurer fidèle à leurs engagements
de partis et d’hommes ou de leaders opposés au régime
RPT, ils se devraient de soutenir jusqu’au bout le
candidat de l’UFC qui a été celui de toute
la coalition, en d’autres termes, ils devraient soutenir
cette victoire jusqu’à ce jour.
Depuis 1990 que
le parti Aung San Suu Kyi a gagné les législatives
contre la dictature des généraux en Birmanie, les
partis de l’opposition et leurs dirigeants, Aung San Suu
Kyi en tête, quoique soumis à des tracasseries
de toutes sortes: certains emprisonnés, d’autres
en exil, Aung San Suu Kyi emprisonnée puis mise en résidence
surveillée, ils continuent aujourd’hui à réclamer
leur victoire de ces législatives. Pourquoi nos leaders
de la coalition ADDI-CAR-CDPA-UFC n’ont-ils pas continué à réclamer
leur victoire à l’élection présidentielle
du 24 avril 2005? Il faut fustiger fortement le comportement
des dirigeants de l’opposition togolaise parce qu’ils
ne résolvent pas les vrais problèmes du changement
que cherche le peuple togolais. Redoutant la sanction dans les
urnes par le peuple togolais contre leur trahison, ils ont, en
traîtres de la volonté populaire, accepté un
mode de scrutin, la proportionnelle qui ne permettrait à aucun
parti de gagner réellement les législatives contre
lesquelles ils ont troqué la victoire de l’élection
présidentielle.
Depuis la formation du gouvernement de Me Agboyibo, l’UFC
est devenue la bête noire à abattre, que
Me Agboyibo lui-même et son parti, le CAR, combattent à longueur
de déclarations, de manifestations et d’activités
politiques en tous genres. Ce paradoxe, le fait que Me Agboyibo
et son parti le CAR se retournent contre des leaders et
des partis de l’opposition avec lesquels ils avaient composé la
coalition, est la preuve de leur volonté manifeste de
brouiller les repères politiques afin de faire croire
que gouverner avec le RPT est une normalité, alors que
c’est la pire trahison du peuple togolais qu’un homme
ou un parti politique puisse commettre.
La résurgence de la dictature
La stratégie qu’utilisent Me Agboyibo et son parti,
est un prélogue à la résurgence de la dictature,
parce qu’ils savent et ont conscience que leurs actions vont à l’encontre
de la volonté et des intérêts du peuple togolais.
Celui-ci a suffisamment manifesté sa volonté d’une
alternance à la dictature du Pouvoir RPT. En dépit
de cela, tout le monde a constaté que Me Agboyibo et son
parti, le CAR, s’accommodent de ce pouvoir en empêchant
la formation d’un véritable Gouvernement d’union
nationale consensuel qui devrait organiser les législatives
en vue. Les voilà en position de faibles, et les élections
s’organisent dans des conditions que tout le monde déplore.
Un observateur avisé, ancien ministre du Togo, Komla Alipui,
affirmait récemment dans les colonnes d'un
journal que les législatives en vue sont une supercherie.
Actuellement la vie économique, sociale et politique
se déroule quotidiennement comme s’il n’y
avait pas eu l’élection présidentielle du
24 avril 2005. L’on peut affirmer sans se tromper que les
Togolais subissent davantage aujourd’hui le Gouvernement
plus qu’avant son avènement. La prévarication des
biens et des richesses du pays se poursuit allègrement
alors qu’une léthargie généralisée
plombe les Togolais. Le risque est que cette situation perdure.
Me Agboyibo et son parti, le CAR, cherchent à instaurer
leur dictature par le seing du RPT.
Kodjo Afatsao SILIADIN
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