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Exploitation des parcs de
véhicules d’occasion au port autonome de Lomé
Le clan Gnassingbé impose-t-il
Uniport pour asseoir sa domination sur le secteur ou pour couvrir
le trafic de drogue?
23-Jul-2007
Il est connu de tous que depuis quelques mois Bassam El
Najjar, le Directeur de la Société Immobilière
du Golfe (SIG) a été frappé par un redressement
fiscal de 9 milliards FCFA. Malgré le délai qui
lui était accordé pour s’exécuter,
l’intéressé ne s’est pas manifesté.
Ce qui a conduit la Direction Générale des Impôts
(DGI) à aller loin en procédant au blocage de ses
comptes sur lesquels on n’aurait trouvé que 25 millions
FCFA. Acculé, le Libanais s’est sauvé, abandonnant
sa société qui avait le monopole de la gestion
des véhicules d’occasion au Port Autonome de Lomé.
Dans une lettre en date du 14 juin 2007 et adressée au
Directeur de la SIG, la DGI a rappelé au Libanais qu’«aucune
réponse venant de votre part ne saurait interrompre la
procédure de recouvrement selon les dispositions des articles
1344 à 1351 du Code Général des Impôts
(CGI)» et qu’«elle mettra tout en œuvre
pour rentrer dans ses fonds». «Dans les
fichiers de la Direction Générale des Impôts
(DGI), la Société Immobilière du Golfe (SIG)
est créée en juin 2000 et soumise comme toute autre
société aux droits, impôts et taxes conformément
aux dispositions du Code Général des Impôts
(CGI). En avril 2005, un Décret présidentiel de
la République a remis l’exploitation des parcs des
véhicules d’occasion à la SIG. Dès
lors, la SIG est devenue la seule intermédiaire entre
le Port Autonome de Lomé (PAL) et les importateurs des
véhicules d’occasion. A ce titre, elle est chargée
de collecter l’Impôt Minimum Forfaitaire (IMF) prévu
auprès des acheteurs des véhicules d’occasion.
Parallèlement à l’IMF précompté auprès
des acheteurs des véhicules d’occasion au profit
de la DGI, la SIG reste redevable des divers impôts et
taxes auxquels elle est assujettie. Or la SIG n’a
jamais souscrit à ses propres déclarations, en
l’occurrence les états financiers permettant à l’Administration
fiscale de procéder à son imposition, de même
que les déclarations annuelles de salaires (DAS) des années
antérieures conformément aux dispositions des articles
160-1 et 202», précise en outre la lettre.
Le glas est donc sonné pour le Libanais.
Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, il y a
aujourd’hui une agitation monstre autour du PAL. D’abord,
c’est le ministre des Finances, du Budget et des Privatisation
qui a pris, le 30 mai 2007, un arrêté ministériel
portant création, attributions et organisation d’un
comité de suivi des taxes, redevances et autres frais
appliqués aux véhicules transitant par le Port
Autonome de Lomé. Ce comité a pour mission «de
faire une étude sur la structuration des taxes, redevances
et autres frais appliqués aux véhicules neufs ou
d’occasion transitant par le Port Autonome de Lomé,
conformément aux dispositions légales et réglementaires
en vigueur ; et de veiller à l’application
de toutes mesures nécessaires aux activités d’importation
et de vente des véhicules transitant par le Port Autonome
de Lomé». Il est composé du Directeur
du Budget du ministère des finances (président),
du chef du Centre des Impôts du Port Autonome de Lomé (vice-président)
et du chef du Bureau des Douanes du Port Autonome de Lomé,
d’un représentant du Port Autonome de Lomé,
d’un représentant de la Zone franche, d’un
représentant du Syndicat des Transitaires et Commissionnaires
en Douanes et de trois (03) représentants des importateurs
de véhicules à raison de: un de la Société Immobilière
du Golfe; un du Parc de Voiture d’Occasion; et un autre
importateur. Comme on peut le constater, la SIG qui a maille à partir
avec la DGI est membre de ce comité.
De plus, l’exploitation des parcs auto a été confiée à la
SIG par décret présidentiel et il faut un autre
pour annuler cette décision. Ce n’est qu’après
cette procédure qu’une autre société peut
prétendre lui succéder. Mais contre toute attente,
le Directeur du Pal, le Contre-amiral Fogan Adegnon adresse une
lettre à la Directrice des Impôts que la société Uniport
d’un certain Alexandre Aziabou va «assurer l’exploitation
des parcs de véhicules d’occasion en lieu et place
de la SIG». Selon le journal «La Lettre
du Continent», l’exploitation des parcs de véhicules
d’occasion aurait été reprise par Uniport-Togo
depuis le 14 mai alors que l’arrêté du ministre
des Finances portant création du fameux comité de
suivi des taxes a été pris le 30 mai. Bizarre n’est-ce
pas? Qui plus est, la société Uniport qui se substitue à la
SIG serait très proche d’un Conseiller de Faure
en l’occurrence Barry Moussa Barqué qui fut directeur
du PAL dans les années 80. Celui-ci aurait de très
bons rapports avec les Libanais qui, semble-t-il, se cachent
derrière le Togolais Aziabou pour faire prospérer
leurs affaires. Et quelles affaires ?
On s’en souvient qu’un gigantesque réseau
de trafic de drogue avait été démantelé au
port de Lomé et dont le point d’orgue avait été l’arraisonnement
du Pitéa, ce bateau contenant plus de 412 kg de cocaïne
aux larges du Cap-Vert par la police européenne. Des enquêtes,
il en ressortait que le clan Gnassingbé, en complicité justement
avec des libanais dont Bassam El-Najjar opérant dans la
vente des véhicules d’occasion au port de Lomé, était
le commanditaire et le propriétaire de la drogue et du
Pitéa.
Il y a quelques semaines encore de cela, un autre bateau de
drogue avait été arraisonné dans les eaux
territoriales du Togo contenant une grande quantité d’héroïne.
La France qui a arrêté le bateau observe un silence
radio sur cette affaire depuis qu’elle a découvert
que les propriétaires de la cargaison de la drogue sont
les mêmes que ceux qui avaient commandité le Pitéa.
Pourquoi donc la police française ne fait-elle rien pour
ouvrir une enquête pour arrêter les suspects? Peut-on
croire en un bocage politique?
Si aujourd’hui, c’est Uniport qui est imposé par
la direction du port pour contrôler le juteux marché des
véhicules d’occasion au port de Lomé, ne
pourrait-on pas affirmer sans risquer de se tromper que cette
structure dirigée par un pantin et dont ceux qui tirent
les ficelles gravitent autour de la présidence, ne servira
en réalité qu’à couvrir le honteux
commerce de drogue?
Alors que tous les indicateurs économiques du pays sont
au rouge, rien n’est fait pour assainir la gestion des
sociétés. Tout est fait dans une opacité sans
précédent et ce sont ces gens qui ne souhaitent
pas une résolution définitive de la crise.
Jules Symféïtchéou,
R. Kédjagni, Etiame.com
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