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Economie: Les phosphates togolais dans le dernier virage

Le pouvoir tente de s’emparer des retombées des dix dernières années
.La recomposition du Conseil d’administration s’impose

16-Jul-2007

Les mines de phosphate du TogoAujourd’hui et sous le prétexte de sauver les meubles après plusieurs décennies de gestions catastrophiques du secteur des phosphates du Togo, le gouvernement crée et ce depuis le 14 mai dernier, la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT). Mais, force est de constater que le Conseil d’Administration qui doit donner l’impulsion nécessaire pour la bonne marche de cette nouvelle entreprise pour de nouvelles aventures regorge de membres au passé récent très négatif en matière de gestion. Est-ce le manque de compétence au Togo, pour que ce soient toujours les mêmes têtes partout ? Telle est la question que se posent nombre de Togolais ayant eu vent de la composition du Conseil d’Administration de la nouvelle société. Pire, c’est leur loyauté sans faille au pouvoir sous lequel ploient les Togolais depuis presque 40 ans et qui de surcroît avait mal géré le patrimoine commun de toute  une nation.

Le comble pour ce secteur est le déficit mensuel d’environ 2,5 milliards de FCFA qu’il engendre contrairement au clinker qui, par contre, régénère mensuellement en moyenne 1 milliard de FCFA à l’Etat. Il faut souligner que la capacité des installations dont dispose le secteur des phosphates devrait permettre une production annuelle en phosphate marchand d’environ 3 300 000 tonnes (t).  L’on note  que, depuis son exploitation, la production en phosphate marchand est passé de 119 500 t en 1961 à 2 932 800 t en 1980 (période du boom des phosphates sur le marché mondial) et à 3 390 000 t en 1989. Il est aussi vrai qu’il y a depuis quelques temps un ralentissement de production dû à la vétusté des installations qui exigent du renouvellement. En plus, l’on constate aujourd’hui une hausse du cours du phosphate sur le marché mondial. C’est certes la raison fondamentale qui pousse les gouvernants à se jeter de nouveau dans une aventure, évidemment profitable, mais qu’à une poignée d’individus à l’allure où vont les choses. Nos investigations révèlent néanmoins qu’il y a nécessité d’investissement en vue de donner des moyens à la réhabilitation de l’outil de production dans la perspective d’un résultat probant. Cette aventure nécessite alors une bagatelle somme  de  plus de 30 milliards de nos francs soit environ 46 millions d’euros.

Selon des projections faites par des économistes, en cas d’investissement dans la réhabilitation des infrastructures en place, la production annuelle du phosphate pourrait atteindre le seuil de 3 500 000 t et surtout avec le cours actuel du phosphate sur le marché mondial, le Togo pourra en effet tirer énormément de profit, soit un chiffre d’affaire d’environ 70 milliards de F CFA

Mais, l’inquiétude se situe sur comment gérer les retombées des 10 dernières années d’exploitation des mines du phosphate? Est-ce de la même manière comme par le passé surtout avec la présence au sein du Conseli d’Administration des mêmes fossoyeurs de l’économie togolaise? C’est bien évidemment à toutes ces questions que les Togolais ne trouvent point de réponse. Aussi, la question de la répartition équitable des ressources nationales n’a-t-elle pas trouvé jusqu’alors de solution appropriée. Car le constat est là et perceptible, les populations autochtones de la bande où l’on exploite du phosphate n’ont guère été dédommagées ni bénéficié dans la moindre mesure des retombées du gisement de leur sous-sol, ne serait-ce que par un quota de leur embauche dans le secteur.
Il urge cependant que les autorités togolaises fassent preuve d’honnêteté et se fassent violence pour une recomposition du Conseil d’Administration de la fameuse SNPT. Ceci lèvera les doutes qui font penser aux populations qu’il s’agit du dernier virage des phosphates que le pouvoir en place veut  accaparer comme par le passé. C’est bien évidemment par une gestion transparente que les mannes du phosphate togolais profiteront à tous et inciteront les investisseurs à faire confiance à un régime au passé négatif. Cette formule de relance constitue quelque part une épreuve pour les gouvernants dont les examinateurs sont les populations et les bailleurs de fonds qui, depuis un temps, ont perdu toute confiance en notre pays qui pourtant, regorge de potentialités énormes pouvant permettre un développement harmonieux de ses citoyens qui ploient toujours sous le poids de la dette. Une dette due à la mauvaise gouvernance du pouvoir RPT.

Didier Ledoux


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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