Mission d'observation électorale
de l’Union europénne au Togo
Limiter les fraudes surtout
lors de la centralisation des résultats
19 septembre 2007
A l’occasion de sa venue au Togo, Madame Fiona Hall, Chef
de la Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne
au Togo a rencontré le 14 septembre dernier à l’hôtel
Mercure Sarakawa la presse à laquelle elle a présenté son équipe
ainsi que les objectifs de la Mission. L’équipe
cadre de la Mission est composée de huit experts auxquels
se joindront d’autres observateurs qui seront déployés
sur toute l’étendue du territoire national.
La mission aura pour principaux objectifs de mener une analyse
impartiale et exhaustive du processus électoral, d’offrir
une évolution documentée et équilibrée
ainsi qu’une série de recommandations en vue des
futures consultations, de chercher, par présence des observateurs
sur le terrain, à réduire les tensions, les fraudes
et les intimidations et renforcer la confiance du public dans
le processus électoral.
Quelle suite l’Union Européenne va-t-elle accorder au
rapport final de la Mission? Quel impact, quelle efficacité ces
rapports ont-ils dans nos pays? Quelle appréciation
la Mission fait-elle sur le recensement électoral? Autant
de questions posées à Madame Fiona Hall et auxquelles
elle a tenté d’apporter des éléments
de réponse.
Les observateurs de l’UE doivent faire attention en ce
qui concerne non seulement la clôture des opérations
de vote, mais surtout sur la centralisation des résultats.
S’il est vrai que les donnes actuelles limiteront les fraudes
- le RPT ne pouvant pas gonfler la liste électorale de
plus de 20.000 voix, d’après des experts électoraux – il
n’est pas moins vrai que dans la région de la Kara,
les membres de l’opposition dans les bureaux de vote peuvent
facilement succomber à la tentation de la corruption dont
le clan Gnassingbé au pouvoir dans notre pays est champion.
A cet effet, il sera très difficile de s’assurer
de la conformité des résultats réels sortis
des urnes avec les procès verbaux qui peuvent être
signés par les membres des CELI (Commission électorale
indépendante locale) dans des villages reculés
de Dankpen, Bafilo, Mandouri, Guérin-Kouka, Tchamba etc.
La réalité au Togo est que bien que beaucoup de
togolais soient opposés à la monarchie des Gnassingbé,
il n’en demeure pas vrai que minés par la misère,
ces mêmes compatriotes acceptent plus facilement les miettes
que propose le clan pour qu’ils se taisent. Il en sera
de même lors des prochaines élections législatives
si les observateurs tant nationaux qu’internationaux ne
veuillent sur la centralisation des résultats, pas seulement
dans les grands centres urbains, mais surtout dans des contrées
lointaines, chez les masses paysannes.
L’observation européenne, si elle veut aider le
Togo, doit se déployer dans des hameaux du Togo où le
RPT passe pour le champion du bourrage des urnes et des votes
multiples. Elle doit surveiller les préfets et les chefs
de villages et de cantons zélés qui n’attendent
que les moments électoraux pour exagérer dans la
génuflexion au clan Gnassingbé. La crédibilité du
prochain scrutin législatif en dépend.
J. Symféïtchéou, Etiame.com
Déclaration de la Mission d’observation
L’Union Européenne déploie
au Togo une mission d’observation électorale pour
les élections législatives du 14 octobre 2007
Suite à l’invitation du gouvernement togolais,
l’Union européenne a mis en place une Mission d’observation électorale
(MOE) pour observer le processus électoral en cours. La
Mission est présidée par Madame Fiona Hall, membre
du Parlement Européen. L’équipe cadre de
la Mission, basée à Lomé, est composée
de:
Une chef de mission adjointe, Mme Marie-Violette César
(France)
Un analyste électoral et juridique, M. Michel Paternotre (Belgique)
Un analyste politique M. Lucio Filippini (Italie)
Une analyste média, Mme Amandine Roche (Pologne)
Un coordinateur des observateurs, M. Vincent Louis (Belgique)
Un responsable des opérations M. Alexandre Castanias (Grèce)
Un responsable de la sécurité, M. Romain Horak
(France)
Le 15 septembre, se joindront à la Mission dix-huit observateurs à long
terme qui, après avoir été formés
dans la capitale, seront déployés dans toutes les
régions du pays. Peu de temps avant le jour du scrutin,
la Mission sera renforcée par la venue de soixante observateurs à court
terme et par une délégation des membres du Parlement
Européen. Le jour du scrutin, quelque cent observateurs
européens seront dans les différents bureaux de
vote du pays.
La Mission suivra le processus électoral dans son ensemble.
Elle examinera, d’après les normes juridiques nationales
et internationales établies dans le domaine électoral,
le cadre juridique et politique, le déroulement de la
campagne, l’activité des médias, les préparatifs électoraux,
le scrutin et le dépouillement, l’agrégation
des résultats, ainsi que la période postélectorale
et le traitement des plaintes éventuelles.
A cette fin, la Mission rencontrera de nombreux acteurs du processus électoral
dont les autorités électorales, les partis politiques,
les candidats, la société civile et les médias,
des autorités administratives ainsi que des représentants
de la communauté internationale apportant leur appui au
processus électoral.
Au lendemain du scrutin, la Mission d’observation publiera,
en toute indépendance, une déclaration préliminaire
puis elle rendra un rapport final détaillant les conclusions
de l’observation dans lesquelles seront incluses d’éventuelles
recommandations.
Code de conduite des observateurs de l’Union Européenne
Les éléments principaux du code de conduite sont
les suivants
• Les observateurs devront s’acquitter de leurs tâches
en toute impartialité et ne devront à aucun moment
prendre parti ou exprimer leur préférence en ce
qui concerne les autorités, les partis et les candidats
nationaux, ni en ce qui concerne les enjeux du processus électoral;
• Les observateurs s’abstiendront de communiquer
aux médias ou à toute autre personne intéressée
des commentaires personnels ou prématurés sur ce
qu’ils ont observé, mais ils devront, par l’intermédiaire
d’un officier de liaison ou d’un porte- parole désigné,
fournir des informations générales sur la nature
de leurs activités en tant qu’observateurs;
• Les observateurs respecteront la loi du pays. La qualité d’observateur
international ne confère aucune immunité particulière, à moins
que le pays d’accueil ne le prévoie. Les observateurs
doivent donc respecter toutes les lois et réglementations
nationales. Lorsque ces lois et réglementations limitent
la liberté de réunion ou de circulation dans le
pays, ils devront prendre note des cas où ces règles
les empêchent de s’acquitter de leurs tâches;
• Les observateurs s’acquitteront de leurs tâches
avec discrétion, sans perturber ni entraver le processus électoral;
• Les observateurs peuvent signaler les irrégularités
aux responsables officiels des élections, mais ils ne
donneront pas d’instructions et ne contrediront pas les
décisions de ces responsables;
• Les observateurs seront soumis à l’autorité des
chefs d’équipes lorsqu’ils accompliront les
tâches prévues par leur mandat écrit et assureront
la couverture géographique définie par les chefs
d’équipes;
• A tout moment au cours de leur mission, y compris pendant
son temps libre, chaque observateur doit se comporter de façon
irréprochable, faire preuve de discernement et observer
la plus grande discrétion.
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