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Echos de la diaspora

- Pourquoi gaspiller des Milliards dans des élections frauduleuses?

 

Ses spectacles, actuellement présentés au musée d’art africain Dapper à Paris, mettent en scène Zando, jeune homme de retour au village après des années "au pays des blancs".

Il est aussitôt courtisé par tous ceux qui lui demandent de "partager le bonheur qu’il a ramené", en clair la fortune qu’il est censé avoir amassée au pays où "l’argent pousse sur les arbres".

Quand la fameuse valise de Zando, objet de toutes les convoitises, se révèle ne contenir que quelques cailloux, le jeune homme n’est plus messie mais honni, et il doit affronter le despote local dont il a suscité la jalousie...

Le spectacle se veut destiné aux petits enfants, mais cette fable plutôt amère vise tout aussi bien un public adulte.

 Figure massive sur scène, en robe traditionnelle, Danaye Kanlanfeï, 57 ans, se démène, passe d’une marionnette à une autre, danse et martèle ses percussions, tout effort et tout sourire.

 C’est un homme plus désabusé que l’on découvre une fois le spectacle fini. Il constate que l’émigration fait nettement moins rêver "depuis qu’on rapatrie les gens menottes au poing, et que les jeunes meurent sous les ailes des avions". Il ressent "la honte de ceux qui reviennent les mains vides", et vitupère contre "les autorités sur place qui ne font rien pour que les jeunes restent au pays".

Artiste complet, Danaye a réalisé la cinquantaine de marionnettes dont il joue, avec du bois de manguier, des écorces de cocotier, des calebasses ou des tuyaux de douche. Il estime avoir créé 800 marionnettes en 30 ans de carrière, dont nombre de petits chefs d’oeuvre d’art naïf. Mention spéciale à HDP ou Homme Dieu Peuple, tyran au sourire carnassier dont le trône repose sur des crânes, car "tout pouvoir est assis sur le peuple", explique son Pygmalion.

Cet ancien fonctionnaire du ministère de la Culture mesure ses propos sur la politique togolaise : "Je suis marionnettiste, pas homme politique", plaide-t-il.

 Danaye Kanlanfeï est plus prolixe pour expliquer comment, issu d’une famille de sculpteurs de cicilis -- statuettes en bois destinées au culte des ancêtres --, il tombe amoureux des marionnettes qu’il découvre lors du passage d’une troupe française à Lomé en 1975.

 Il ajoute à son tour des fils à ses statuettes pour les faire vivre, et il essème ce genre nouveau. Huit compagnies de marionnettistes ont, depuis, vu le jour au Togo, et Danaye dirige à Lomé une "Maison de la marionnette", à la fois atelier de fabrication et salle de spectacle.

 Danaye se désole parfois du peu de moyens qu’il a pour faire vivre ses spectacles. Mais il peut se consoler en se disant qu’il a déjà fondé une dynastie pour perpétuer cet art nouveau en Afrique: ses deux fils, eux aussi, ont choisi de tirer les ficelles pour raconter des histoires, drôles ou moins drôles.  

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