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Le ministre Komi Klassou s’oppose à une fronde des enseignants:

Une grève risque d’hypothéquer la rentrée scolaire 2007 – 2008

26 septembre 2007

Sélom Komi Klassou, ministre de l'enseignement secondaireLe 13 septembre dernier, le ministre des Enseignements primaire et secondaire a fait une sortie spectaculaire dans le journal de 20 heures sur la télévision nationale togolaise. Il a annoncé que la rentrée scolaire 2007-2008 est repoussée au mercredi 17 octobre 2007. Selon lui, les inondations qui ont fait 20 morts et plusieurs dégâts matériels seraient à l’origine de ce report. Mais il se révèle aujourd’hui que les vraies raisons de ce report se trouvent ailleurs.

En effet, les membres du Bureau exécutif, les Secrétaires généraux et délégués des Syndicats de base, Fédérations et Unions préfectorales de l’Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo (UNSIT) étaient en conseil national les 17 et 18 août derniers aux fins de plancher sur les conditions d’existence des travailleurs et travailleuses du Togo. Le constat fait à l’issue des travaux est alarmant. Dans une déclaration remise aux ministères en charge de l’éducation et des questions des travailleurs, le conseil national constate que les conditions de vie et de travail dégradées, dont les représentants des travailleurs ont fait état au cours du Dialogue Social tripartite de janvier-avril 2006, ne se sont pas améliorées, quinze (15) mois après la signature (mai 2006) du Protocole d’Accord dont la mise en œuvre, censée  contribuer à cette amélioration, piétine dans des proportions inadmissibles.  «Alors que l’engagement n° 66 du document en stipulait l’apurement dans les douze (12) mois, de nombreux arriérés de salaire sont encore dus aux travailleurs dans différents secteurs ; à titre d’exemples: deux (02) mois pour les fonctionnaires; six (06)  mois pour les Enseignants Auxiliaires du public ;  quatre (04) mois pour les instituteurs de l’Enseignement privé confessionnel ; que dire des agents des sociétés publiques et parapubliques (Togopharma, Togotex, Hôtel de la Paix etc.) qui sont proprement laissés à l’abandon, sans salaires depuis cinq (5), six (6) ans et plus», précise la déclaration. Elle s’est aussi préoccupée de la question des pensions des retraités, de l’inexistence des subventions accordées par l’Etat pour le paiement des salaires des enseignants des collèges catholiques et protestants qui accusent plusieurs années d’impayés, totalisant plus de 1,9 milliard FCFA, et des problèmes relatifs à l’enseignement privé laïc. Selon le conseil national, «Ces secteurs constituent de véritables poches de misère endémique. Les professeurs des collèges d’enseignement catholique attendent encore le déblocage de leurs avancements. Pire : en lieu et place de réparations, ils sont soumis à des intimidations et mesures répressives de la part d’employeurs qui violent allègrement accords et engagements, pour avoir osé réclamer que leur soit étendue cette mesure, tout comme celle de l’augmentation de 5% de la valeur indiciaire. Les Enseignants Auxiliaires (EA) catholiques, équivalents des Enseignants Volontaires (EV) de l’Enseignement public, véritable sous-prolétariat de l’éducation, taillables et corvéables à merci dans cette zone de non-droit qu’est l’Enseignement catholique, sont les oubliés de la mise en œuvre des mesures du Dialogue Social».

De plus, d’autres problèmes non moins importants sont soulevés dans la déclaration. Il s’agit des arriérés des allocations familiales, des études devant aboutir le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), de la revalorisation des salaires des secteurs privé et parapublic, du faible taux de couverture sociale, des problèmes de la Zone franche. Bref, sur une soixantaine d’engagements, seuls six ont été tenus. Mais ils ne couvrent même pas tous les secteurs d’activités.

Dans la perspective de la rentrée scolaire 2007-2008, le Conseil national de l’UNSIT a formulé un certain nombre de revendications qui devraient être satisfaites au plus tard le 15 septembre. «Les revendications ci-après doivent être satisfaites pour assurer les conditions d’une rentrée scolaire 2007-2008 plus sereine et les perspectives immédiates d’une amélioration de la situation de certaines catégories de travailleurs particulièrement défavorisés : le paiement, d’ici le 15 septembre 2007, d’un arriéré de salaire (fonctionnaires), de pension de retraite et d’au moins huit (8) trimestres d’allocations familiales ; le paiement de trois (3) mois d’arriérés de salaire pour les auxiliaires de l’Enseignement public ; le paiement de deux (2) mois d’arriérés de salaire pour les enseignants du Primaire confessionnel ; les engagements relatifs à la revalorisation du SMIG et du SMAG ; la mise en place de mesures pour maintenir le coût des denrées de première nécessité à des niveaux supportables pour les travailleurs…l’allocation, d’ici la rentrée scolaire, d’une partie conséquente des arriérés de subventions aux établissements d’enseignement confessionnel ; la titularisation et l’avancement des Enseignants Auxiliaires (EA), l’intégration de ceux de l’Enseignement confessionnel et la régularisation de leur situation ; la mise en place, dès la rentrée 2007-2008, de la commission mixte prévue pour la révision à la hausse des indemnités et primes de correction aux examens ; la réouverture, par le Ministère du travail, de l’emploi et de la fonction publique, des négociations avec l’UNSIT et sa Fédération des Travailleurs de l’Enseignement (FETREN/UNSIT), pour la mise en œuvre des recommandations de l’OIT relatives aux enseignants abusivement sanctionnés en 2000…»

Bien que le document soit transmis aux différents ministères, il n’y a pas eu de réaction. Il a fallu que la Fédération des travailleurs de l’Enseignement de l’UNSIT lance un préavis de grève pour voir le ministre des Enseignements primaire et secondaire bouger. Dans ce préavis, les travailleurs ont réitéré les revendications contenues dans la déclaration du Conseil national tout en envisageant de boycotter la rentrée en cas de non satisfaction des doléances (Voir texte ci-dessous). Malgré le fait que le préavis ouvre la voie aux dialogues, le ministre a estimé que les responsables de la FETREN/UNSIT auraient dû discuter avec lui avant de lancer le préavis. Ainsi, après plusieurs contorsions, et sentant un mouvement de fond, le ministre a débarqué sur la télévision pour annoncer le report de la rentrée. Et comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, le sinistre de la Région des Savanes est exploité pour camoufler une crise sociale qui couve. Pour nombre d’observateurs, le ministre Selom Klassou a sauvé sa peau avec le moment triste que vivent aujourd’hui les populations du septentrion.  Affaire à suivre…

R. K.

Préavis de grève

A l’issue de son Conseil national, tenu les 17 et 18 août 2007 à Lomé, l’UNSIT, faisant le constat des conditions de vie et de travail dégradées des travailleurs du Togo en relation avec le renchérissement du coût de la vie, avait adopté une Déclaration finale transmise au gouvernement, et qui contenait un ensemble de revendications, toutes relatives aux engagements du Dialogue Social, à savoir, entre autres:

1)   Le paiement, d’ici le 15 septembre 2007, d’un arriéré de salaire (fonctionnaires), de pension de retraites et d’au moins huit (8) trimestres d’allocations familiales;

2)   Le paiement de trois (3) mois d’arriérés de salaire pour les auxiliaires de l’Enseignement public;

3)   Le paiement de deux (2) mois d’arriéré de salaire pour les Enseignants du Primaire confessionnel;

4)   L’allocation, d’ici la rentrée scolaire, d’une partie conséquente des arriérés de subventions aux établissements d’enseignement confessionnel (arriérés s’élevant à 1,9 milliard FCFA) ;

5)   l’amorce du processus de dénonciation et de révision des conventions collectives pour une application effective, dans tous les secteurs concernés, du Code du travail et des conventions internationales pertinentes ratifiées par le Togo. L’absence de convention collective pénalise particulièrement les enseignants du Privé laïc sans droit au salaire douze mois sur douze, aux vacances payées, à la sécurité sociale, etc ...

  1. L’accélération du processus de titularisation et d’avancement des enseignants Auxiliaires (EA) nouvellement intégrés dans le cadre des fonctionnaires, l’intégration de ceux de l’Enseignement confessionnel et la régularisation de leur situation ...

Considérant que le contenu de ces revendications est favorable aux intérêts de l’ensemble des travailleurs au Togo et plus particulièrement à ceux de l’enseignement, la Fédération des Travailleurs de l’Enseignement de l’Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo (FETREN/ UNSIT) saisit l’occasion de la formulation de ces revendications pour:

a)   réitérer, à la veille de la rentrée scolaire 2007-2008 à l’instar de l’UNSIT, «sa disposition à poursuivre le dialogue avec les autorités et institutions pertinentes»;

  1. rappeler aux autorités du secteur de l’enseignement l’exigence selon laquelle, au cas où les travailleurs n’auraient pas obtenu satisfaction de leurs légitimes revendications d’ici le 15 septembre 2007, les enseignants se  trouveraient dans l’obligation de boycotter la rentrée scolaire 2007-2008, prévue pour le 17 septembre 2007.

Fait à Lomé, le 7 septembre 2007
Le Secrétaire général,  P. ALLAGA-KODEGUI


 

 

 

 

 

 

           

           

 

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