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On écrit à Etiame.com

Lorsque M. Jean Yaovi Dégli se fourvoie dans  ses contradictions

15 août 2007

Jean DégliNous n’avons pas pour habitude au sein de notre équipe de la rédaction, de répondre aux menaces, intimidations et encore moins aux «debbascheries», ces fameuses contorsions intellectuelles dont de plus en plus son auteur, Charles Debbasch, contamine des togolais.

Le 08 août courant, nous avions reçu et publié du staff de l’ancien ministre de l’Intérieur du Togo, Me François Boko, actuellement avocat au barreau de Lomé, un courrier signé de son «Conseiller en charge de la communication», M. Thomas Drouffe, un courrier-réponse à une série de questions-accusations que M. Jean Dégli lui avait adressée, afin dit-il, de finaliser un ouvrage en voie de publication.

Notre curiosité a été si grande lorsqu’à la lecture de ce courrier, nous avions cru lire à travers les questions de M. Dégli, les publications de Debbasch et les accusations portées par le régime despotique du clan Gnassingbé contre M. Boko au lendemain de sa fracassante démission.

C’est à ce moment seulement que le comité de rédaction a décidé de rendre public le courrier, surtout si l’on se réfère au précédent créé par l’idée de Kofi Yamgnane de publier un brûlot sur le clan Gnassingbé qui associerait Boko et l’ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, alors que ceux-ci n’ont été ni de près, ni de loin associés à une telle aventure.

Et effectivement, notre curiosité a soulevé un lièvre compte-tenu d’un document insultant qu’un certain porte-parole de M. Dégli qui se prénomme M. Albert Ametana a fait parvenir à notre rédaction. Ce document intitulé «Riposte», ressasse des contre-vérités, des insultes, des intimidations et des menaces à peine voilées qu’il faut prendre la peine de décortiquer.

Le document «Riposte» ressemble ni plus ni moins aux menaces du Général Walla à l’encontre des journalistes togolais au temps fort de la dictature du défunt Eyadèma.

Nous voulons dire à M. Dégli et à son colistier M. Ametana, que l’équipe de la rédaction de Etiame.com, est une équipe de professionnels chevronnés qui ont fait leur preuve au Togo au moment où les journalistes sont poursuivis, traqués, matraqués et emprisonnés par le pouvoir togolais dont il semble, à travers «Riposte» que M. Dégli est nostalgique des méthodes.

Etiame.com compte beaucoup de collaborateurs connus et inconnus, qui de part leurs écrits et leurs contributions, dénoncent non seulement les tares de la monarchie togolaise, mais aussi les fourberies, les gymnastiques intellectuelles de ceux d’entre les togolais qui se font passer pour des acteurs de l’opposition ou des défenseurs des droits humains. Dans cette optique, votre site sera toujours aux côtés du peuple togolais opprimé, pris entre l’étau de ceux qui prennent le pays en otage et l’enclume d’un double langage de certaines personnes qui se réclament en plein jour de l’opposition et qui dans les palaces dorés de la monarchie ou par personnes et coups de téléphones interposés, roulent pour le clan Gnassingbé.

Il est utile ici de rappeler également que Etiame.com n’écrit ni ne publie des articles pour le plaisir d’exister. A cet effet, il ne met jamais en ligne des articles aux contenus douteux susceptibles de faire éloge ou de dénigrer. Voilà ce qui fait la viabilité de votre journal en ligne et les nombreuses sollicitations et demandes de collaborations qu’il ne cesse de recevoir, que ce soit de la part des organisations internationales des droits de l’homme spécialisées des questions togolaises et/ou africaines, des services d’immigration des pays occidentaux ou simplement des confrères européens qui recoupent auprès de notre rédaction certaines informations.

Etiame.com n’a jamais été et ne sera jamais une caisse de résonance de quelque pouvoir ou personnalité politique que se soit. Il est totalement INDEPENDANT et n’a d’amies que la vérité et la justice. Pas plus qu’il n’accepte les compromissions et l’a fait savoir à plusieurs reprises déjà au pouvoir togolais et à ses différents suppôts.

De la même manière que nous applaudirons les réels acteurs de l’avènement de la démocratie et du développement au Togo et ceux qui par un sursaut patriotique posent des actes intelligents capables de redéfinir les rapports de force dans notre pays, de la même manière, nous dénoncerons les accointances des lions habillés de peaux d’agneaux qui confortent la monarchie dans sa bassesse.

Parenthèse donc fermée

Le 08 août dernier donc, nous rendions publique la lettre du staff de Boko. Le 13 du même mois, d’abord à 20h15, puis à 20H38, nous recevions 2 mails de M. Ametana qui nous accusait de ne pas tenir compte de la réponse du 07 août de M. Dégli à la lettre de M. Boko et de faire ainsi le jeu de l’ancien ministre de l’intérieur.

Tout d’abord, Etiame.com n’est pas le porte-parole de Boko, ne fait en aucun cas partie de son staff pour être au courant de la réception d’une réponse au courrier publié sur notre site. On n’est pas dans l’esprit des dieux, encore moins dans la mémoire des serveurs informatiques pour intercepter des courriels envoyés d’une boîte électronique à une autre. Comment pourrions-nous rendre public le 08 août un courrier que nous n’avions reçu que le 13 août?

Ensuite, nous ne sommes redevables de personne encore moins de M. Dégli ou de M. Amétana pour à leur convenance, nous soumettre à leur désidérata. Etiame.com, n’est pas comme un moulin où entre et sort qui veut, où on publie des écrits sans une analyse approfondie de ses contenus si au préalable il n’y a pas eu une réunion de son comité de rédaction.

Enfin, un journaliste, contrairement à ce qu’affirme l’ex avocat au TPIR, n’a forcément pas besoin pour avoir son opinion sur une question, «de s’adresser aux différents acteurs concernés et de procéder à des enquêtes et des interviews avant de publier quoi que ce soit les concernant». Le journaliste du moment où il peut procéder par ses propres investigations et recoupements à la manifestation de la vérité, peut travailler en toute liberté et conscience. Les derniers exemples des journaux français «Le Canard Enchaîné» et «Le Monde», prouvent cette réalité que «les acteurs concernés» occultent la vérité aux journalistes. Le premier avait révélé le compte en banque caché de Jacques Chirac au Japon et l’achat à un prix de complaisance de la villa des Sarkozy à Neuilly en France, tandis que le deuxième à travers une interview et des analyses politiques, publiaient les dessous de la libération des infirmières bulgares rentrées chez elles contre la livraison d’armes et l’installation d’un réacteur nucléaire à Kadhafi. Malgré des preuves tangibles, Sarkozy et Chirac avaient vigoureusement démenti ces informations. C’est dire que le journaliste risque, en voulant chaque fois écouter tous les acteurs d’un problème, de s’écarter de la vérité qui est le soubassement de son métier.

Nous voulons donc dire ici que Etiame.com ne soustraira pas un seul iota du chapeau des correspondances de l’ancien ministre de l’intérieur même si cela donne des insomnies et rend nerveux. Nous persistons et signons que l’ouvrage en voie de finalisation de M. Dégli répond à des impératifs de collaboration entamée il y a belle lurette avec la dynastie Gnassingbé, que son dossier à Arusha est constitué de faux et usage de faux doublé d’escroquerie et qu’en réalité, son intention de «détruire les acteurs politiques de l’opposition» à travers ses écrits comme il l’a affirmé tout récemment à Paris lors des funérailles de feu De Souza, constituent autant  de preuves sur ses intentions malsaines.

1- Sur ses collaborations avec la dictature des Gnassingbé

Lorsqu’en 1997, beaucoup d’éléments prouvaient que son livre «Togo: la tragédie africaine» avait subi des ratures d’Eyadèma et des ses conseillers, avant sa publication et que le fond de l’ouvrage était plus destiné à nuire à l’opposition togolaise qu’à révéler les dessous de la dictature, M. Dégli s’était fendu d’affirmer que ce serait l’éditeur qui l’aurait trahi en soumettant la mouture à Eyadèma. Si réellement tel était le cas, pourquoi n’a-t-il pas porté plainte contre cet éditeur? Pourquoi s’était-il débattu pour que la plainte déposée contre lui pour diffamation par certains représentants de l’opposition en France soit retirée?

Lorsqu’au temps de la transition au Togo M. Dégli avait dit fuir la dictature d’Eyadèma qui voulait l’assassiner, quelle n’a été la surprise des togolais de le voir loger dans la villa de l’OTP à Paris, une propriété d’Eyadèma, laquelle propriété avait été entre temps perquisitionnée par des juges français dans l’affaire Vassarely pour retrouver les biens qu’y cachaient Charles Debbasch pour les faire échapper à la justice française. Curieux de constater donc qu’une victime se retrouve dans la gueule de son bourreau afin de lui échapper. Dégli pourra-t-il nier cette vérité?

Dans son document «Riposte», l’auteur dit en substance: «le livre de Monsieur Dégli que plusieurs éditeurs se disputent déjà sortira bientôt et les Togolais le liront pour tirer leurs conclusions.» Comment comprendre donc que c’est alors que les éditeurs se «disputent» la publication de l’ouvrage de M. Dégli qu’il envoie ses questions-accusations à Boko alors qu’il avait comme il le souligne lui-même «questionner les membres de l’opposition et des partisans du pouvoir sur l’acte de monsieur Boko en date du 21 Avril 2005» et que «Chacun a donné sa version et perception des faits» bien plus tôt? Voilà des questions qui sans qu’il ne s’en rende compte prouve qu’il est en mission commandée. Car le fait de soutenir que M. Boko «essaye de détourner les problèmes et se mette à injurier et à dénigrer sur votre site commun avec l’espoir qu’il va discréditer le livre de monsieur Dégli avant sa sortie afin d’éviter que les éléments graves qui peuvent lui être reprochés ne soient pas pris en considération» signifie que M. Dégli reprend à son compte les méthodes du laboratoire RPT qui accuse dès lors qu’on se désolidarise de ses bêtises. N’est-ce pas cela même qui «est une manœuvre digne de la dictature d’Eyadèma» que l’ancien ministre de la transition dit aussi «combattre»? Parlant de «qualités d’homme politique» dont veut se réclamer M. Ametana au nom de son mentor M. Dégli, sérieux sont les togolais et des observateurs politiques qui attestent qu’entre MM. Dégli et Boko, deux mondes les séparent et qu’il n’y a pas matière à comparaison.

Lorsqu’en 1992, M. Dégli a été accusé de fomenter un coup d’Etat contre la dictature d’Eyadèma, quel homme politique lui avait posé des questions pour en écrire l’histoire alors que cette tentative avait causé la mort de togolais dont Tokofaï. Si effectivement l’ancien ministre de l’intérieur préparait un coup d’Etat, si coup d’Etat il y avait avant sa démission, sera-t-il si imprudent pour se confier à M. Dégli du moment où il mettra en danger la sécurité des togolais peut-être restés au pays?

Nous ne jouons pas à l’avocat de M. Boko, mais la teneur du mail de M. Dégli nous incite à nous interroger sur ses réelles intentions.

2- Sur le TPIR

En principe si Dégli veut réellement se revendiquer une «qualité d’homme politique» irréprochable, il aurait dû ne pas aborder cette partie sombre de sa carrière. Mais comme il y parle, rafraîchissons-lui la mémoire.

Dans sa réponse à Etiame.com, M. Dégli écrit: «Vous vous êtes également, sans que cela ait aucun rapport avec les faits, étalé sur les prétendus problèmes de Monsieur Dégli avec le Tribunal International pour le Rwanda en oubliant une fois encore sciemment de rappeler que dans cette affaire la décision qui a été rendue a qualifié les faits de règlements de comptes de la part de monsieur DIENG qui avait des relations personnelles avec la personne qui s’est rendue coupable des faux en question». Si nous avions fait allusion au TPIR, c’est que nous nous sommes rendus compte du goût immodéré que peut avoir l’ex avocat au TPIR pour l’argent même s’il faut pour cela qu’il passe par des moyens douteux pour en avoir. Pourquoi délibérément M. Amétana ne parle pas ici de l’argent escroqué au TPIR? Quelle relation M. Dégli, lui, entretenait-il avec Mme Olympio? Etait-ce des relations personnelles ou impersonnelles? Qui a présenté Mme Olympio à Arusha en Tanzanie comme une collaboratrice et une avocate? Etait-ce M. DIENG? Pourquoi les 380.000 dollars dont le TPIR accuse M. Dégli de détournement se sont retrouvés sur le compte en banque de sa femme légitime au détriment du compte en banque de Mme Olympio? De quoi et pourquoi M. DIENG en voudrait-il à M. Dégli? Etait-il le seul avocat commis à Arusha?

M. Dégli qui avait voulu à l’époque où cette sale affaire faisait le tour du monde, la transformer en une affaire politique en accusant Eyadèma d’être derrière cette machination qui le visait, affirmait qu’il porterait plainte. Des années plus tard, où en est la plainte? Pourquoi ne dit-il rien alors qu’il prétend que c’est M. DIENG qui a tort, ne serait-ce que pour sauvegarder son honneur?

Dans la même «Riposte» M. Dégli claironne qu’il «n’a jamais fait et ne fera jamais de complaisance ni vis-à-vis du pouvoir dictatorial togolais et de ses succédanés (?), ni vis-à-vis de l’opposition». Il est fort étonnant que M. Dégli se dit honnête alors qu’il traîne des casseroles. S’il n’est ni proche du pouvoir, ni de l’opposition, où se situe-t-il? Qu’il clarifie sa position. Du côté de l’opposition? Certainement pas? De celui du pouvoir? Pourquoi pas. S’il n’est pas «complaisant» envers les autres, pourquoi ne l’est-il pas envers lui-même? Pourquoi avoir passé d’aussi longues années dans la villa OTP à Paris, propriété d’Eyadèma? Pourquoi s’était-il fourvoyé dans une affaire d’escroquerie au TPIR? Enfin, quand écrira-t-il un livre pour dénoncer ses propres travers? Ce ne sera que de «l’honnêteté intellectuelle et l’objectivité» qui sont le «le B-A- BA du travail» d’un écrivain-avocat qui exige de la rigueur et de l’humilité intellectuelles.

3- Sur les opposants rentrés au Togo

«Ahlonko Dovi, Ayeva Bassirou, Doglo Agelengo, Kagni Alemdjrodo, Logo Dossouvi, Gilchrist Olympio sont déjà rentrés au Togo. Pouvez vous donner à Monsieur Dégli le titre du livre qu’ils ont écrit en faveur du clan Gnassingbé avant de rentrer afin que celui-ci s’en inspire pour l’ouvrage que vous avez décidé de lui faire écrire dans l’intérêt du clan au pouvoir?», telle est une question posée par M. Amétana. La différence entre ces acteurs politiques et M. Dégli est que ceux-ci ont publiquement annoncé leur retour au Togo sans user de contorsions intellectuelles, ni avoir eu des accointances avec la dictature d’Eyadèma jusqu’à loger dans les locaux du régime togolais en Europe. Tout comme eux, M. Dégli est libre de rentrer au Togo, mais qu’il ne se fasse pas passer pour un persécuté du clan Gnassingbé alors qu’il roule de concert avec lui.

En tout état de cause, Etiame.com ne servira pas d’interface entre deux adversaires politiques togolais, en l’occurrence MM. Boko et Dégli.

Etiame.com attend donc avec impatience la convocation des juges concernant la plainte que M. Dégli entend déposer contre lui. Il attend aussi la sortie de l’ouvrage de l’ancien escroc d’Arusha dont le contenu, même s’il peut être légèrement modifié au regard de toutes les révélations que nous avions faites et des questions que le courrier du staff de M. Boko a suscitées, ne s’écartera pas trop de l’objectif initial: jeter en pâture les personnalités politiques togolais qui peuvent incarner une alternative face à la monarchie du clan Gnassingbé. Ce livre ne sera donc qu’une «debbascherie» et un remake des idées saugrenues des laboratoires du Rpt.

Que ces anciens militants du Monesto de la trempe de M. Dégli nostalgiques des méthodes de la dictature d’Eyadèma dont ils ont eu à apprécier les délices, ne nous intimident guère. Etiame.com en a vu d’autres et ce ne sont pas les menaces d’un avocat dont l’image est ternie par le vol et l’escroquerie au niveau international qui nous feront trembler. Nous attendons donc les prochaines «ripostes» pour faire d’autres révélations croustillantes. A bon entendeur…

Nous laissons cependant à nos lecteurs le soin d’apprécier les «debbascheries» de M. Dégli dénommé «Riposte».

Jules Symféïtchéou, Rédacteur en chef adjoint Etiame.com

DROIT DE REPONSE DE Mr. DEGLI

Dans un article publié sur votre site Internet le 8 Août dernier et intitulé « Me François Boko dénonce les basses œuvres de Jean Yaovi Dégli au service du clan Gnassingbé », vous vous êtes permis de porter des accusations graves sur la personne de Maître Jean Yaovi Dégli, Président du mouvement Bâtir le Togo, que vous accusez de tous les maux juste parce qu’il a osé poser des questions à Monsieur Boko dans le cadre de la rédaction de son livre.
Au prime abord, il faut vous indiquer, si Monsieur Boko ne l’a pas fait, que quand il a démissionné et était menacé Bâtir le Togo a été la première organisation à demander que l’on soutienne Monsieur Boko dans son action et notre organisation a été la seule a créer un Comité de soutien du ministre Boko avec diverses bonnes volonté pour aider l’intéressé à sortir de la situation grave dans laquelle il s’était retrouvée face à ses anciens collègues du régime.

Maître Jean Yaovi Dégli qui a fait la même démarche vis-à-vis d’autres hommes politiques et même du Premier Ministre et des membres du Gouvernement, s’est étonné de l’attitude de Monsieur Boko et de la vôtre et m’a chargé en tant que son porte parole, de répondre à vos diatribes.

Tout d’abord, il est curieux que votre site dont le rôle semble de promouvoir Monsieur Boko n’ait pas trouvé nécessaire d’avoir la démarche que tout journaliste qui se respecte doit avoir –démarche que justement vous reprochez à monsieur Dégli d’avoir adoptée vis-à-vis de Monsieur Boko- et qui consiste à se rapprocher d’une personne qui est accusée pour connaître sa version des faits avant même de publier quoi que ce soit.

Il est également curieux que vous n’ayez pas cru nécessaire de publier le courrier en date du 7 Août 2007 par lequel le Président de Bâtir le Togo a répondu au prétendu Conseiller en communication de Monsieur Boko sous la plume de qui celui-ci a prétendu répondre aux questions de monsieur Dégli afin d’en profiter pour publier ses attaques sur Etiame.com.
Nous vous remercions donc d’abord et avant tout de bien vouloir publier ladite réponse qui est jointe à la présente.

Ensuite, il ressort de vos analyses que lorsque l’on est un homme politique, on ne doit jamais poser de question à un autre homme politique dans le cadre de la rédaction d’un ouvrage. Permettez à Monsieur Dégli de vous rappeler modestement que toute personne qui est un écrivain, que ce soit un historien, un journaliste, un chroniqueur, un étudiant thésard, un analyste, un homme politique, un défenseur des droits humains, etc.. a l’impérieuse obligation de s’adresser aux différents acteurs concernés et de procéder à des enquêtes et des interview avant de publier quoi que ce soit les concernant. Il est dommage que ce principe qui est le B-A- BA du travail de tout écrivain vous ait échappé et que vous ayez défendu sur des médias qui ont une envergure mondiale, une thèse qui n’honore guère l’intelligence des Togolais.
Monsieur Dégli a eu à questionner les membres de l’opposition et des partisans du pouvoir sur l’acte de monsieur Boko en date du 21 Avril 2005. Chacun a donné sa version et perception des faits. Monsieur Dégli doit-il publier la thèse de ces personnes sans au préalable s’adresser à Monsieur Boko pour connaître sa position? L’honnêteté intellectuelle et l’objectivité exigent que l’écrivain confronte chacun avec les éléments sui le concernent et recueille sa position.

Par ailleurs, Monsieur Dégli voudrait vous rappeler qu’il ne s’est jamais donné le titre pompeux pour lui d’homme politique dont vous voulez l’affubler. Le Président de Bâtir le Togo s’est toujours défini dans le paysage politique togolais comme un défenseur des droits de l’homme, en tous cas, jusqu’à ce jour. 

D’un autre côté pour quelles raisons Monsieur Boko ne répondrait-il pas aux questions suscitées par ses propres « actes héroïques » sur lesquels il s’est largement étendu dans la presse dans leurs aspects positifs ? Tous les hommes politiques répondent à des questions qui leur sont posées par des ceux qui veulent comprendre ou écrire sur des événements donnés. Que Monsieur Boko pense que le moment n’est pas encore venu pour lui de faire le bilan ni de s’exprimer sur des événements sur lesquels il s’est, du reste, déjà largement étalé dans la presse, est peut-être son droit. Mais qu’il essaye de détourner les problèmes et se mette à injurier et à dénigrer sur votre site commun avec l’espoir qu’il va discréditer le livre de monsieur Dégli avant sa sortie afin d’éviter que les éléments graves qui peuvent lui être reprochés ne soient pas pris en considération est une manœuvre digne de la dictature d’Eyadèma qu’il affirme aujourd’hui combattre. Cela ne n’honore guère les qualités l’homme politique qu’il se revendique.

Ensuite, sans même avoir jamais lu le livre de Monsieur Dégli pour lequel le régime Eyadèma avait voulu le faire arrêter à Paris où on l’a convoqué devant des administrations pour lui faire savoir que « la France n’est pas une base arrière pour les opposants togolais » vous vous permettez l’innommable : diffamer en affirmant que « Togo : la tragédie africaine » publié par Monsieur Dégli en 1996 aurait été lu par des prétendus conseillers d’Eyadèma. Auriez vous l’amabilité de rappeler à propos de cet acte pour lequel il n’écarte pas de porter plainte contre vous pour diffamation, les conseillers du Général Eyadèma qui ont eu à lire ce bouquin et le corriger, les conditions dans lesquelles le livre leur aurait été remis, par qui, quand et où ainsi que les corrections qu’ils y ont apportées et dont vous auriez connaissance ?

Dans tous les cas, le livre de Monsieur Dégli que plusieurs éditeurs se disputent déjà sortira bientôt et les Togolais le liront pour tirer leurs conclusions. Monsieur Dégli n’a jamais fait et ne fera jamais de complaisance ni vis-à-vis du pouvoir dictatorial togolais et de ses succédanés, ni vis-à-vis de l’opposition. Dans une attitude de totale neutralité digne d’un défenseur de la dignité humane, il a toujours dénoncé le mal qu’il vienne du pouvoir ou de l’opposition et acclamé les actes positifs d’où qu’ils viennent. Son ouvrage ne manquera guère à cette approche objective des problèmes togolais.

Vous vous êtes également, sans que cela ait aucun rapport avec les faits, étalé sur les prétendus problèmes de Monsieur Dégli avec le Tribunal International pour le Rwanda en oubliant une fois encore sciemment de rappeler que dans cette affaire la décision qui a été rendue a qualifié les faits de règlements de comptes de la part de monsieur DIENG qui avait des relations personnelles avec la personne qui s’est rendue coupable des faux en question. Cela dénote une fois encore toute l’intention dont vous êtes animés.

Enfin, vous avez affirmé dans votre diatribe que Monsieur Dégli écrit parce qu’il veut rentrer au Togo. Le pouvoir togolais a aujourd’hui besoin que tous les opposants reviennent au pays pour qu’il puisse promouvoir son image de réconciliation nationale. A qui est-il demandé de publier un ouvrage en faveur dudit pouvoir avant de rentrer au Togo ? Ahlonko Dovi, Ayeva Bassirou, Doglo Agelengo, Kagni Alemdjrodo, Logo Dossouvi, Gilchrist Olympio sont déjà rentrés au Togo. Pouvez vous donner à Monsieur Dégli le titre du livre qu’ils ont écrit en faveur du clan Gnassingbé avant de rentrer afin que celui-ci s’en inspire pour l’ouvrage que vous avez décidé de lui faire écrire dans l’intérêt du clan au pouvoir ?

Nous vous remercions de bien vouloir rendre public ce droit de réponse accompagné du document réponse de Maître Dégli à Maître Boko et que vous avez sciemment oublié de publier dans votre diatribe du 8 août dernier. Déontologie oblige.

                                           Pour le Président de Bâtir le Togo                                                                                       Le porte Parole

                                                Albert AMETANA


 

 


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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