Togo: Appel
d’offre à la
Commission des marchés publics
Le Ministre Sélom
Klassou au centre d’une machination monstre
19-Jul-2007
Il est prévu dans les clauses qu’une
partie des fonds soit utilisée pour construire 100 blocs
pédagogiques à double vérandas de trois
salles avec un bureau et un magasin; 100 blocs sanitaires de
7 cabines à double sièges; 50 blocs pédagogiques à double
vérandas munis d’une salle de classe et d’une
salle de science munie d’une salle de préparation
et de stockage, d’un magasin et d’une salle de documentation;
de 50 blocs pédagogiques à double vérandas
et 2 salles de classes munies de deux bureaux pour le directeur
et le secrétariat, d’une salle de professeurs; de
50 points d’eau selon les possibilités avantageuses
que chaque site offrira, surmontés de petits châteaux
d’eau en polytank à l’usage des robinets des
salles de sciences; de 50 blocs sanitaires de 7 cabinets à double
sièges, d’un complexe administratif de bureaux pour
la Direction Régionale de l’Education de Kara. Et
toutes ces constructions seront reparties sur cinq régions
administratives du Togo.
Pour ce faire, le ministère des Enseignements primaire
et secondaire a lancé un appel d’offre le 02 fevrier
2007 pour permettre aux soumissionnaires de catégorie
B, dont les entreprises sont installées dans un
pays membre de la BID et qui ont réalisé un chiffre
d’affaires annuel moyen de 300 millions FCFA au cours des
trois dernières années, de présenter leurs
offres, sous plis fermés. L’exécution des
travaux étant repartie en 5 lots, les entreprises soumissionnaires
peuvent faire des propositions pour un ou plusieurs lots complets.
Dix entreprises ont soumissionné à cet appel d’offres
et une commission technique chargée de dépouiller
les plis a établi un rapport sur les propositions des
soumissionnaires. Les résultats obtenus lors de l’ouverture
des plis ont été connus de tous.
Mais curieusement, le ministre Sélom Klassou des Enseignements
primaire et secondaire revient à la charge et demande à la
Commission technique de refaire son travail parce que les entreprises
qu’il voulait privilégier ne figurent pas parmi
celles sélectionnées. C’est dans ce méli-mélo
que le marché a été attribué à certaines
entreprises qui ne répondent en rien aux critères
prédéfinis. Mais, il se raconte que les entreprises
que défend le ministre Sélom Klassou n’ont
aucun crédit vu leurs prestations au cours des trois dernières
années. «Avec la complicité de certains
entrepreneurs, le ministre fait des pressions et cherche à écarter
les entreprises qui ont les meilleurs certificats. Même
au niveau de la Commission des marchés publics, personne
n’épouse la méthode du ministre. Mais étant
donné qu’il met en jeu les pressions politiques,
les membres de la Commission n’ont pas le poids qu’il
faut pour le dénoncer. C’est une situation de non
droit qui est en train de prévaloir dans cette affaire.
Et c’est dommage pour notre pays», a déclaré un
proche du dossier qui a requis l’anonymat.
Pour un entrepreneur qui a également soumissionné à l’appel
d’offre, «le comportement du ministre Klassou
nous surprend tous. Nous avons tous suivi les résultats à l’ouverture
des plis. Et nous connaissons aujourd’hui les forces et
les faiblesses des entreprises qui ont soumissionné. C’est
dommage que les travaux soient confiés à ceux qui
sont médiocres. Ce n’est pas comme ça qu’un
pays avance. Si le Burkina à côté arrive à décoller,
c’est parce que le Président Blaise Compaoré est
arrivé à arrêter la corruption et
a opté pour la bonne gouvernance. Et si au Togo, on continue
ces genres de pratiques, nous n’irons jamais de l’avant».
Ces genres de comportements ne sont pas de manière à permettre
aux bailleurs de fonds de venir investir dans notre pays. La
balle est dans le camp du ministre Sélom Klassou car il
n’est pas encore tard pour rectifier le tir. Il peut toujours
revenir à la raison en permettant à la commission
des marchés publics de faire son boulot en toute quiétude.
Faure Gnassingbé quant à lui ne doit pas continuer à permettre
aux barons du RPT de se comporter comme si le Togo était
leur propriété privée. Ce n’est pas
de cette manière que l’Etat de droit se construit.
Affaire à suivre.
G.K.
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