L’armé aux ordres
du clan Gnassingbé sévit toujours au Togo
Déclaration sur
l’inquiétante multiplication de bavures et exactions
policières contre les innocentes populations
29 août 2007
Le Parti des travailleurs tient à exprimer
ses plus vives inquiétudes face la multiplication de bavure
et exactions policières contre les innocentes populations à l’approche
des élections législatives qui ont fait l’objet
de l’Accord politique global (APG) et dont la tenue est
annoncée pour le 14 octobre 2007.
En effet:
- le samedi 4 août 2007, Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH,
agent de la CEET âgé de 48 ans, père de 4 enfants,
appelé d’urgence pour une intervention à son
travail, a été tué, écrasé par
deux camionnettes de la Police qui sortaient en trombe des locaux
de la Direction générale de la Police nationale (Sûreté nationale)
alors que les forces de sécurité étaient sur
la brèche pour interdire la Grande marche pacifique appelée
par l’ADDI, le Parti des travailleurs, l’UFC, Afrique
tradition et l’ONUTA.
- dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 août 2007, des jeunes
recrues de la Police nationale hébergées sur le site
de la Foire d’exposition Togo 2000, ont organisé une
expédition punitive contre les innocentes populations d’Attiégou,
quartier de Lomé voisin de l’Aéroport international
de Lomé occasionnant près d’une centaine de
blessés parmi lesquels des enfants mineurs de 5 et 10 ans
ainsi que des femmes.
Selon les informations données par des sources indépendantes,
cette expédition punitive fait suite à une dispute
entre une jeune recrue de la police et un habitant du quartier
au sujet d’une jeune fille du même quartier dont ce
dernier était le compagnon d’où l’apparition
de cette rivalité amoureuse qui a dégénéré en
pugilat ayant tourné au désavantage de l’élève
policier.
Suite à ces incidents, la jeune recrue s’est autorisé à aller
mobiliser ses camarades hébergés sur le site de Togo
2000 pour cette expédition punitive aveugle au cours de
laquelle, la cohorte de jeunes recrues de la police s’est
déversée dans les rues du quartier Attiégou
en passant systématiquement à tabac tous les habitants
qu’ils trouvaient sur leur chemin, en commettant des vols
d’objet de valeur et en saccageant des biens matériels.
De l’aveu même du
ministre de la Sécurité,
le Colonel TITIKPINA Atcha Mohamed, qui a rendu public un Communiqué au
sujet de ces graves événements le mercredi 22 août
2007: «On relève cependant des blessés légers
qui ont été soumis à des soins pris entièrement
en charge par le ministère de la Sécurité.»
Selon divers témoignages, la rage répressive et destructrice
des jeunes recrues de la police, qui ont ainsi excipé de
leurs prérogatives d’agents des forces de sécurité publique
pour régler abusivement un différend d’ordre
strictement privé, ne s’est arrêtée qu’avec
l’intervention des éléments de la Gendarmerie
nationale suite aux initiatives prises par les habitants du quartier
pour alerter différentes institutions.
Nous dénonçons et condamnons
Le Parti des travailleurs dénonce et condamne avec la
plus grande vigueur la bavure policière du 4 août
2007 et l’expédition punitive de la nuit du 20 au
21 août 2007, faits d’une exceptionnelle gravité,
d’autant plus inqualifiable en ce qui concerne cette dernière
qu’elle émane d’élèves policiers
en formation qui se sont fait justice par eux-mêmes alors
qu’ils sont censés œuvrer au respect de l’Etat
de droit.
Le Parti des travailleurs tient à constater que ces faits
rappellent étrangement la répression barbare organisée
par l’armée, la gendarmerie, la police et les milices
du RPT pour réprimer les manifestations de protestation
de la population contre le coup d’Etat militaire du 5 février
2005 à l’annonce du décès d’Etienne
GNASSINGBE Eyadéma et contre le coup d’Etat de l’élection
présidentielle d’avril 2005.
Le Parti des travailleurs ne peut que constater que ces nouvelles
tragédies résultent de la totale impunité qui
couvre et favorise la réédition des massacres de
l’année 2005 en banalisant le recours aux méthodes
répressives barbares utilisées par les forces de
répression togolaises.
Alors que le Togo est engagé dans
un processus électoral
avec le recensement électoral qui vient de se terminer,
le Parti des travailleurs ne peut qu’être vivement
inquiet au moment même où la tenue des élections
législatives annoncées pour la date du 14 octobre
prochain, soit dans moins de deux mois!
C’est pourquoi le Parti des travailleurs, qui ne cesse
d’exiger que la question de l’impunité soit
réglée avant tout processus électoral, ne
peut à nouveau constater, l’impunité appelant
l’impunité, qu’il y a lieu d’alerter
dès à présent le peuple togolais et l’opinion
internationale sur les graves menaces que ces bavure et expédition
punitive font peser à l’horizon sur cette échéance électorale.
En effet, la situation actuelle est d’autant plus inquiétante
que les jeunes recrues de la police en formation, auteurs des
représailles du 20 au 21 août 2007, font partie
d’un corps censé être déployé pour
assurer la sécurité de ces élections.
Dans l’unité, disons: «Non, à l’impunité!»
Le Parti des travailleurs appelle toutes les organisations qui
se réclament de la démocratie : partis, syndicats
et associations à ne pas considérer les bavure
et exactions policières des 4 et 20/21août 2007
comme des événements mineurs sans conséquence
pour l’avenir immédiat de notre pays.
Car, au moment même où la préparation des
prochaines élections législatives est d’ores
et déjà engagée avec la fin des opérations
de recensement électoral, il convient d’agir avant
qu’il ne soit trop tard et que nous n’ayons à déplorer à nouveau
des pertes de vies humaines, des viols, des passages à tabac
occasionnant aux citoyens innocents des blessures graves invalidantes
dans de nombreux cas, des vols et exactions de toutes sortes à l’occasion
de cette consultation électorale.
C’est pourquoi le Parti
des travailleurs en appelle à l’unité de
toutes les organisations qui se réclament de la démocratie
et de la défense des droits de l’Homme pour que
les bavure et exactions policières des 4 et 20/21 août
2007 ne restent pas impunis en exigeant:
- 1°) la constitution d’une Commission d’enquête
indépendante sur l’accident mortel du 4 août 2007 devant
les locaux de la Sûreté nationale et l’expédition
punitive de la nuit du 20 au 21 août 2007 au quartier Attiégou.
En effet, à propos des représailles d’Attiégou,
on peut d’autant moins faire confiance au ministre de la Sécurité que,
d’une part, le communiqué qu’il a rendu public présente
une version mensongère des événements au profit des mis
en cause, version contestée par les autorités locales-mêmes.
D’autre part, ledit communiqué ayant annoncé qu’« Une
enquête est ouverte pour déterminer les auteurs et complices de
ces graves incidents afin de les punir conformément aux lois et règlements
en vigueur » alors qu’il a lui-même été mis
en cause dans l’organisation des massacres de l’année 2005,
il est disqualifié pour instruire ce dossier dans lequel il ne peut
prétendre être juge et partie en tant que supérieur hiérarchique
des jeunes recrues mises en cause.
- 2°) la traduction de toutes
les jeunes recrues impliquées
dans cette expédition punitive devant les tribunaux pour y répondre
des délits dont elles se sont rendues coupables à l’endroit
des innocentes populations pour les chefs d’accusation effectivement
constitués qui sont les suivants: 1. coups et blessures volontaires
avec préméditation; 2. violences sur enfants mineurs; 3. vols
qualifiés; 4. voies de faits avec destruction de biens matériels;
5. abus de pouvoir.
- 3°) la révocation inconditionnelle et immédiate de
toutes les jeunes recrues impliquées dans cette expédition punitive
dont le comportement rappelle étrangement celui des tristement célèbres
miliciens du RPT qui ne peuvent avoir de place ni dans la police, ni dans la
gendarmerie, ni dans l’armée d’un Etat de droit que le Togo
doit être sans délai.
- 4°) les nécessaires réparations pour la famille de
Elias Kuessan Biova EKUE-HETTAH qui laisse une veuve et quatre orphelins et
les victimes de l’expédition punitive d’Attiégou.
- 5°) la fin de l’impunité au Togo.
Lomé, le 26 août 2007
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI
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