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Faure Gnassingbé interdit la marche de l’opposition:

L’armée et les miliciens du Rpt mettent Lomé en état de siège

06 août 2007

L'armée togolaise, jusqu'à quand sera-t-elle instrumentaliséeLes griots du pouvoir et certains naïfs qui tancent l’usurpateur Faure Gnassingbé d’homme de renouveau peuvent déchanter. Au RPT et dans la monarchie togolaise, les habitudes ont la vie dure.  Et ce n’est ni le déploiement de l’armée à Lomé le samedi 4 août dernier pour étouffer la première véritable épreuve de force entre un régime clanique et despotique et l’opposition, ni les méthodes de l’interdiction de la marche pacifique contre l’impunité qui démentiront cette réalité. Tout est mis en œuvre comme au temps fort de la dictature d’Eyadèma. Récit d’une longue nuit de vendredi et d’une journée de nerfs pour le clan.

Une marche qui a fait frémir Faure et ses ouailles
La marche pacifique qu’avait proposé d’organiser certaines organisations de la société civile togolaise et certains partis politiques a fait trembler le clan Gnassingbé. Au départ, le régime en place doutait, au regard des violences et de la barbarie des événements d’avril 2005, que le peuple togolais resterait insensible à l’appel lancé par les forces démocratiques. Au regard de la mobilisation que cela a suscité particulièrement à Lomé et le relais avec des commentaires et des analyses sur les sites Internet, Titikpina, patron de la sécurité au Togo a commencé à mettre en place un dispositif digne d’un pays en rébellion.

L’annonce de l’arrivée à Lomé de Gilchrist Olympio ce 04 août a été la goutte de trop qui a fait réunir à la présidence de la République, Faure Gnassingbé et les principaux planificateurs des répressions sanglantes des manifestations de l’opposition. Pour ces néoconservateurs, il n’est pas question de prendre des risques en laissant le peuple reprendre de la main en se mobilisant pour créer des situations d’insurrection qui pourraient faire basculer le régime alors que celui-ci a mis du temps pour imposer un semblant d’accalmie dans le pays.

Selon Faure Gnassingbé, une réussite de la marche de l’opposition de ce 4 août sera sans doute annonciatrice des lendemains difficiles pour son règne. Dès lors, les grands moyens d’intimidation et de répression vont être déployés pour étouffer le poussin dans l’œuf.

Dispositif militaire impressionnant
Kadanga, chef de la FIR (Force d’intervention rapide) de l’armée togolaise, Béréna commandant des forces terrestres, Rock Gnassingbé patron des éléments motorisés tout fraîchement parachuté au port de Lomé et surtout Titikpina ministre de la sécurité vont étudier tous les stratagèmes pour intimider tout d’abord les organisateurs de la marche et ensuite, comme à l’accoutumée, faire peur au peuple en pondant un communiqué musclé par le truchement de Charles Debbasch pour interdire la marche au nom du gouvernement alors que le Premier ministre Me Agboyibo est tenu à l’écart.

C’est sur les ondes de la TVT (télévision togolaise) que Me Agboyibo et les ministres de l’opposition qui siègent au gouvernement apprendront comme tous les togolais l’interdiction de la marche du 4 août.  Dans ce cas de quel respect jouissent-ils au sein d’un régime où on s’est plutôt servi d’eux pour rendre Faure fréquentable?

Sitôt décidé, l’armée est déployée dès le vendredi soir aux quatre coins de Lomé. Le samedi, aux premières lueurs du jour, les jeeps et les véhicules de l’armée sont visibles un peu partout à Lomé. Parallèlement, les milices armées du Rpt qui ont fait parler d’eux lors la sanglante élection présidentielle d’avril 2005 sillonnent les rues de la capitale dans des voitures banalisées afin de repérer les regroupements de jeunes et les endroits où la mobilisation paraît très forte. Les véhicules de la police et de l’armée sillonnaient sans cesse dans les rues et les hommes armés patrouillaient aux abords du lieu du rassemblement de l’opposition.

Au regard de ce spectacle désolant, les rues de Lomé se sont vidés et la ville paraissait morte.

Dur dur d’être démocrate tout en portant le nom Gnassingbé
Cette description permet de comprendre que le clan Gnassingbé n’est pas prêt à accepter le principe de la démocratie et d’un Etat de droit. Notre pays n’a que trop souffert de la tyrannie et de la barbarie durant déjà 40 ans. Le Car et la Cdpa qui sont parties prenantes du gouvernement doivent dès à présent prendre leurs responsabilités pour se désolidariser de la dictature qui gangrène et étouffe les togolais. Le refus de claquer la porte au gouvernement pour reprendre la lutte pour le changement aux côtés du peuple togolais s’assimilera à une caution et sera traité le moment venu comme tel. On ne saurait voir les togolais souffrir le martyr et à cause des intérêts et des maroquins demeurer insensible face à une telle douleur de nos pères, mères et enfants.

L’interdiction de la marche pacifique de samedi dernier est un signe que le clan a peur et que son règne tient sur le fil d’un rasoir. Toute l’armée est-elle derrière la monarchie telle qu’elle veut le faire croire? On ne le pense pas si l’on s’en tient à des informations persistantes de division au sein de la grande muette en provenance de sources généralement bien informées.

Les partis politiques et organisations de la société civile qui ont organisé la marche interdite du 4 août doivent reprendre du courage et continuer dans cette voie. Car ils ont trouvé une faille dans le système pour le faire vaciller et donner une chance pour la démocratie au Togo.

Une chose est sûre, le prochain sang versé d’un togolais sifflera sans doute la fin de la barbarie et du règne des Gnassingbé. Les togolais et bien évidemment l’armée – en tout cas une partie – ne saura tolérer un nouveau martyr.

Jules Symféïtchéou, Etiame.com

ADDI- PARTI DES TRAVAILLEURS- UFC
AFRIQUE TRADITION- ONUTA

Communiqué

Au TOGO rien n’a changé

Le vendredi 3 août 2007, aux journaux télévisés du soir de TVT,  lecture a été donnée d’un communiqué du gouvernement interdisant la Grande Marche pacifique appelée, le samedi 4 août 2007,  contre l’impunité, contre la dégradation du Togo et contre un  processus électoral bâclé et biaisé.

Les organisateurs s’étonnent  que le gouvernement recoure pour cette interdiction, non seulement à cette procédure cavalière mais aussi à une grossière instrumentalisation des chefs traditionnels de Bè, après avoir donné toutes les garanties pour son déroulement sur un itinéraire précis.

Les partis politiques, en association avec les organisations de la société civile qui ont appelé à cette marche pacifique, dénoncent et condamnent avec la plus grande vigueur cette violation flagrante du droit de manifestation garanti par la Constitution.

Les organisateurs condamnent tout particulièrement la duplicité du gouvernement qui fait volte face après les avoir fait recevoir en délégation, le jeudi 2 août 2007, par le Directeur général de la Police nationale et le Commandant de la Gendarmerie, pour préparer cette manifestation et en régler les aspects pratiques, notamment la question de la sécurité.
Au cours des échanges, ces autorités se sont engagées, sur instruction de leur ministre de tutelle, à assurer la sécurité tout le long de l’itinéraire. Les organisateurs, de leur côté, se sont également  engagés  à tout mettre en œuvre pour la réussite de la manifestation dans la sérénité.

Les organisateurs s’étonnent que des partis politiques, membres du gouvernement, se réclamant de l’opposition démocratique, s’associent à une décision aussi scélérate  qui viole de manière flagrante les fondements même de la démocratie et qui rappelle la triste période de la dictature du parti unique. 

Pour éviter l’affrontement, les organisateurs ont décidé de surseoir à cette marche pacifique pour laquelle se sont mobilisées les populations dont de nombreux jeunes et femmes déterminés à braver l’interdiction.

Une décision d’interdiction ne fait pas disparaître les préoccupations qui fondent une manifestation populaire telle que cette marche pacifique. C’est pourquoi les organisateurs tiennent à réaffirmer que leur volonté d’agir pour la défense des libertés fondamentales, contre l’impunité, contre la dégradation du Togo, contre un processus électoral bâclé et biaisé, reste plus que jamais intacte.

Les organisateurs prendront des initiatives dans ce sens dans les prochains jours. Ils appellent les populations à rester vigilantes et mobilisées.

Il doit être clair que la stratégie du minimum, prônée par une certaine communauté internationale et mise en œuvre en Afrique, notamment en RDC,  ne sera jamais acceptée par les populations togolaises.

Fait à Lomé le 04 août 2007
 Pour les organisateurs,

UFC: Jean-Pierre FABRE       Parti des travailleurs: Claude AMEGANVI 

               ADDI Afrique Tradition: Raphaël WOGLO Zinsou  AFANVI     

          ONUTA: Banfiti KOMBIAGOU                            


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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