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Editorial: Le bal des démagogues

«Metternich est tout près d’être un homme d’Etat, il ment très bien» (Mot de Napoléon repris par André Malraux, Vie de Napoléon par lui-même)

04-Sep-2007

Urnes pour les élections (photo culture-avenir.org)Après la signature de l’Accord Politique Global (APG) par toutes les parties prenantes au Dialogue intertogolais, notre vie est conditionnée dans ce rectangle de pays par la tenue des élections législatives. L’Union Européenne ainsi que les autres partenaires attendent leur bonne organisation pour reprendre avec le Togo leur coopération suspendue depuis plus d’une décennie pour «déficit démocratique». Les engagements pris lors du Dialogue social sont rarement traduits dans les faits. Il faut attendre les élections avant que la situation ne s’améliore. Nous traversons depuis deux ans une crise énergétique sans précédent. Pour sortir du noir, on renvoie à la tenue des fameuses législatives et à la magnanimité de la nature qui devrait remplir d’eau les barrages. Bien que ce dernier vœu se soit concrétisé avec l’amélioration de la fourniture électrique - même si le courant offert à certains quartiers comme Nukafu est de très mauvaise qualité - les mois à venir s’annoncent chaotiques. Il faut ces élections avant que des seringues ne soient procurées aux centres de santé. Quant à nos rues bosselées sur lesquelles roulent à tombeau ouvert les gouvernants, elles ne vont être remblayées qu’après qu’on eut congédié ces députés de «l’Assemblée mouton» qui n’ont aucune ambition pour leur pays. Tout est donc lié à ces joutes électorales.

Plus d’un an après la signature de l’APG, ces élections n’ont pas été organisées. Elles sont à plusieurs reprises reportées du fait de ces kits dernier cri que les Congolais des Kabila et des Bemba nous ont prêtés. Il a fallu un temps fou pour les dépoussiérer, les réparer et les réinitialiser. Ces matériels, on aurait pu les acheter pour en faire un patrimoine national. Mais à cause du «bitos», des ministres de Faure Gnassingbé sont allés conclure des marchés de gré à gré avec une société chargée de les «togoliser». Et ces kits nous ont fait voir de toutes les couleurs lors des opérations de recensement. L’ingérence du gouvernement dans la mission de la CENI et les sautes d’humeur des responsables de la société ZETES, tous ces éléments sont à l’origine du retard constaté dans l’organisation des législatives.

Mais les partis politiques ont déjà commencé à animer le débat électoral. Ils partent tous au front dans l’espoir de conquérir l’électorat. Mouvance présidentielle, opposants radicaux, opposants modérés, opposants lucides, opposants constructeurs, opposants pétards, centristes, bavards, participationnistes, décadents, «podocrates», dynamiques tous sont dans l’arène. Des réunions de sensibilisation et d’information se multiplient sur toute l’étendue du territoire. De potentiels candidats sont aux aguets et profitent de toutes les manifestations officielles pour s’afficher. Nombre d’entre eux sont subitement devenus de bons Samaritains faisant à tout bout de champ des dons aux populations. Ceux qui ne se sont jamais intéressés au football l’ont récupéré en organisant tous les jours des tournois en destination des populations. Aujourd’hui, tout le pays est envahi par des compétitions tous azimuts. Quant aux candidats tombés du ciel, c’est-à-dire ces étrangers qui sont imposés par leur parti à la base, ils se réfugient derrière des ONG pour faire passer leur  message. Des forages, des tables-bancs, des WC, des urinoirs, des moustiquaires, même des cache-sexes... sont gracieusement offerts aux populations aux fins de bénéficier de leur suffrage. C’est aussi l’heure des gasconnades. Il faut séduire les électeurs en leur servant un discours doucereux. Dans certaines localités, les «honorables» de demain vont jusqu’à promettre des autoroutes alors qu’il n’y avait pas au moment où ils tenaient ce discours du paracétamol au centre de santé. Après ce boucan électoraliste, ils se tairont et savoureront les délices liées à leur nouvelle fonction. Le rendez-vous est pris dans cinq ans, pour le prochain round. Il revient donc à ces citoyens lambda d’être vigilants vis-à-vis de ces vendeurs d’illusions qui les écument.

Zeus AZIADOUVO, correspondant permanent Etiame.com à Lomé


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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