Le Rpt viole déjà la Constitution
qu’il s’est forgé en décembre 2002
Des incompatibilités avec une
bonne lecture des textes
02 octobre 2007
Le processus électoral semble avoir abordé son
dernier virage avec le lancement de l’appel à candidature
et la convocation du corps électoral. Dans les états-majors
des formations politiques, c’est l’heure des derniers
réglages; on s’occupe à s’investir
les candidats. Ils étaient au total 162 à l’UFC à être
investis le 30 août. Le 7 octobre dernier, c’était
le tour du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) de s’adonner
au rituel. Ici aussi, ils étaient 162. 130 hommes et femmes
représentent le Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR)
de Me Abi Tchessa. Le Comité d’Action pour le Renouveau
(CAR) a investi les siens. Mais un simple passage en revue des
candidatures RPT convainc de l’inexistence d’équité et
ravive des craintes sur l’après scrutin.
C’est manifeste que l’on veut faire des prochaines élections
des plus «libres, claires et transparentes» possibles.
Mais l’idéal de liberté, d’équité est
déjà faussé. Des preuves ont été offertes
par la cérémonie d’investiture des candidats
RPT. Pour une manifestation qui n’engage pas le gouvernement
mais un parti politique, bon nombre de militants étaient
arrivés en véhicules RT-G. C’est un moyen
de l’Etat mis au service du RPT donc. Ce n’est d’ailleurs
qu’un avant-goût du phénomène. Car
au cours de la campagne électorale, comme on en a l’habitude,
des militants RPT seront convoyés dans des camions
remorques de la SOTOCO sur des lieux de meeting. Passons.
Il est redouté de nombreux cas d’incompatibilités
au RPT, à voir le profil de bon nombre de candidats. «Le
mandat de député est incompatible avec l’exercice
de toute fonction politique et de tout emploi salarié»,
lit-on dans le Code Electoral à l’alinéa
premier de l’article 203 inscrit au chapitre des «Incompatibilités».
Le cas est plus explicité à l’article 205: «Sont
incompatibles avec le mandat de député, les fonctions
de chef d’entreprises, de président de conseil
d’administration, d’administrateur délégué,
de directeur général, de directeur ou gérant,
exercées dans:
1- les sociétés ayant exclusivement un objet
financier et faisant publiquement appel à l’épargne
et au crédit;
2- les sociétés et entreprises dont l’activité consiste
principalement dans l’exécution de travaux, la
prestation de fourniture ou de service pour le compte
ou sous le contrôle de l’Etat, d’une collectivité ou
d’un établissement dont plus de la moitié du
capital social est constitué de participations de sociétés
ou d’entreprises ayant ces mêmes activités;
3- les établissements publics et entreprises placés
sous le contrôle de l’Etat».
Parmi ceux qui seront confrontés à cette situation,
Kpatcha Gnassingbé tête de liste dans la Kozah occupe
une place de choix. L’homme cumule depuis un temps le poste
de ministre de la Défense avec celui de Directeur Général
de la SAZOF (Société d’Administration de
la Zone Franche).
On ne peut s’empêcher de citer par ailleurs Yao
Kanékatoua, tête de liste dans le Doufelgou, Directeur
Général de la BTCI (Banque Togolaise pour le Commerce
et l’Industrie), et qui est aussi Président du Conseil
d’administration de Togo Télécom.
Sur le même registre, on évoquera le cas de Noupokou
Dammipi, candidat dans l’Oti. Il est le directeur générale
de la CEET (Compagnie Energie Electrique du Togo).
A ceux-ci s’adjoignent Pekemsi Kudjow-kum, tête
de liste dans le Blitta, «Monsieur Lonato» comme
aiment à le caricaturer certains Togolais, et Boukpessi
Essoyaba, candidat dans l’Ogou et responsabilité au
port autonome de Lomé.
Même si la loi les y contraint, on craint fort qu’il
n’y ait des rétractations. La preuve, il y a belle
lurette que Kpatcha Gnassingbé cumule son poste
de ministre avec celui de DG de la SAZOF. Or la Constitution
l’interdit, dans son article 76, alinéa 2: «Les
fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice
de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation
professionnelle à caractère national et tout autre
activité professionnelle». Surtout que ces
postes sont juteux…
Comment dans ces conditions ne pas penser que le Rpt comme d’accoutumée,
utilisera les moyens de l’Etat et surtout l’argent
volé du peuple et accumulé depuis des décennies
pour des desseins obscurs pour corrompre à la fois
les électeurs et les membres des bureaux de vote pour
s’octroyer une majorité confortable au soir du 14
octobre.
C’est ce devoir de vigilance que nous demandons depuis
un certains temps à la CENI pour invalider un certain
nombre de candidatures, malheureusement qu’on a été incompris,
mais on sait depuis toujours qu’avec Potopérè Rpt
pur sang, la tâche ne sera pas aisée. Aux observateurs
de se montrer plus vigilants et coopératifs avec la réalité des
urnes.
TINO Kossi, J. Symféïtchéou
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